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À la vôtre

(S’) Offrir le vin en bouquin

CHRONIQUE / Chaque automne voit déferler son lot de bouquins sur le vin. Juste à temps pour les soirées passées près du feu et les cadeaux de Noël. Des lectures viniques à consommer en duo, c’est-à-dire vous et la tendre compagnie d’un bon verre de vin suggéré dans cette chronique!

Vivre de vin et de voyages

Un road trip combinant vin et surf, ça vous dit? Découvrir la région viticole émergente de la Moravie à vélo? Descendre les vignobles de la côte ouest dans une caravane, de Kelowna à Paso Robles? C’est ce que propose la sommelière, Natalie Richard, dans son nouvel ouvrage Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve. Ce petit nouveau de la famille des guides de voyage Ulysse détaille 50 circuits viticoles sur 5 continents. Des itinéraires complets à durée variable — entre 2 et 7 jours —, impliquant des vignobles incontournables de la région, mais aussi des activités, des restaurants et des lieux à ne pas manquer. 

Le guide est bâti autour des grandes villes du monde, de sorte à jumeler facilement une excursion dans les vignobles à un voyage d’affaires, notamment. Natalie cite Londres en exemple : « Les gens ne se doutent pas qu’à seulement une heure de la capitale se trouvent certains des meilleurs effervescents du monde! ». Idem avec Tokyo. Une heure de train à peine, et vous voilà dans le merveilleux monde du saké!

Vous savez ce couple qui ne cessait de vous vanter son fameux week-end dans un château bordelais? Eh bien, le voyage viticole de rêve est désormais accessible, car ce livre démystifie l’oenotourisme une bonne fois pour toutes — ici, à Niagara, à 5 h de Montréal, ou en Géorgie, berceau du vignoble mondial. Que vous vouliez voyager en mode actif, romantique, familial, bio ou « nature », il y a une route pour chaque envie! 

D’ailleurs, surveillez la page Facebook de Routes des vins dans le monde — 50 itinéraires de rêve où seront annoncées successivement 50 soirées thématiques données à travers le Québec. Un bon moyen de préparer votre prochain voyage de prédilection, tout en dégustant des vins et des mets de la région!

34,95 $

Vin

Le renaissance d'un vignoble

Les amateurs de vins se rappellent l’onde de choc qui avait balayé le monde du vin canadien en 2016. Le Clos Jordanne, vignoble estimé du Niagara — qui produisait des pinot noir et des chardonnay de style bourguignon depuis 2007 — mettait un terme à ses activités après avoir essuyé quelques millésimes difficiles.

Il va sans dire que la nouvelle fut chaudement accueillie en juin dernier lorsque Arterra Canada, propriétaire du Clos Jordanne, annonçait que le domaine renaissait de ses cendres. Et pas de n’importe quelle façon. Sous la patte du vinificateur fondateur original du Clos Jordanne, le Québécois et Estrien, Thomas Bachelder.

Les deux vins du Grand Clos —parcelle la plus qualitative du vignoble — effectuaient donc leur grand retour en SAQ le 27 novembre dernier. Un renouveau tout en qualité qui laisse bien présager pour la postérité. D’ailleurs, le vignoble lance le chardonnay et le pinot noir à prix attrayants, bien plus bas que le dernier millésime 2012, soit 45 $ plutôt que 75 $. Du côté d’Arterra, on prend soin de souligner qu’il ne s’agit pas d’un prix de départ, mais bien du coût fixe. Une attention qui témoigne de la bonne foi de l’entreprise à faire redécouvrir ce vin mythique aux consommateurs. Offert en quantité limitée, quand même!


Péninsule du Niagara 2017, Grand Clos Chardonnay, Clos Jordanne

45,50 $ • 14222851 • 13 % 

Ce chardo d’inspiration bourguignonne, s’inscrit dans le style « meursault ». Un blanc complet, parsemé de touches minérales, et de notes de beurre et d’ananas. La trame est riche, voluptueuse. Du gras, mais aussi une matière boisée supportée par une élégance et une profondeur qui laissent présager un avenir plein de promesses. Attendre 3 à 6 ans avant d’ouvrir, histoire de lui laisser le temps de bien intégrer son élevage. 

