Le toast de Marie-Michèle

L’heure des bulles a sonné!

CHRONIQUE / Bien que plusieurs chroniqueurs vin s’entendent pour dire que les mousseux et Champagne devraient être consommés à l’année, la période des Fêtes demeure l’un des moments où ces produits sont les plus prisés. D’ailleurs, mon téléphone sonne souvent depuis quelques jours : mon entourage veut savoir quelles bulles acheter pour les festivités.

Voici donc mes coups de cœur pour dire aurevoir à 2017 ! 

Cava brut Seleccion, Villa Conchi, Araex (Code SAQ : 12956456 ; 15,30 $)

L’Espagne a la réputation d’offrir toujours de beaux rapports qualité-prix. C’est aussi le cas pour ses produits effervescents sous l’appellation « Cava ». Une grande partie de la production de vins mousseux espagnols s’effectue en Catalogne. On y utilise des cépages tels que le xarel-lo, le macabeo et le parellada. 

Lorsque j’ai voulu recommander ce Villa Conchi l’an dernier avant les Fêtes, il n’y en avait déjà plus sur les tablettes. Cette fois, il revient en force en plus grande quantité et il en vaut toujours le coup. Doté d’arômes délicats de noisette et de confiserie, il présente une bulle fine et une grande fraîcheur. C’est simple, bien fait, passe-partout et on aime son prix ! 

Pour les Fêtes de grandes envergures, il est aussi disponible en format de 1,5 L (Code SAQ : 13466723 ; 28,45 $). 

Crémant de Limoux, Clos des Demoiselles Tête de Cuvée, J. Laurens (Code SAQ : 10498973 ; 22,50 $)

Limoux, dans la région vinicole du Languedoc, est reconnue pour la fameuse Blanquette de Limoux, élaborée avec du mauzac, principalement. On y élabore également du Crémant de Limoux qui permet d’intégrer d’autres variétés de cépages. La cuvée Clos des Demoiselles est issue de chardonnay, de chenin blanc et de pinot noir. Au nez, il présente des notes briochées qui lui donnent des airs de la Champagne. La bouche est gourmande, vibrante et équilibrée. 

Je vous recommande d’en acheter quelques bouteilles de plus, car vos invités en redemanderont !

Crémant de Loire Brut Rosé, Langlois-Château (Code SAQ : 11140631 ; 23,50 $)

Les bulles rosées sont plutôt controversées dans l’industrie. Souvent plus dispendieuses que les bulles traditionnelles, elles ne donnent pas nécessairement plus de plaisir en bouche. Cela dit, les belles teintes saumonées et les notes de petits fruits rouges ne sont pas désagréables non plus ! Ce Crémant de Loire, issu de cabernet franc, propose de belles notes de pomme et de framboise. C’est vif, croquant et excellent. Sa texture crémeuse et sa structure vous permettront de l’accompagner de quelques bouchées en accord. 

Champagne, Brut Mosaïque, Jacquart (Code SAQ : 12034216 ; 47,25 $)

Bien que plusieurs donnent le nom de « Champagne » à tout ce qui est effervescent, vous le savez bien, ce n’est pas un Champagne si ça ne vient pas de la Champagne ! Parmi une vingtaine de produits dégustés dernièrement, issus de cette prestigieuse appellation, la cuvée Mosaïque de Jacquart s’est trouvée parmi mes coups de cœur et quelle joie d’apprendre qu’elle se trouve sous la barre des 50 $ ! Racé, riche et frais à la fois, elle propose des notes d’amande et de pâtisserie. La bouche est ample et tout en équilibre. Savoureux ! 

Champagne, Brut blanc de blancs, Henriot (Code SAQ : 10796946 ; 78,75 $)

Je connais plusieurs personnes en moyen d’acheter du Champagne régulièrement. Pour une valeur sûre, ils se dirigent souvent vers les grands noms, produits en très grande quantité et mis à l’avant-plan dans toutes les succursales. Je vous propose donc d’essayer, non pas une nouveauté, puisque la maison existe depuis le 19e siècle, mais plutôt un produit plus « niche » qui vous donnera autant de plaisir. Finesse, élégance et fraîcheur caractérisent ce Champagne aux arômes fruités et minérales. À avoir sous la main si vous êtes conviés à une fameuse soirée Champagne et huîtres. 

