Diversité à l’italienne!

CHRONIQUE / Parmi les nombreux événements vinicoles de l’automne, le Salon des vins italiens de Montréal est un incontournable. C’est d’ailleurs le premier salon auquel j’ai participé quand j’étais encore étudiante en sommellerie (mon professeur en était un adepte!). Tapis rouge, ambiance feutrée, nourriture à volonté et les gens tirés à quatre épingles, etc. Cela ne fait aucun doute: les Italiens maîtrisent l’art de recevoir. J’ai eu la chance de m’y rendre en octobre dernier et d’y faire de belles découvertes.

Outre le célèbre sangiovese, l’Italie abrite près de 400 cépages indigènes et propose autant d’appellations, sinon plus! Pour le consommateur (et le sommelier) il est facile de s’y perdre. Elle possède un système de classification semblable à celui connu en France.

Il y a quatre catégories: les vins de table au bas de la pyramide, les IGT (Indicazione Geografica Tipica), comparables aux vins de pays, les DOC (Denominazione Di Origine Controllata), soit l’équivalent des AOC françaises et les DOCG (Denominazione Di Origine Controllata E Garantita), dont les critères sont les plus élevés.

Les professionnels de l’industrie reprochent toutefois au système de classification italien de manquer de constance qualitative. Pour la même appellation, il n’est pas rare de retrouver des produits de grande qualité aux côtés de vins suscitant moins d’intérêt. L’objectif d’une appellation étant de refléter un style précis et de guider les consommateurs dans leurs choix, cette hétérogénéité au sein de la classification nécessite donc d’être vigilant au moment de faire vos achats.

Pour des choix éclairés, voici deux suggestions italiennes.

Lazio 2016, Anthium, Bellone, Casale del Giglio (code SAQ : 13626037; 23,85 $)

Le Latium, situé au sud de la Toscane, n’est pas la région la plus convoitée de l’Italie pour ses vins. On y élabore principalement du vin blanc de moindre qualité. Heureusement, il y a toujours quelques exceptions pour nous surprendre et nous donner envie de redécouvrir à nouveau le potentiel des régions sous-estimées. C’est le cas de ce vin blanc sec, issu du bellone, un cépage indigène d’origine romaine, rarement utilisé seul dans une cuvée. Le nez est invitant, proposant des arômes de pêche blanche, d’amande et des notes florales. La bouche est ample, ronde et fraîche. D’une belle complexité, l’ensemble est équilibré et s’exprime en élégance. À servir accompagné d’une brochette de crevettes laquées au miel et cari.

Aglianico del Vulture 2015, Grifalco (code SAQ : 13227896; 24,25 $)

Ce rouge du sud de l’Italie, dans le Basilicate, est une autre belle façon d’explorer le pays à travers des variétés moins communes. Cette cuvée est issue du cépage aglianico, qui propose des vins concentrés, à la trame tannique serrée et aux accents de fruits mûrs et d’épices. Le Grifalco est excellent, suave et empreint de finesse. La bouche offre beaucoup de texture et de relief, les saveurs s’étirent dans une longue finale et une pointe de fraîcheur le rend digeste et facile à boire. Le vin d’automne approprié pour les viandes braisées et les mijotés.