« D’un océan à l’autre »

CHRONIQUE / Peut-être avez-vous entendu parler de cette étude révélant des différences significatives dans les sensations perçues en dégustation entre des spécialistes du vin du Québec et de la Colombie-Britannique?

Des chercheurs ont soumis à l’aveugle sept vins identiques à deux groupes de professionnels — l’un du Québec et l’autre de la côte ouest. Ils cherchaient à examiner les différences dans l’évaluation sensorielle des vins entre des experts séparés par le contexte socioculturel et géographique.

Ils ont noté que les experts montréalais relevaient plus facilement les arômes végétaux et épicés, les notes de poivron vert, de bois, ainsi que l’amertume, l’acidité et l’équilibre des vins.

De leur côté, leurs confrères de l’Okanagan accordaient de meilleures notes aux vins épicés.

Or, c’est probablement le « cas Apothic Red » qui a le plus fait jaser. Ce rouge californien bien connu des Québécois, et qui ne fait pas l’unanimité au sein de la presse spécialisée, — caractérisé comme trop sucré (du haut de ses 16 g/l) — aurait reçu de la part du groupe d’experts de l’Okanagan, une note qualitative nettement supérieure que celle attribuée par leurs homologues montréalais.

Le synopsis de l’étude nous apprend que l’expérimentation a été faite sur deux groupes composés d’« experts du vin locaux et d’influenceurs issus de différents milieux socioculturels ». En regardant de plus près le rendu publié dans le Journal of Wine Research, on découvre que l’échantillonnage est fort hétéroclite avec d’une part un groupe composé essentiellement de vignerons, œnologues et employés de vignobles (Colombie-Britannique) et de l’autre, des sommeliers et des chroniqueurs vin (Québec). Comme l’étude a d’ailleurs pris le temps de le soulever, ces deux groupes issus de formations très différentes présentent des différences substantielles dans la nature de leurs pratiques. « Les experts en vin associés aux vignobles avec une expérience en œnologie sont plus orientés vers la détection des défauts et la conception des vins, tandis que les sommeliers, éducateurs et journalistes du vin se concentrent dans une plus grande mesure à fournir des évaluations visant à influencer les consommateurs et leurs choix de vins ».

C’est comme si on avait soumis sept longs métrages à deux groupes — des producteurs de films et des critiques de cinéma — de lieux géographiques différents. Ou sept plats à des chefs, puis à des critiques culinaires — du Québec et de la Colombie-Britannique.

L’étude aurait plutôt dû s’appeler les différences dans l’évaluation sensorielle des vins entre les œnologues/vignerons de la Colombie-Britannique et les sommeliers/chroniqueurs du Québec. Or quel aurait été le but d’une telle étude? Des différences, il y en aura, c’est une certitude. Mais que nous apprennent-elles vraiment?

Swartland 2017, Terre Brûlée « Le Rouge », Tania & Vincent Carême
23,10 $ • 13738055 • 13,5 % • 1,5 g/l • V, BIO      

Ce rouge qui était en importation privée il n’y a pas si longtemps est maintenant offert en spécialité à la SAQ. Connu et réputé pour ses délicieux chenin blanc de la Loire, Vincent Carême a étendu ses activités dans l’autre hémisphère avec l’aide de sa femme Tania. Ce n’est pas un hasard s’ils ont choisi l’Afrique du Sud, puisque Tania est elle-même Sud-Africaine. Ensemble, ils subliment le jus de la vigne à Malmesbury dans Swartland en respectant les principes du bio. Ils proposent ce chouette assemblage de 2 variétés rhodaniennes — syrah et cinsault — aux arômes vibrants de café et de cerises. C’est plutôt généreux, bien structuré, sur le fruit et les épices. Un rouge de réconfort qui accompagnera délicieusement la cuisine d’hiver, comme un chili!

Brouilly 2017, Château Cambon
28,75 $ • 13385931 • 12,5 % • 1,5 g/l • V, BIO    

Ce gamay possède un charme fou. Il s’amène sans filtre, naturel, cru. Plus habitué devant la beauté nue — en 510 x 510 pixels comme en 750 ml — on ne peut être que désarmé devant tant de sincérité et de candeur. Concrètement, Marie Lapierre et Jean-Claude Chanudet n’appliquent ni engrais chimiques, ni désherbants et usent d’un minimum de soufre. Ils travaillent avec les principes de la macération semi-carbonique de Jules Chauvet pour produire un vin « nature « maîtrisé. La trame souffle des notes de petits fruits rouges acidulés et est un poil animal. Point de tanins, mais de l’énergie à revendre, un juteux et une fraîcheur débordante! Un vin de partage, épicé, friand et expressif. #nofilter #topbeaujo