Péninsule du Niagara 2017, Grand Clos Pinot noir, Clos Jordanne

45,50 $ • 14222886 • 12,5 %

Les vignes du domaine, maintenant âgées de 20 ans, ont gagné en maturité. Il se dégage du pinot noir profondeur et finesse du nez. Un mélange complexe d’épices, de laurier, de popurri et de cerises qui enivre. Un rouge à la texture ample, portant une grande fraîcheur, une souplesse de tanins et une finale de longue haleine. Délicieux!

À la vôtre

Un avant-goût des changements climatiques

CHRONIQUE / «Nous avons huit ans de budget carbone, aujourd’hui », affirmait Karel Mayrand, directeur général de la Fondation David Suzuki, en guise d’introduction à la Conférence Goûter aux changements climatiques, organisée par la chroniqueuse vin, sommelière et auteure, Michelle Bouffard. Le 12 novembre dernier, spécialistes des cépages, microbiologistes, œnologues, vignerons et médias du vin internationaux se sont réunis à Montréal pour discuter de pistes de solutions durables dans la production et le commerce du vin.

Des changements perceptibles depuis 60 ans

L’agriculture est aux premières loges pour constater l’urgence climatique. Les viticulteurs du monde entier y sont confrontés. Cet été, des vignobles en ont vécu les tristes effets alors que des vignes — plantées sur des terroirs de prédilection — ont brûlé, péri, dans le Midi de la France. Un phénomène qui ne s’était jamais produit auparavant. Quelques centaines de kilomètres au sud, en Catalogne, la température a augmenté de 1,2 °C en l’espace de 50 ans. Et, ce n’est là qu’une mince énumération de la réalité de nos vignerons.

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Vigneronne en herbe : le mot de la fin

CHRONIQUE / C’est un dénouement pour Vigneronne en herbe! Voici la 25e et dernière chronique de cette série abordant le travail et la passion que nos artisans d’ici déploient pour mettre dans nos verres des cuvées locales avec tout ce que notre climat nordique implique. Et, à boire cette semaine, deux rouge bio remarquables!

Chinon 2018, La Cuisine de ma mère, Grosbois
22,55 $ • 12 782 441
12,5 % • 2,1 g/l

Magnifique expression du cabernet franc sur l’appellation chinon, en Loire. Nicolas Grosbois travaille ses vignes en bio et parvient à façonner des cuvées parcellaires distinctives et fringantes. La Cuisine de ma Mère est un rouge vibrant et juteux aux notes de cassis et de poivre. Un cab franc aux tanins très souples et à l’acidité modérée qui a tout pour plaire. Mention à la texture veloutée à souhait. Un bon vin de plaisir!

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Que se passe-t-il après les vendanges ?

Une page se tourne au Domaine Bergeville. Les vendanges sont enfin terminées! Mais est-ce la fin pour autant pour la vigneronne en herbe?

Le Cidre Original, Cidrerie Hemmingford
13 $ • 5,5 % • 4 x 355 ml
SAQ & dépanneurs et épiceries sélectionnés)

Nous attendions avec grande impatience le retour de ce couple qui nous a fait découvrir le cidre de glace sous toutes ses facettes au cours des 20 dernières années. Après avoir perdu leur cidrerie en 2018, François Pouliot et Stéphanie Beaudoin, pionniers du cidre au Québec, sont un modèle de résilience, et démontrent qu’il est possible de se relever des épisodes les plus difficiles. Ils lancent ainsi deux premiers cidres pétillants en canette : Le Cidre Original (14250174 | 18 g/l) et Le Cidre Framboise (14250182 | 21 g/l). 

Élaborés avec la McIntosh, les cidres sont faciles à boire, désaltérants et légèrement doux. L’acidité vive contrebalance bien les sucres résiduels, ce qui en font de bons candidats pour l’apéro. L’effervescence est maîtrisée avec de fines bulles. Du « prêt à boire » pour nous tenir en haleine en attendant la sortie de leurs nouveaux produits au printemps 2020!

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Vin: brix et cie

CHRONIQUE / Une vendange, ça se planifie. Comment les vignerons s’y prennent-ils pour déterminer la date de la récolte? Puis comment partent-ils leurs fermentations en levures indigènes? Petite incursion dans un vignoble québécois biodynamique.