Santé !

Le toast de Marie-Michèle

Survol du millésime 2017

CHRONIQUE / Le décompte avant les Fêtes est commencé: nous entrons dans le dernier mois de l’année 2017! Dans le milieu vinicole, 2017 a été marquée par de nombreuses intempéries dues aux changements climatiques. Rappelons-nous les feux en Californie cet automne, les périodes de gel dans le vignoble français en avril, les épisodes de grêle et la sécheresse qui touche plusieurs vignobles dans le monde. Un communiqué de presse du Beaujolais l’a confirmé: «La nature n’a pas épargné grand monde cette année!»

L’impact des changements climatiques sur la vigne 

Dernièrement, j’ai assisté à la première conférence internationale sur l’impact des changements climatiques sur le monde du vin, organisée par la sommelière Michelle Bouffard. Décrivant la situation comme étant « dramatique » lors d’une entrevue à l’émission Salut Bonjour, elle disait que ce qui était prévu en montée de température pour 2050 et 2070, aurait déjà été atteint à ce jour dans certaines régions. 

La hausse des moyennes de température force donc les vignerons à planter d’autres variétés de cépages, plus résistantes à la chaleur. Les feux survenus au Portugal, en Californie et ailleurs dans le monde, auront donc un impact direct sur le vin, créant des arômes de cendre et de fumée. La sécheresse, qui menace entre autres les vignobles de l’Afrique du Sud et de l’Australie, rend l’approvisionnement en eau difficile. Cela entraîne des coûts importants pour les producteurs. Finalement, pour d’autres régions, on parle plutôt de froid, de gel et de grêle.

2017 : grand millésime, petit volume

Philippe Bourrier, président du Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR), mentionne que « (…) C’est un millésime qui s’annonce encore excellent pour une année absolument hors normes.» D’autres vignobles, tels que le Beaujolais et le Languedoc semblent également partager cet avis.

Grâce à une belle fin de saison, les vignerons s’en sortiront toutefois et la qualité des vins sera au rendez-vous! 

Les prédictions parlent d’un millésime tout en fraîcheur, croquant, présentant un beau profil aromatique et ayant une finesse tannique. Toutefois, on observe des pertes relativement importantes quant à la production. C’est donc plutôt la quantité qui sera affectée. 

Est-ce qu’une hausse des prix suivra? 

À long terme, c’est possible. Cette année, certains vignerons pourront néanmoins aller puiser dans leurs réserves des années précédentes et répondre à la demande sans trop de dommage sur l’inflation.

Si vous avez hâte de déguster ce grand millésime, il faudra être patient et attendre le début de l’année 2018 pour plusieurs vignobles européens. Cependant, nous retrouvons actuellement sur nos tablettes des vins issus du millésime 2017, provenant des vignobles de l’hémisphère sud, dont les vendanges ont lieu entre février et avril. 

Depuis le 16 novembre, il est possible de se procurer une bouteille du fameux Beaujolais Nouveau 2017, ce vin issu d’une courte macération (quatre à cinq jours seulement), qui se veut une façon de célébrer la fin des récoltes. 

Né dans les années 1950, le « bojo nouveau » désigne des vins très jeunes, simples, frais, fruités et gouleyants. 

Je vous propose d’essayer le Beaujolais Nouveau 2017, Terres dorées, Jean-Paul Brun (Code SAQ : 11923994; 18,65$). 

Santé!

Le Toast de Marie-Michèle

La Bourgogne et ses climats (partie 2)

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’écrivais sur la Bourgogne et ses vins qui m’ont charmée lors d’un voyage au printemps dernier. Je vous reviens donc cette semaine avec quelques suggestions bourguignonnes pour vos provisions des Fêtes.

