Dorian Escalon et Sarah Gibault vivent leur rêve à Sutton.

Écuries du Domaine Avalon: la vie après Cavalia

S’il existait un mot plus fort que passion pour exprimer ce que Sarah Gibault et Dorian Escalon ressentent pour les chevaux, on l’utiliserait volontiers. Les deux anciens artistes de la troupe Cavalia vivent aujourd’hui leur rêve à Sutton en partageant leur quotidien avec leurs protégés. Presque jour et nuit.

À seulement 26 ans, tous deux affichent un parcours atypique, aussi riche qu’impressionnant. Lui est d’origine franco-espagnole, elle est Franco-québécoise. Dorian monte à cheval depuis qu’il a trois ans. À 14 ans, cette fascination l’a fait quitter l’Espagne pour la France, seul, pour participer à un programme sports équestres-études.

« C’est là que ma formation pluridisciplinaire a commencé avec Benjamin Aillaud, une sommité dans le domaine », raconte-t-il. Cascadeur de film, spécialiste de la voltige, Dorian joint Cavalia à Sutton à seulement 17 ans. D’artiste, il devient vite directeur équestre, supervisant une trentaine de cavaliers et 75 chevaux.

« C’était beaucoup à gérer pour un gars de 22 ans... Quand j’ai rencontré Sarah sur Cavalia, elle est entrée dans mon monde et mon stress quotidien. Elle m’a fait réaliser que c’était une vie de fou. »

Tout aussi mordue de chevaux — elle a acheté son premier cheval à dix ans avec son argent de poche —, la jeune femme a pris quelques détours avant de trouver sa voie. « J’ai amorcé mes études en médecine vétérinaire équine, pour ensuite passer des auditions pour Cavalia, sans succès. Benjamin Aillaud m’a alors offert d’aller étudier à son école d’art équestre en France. Dorian et moi avons appris du même maître. »

Voltige, poste hongroise, dressage, saut d’obstacles et travail en liberté — devenue sa spécialité —, Sarah a développé son art, avant de joindre Cavalia durant deux ans.

Voltige, poste hongroise, dressage, saut d’obstacles et travail en liberté — devenue sa spécialité —, Sarah Gibault a développé son art, avant de joindre Cavalia durant deux ans.

Projet double

Après avoir quitté le spectacle, ensemble, ils ont lancé à Sutton un centre d’entraînement pour jeunes chevaux et jeunes cavaliers de Cavalia. Mais parallèlement à ce projet, le jeune couple a trouvé aux Écuries du Domaine Avalon l’espace nécessaire pour démarrer son propre rêve, en achetant ses propres chevaux et en offrant le service de pension.

« Quand le centre de Cavalia a fermé ses portes, il y a deux ans, on était tous les deux sans emploi. On a donc décidé d’essayer de vivre de ce qui était notre hobby », explique Sarah.

Aujourd’hui, une trentaine de chevaux occupent leur écurie. « On est un centre d’entraînement, une pension, on offre des cours d’équitation unique, on enseigne la voltige, on fait l’élevage de chevaux de sport, de la compétition, on importe des chevaux de l’Europe, on en vend et on propose des cliniques de formation au Canada », énumère les deux partenaires. 

Ils se spécialisent également dans la rééducation de chevaux. « On ne veut pas être Cavalia. On est un centre pluridisciplinaire, car toutes ces disciplines sont complémentaires pour le bien-être des animaux », fait remarquer Sarah.

Et parce que le volet artistique de leur métier demeure bien ancré en eux, ils souhaitent aussi offrir de courtes prestations sur mesure, à petite échelle, pour mettre de la magie dans divers événements. 

« À la base, on est des artistes qui mélangent le sport équestre, sans perdre nos valeurs de base, à commencer par la communication avec les chevaux. Et on veut enseigner aux gens à se connecter à leurs chevaux. »

Ils se sentent si bien dans ce vaste complexe entouré de montagnes, avec leurs compagnons à quatre pattes, qu’ils n’ont maintenant qu’un souhait : passer de locataires à propriétaires du Domaine Avalon. « On est en cours d’achat ! »

Le jeune couple a trouvé aux Écuries du Domaine Avalon l’espace nécessaire pour démarrer son propre rêve, en achetant ses propres chevaux et en offrant le service de pension.

À l’émission Animaux à la retraite

C’est par l’entremise de l’organisme Galahad, qui veille au bien-être des chevaux, que Sarah Gibault et Dorian Escalon ont été mis en contact avec l’équipe d’Animaux à la retraite. L’émission s’attarde sur l’une des missions des Écuries du Domaine Avalon: la prise en charge de chevaux à la retraite.

«On a fait beaucoup de sauvetage de chevaux destinés à l’abattoir. Ça ne fait pas de sens pour nous que ces animaux se retrouvent au mauvais endroit, au mauvais moment. On a aussi adopté des chevaux qui ont fait de la scène avec nous et qu’on aime d’amour. Il y a un fort attachement émotif entre nous et nos chevaux», affirme Sarah. Comme le lien intime que Dorian a tissé avec Furioso, son «cheval de coeur» depuis l’époque de Cavalia.

«C’est prouvé scientifiquement que le cheval a une intelligence émotionnelle plus forte que celle de l’humain. Ils ressentent un battement de coeur à dix mètres de distance, c’est vous dire à quel point ils peuvent sentir nos émotions», poursuit la jeune femme.

C’est cette complicité unique entre l’humain et l’animal que les téléspectateurs peuvent sentir à Animaux à la retraite. «L’équipe de tournage a passé quatre jours sur la ferme. C’était vraiment l’fun», explique Dorian. Le public a pu faire leur connaissance au début de l’automne, et d’autres épisodes à leur sujet sont à venir. 

Mais cette nouvelle notoriété n’est pas sans leur causer certains désagréments, des visiteurs se pointant désormais au domaine à l’improviste dans l’espoir d’approcher les chevaux. «C’est un endroit privé; les gens doivent prendre rendez-vous», rappellent-ils.

Un cadeau pour l’animateur Mathieu Roy

Lorsque TVA a eu l’idée d’Animaux à la retraite, le nom de Mathieu Roy s’est imposé à l’animation. Parce qu’il faisait déjà partie de la «famille» télévisuelle, mais aussi parce que les animaux sont un peu son dada.

«J’ai de l’écoute et de l’émotion face à ce sujet. Et puis, ça m’intriguait de savoir ce qui arrivait à ces animaux. J’ai eu beaucoup de plaisir à tourner l’émission. Ç’a été une super expérience», raconte Mathieu Roy, lui-même propriétaire de Tom, son chien d’eau portugais adoré. 

Lors de son passage aux Écuries du Domaine Avalon, Mathieu Roy a été fortement impressionné par Sarah et Dorian.

«C’est un jeune couple qui impose le respect. Ce n’est pas facile, ce qu’ils font. Ils sont extrêmement vaillants et travaillants. J’ai rencontré là des humains extraordinaires, mais aussi des animaux extraordinaires. Ces chevaux sont d’anciens athlètes encore nobles et puissants. Et Sarah et Dorian veulent leur offrir une belle fin de vie.»