Touraine 2018, La Java des Grandes Espérances
Domaine des Grandes Espérances
16,70 $ • 13 087 547
13 % • 1,9 g/l • Conversion bio

Arnaud et Laurent Saget décrivent leur cuvée Java comme un « vin de copains ». À ce prix et avec une telle personnalité, je ne chercherai pas à paraphraser les vignerons, puisque c’est exactement ce qu’il est. Mais si vous cherchez absolument un sens à ce blanc, sachez que faire le java signifie « faire la fête ». Ça fait plaisir. Avec ses arômes de limes fraîches et de pamplemousses, ce sauvignon blanc aux accents exotiques est à la fois accessible et rafraîchissant. Un profil prévisible pour un sauvignon, mais réconfortant, notamment avec des tacos, un guacamole, des nachos… bref, plus que convenu pour votre prochain party mexicain.

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Doux août

CHRONIQUE / Tandis qu’une petite accalmie s’installe au vignoble, je vous propose de vous désaltérer avec un grüner veltliner autrichien biodynamique disponible pour la première fois en SAQ, un rouge pour les BBQ de grandes occasions et un pinot noir abordable!

Wagram 2018, Am Berg Grüner Veltliner, Bernhard Ott
23,80 $ • 12646520
12 % • 1,4 g

S’il y a un cépage qui me fasse saliver, c’est bien le grüner veltliner. Sa fraîcheur et sa minéralité semblent avoir été conçues sur mesure pour accompagner la saison estivale. Je découvre ce grüner pour la première fois, comme la plupart des Québécois d’ailleurs. Après avoir résisté aux avances de la SAQ pendant nombre d’années (me raconte l’agent qui représente le domaine au Québec), le talentueux vigneron Bernhard Ott a finalement accepté de partager quelques caisses de ses précieux avec les Québécois. C’est donc le moment ou jamais de mettre la main sur cet arrivage de cuvées biodynamiques convoitées de la région de Wagram, en Basse-Autriche. 

C’est évidemment cultivé et vinifié de la manière la plus naturelle possible. Tant et si bien que le vigneron est devenu un véritable maître reconnu des vinifications aux levures indigènes. Comme vin de patio, on pourrait difficilement mieux faire. C’est frais, minéral, sec, et, en prime, on a une texture ronde et enveloppante. Aie-je besoin d’en rajouter? Ah, vous allez adorer sa jolie finale saline! Sortez les coquillages, les pâtes au pesto ou les chips sel et vinaigre, selon l’envie du moment.

vins

Opération écimage

Penedès 2016, Tuvi (or not to be), Sumarroca

15,35 $ •  13574687 •  12,5 % •  < 1,2 g •  l • Vinification vegan

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À vue d’œil

CHRONIQUE / Je vous parlais justement des Jeunes Vignes de xinomavro du jeune Apostolos Thymiopoulos dans ma dernière chronique. Tendance obsessionnelle avec le vigneron ou le cépage? Si l’histoire ne le dit pas encore, une chose est sûre, je fonds pour cette bouteille qui est fort probablement mon rosé « découverte » de l’été! Oubliez tout ce que vous connaissez du rosé et préparez-vous à sortir des sentiers battus. Ce 2016 a séjourné 12 mois en fûts de chêne de plusieurs passages, ce qui est de prime abord assez inhabituel pour un rosé. Inspiré de la biody, sans collage ni filtration, qui plus est. Le nez interpelle la tarte à la fraise, et le point culminant de ce vin réside dans sa texture voluptueuse. Goûteux, gourmand et pertinent. Bref, un rosé qui est loin d’être beige!

Macédonia 2016, Rosé de Xinomavro, Domaine Thymiopoulos
19,90 $ •  13567524 •  
13 % • 5,1 g/l   •  

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À la rescousse de la pollinisation!

CHRONIQUE / Cette semaine, ça bourdonne dans le vignoble et on fait sauter des corps morts! À boire : un rouge grec sensationnel, un cava brut nature à mini-prix et un chianti classico des grandes occasions.