D’abord, en blanc, rappelons que le chardonnay est maître en Bourgogne. Néanmoins, il existe aussi une production issue de l’aligoté. Ce cépage, aux propriétés peut-être moins réputées que le chardonnay, a longtemps été délaissé. Il revient toutefois en force, depuis quelques années, et on lui découvre un beau potentiel. Goûtez-le à travers ce Bourgogne aligoté du Domaine Naudin-Ferrand (Code SAQ : 11589703 ; 22 $). Frais et agréable, d’une belle minéralité et aux arômes fruités, ce vin gourmand sera excellent seul à l’apéro ou accompagné d’une bouchée tomate et bocconcini. C’est le style de bouteille que j’aime bien ouvrir en fin de journée, alors que je m’apprête à cuisiner !

Parmi les appellations prestigieuses de Bourgogne issues du chardonnay on retrouve, entre autres Pouilly-Fuissé dans le Mâconnais. Disponible en grande quantité dans le réseau et à prix abordable, le Pouilly-Fuissé de Jean-Claude Boisset (Code SAQ : 11675708 ; 25,25 $) vous plaira. Croquant, avec des notes de fruits à chair blanche et une bouche structurée, servez-le frais avec un carpaccio de pétoncles.

En rouge, les vins de Bourgogne sauront mettre en valeur vos plats traditionnels des Fêtes. Équilibrés, en fraîcheur, présentant des tannins souples, des notes d’épices et de fruits rouges, ils seront excellents avec une volaille, des mijotés ainsi que les terrines, pâtés et charcuteries servis avant le repas. 

Le Mercurey du Château de Chamirey (Code SAQ : 962589 ; 27,60 $) exprime l’équilibre entre le fruit et la structure. Facile à boire, il offre une belle acidité et des arômes de framboise, de groseille et de cerise. Il sera excellent avec un confit de canard. Le Domaine est présent au Québec depuis une cinquantaine d’années. Nous sommes d’ailleurs l’un de ses principaux marchés. Nous avons donc la chance de retrouver quelques-uns de ses produits sur les tablettes de la SAQ.

Si vous connaissez des amateurs de vins de Bourgogne et que vous cherchez des idées à leur offrir en cadeau, j’ai eu un coup de cœur pour les vins du Domaine Comte Senard. J’y ai fait la rencontre de Lorraine Senard, qui a repris les rênes du vignoble de sa famille, il y a une quinzaine d’années. Son histoire est touchante. Dans ce milieu longtemps masculin, la jeune fille s’est vite intéressée à tout ce qui se passait au vignoble.

Son frère n’ayant pas le même intérêt qu’elle pour l’entreprise familiale, elle a commencé à y travailler avec son père en 1999. Elle est ensuite allée se perfectionner aux États-Unis et en Afrique du Sud. En 2005, son père étant malade, elle signe seule son premier millésime. Lors d’une grande dégustation à laquelle participaient plusieurs producteurs influents, son père décide d’y présenter le vin de sa fille, sans mentionner que c’est elle qui en a assuré toute la vinification. Il reçoit tellement d’éloges que c’est à ce moment qu’il lui remet les clés du chai. Elle était alors prête à reprendre le vignoble familial. 

À la SAQ signature, vous retrouverez le Aloxe-Corton 1er cru Les Valozières du Domaine Comte Senard (Code SAQ : 13297384 ; 91,75 $). Puissant, profond, structuré et aux arômes de cerise, c’est un vin de grandes occasions dont le potentiel de garde s’étend sur plusieurs années. 

Dans la même lignée de vins de grande qualité, le Domaine Hubert Ligner et le Domaine Trapet élaborent également d’excellents vins, tous disponibles au Québec. 

Santé à la Bourgogne !

