Au printemps dernier, la sommelière Marie-Michèle Grenier a fait un voyage en Bourgogne qui a changé sa vision du vin.

La Bourgogne et ses climats (partie 1)

CHRONIQUE / Au printemps dernier, j’ai fait un voyage en Bourgogne qui a changé ma vision du vin. Cet endroit mythique du monde vinicole m’ouvrait ses portes. J’y ai fait des rencontres et des dégustations mémorables. Les vins de Bourgogne sont peut-être plus dispendieux (bien qu’il en existe aussi à prix très abordables), mais lorsqu’ils nous donnent l’impression d’avoir de la soie ou du velours en bouche, c’est tout à fait justifiable !
Au printemps dernier, la sommelière Marie-Michèle Grenier a fait un voyage en Bourgogne qui a changé sa vision du vin.

Si prestige va de pair avec château, il n’en est rien pour la Bourgogne. Je n’ai pas croisé beaucoup de châteaux sur les routes. À peine sortis du champ, les vignerons nous accueillaient dans leur chai en toute modestie. De la vigne à la commercialisation, plusieurs d’entre eux veillent à toutes les étapes de ce travail de moine. Ils ont d’ailleurs toute mon admiration. 

Les régions et les climats 

La Bourgogne est divisée en cinq grandes régions viticoles. Du nord au sud, il y a Chablis, renommée pour ses vins blancs. La Côte de Nuits, où l’on retrouve les rouges les plus réputés (Domaine de la Romanée-Conti, etc.). La Côte de Beaune, qui assure une grande production de vins rouges, mais qui englobe également de prestigieuses appellations en blanc, telles que Meursault, Puligny-Montrachet, etc. Un peu plus bas se trouve la Côte Chalonnaise et le Mâconnais, qui produisent des vins un peu plus accessibles, tant en blanc qu’en rouge. 

La délimitation des zones de production de la Bourgogne est particulière. Le vignoble bourguignon en entier est divisé en « climats ». Chaque climat possède ses propres caractéristiques quant au sol, au positionnement géographique, etc. Le défi de mon voyage a été de me démêler dans tous ces climats, puisqu’il en existe plus d’un millier ! Sur place, c’est impressionnant de comprendre ce système. Parfois, nous nous trouvions sur un climat et à peine un petit chemin de terre plus loin, nous étions dans un autre. Le nom du climat figure habituellement sur l’étiquette du vin.

Une autre particularité là-bas est le grand nombre de producteurs répartis en quelques hectares de vigne. De ce fait, dans un même climat, plusieurs vignerons se partagent le territoire et possèdent chacun leurs rangées de vigne. 

Les cépages

Le chardonnay et le pinot noir règnent en contrée bourguignonne. On y retrouve aussi un peu d’aligoté en blanc et de gamay en rouge. C’est au cours de ce voyage que les notions de millésime et de terroir ont, pour moi, pris tout leur sens. Le fait que la plupart des vins soient issus d’un seul cépage, le chardonnay ou le pinot noir, nous permet de comparer les différences d’un terroir à l’autre et il en est de même pour les millésimes.

À Bordeaux, par exemple, plusieurs cépages sont autorisés dans l’élaboration des vins. Ainsi, lors d’une moins bonne année, ils peuvent changer les proportions de chaque cépage selon leur rendement, alors qu’en Bourgogne, c’est impossible. 

En espérant avoir piqué votre curiosité quant à cette magnifique région. Je vous reviendrai la semaine prochaine avec quelques suggestions bourguignonnes à mettre sous le sapin.

Santé !