Les centres jardins sont ouverts, mais avec des règles strictes. Ici, au Floralies Jouvence.
Les centres jardins sont ouverts, mais avec des règles strictes. Ici, au Floralies Jouvence.

Magasiner les produits horticoles sous la COVID-19

Vous avez peut-être entendu la bonne nouvelle : depuis le 15 avril, les serres, les jardineries et les pépinières, fermées depuis la mi-mars pour limiter la propagation de la COVID-19, ont de nouveau le droit d’ouvrir au public. Aussi, la plupart des autres services horticoles, comme l’aménagement paysager, l’entretien paysager, l’arboriculture et l’irrigation, peuvent désormais offrir leur collaboration au public encore. Mais ce n’est pas «business as usual». Les magasins ont dû sérieusement modifier leur façon de fonctionner pour respecter les directives de la santé publique. Comment alors magasiner sous les restrictions appliquées pour la COVID-19?

D’abord, sachez que toutes les jardineries ne sont pas encore ouvertes. Dans la grande région de Québec, celles qui sont normalement ouvertes à l’année le sont désormais, mais ailleurs, plusieurs jardineries ont l’habitude de fermer l’hiver pour n’ouvrir qu’à diverses dates au printemps. Elles sont donc peut-être encore fermées.

Alors, téléphonez ou visitez leur site Web avant de vous déplacer. Eh oui, vous pouvez les joindre : même si leurs portes sont fermées, les employés sont à l’œuvre dans les serres, préparant les plantes pour la saison à venir.

Magasinez, mais ne flânez pas

Vous trouverez que la plupart des jardineries fonctionnent un peu à la manière des supermarchés et grandes surfaces. Il y aura probablement des cordages à l’extérieur, des flèches au sol pour indiquer la distanciation sociale prévue (2 mètres) et des restrictions quant au nombre de clients qui peuvent entrer en même temps. Il peut aussi avoir des files d’attente à l’entrée. Pour faciliter la circulation, seulement une personne par famille sera admise. 

Si vous présentez des symptômes tels que de la toux, de la fièvre ou des difficultés respiratoires, veuillez reporter vos achats ou commandez à distance. Si vous avez à tousser ou à éternuer lors de votre visite, faites-le dans votre coude.

Vous trouverez que la plupart des jardineries fonctionnent un peu à la manière des supermarchés et grandes surfaces.

Vous devriez vous laver les mains avec une solution hydroalcoolique en arrivant et en partant et il y a des distributeurs à cette fin dans les magasins. D’ailleurs, des pancartes vous aviseront à ce sujet et sans doute un employé veillera à ce que les règlements soient appliqués. N’ayez crainte de prendre un panier : il aura été désinfecté après chaque utilisation. 

Beaucoup de jardineries ont élargi leurs allées ou celles-ci seront désormais unidirectionnelles. Quand la personne avant vous arrête pour examiner un produit, vous devriez attendre patiemment pour maintenir la distanciation sociale appropriée. 

Examinez les produits avec vos yeux. Ne touchez que pour prendre le produit de votre choix et le mettre dans votre panier. Si vous avez des questions, plutôt que manipuler une boîte pour lire l’information, demandez l’assistance d’un préposé.

À la caisse, il y aura sans doute des flèches au sol indiquant la bonne distanciation ainsi qu’une barrière entre vous et le caissier. Prévoyez de payer par carte de crédit ou débit ou par autre paiement électronique si possible. Oui, les jardineries acceptent encore les billets et la monnaie, mais pour le bien de tous, utilisez-les seulement quand vous n’avez pas d’autre choix.

Un magasinage plus agréable… pour tous!

Personne ne veut que votre visite à la jardinerie soit source de frustration, mais alors vous, en tant que client, devez aussi collaborer.

Par exemple, idéalement, vous viendrez au magasin avec en main une liste de vos besoins. À cette fin, on vous recommande de magasiner sur le site Web de la jardinerie. Si vous savez exactement ce que vous voulez, tout ira plus rondement.