Le toast de Marie-Michèle

La Bourgogne et ses climats (partie 1)

CHRONIQUE / Au printemps dernier, j’ai fait un voyage en Bourgogne qui a changé ma vision du vin. Cet endroit mythique du monde vinicole m’ouvrait ses portes. J’y ai fait des rencontres et des dégustations mémorables. Les vins de Bourgogne sont peut-être plus dispendieux (bien qu’il en existe aussi à prix très abordables), mais lorsqu’ils nous donnent l’impression d’avoir de la soie ou du velours en bouche, c’est tout à fait justifiable !

Si prestige va de pair avec château, il n’en est rien pour la Bourgogne. Je n’ai pas croisé beaucoup de châteaux sur les routes. À peine sortis du champ, les vignerons nous accueillaient dans leur chai en toute modestie. De la vigne à la commercialisation, plusieurs d’entre eux veillent à toutes les étapes de ce travail de moine. Ils ont d’ailleurs toute mon admiration. 

Les régions et les climats 

La Bourgogne est divisée en cinq grandes régions viticoles. Du nord au sud, il y a Chablis, renommée pour ses vins blancs. La Côte de Nuits, où l’on retrouve les rouges les plus réputés (Domaine de la Romanée-Conti, etc.). La Côte de Beaune, qui assure une grande production de vins rouges, mais qui englobe également de prestigieuses appellations en blanc, telles que Meursault, Puligny-Montrachet, etc. Un peu plus bas se trouve la Côte Chalonnaise et le Mâconnais, qui produisent des vins un peu plus accessibles, tant en blanc qu’en rouge. 

La délimitation des zones de production de la Bourgogne est particulière. Le vignoble bourguignon en entier est divisé en « climats ». Chaque climat possède ses propres caractéristiques quant au sol, au positionnement géographique, etc. Le défi de mon voyage a été de me démêler dans tous ces climats, puisqu’il en existe plus d’un millier ! Sur place, c’est impressionnant de comprendre ce système. Parfois, nous nous trouvions sur un climat et à peine un petit chemin de terre plus loin, nous étions dans un autre. Le nom du climat figure habituellement sur l’étiquette du vin.

Une autre particularité là-bas est le grand nombre de producteurs répartis en quelques hectares de vigne. De ce fait, dans un même climat, plusieurs vignerons se partagent le territoire et possèdent chacun leurs rangées de vigne. 

Les cépages

Le chardonnay et le pinot noir règnent en contrée bourguignonne. On y retrouve aussi un peu d’aligoté en blanc et de gamay en rouge. C’est au cours de ce voyage que les notions de millésime et de terroir ont, pour moi, pris tout leur sens. Le fait que la plupart des vins soient issus d’un seul cépage, le chardonnay ou le pinot noir, nous permet de comparer les différences d’un terroir à l’autre et il en est de même pour les millésimes.

À Bordeaux, par exemple, plusieurs cépages sont autorisés dans l’élaboration des vins. Ainsi, lors d’une moins bonne année, ils peuvent changer les proportions de chaque cépage selon leur rendement, alors qu’en Bourgogne, c’est impossible. 

En espérant avoir piqué votre curiosité quant à cette magnifique région. Je vous reviendrai la semaine prochaine avec quelques suggestions bourguignonnes à mettre sous le sapin.

Santé !

Le toast de Marie-Michèle

Mythe et réalité autour des vins de table : partie 2

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai écrit à propos des vins de table dont il ne fallait pas sous-estimer le potentiel. Tel que convenu, je vous reviens cette semaine avec davantage de suggestions pour garnir votre cellier avant les Fêtes.

En Italie, plusieurs vins sont vendus sous une I.G.T. (indicazione geografica tipica). On y retrouve donc des vins qui ne répondent pas aux exigences des D.O.C.G. et des D.O.C., mais la mention I.G.T. garantit au moins la région d’origine du vin. Veneto, Toscana, Umbria, Terre Siciliane et Puglia en sont des exemples. D’ailleurs, le célèbre vin italien Tignanello (Code SAQ : 10820900) d’Antinori est vendu sous l’I.G.T. Toscana. 

Du côté de la Vénétie, ce Veneto, Chardonnay, Campagnola (Code SAQ : 12382851 ; 12,60 $) a fait fureur au mariage de mon frère l’été dernier. 

