Le rosé a la vie dure. Quand on ne le soupçonne pas d’être sucré, on lui accole des saveurs faciles, un profil un peu « bonbon «. Pourtant, un rosé qui ne se prend pas seulement au bord de la piscine et qui n’évoque pas la fraise, la pêche blanche ou les petits fruits, ça existe !

La «face cachée» du rosé

CHRONIQUE/ Le rosé a la vie dure. Quand on ne le soupçonne pas d’être sucré, on lui accole des saveurs faciles. Un profil un peu « bonbon ». Pourtant, un rosé qui ne se prend pas seulement au bord de la piscine et qui n’évoque pas la fraise, la pêche blanche ou les petits fruits, ça existe ! Plusieurs consommateurs semblent l’avoir compris, puisque les ventes de rosés de gastronomie explosent depuis quelques années à la SAQ. Chaque été, par conséquent, l’offre se trouve enrichie. Au cours des derniers mois, j’ai goûté plusieurs rosés de grande qualité qui, s’ils m’avaient été servis littéralement à l’aveugle, auraient facilement pu me faire douter de leur couleur. Certains avaient un profil aromatique complexe qui allait bien au-delà du fruit.

Voici trois rosés que vous pourriez servir dans un verre noir, aux côtés d’autres vins blancs et rouges, bien sûr, afin de les mettre au défi.

Côtes du Rhône 2017, La Muse Papilles, Domaine Montirius (Code SAQ : 13 711 194 ; 20 $)

« Ce vin éveille et fait frétiller nos papilles. » Cette phrase, que l’on peut lire sur la contre-étiquette de la bouteille, prend tout son sens lorsque le vin se retrouve dans notre verre. Issu d’un assemblage de 60 % grenache et 40 % de cinsault, cultivés selon les règles de la biodynamie, ce rosé sent la pomme bien mûre à laquelle se mêlent des notes de sucre d’orge, rappelant la « pomme d’amour ». La bouche est ronde et bien que ce soit complètement sec, elle présente de belles notes de miel. C’est profond, très long et une pointe d’amertume en finale ajoute à sa complexité. À boire frais, mais pas froid, afin d’en apprécier toutes ses nuances. Voilà un excellent rapport qualité-prix.

Côtes de Provence 2017, Rollier, Château La Martinette (Code SAQ : 13 448 699 ; 22,30 $)

Contrairement à de nombreux rosés, le profil aromatique de celui-ci est plutôt rustique et se rapproche davantage des notes terreuses que fruitées. Il présente également des arômes fumés, herbacés et de pierre à fusil. La texture en bouche est soyeuse et le fruit rouge se dévoile en finale. Les cépages cinsault, grenache, syrah et tibouren composent ce vin juteux, ample et facile à boire. Une très bonne tenue et une sensation chaleureuse lui servent en complémentarité.

Côtes de Provence 2017, Corail, Château de Roquefort (Code SAQ : 13 532 145 ; 22,65 $)

Élaborant 90 % de vins rosés, l’appellation Côtes de Provence est passée maître dans l’art d’élaborer des rosés de qualité. Les variétés grenache, syrah, cinsault et carignan, à la base de cette cuvée, ont été travaillées en agriculture biologique et proposent un vin dont le nez rappelle les herbes et la rhubarbe. Frais et gourmand, on y retrouve des saveurs évoquant la mer et les coquillages, qui vous donneront envie de partager votre verre avec une assiette de crevettes grillées.

En plus d’être secs et parfois trompeurs à l’aveugle, certains rosés ont un bon potentiel de vieillissement et se révèlent avec plus de nuances après quelques années en cave ! Raison de plus pour les boire sans trop se presser. C’est l’été.

Relaxez !