Idéalement, vous viendrez au magasin avec en main une liste de vos besoins.

Aussi, presque toutes les jardineries offrent maintenant un service d’autocueillette sans contact. Vous commandez vos produits par téléphone ou courriel, vous payez à distance et le magasin vous appellera pour dire quand venir chercher votre commande. Il y aura un endroit spécifique et bien indiqué pour la recevoir. À l’heure prévue, garez-y votre voiture et ouvrez le coffre. Un employé y déposera la commande. Restez dans l’auto et remerciez-le à distance.

Ou, pour des quantités importantes (terre, compost, paillis, etc.), commandez par téléphone ou courriel et faites livrer.

Si vous êtes parmi les personnes considérées les plus à risque de complications face à la COVID-19 (personnes âgées de plus de 70 ans, personnes présentant des maladies chroniques et personnes immunosupprimées) et vous devez vous déplacer en magasin, veuillez porter un masque.

N’ayez crainte de prendre un panier : il aura été désinfecté après chaque utilisation.

Avril n’est pas encore la grosse saison des jardineries et il ne devrait pas avoir trop d’attente au début, mais elles deviennent plus achalandées en mai. Habituellement, même en temps normal, quand arrive la première belle fin de semaine de mai, c’est la foule. Il ne faudra pas que cela se répète en 2020! Soyez logique et pensez à visiter en semaine plutôt qu’en week-end, et tôt le matin ou en fin de journée, quand il aura moins de gens sur place.

Pas de panique!

Les jardineries offriront ce printemps toute la gamme de produits et de services habituels et sont d’ailleurs prêtes pour une saison très active, ayant plus de marchandise en stock que jamais (tout indique que la saison 2020 sera un record de tous les temps pour le jardinage!). Il n’y a donc pas à craindre une disette et alors aucune raison de faire des achats dictés par la panique, comme pour le papier de toilette plus tôt cette année. Une telle réaction ne fait que créer des disettes artificielles. Achetez d’après vos besoins pour la saison en cours, pas plus.

N’oubliez pas, non plus, qu’il est beaucoup trop tôt pour acheter des plants de légumes, de fines herbes et d’annuelles. Il ne sert à rien d’acheter ces végétaux trop tôt, car vous ne pouvez pas les mettre à l’extérieur tout de suite, car il fait trop froid. Et si vous les rentrez chez vous, où l’éclairage est faible, ils vont tout simplement dépérir. 

Actuellement, vous voudrez les marchandises appropriées à la saison, comme le nécessaire pour faire vos semis (semences, terreau, pots, plateaux, dômes, engrais, tapis chauffants, etc.), pour rempoter vos plantes d’intérieur ou des outils pour nettoyer votre terrain. Allez chercher les végétaux plus tard, quand il n’aura plus de risque de gel.

Et voilà l’étiquette du jardinage à la mode COVID-19. Appliquez-la et… oui, ça va bien aller!

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ENTRETIEN DE LA SEMAINE

› Il est temps de semer à l’intérieur les plantes suivantes : fines herbes : aneth, cerfeuil, origan, persil; légumes : chou kale, endive, tomate; fleurs : dahlia nain, immortelle, lavatère, muflier, nicotiana, sauge éclatante.

Lessivez le gazon près de la rue pour à l’eau claire pour enlever toute accumulation de sel.

N’oubliez pas de réserver un lot dans votre jardin communautaire. Nous ne savons pas encore (le 16 avril) si le confinement dû au COVID-19 provoquera leur fermeture, mais mieux vaut miser sur le positif!

Enlevez la protection hivernale (jute, géotextile, etc.) qui recouvre les arbustes, conifères et rosiers.