Même ceux qui n’étaient pas fervents de ce cépage l’ont aimé. À prix plus que raisonnable, il est équilibré et rafraîchissant. Un chardonnay davantage axé sur des notes fruitées que boisées. Depuis quelques années déjà il fait encore, à ce jour, partie des beaux rapports qualité-prix disponibles en succursale. Avec une entrée de poire farcie au thon, c’est une belle façon de débuter le repas !

En Toscane, le Toscana, La Massa (Code SAQ : 10517759 ; 27,45 $) est souvent dégusté aux côtés des Chianti classico. Toutefois, il n’en porte pas la mention, puisque le producteur n’y met pas la proportion du cépage sangiovese demandée par l’appellation. Il n’en demeure pas moins bon pour autant. Cette cuvée gorgée de soleil présente des notes de framboises mûres. D’une belle chaleur alcoolique, la bouche est longue et les tannins sont bien serrés. 

Dans la vallée du Rhône, le vin de pays, L’appel des sereines de François Villard (Code SAQ : 12292670 ; 19,90 $) plaira plutôt à l’amateur de rouges frais et digestes. Cet excellent producteur de la région nous propose un vin issu de la syrah, cépage que l’on retrouve beaucoup dans le nord du Rhône. Il évoque des arômes florales, d’épices et de fruits. Un peu réservé en bouche, il plaira peut-être moins aux adeptes de « shiraz » très charnus. Lorsque l’on parle de syrah et shiraz, il s’agit en fait de la même variété de raisins. Toutefois, le terme shiraz est plus courant dans le Nouveau Monde (Australie, Afrique du sud, etc.) et le style qui en découle est différent. 

Il se fait rare dans le réseau en ce moment, mais surveillez son prochain arrivage : Le vinho regional, Lisboa, vinho tinto, Quinta da Serradinha (Code SAQ : 13286861 ; 23,70 $). Provenant du Portugal, ce vin élaboré avec un assemblage de cépages indigènes est élégant, soyeux et gourmand. La fraise cuite, la cerise, le poivre et les fleurs s’unissent dans un profil aromatique très agréable. La bouche est en souplesse, ample et les tannins sont bien intégrés. Une belle découverte à la portugaise, parfaite pour accompagner des charcuteries et des terrines !

Santé ! 

Le toast de Marie-Michèle

Mythe et réalité autour des vins de table

CHRONIQUE / Dans la législation européenne, les vins sont classés selon un système d’appellation garantissant l’authenticité d’un terroir. Cette façon de faire a été mise sur pied afin d’assurer l’origine géographique d’un vin et d’appliquer un savoir-faire particulier.

Les produits vendus sous une appellation d’origine contrôlée (A.O.C.) doivent donc répondre à un cahier de charges validé par l’Institut national des appellations d’origine (I.N.A.O.). 

Les équivalents de l’A.O.C. en France sont les DOCG (Dénomination d’origine contrôlée et garantie) et DOC (Dénomination d’origine contrôlée) en Italie, les DOC et DO (Dénomination d’origine) en Espagne et les DOC au Portugal. 

Sous cette classification, il existe une autre catégorie : les vins de table. 

Celle-ci englobe les vins de pays (ou IGP : avec indication géographique protégée) en France, l’IGT (indice géographique typique) en Italie, le Vino de la Tierra en Espagne et le Vinho Regional au Portugal. Et pourquoi faire simple quand on peut faire ça compliqué ( !) ? Cette catégorie comprend aussi les vins sans indication géographique (France), les Vino da Tavola (Italie) et les Vino de Mesa (Espagne et Portugal). 

Il est certain qu’un vin élaboré sous une A.O.C. est gage d’un niveau qualitatif, mais est-ce qu’un vin qui ne possède pas la certification correspond à de la piquette pour autant ? 

