Découvrir la Hongrie par ses vins

CHRONIQUE/ Peu connus à travers le monde, les vins hongrois gagnent en qualité depuis une vingtaine d’années. À ce jour, la SAQ répertorie une trentaine de produits de la Hongrie, toutes catégories confondues.

Voici un survol de cette région vinicole au style de vin traditionnel.

Terroir

Entourée par l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Roumanie et la Slovaquie, la Hongrie bénéficie d’un climat continental aux saisons extrêmes (hivers froids et étés chauds). Le paysage est composé de plaines, entourées de petites montagnes. On y retrouve principalement des sols volcaniques et calcaires.

Cépages locaux

Bien sûr, comme plusieurs régions vinicoles, des cépages dits internationaux (cabernet, merlot, chardonnay, etc.) ont été plantés entre les années 1970 et 1990. Heureusement, la tendance veut un retour à la tradition, soit aux cépages locaux qui apportent une identité aux vins. Raffinés, les cépages blancs sont plantés en plus grande quantité que les rouges.

Le furmint est cultivé en Hongrie depuis très longtemps et il correspond à une grande superficie du vignoble. Cépage d’une grande acidité, au caractère minéral et salin, il a la capacité de bien refléter les sols sur lesquels il se trouve.

Étant à l’origine de grands vins liquoreux, il fait aussi d’excellents vins secs comme cette cuvée Tokaji 2016, Furmint, Château Pajzos (code SAQ: 860668; 13,95$). Très abordable, elle offre une belle structure, de la fraîcheur et des notes d’amandes et de mandarines. Ce vin est une belle introduction à la Hongrie. Idéal avec une cuisine asiatique.

En assemblage, le furmint se retrouve souvent avec le cépage harslevelu (qui se traduit par « fleur de tilleul ») au style plus parfumé et fruité.

En ce qui a trait à la production des vins rouges, il y a une grande concentration autour de Budapest avec des cépages tels que kekfrankos (équivalent du blaufränkisch autrichien) et kardarka (souple et épicé). Les rouges élaborés avec les cépages locaux se consomment plutôt jeunes. Pour la garde, il faudra prioriser les vins hongrois issus de merlot ou de cabernet.

Tokaji Aszú
Avis aux amateurs de sauternes, le Tokaji Aszú est l’un des grands liquoreux de ce monde et fait la renommée de la Hongrie. Il serait le premier vin à avoir été fait avec des raisins atteints par la pourriture noble (aussi appelée botrytis cinerea), soit deux siècles avant le sauternes. La pourriture noble a pour effet de concentrer les sucres et l’acidité du raisin. Le Tokaji Aszú est produit dans la région de Tokay, avec les cépages furmint, harslevelu et muscat à petits grains, selon une méthode d’élaboration bien particulière. Une fois récoltés, les raisins sont écrasés pour former une sorte de pâte. Celle-ci est ajoutée sur une cuve contenant du vin de base de l’année précédente. Le terme Puttonyos que vous pouvez lire sur l’étiquette, désigne la proportion de cette pâte mise dans chaque fût. Ainsi, les différentes catégories vont de 3 Puttonyos à 6 Puttonyos, indiquant la teneur en sucre et le temps de vieillissement. La mention 6 Puttonyos étant, bien sûr, la plus coûteuse et d’une douceur (taux de sucre) plus élevée. La note Aszú Eszencia signifie plus de 6 Puttonyos. Pour goûter à ce riche, complexe et élégant liquoreux à la texture crémeuse, je vous propose le Tokaji Aszú 5 Puttonyos 2008, Disnókö (code SAQ : 12388330; 56,75$). Un vin avec du caractère, des notes d’épices, de noisettes et de caramel qui persistent en bouche.

Santé!