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QUESTIONS

Quantité de graines

Q Lorsque j’ai semé les petites graines (chou kale, basilic et ciboulette), il m’a été difficile d’être très précise et j’ai mis une pincée dans chaque pot. Elles ont bien germé et mes plantules sont actuellement exposées à la lumière, mais elles poussent tellement densément que je ne sais plus quoi faire.
— Élaine Beliveau 

R Vous ne pouvez pas laisser pousser des semis aussi densément : ils vont se nuire. Alors, vous avez deux choix : les éclaircir ou les repiquer. 

L’éclaircissement est simple comme bonjour. Choisissez une plantule comme «survivante» et coupez toutes les autres au sol. Oui, avec des ciseaux! Sachez que les petits semis coupés ne seront pas gaspillés : les jeunes pousses de légumes et de fines herbes sont presque toujours comestibles (les solanacées, comme les tomates et les poivrons, font exception : leurs semis sont légèrement toxiques). Donc, récoltez les plantules que vous venez de faucher, rincez-les et rajoutez-les à une salade, un sandwich ou une soupe!

Quand des semis sont trop serrés, il faut soit les éclaircir ou les séparer.

Pour le repiquage, par contre, vous avez un problème. Il est facile de séparer des semis bien espacés : on n’a qu’à les déterrer individuellement et les replanter dans un autre pot. Les vôtres, par contre, sont tellement serrés que cela risque d’être impossible : leurs racines seront complètement entremêlées. Voici alors quoi faire. 

Quand les plantules auront trois ou quatre vraies feuilles (et alors, plus tolérantes au repiquage), déterrez la motte de semis avec une cuiller et déposez-la dans un bol d’eau. Agitez un peu et le terreau tombera. Par la suite, tirez doucement sur une plantule à la fois, la tenant par une feuille (jamais par la tige : cela risque de l’écraser!) et ses racines, toujours dans l’eau, se démêleront comme par magie. Vous pouvez alors repiquer chaque petit plant dans son propre pot.

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Semis étiolés

Q J’ai semé des choux de Bruxelles en mars et ceux-ci ont bien poussé, seulement ils ne se tiennent pas droits et semblent faibles. J’ai une lampe à semis, alors ils ne manquent pas de lumière. Est-ce normal?
Rosaire

Non, mais c’est un problème assez courant. Dans votre cas, puisque l’éclairage est bon, le problème est sans doute en partie dû à trop de chaleur. On sème bien les choux Bruxelles à la chaleur, mais après, si possible, on les cultive au frais ,car les plantes de la famille du chou aiment la fraîcheur. La température idéale est 15 à 18 °C le jour avec une baisse la nuit si possible, mais jamais inférieure de 4 °C. 

Mais l’autre raison pour cet étiolement est que vous avez semé vos choux de Bruxelles beaucoup trop tôt. Normalement, on les sème à l’intérieur vers le 1er mai et on les repique en plein air en juin quand il n’y a plus de risque de gel. Mais vos semis ont déjà atteint la taille à laquelle normalement on les plante en pleine terre, et ce, 6 semaines avant le temps! Bien sûr, il fait beaucoup trop froid à la fin d’avril pour les planter en pleine terre. Et les semis trop matures s’affaiblissent peu à peu : on ne peut pas forcer un jeune plant à faire du surplace. Vue cette situation, la chose la plus logique serait de récolter vos semis et de les manger (le feuillage du chou de Bruxelles est parfaitement comestible), puis d’en démarrer d’autres dans les prochains jours.

DES QUESTIONS SVP!

Vous pouvez nous joindre :
Par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à
Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Vous cherchez des activités horticoles pour meubler vos temps libres? En voici quelques-unes pour les jours qui viennent.

Conversations horticoles
Durant la période de confinement dû au coronavirus, Larry Hodgson offre gratuitement des «conversations horticoles» en direct les mercredis à 10h sur Facebook.

Formations en ligne
L’agronome Lili Michaud offre des formations en ligne que vous pouvez suivre à votre rythme, dans le confort de votre foyer. Au programme : Le compostage domestique et Les fines herbes de la terre à la table. Coûts: 25$ et 30$ + taxes.
Info: www.lilimichaud.com