Pas nécessairement. En fait, plusieurs producteurs décident volontairement de ne pas identifier leurs vins sous une appellation, parce qu’ils souhaitent garder une certaine liberté dans leur travail. Pour d’autres, c’est une façon de s’opposer à l’approche peut-être trop restrictive de l’AOC. Finalement, c’est aussi une façon d’améliorer la compétitivité des vins européens face aux produits du Nouveau Monde. 

Si j’ai toujours votre attention, je tiens à dire que les vins de table n’ont rien à voir avec les fameux « vins maison » que l’on retrouve au Québec en restauration. Il est important de bien faire la différence, puisque les vins maison au restaurant correspondent, quant à eux, à des vins à prix moindre et dont la qualité laisse parfois à désirer. 

Je reviens donc aux vins de table qu’il ne faut pas sous-estimer. Plusieurs vignerons y signent des vins innovateurs, arborant des nouveaux cépages et de nouvelles méthodes de production. Ce sont des vins proposant une belle expression du terroir et avec lesquels les producteurs se font plaisir. 

Et le prix n’en est pas forcément moins dispendieux. C’est d’ailleurs le cas de ce vin de grande renommée : Domaine La Grange des Pères (Code SAQ : 13075360 ; 117,75 $). Laurent Vaillé, le vigneron du domaine, est considéré comme l’un des plus talentueux du Languedoc. Toutefois, son choix d’ajouter du cabernet sauvignon à l’assemblage de syrah et de mourvèdre n’entrant pas dans la composition permise par le cahier de charges de l’AOC, il a donc dû le commercialiser sous vin de pays de l’Hérault. Il offre puissance, richesse, complexité et longueur. Son grand potentiel de garde en fait un vin très convoité des amateurs et des collectionneurs. Bien qu’il soit rare et très en demande, il en reste encore quelques bouteilles dans le réseau si vous souhaitez faire des provisions pour vos cadeaux des Fêtes.

Ne manquez pas, la semaine prochaine, d’autres suggestions de vins de table qualitatifs et plus abordables. 

Santé !

Le toast de Marie-Michèle

L’univers vinicole de Washington

CHRONIQUE / Après la Californie, l’État de Washington arrive en deuxième position en ce qui a trait à la production vinicole aux États-Unis. À ce jour, on y cultive environ 20 000 hectares de vigne. Bien que cette superficie ne représente que 10% de la production californienne, elle a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années. D’ailleurs, depuis 1981, le nombre de vignobles est passé de 19 à un peu plus de 900 en 2017.

Située au nord-ouest des États-Unis, la région bénéficie d’un climat continental où les étés sont chauds et secs et les hivers très froids et parfois rudes. On y produit une proportion de vin rouge à 58 % pour 42 % de vin blanc. Le cabernet sauvignon, le merlot et la syrah sont les cépages vedettes à l’origine des vins rouges. En blanc, le chardonnay et le riesling sont les plus plantés, suivis du sauvignon blanc, du pinot gris et de quelques autres variétés.

Aux États-Unis, les régions vinicoles sont divisées en AVA (American viticultural area). Souvent, on retrouve le nom de l’AVA sur l’étiquette d’un vin, afin d’informer les gens sur la provenance des raisins. L’État de Washington compte 14 AVA (à titre comparatif : la Californie en a 138). Chacune d’entre elles propose un terroir particulier. Les plus connues sont Columbia Valley (la plus grande AVA), Yakima Valley (région vinicole la plus ancienne), Walla Walla Valley (dont une petite partie se retrouve sur le territoire de l’Oregon) et Red Mountain (la plus petite AVA). 

Selon le guide Phaneuf 2017, l’État de Washington « est à la source de vins toujours plus fins et achevés, qui n’ont rien à envier à leurs pendants californiens ». 

Voici deux suggestions pour vous familiariser avec les vins de cet endroit. 

Cabernet sauvignon, Columbia Valley, Château Ste-Michelle (Code SAQ : 11882221 ; 19,55 $). 

