Le cidre: entre tradition et innovation (partie 1)

CHRONIQUE/ Importé de la France par Jacques Cartier, le cidre figure parmi les plus anciennes boissons alcoolisées au monde. Au Québec, la première installation pour le fabriquer remonte au milieu du 17e siècle. N’ayant pas eu un parcours facile, l’histoire stipule que le cidre a été illégal au Québec durant près d’une cinquantaine d’années suivant 1921. Pourquoi ? Seulement parce qu’on avait oublié de l’inclure dans la réglementation sur les boissons alcooliques. Il redevient légal dans les années 70 et suscite un fort engouement. Malheureusement, les cidres produits pour répondre à la grande demande ne sont pas toujours qualitatifs et lui font une mauvaise presse. Vers 1988, les premiers permis de productions artisanales sont libérés. On s’éloigne alors d’une production industrielle au profit de cidres plus raffinés reflétant le terroir. Aujourd’hui, l’industrie du cidre a le vent dans les voiles. Les cidriculteurs sont innovateurs. Ils expérimentent, exploitent de nouvelles variétés de pomme, et de nouvelles méthodes de production. La gamme de produits dérivés de la pomme est vaste ! En voici quelques-uns.

Cidre de glace

Créé au Québec, c’est un peu grâce à lui que le cidre obtient le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. La pomme étant moins sucrée que le raisin, le cidre de glace est une belle alternative au vin de glace. Qu’il soit fait avec des pommes gelées (cryoextraction) ou du moût de pomme gelé (cryoconcentration), il demeure un incontournable pour terminer le repas en beauté. Doté d’une belle fraîcheur et d’une texture onctueuse, il est excellent avec un plateau de fromages.

Cidre tranquille

Le cidre tranquille est sans effervescence. Aux arômes de fruits frais et croquants, léger et facile à boire, on le compare souvent aux vins blancs. Il rehaussera vos plats de volaille ou de poisson. On pourrait aussi le servir avec une cuisine asiatique.

Cidre effervescent

Sauf exception, l’effervescence des cidres est souvent obtenue de façon naturelle lors de la fermentation alcoolique. Le cidre mousseux peut être sec, demi-sec ou doux, selon le taux de sucre résiduel. Idéal à l’apéro, lorsqu’il est sec et s’il contient un peu de sucre résiduel, il accompagne les brunchs à merveille.

Cidre fermier

Nouvelle tendance dans l’univers du cidre ! Le cidre fermier est élaboré dans le même esprit que le vin nature. On y fait le moins d’interventions possible. La fermentation est spontanée, les levures sont naturelles et il n’y a pas d’ajout de sulfites. Son nom lui rend justice, puisqu’il en résulte un produit plus rustique, aux arômes terreux, rappelant la ferme. Très intéressant pour ceux qui aiment sortir de leur zone de confort.

Cidre aromatisé

Aux herbes, à l’érable, aux petits fruits ou aux épices, les cidres aromatisés gagnent en popularité. Il s’agit d’un cidre traditionnel auquel on ajoute les arômes souhaités. Certaines cidreries innovent en lui ajoutant du houblon. Ces cidres houblonnés ont, bien sûr, la cote auprès des amateurs de bières.

Cidre fortifié

Pour obtenir un cidre fortifié, on assemble un cidre (plusieurs cidreries utilisent un cidre de glace) à un alcool fort (une eau-de-vie de pomme, par exemple). Généralement, on le laisse vieillir quelque temps en barrique, ce qui apporte une belle complexité. Le résultat final titre autour de 18 % d’alcool. Si vous n’êtes pas amateur de la puissance que contiennent certains spiritueux en fin de repas, le cidre fortifié est une très belle alternative.

Vous salivez ?

Patientez un peu jusqu’à la semaine prochaine pour découvrir quelques cidreries coup de cœur !