Et le meilleur sommelier du monde est...

Vendredi dernier, à 13h30 heure locale de la Belgique, avait lieu la finale du Concours Meilleur Sommelier du Monde 2019. Depuis le jour où j’ai mis les pieds dans le domaine de la sommellerie, c’est toujours avec beaucoup d’intérêt et d’admiration que je suis attentivement le déroulement de cette compétition qui a lieu tous les trois ans. Le Québec y étant très bien représenté depuis quelques années, la fébrilité était palpable la semaine dernière dans l’industrie.

Deux Québécois parmi les candidats
Nous pouvons être fiers, car la sommellerie québécoise ne cesse de faire sa marque sur la scène internationale! Après Véronique Rivest, repartie avec la deuxième position en 2013, et Élyse Lambert, qui a obtenu la cinquième place en 2016, cette année, ce n’est pas un, mais deux Québécois qui se classaient parmi les participants: Pier-Alexis Soulière, meilleur sommelier des Amériques œuvrant au restaurant La Chronique à Montréal, et Carl Villeneuve Lepage, meilleur sommelier du Canada exerçant sa profession au restaurant Toqué!. Les deux en étaient à leur première expérience au Concours Meilleur Sommelier du Monde.

Cette année, le Concours Meilleur Sommelier du Monde 2019 comptait 66 candidats provenant des quatre coins du monde. Pour y participer, chacun avait remporté, au préalable, une compétition nationale. S’allongeant sur cinq jours, l’événement a commencé par une épreuve de dégustation de deux vins à l’aveugle. Les candidats devaient les décrire sur papier. Ils ont dû ensuite déguster et identifier trois spiritueux servis dans des verres noirs. Une épreuve théorique assez costaude (60 questions en autant de minutes) a clôturé les épreuves de la première journée.

Le lendemain, c’est la pratique qui a été mise de l’avant à travers diverses épreuves de service. Au terme de ces deux jours, seulement 19 demi-finalistes ont été annoncés.

La demi-finale s’est déroulée tout au long de la troisième journée. Elle portait sur des questions théoriques et des épreuves de dégustation, de service, de marketing et de vente.

Pierre-Alexis Soulière se trouvant parmi les demi-finalistes, le Québec a été tenu en haleine jusqu’à la dernière journée, car c’est seulement à quelques minutes de la finale que l’organisation a divulgué le nom des trois finalistes. Repos et formation étaient prévus à l’horaire pour la quatrième journée.

La finale
La gestion du stress est primordiale pour affronter cette étape. Tous les demi-finalistes devaient se tenir prêts à performer devant le public, mais seulement trois d’entre eux étaient retenus.

Une fois annoncés, et ceux-ci à peine remis de leurs émotions, les finalistes passaient immédiatement à la dernière étape où ils étaient soumis à sept épreuves de service, de connaissances et d’analyses organoleptiques. Par exemple, on pouvait leur demander de présenter un accord mets et vins pour un menu quatre services, et ce, en trois minutes seulement! On pouvait également les inviter, dans cette ultime épreuve, à décanter et servir un vin à six personnes en autant de minutes ou à identifier, à l’aveugle et en trois minutes, quatre produits et proposer un plat pour chacun.

C’est un vrai marathon pour les candidats! J’en ai chaque fois le souffle coupé!

C’est l’Allemand, Marc Almert, qui a finalement remporté la première place. Pour leur première expérience aux Mondiaux du vin, Pier-Alexis Soulière et Carl Villeneuve Lepage ont terminé respectivement au 9e et au 26e rang.

Parions que ce n’est pas la dernière fois que nous entendons parler d’eux. Félicitations!