Château Ste-Michelle est la plus grande maison de l’État de Washington et produit plusieurs cuvées disponibles au Québec. Le cabernet sauvignon 2015 plaira aux amateurs de vins charpentés et boisés. Présentant des arômes de cerise, de pin et de tabac au nez, les tannins en bouche sont serrés et structurés. Nous sommes en présence d’un vin boisé certes, mais il n’est pas maquillé par celui-ci comme certains de ses confrères américains. Si votre BBQ est toujours fonctionnel, il sera excellent avec une belle pièce de bœuf grillée.

Chardonnay, Eve, Charles Smith (Code SAQ : 12237195 ; 20,55 $). On peut dire que les vins de Charles Smith, ancien gérant d’artistes rock, sont bien illustrés chez nous. Dernièrement, lors d’une dégustation des vins de l’État de Washington à laquelle j’ai participé, près de la moitié de la sélection provenait de ce producteur. Ce chardonnay offre des notes florales et de pomme mûre. En bouche, c’est frais, souple et équilibré. Sa texture se mariera très bien avec un gravlax de saumon, accompagné d’une mayonnaise à la pomme pour le rappel des saveurs. 

En terminant, je vous mentionne que l’État de Washington fait partie des principales thématiques de la Grande Dégustation de Montréal qui aura lieu la semaine prochaine à la place Bonaventure (www.lagrandedegustation.com). Une belle occasion de faire d’autres découvertes sur cette région. 

Santé !

Le toast de Marie-Michèle

Le riesling autour du monde

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai eu la chance de siéger sur le jury du concours pour le Palmarès de la Grande Dégustation de Montréal 2017. Toutes les années, l’événement met en vedette un cépage et c’est le riesling qui sera cette fois à l’affiche.

En tout, près d’une centaine de riesling ont été dégustés pour l’occasion. Lors du lancement officiel de l’événement, les gagnants du concours seront dévoilés et ils feront ensuite leur entrée sur les tablettes de la SAQ.

J’aime mettre le riesling en dégustation à l’aveugle dans mes animations. 

Plusieurs personnes croient que le riesling est toujours sucré. Il est vrai qu’il peut offrir d’excellents vins doux (sucrés), mais il est très polyvalent et il produit une grande variété de vins allant de secs et rafraîchissants jusqu’aux vins de glace, en passant par les liquoreux. Au final, les participants redécouvrent le riesling et sont agréablement surpris. 

Il existe certains cépages dont le profil aromatique est tellement puissant qu’il est difficile d’y déceler les particularités du terroir dans lequel il a été cultivé. Autrement dit, d’un endroit à l’autre, c’est du pareil au même. 

Le riesling, à l’inverse, présente plutôt des arômes discrets, laissant ainsi toute la place à l’expression du terroir. Il en résulte des vins complexes d’une belle minéralité, présentant des notes florales, légèrement fruitées (pêche, poire, agrume) et au potentiel de garde très prometteur. Il aime les régions fraîches, ce qui explique la vivacité que l’on retrouve dans ses vins. 

Que ce soit en Autriche, en Allemagne, en France (Alsace), en Australie, aux États-Unis, voire au Canada, on le cultive à travers le monde avec beaucoup d’intérêt et pour notre plus grand bonheur. Voici quelques suggestions. 

Un classique bien connu des consommateurs est sans doute le Riesling Kung Fu Girl de Charles Smith (Code SAQ : 11629787 ; 18,75 $). Assez aromatique, ce vin de l’état de Washington présente des arômes d’agrumes et des notes légèrement fumées. Il contient un peu de sucre résiduel (demi-sec) toutefois bien intégré, puisque sa fraîcheur lui confère un bel équilibre. 

Impossible de faire une chronique sur le riesling sans parler de l’Alsace, l’un de ses lieux de prédilection. La famille Hugel, l’une des pionnières des vins d’Alsace, propose un riesling racé, vif, complexe et élégant (Code SAQ : 42 101 ; 17,85 $). Un atout à avoir sous la main pour toutes les occasions. 

Du côté de l’Autriche, ce Kamptal, Zöbing Riesling, Hirsch (Code SAQ : 12196979 ; 26,10 $) franchit la barre des 25 $, mais il vous donnera beaucoup de bonheur pour son prix. Minéral, floral, équilibré et d’une acidité croquante, vous en redemanderez après une seule gorgée !

Le riesling est très polyvalent à table. Que ce soit au brunch, à l’apéro ou accompagné d’huîtres de saumon fumé ou d’une tarte Tatin, vous serez ravis de redécouvrir cet excellent cépage sous toutes ces formes ! 

Pour plusieurs autres rieslings à déguster, ne manquez pas la Grande Dégustation de Montréal qui aura lieu les 3 et 4 novembre. (www.lagrandedegustation.com). 

Le Plus

Porte ouverte sur l’importation privée

CHRONIQUE / Du 28 au 31 octobre prochains se tiendra le 10e Salon RASPIPAV (Regroupement des agences spécialisées dans la promotion des importations privées des alcools et des vins).

Si vous croyez encore que l’importation privée est réservée exclusivement à la restauration, détrompez-vous! Le Salon sera ouvert au grand public les 28 et 29 octobre à Montréal, ainsi que le 31 octobre à Québec. 

Voici donc trois bonnes raisons de ne pas manquer ça!

Petits producteurs, grands vins

Pour figurer sur les tablettes de la SAQ, il faut assurer la disponibilité d’une quantité suffisante de bouteilles. Or, certains producteurs travaillent très bien, mais leur production n’est pas assez grande pour répondre à la demande du monopole. L’importation privée permet de mettre de l’avant ces petits producteurs qui gagnent à être connus. La passion derrière leur travail se traduit souvent par une grande qualité des vins, reflétant des terroirs uniques. 

Soyez « branchés » sur les tendances vinicoles

L’importation privée est une porte d’entrée sur les nouveautés. D’ailleurs,
plusieurs produits aujourd’hui disponibles en succursale, ont d’abord été vendus en importation privée auparavant.  

Le mois dernier a eu lieu un événement qui se nomme le Jugement de Montréal. Il s’agit d’une dégustation où un jury d’experts évalue plusieurs produits en importation privée. Cette année, le thème était le vin nature: en blanc et en bulles (appelées aussi Pet Nat pour pétillant naturel). Les trois gagnants pour chacune des deux catégories seront mis en valeur lors du Salon. Les vins natures se font rares en SAQ. Si vous êtes un adepte de ce style ou si vous avez plusieurs interrogations sur le sujet, c’est le meilleur endroit pour vous faire une idée à propos de ces «vins sans artifice et plein de sincérité », tel que mentionné par le RASPIPAV dans ces communications.

Pour ceux qui ont des goûts plus conventionnels, est-ce que le regroupement a autre chose à vous proposer? Bien sûr! 

La diversité de l’offre est impressionnante et il y en a pour tous les goûts. 

Retrouvez vos coups de cœur 

En restauration, je remarque que l’importation privée fait encore peur à plusieurs consommateurs. À l’occasion, après avoir consulté la carte, certains clients décident de prendre une boisson gazeuse au final, parce qu’ils n’y reconnaissent aucun produit. C’est là que le rôle du sommelier entre en jeu. Osez lui demander conseil et communiquez vos goûts. L’équipe de service vous guidera ensuite vers des choix qui deviendront probablement des coups de cœur.

D’ailleurs, si vous êtes déjà tombés sous le charme d’un vin au restaurant et que vous aimeriez le déguster dans le confort de votre foyer, le salon RASPIPAV est l’endroit idéal pour faire vos réserves. Certaines agences offriront même de vendre quelques produits à l’unité, ce qui est plutôt rare dans le milieu. 

Pour vous procurer des billets, rendez-vous au www.raspipav.com. 

Je vous souhaite de belles découvertes. 

Santé!

Le toast de Marie-Michèle

Lexique tannique

Lorsqu'on parle de vin, plus particulièrement de vin rouge, les tannins sont souvent au coeur de notre analyse.
Mais en quoi consistent réellement les tannins ?