Naoussa 2017, Xinomavro Jeunes vignes, Domaine Thymiopoulos
18,30 $ • 12212220
13,5 % • 3,2 g/l
Vinification vegan

Depuis qu’il a repris les rênes du domaine familial, le jeune Apostolos Thymiopoulos a su redonner un véritable élan à sa région et au cépage xinomavro. À Naoussa, contrée continentale et montagneuse du nord du pays —

rappelant le Piémont à certains égards —, les vignes sont exposées à un climat plus frais, et donnent des cuvées possédant une identité propre. C’est composé à 100 % de xinomavro — un cépage similaire au nebbiolo (tiens donc!) — issu d’une culture suivant les préceptes de la biodynamie (non certifié). Côté cave, l’approche se veut minimaliste avec fermentation aux levures naturelles, sans collage, ni filtration.

Au nez, les arômes de confiture de fraises maison et d’herbes fraîches s’enchaînent et font saliver. Les tanins sont à peine perceptibles et le fruit est jeune, fougueux. Non, mais quelle candeur! Un rouge de grandes soifs pour « s’abreuver » généreusement lorsque le thermomètre atteint des sommets. Top!

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Soif d’ici

CHRONIQUE / Cette fin de semaine, le bonheur est dans les vins québécois. Voici trois vins locaux pour remplir vos verres du savoir-faire d’ici!

Québec 2018, Chardonnay, La Cantina
23,95 $ • 13835841
13 % • 1,5 g/l

Le propriétaire du Vignoble Rivière du Chêne a fait le pari du vitis vinifera en 2015 et en 2016, en plantant 20 hectares de vignes. Avec ce nouveau millésime 2018 tout en éclat, nul doute que le vigneron avait vu juste. Pur coup de cœur pour ce chardonnay exotique dont le nez divulgue de vibrants arômes d’ananas et de poires séchées. Finement boisée, la trame est ample, presque ronde, énergique et généreuse. Un jeune fringant au fort goût de revenez-y, idéal pour vos grillades!

Son seul défaut? N’être disponible que dans quelques SAQ sélectionnées. Il devrait toutefois être éminemment distribué dans le réseau. Heureusement, vous pouvez le dénicher dans une poignée d’épiceries fines de la province et au Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache. Rendez-vous sur le site web de vignoblelacantina.ca pour connaître les points de vente.

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Toute autre tâche connexe

CHRONIQUE / Cette semaine, je vous invite à mettre la fraîcheur dans votre verre avec un rosé de caractère, un effervescent pour le paternel et un blanc du Sud-Ouest. Côté vignoble, l’heure est au dérochement et à la plantation de chardonnay dans les Cantons-de-l’Est!

Tavel 2017, La Dame Rousse, Domaine de la Mordorée
31,25 $ • 12376881
• 14,5 % • 1,3 g/l •

Le Domaine de la Mordorée est un incontournable à Tavel. Ce vignoble de la Vallée du Rhône méridionale travaille en bio avec une approche biodynamique très respectueuse de l’environnement. Madeleine et Ambre Delorme mettent la main à la vigne avec instinct, ressenti et passion, et ça se perçoit dans leurs cuvées. Comme elles le soulignent si bien elles-mêmes : « La meilleure qualité possible est évidemment notre objectif, mais pas à n’importe quel prix : il n’y a pas que le résultat qui compte. » 

Reste qu’ici, la finalité mérite toute votre attention. Le quatuor grenache, syrah, clairette et cinsault possède une bonne dose de caractère, mais n’est pas pour autant dépourvu de finesse. Le fruit est beau, c’est ample et bien bien sec. Oubliez l’apéro, sortez plutôt les couverts du dimanche, car c’est du grand rosé de gastronomie!

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Les vignerons philosophes

CHRONIQUE / J’espère ne pas vous avoir trop étourdis la semaine dernière avec mon récit sur la dynamisation. Chose dite, chose due : la contextualisation annoncée.

Pour Marc Théberge, la biodynamie, c’est plus qu’une méthode de culture, c’est une philosophie. Ce qui l’attire dans la démarche, c’est de créer un écosystème sur le vignoble. Plus. Un organisme autosuffisant vierge de tout intrant extérieur. Car au-delà des préparations, de la dynamisation et du calendrier — des outils pour parvenir à ses 

fins — l’objectif sous-entendu est de rendre le vignoble plus fort pour que le vin soit la meilleure version de lui-même. L’ingénieur de formation ajoute : « C’est comme un être humain, si on le nourrit bien, il sera en santé. » 

Pourtant, le clan Théberge-Rainville reste très discret à ce sujet. Ils ont bien d’autres chats à fouetter que de pourfendre les critiques des dubitatifs. Car il y a beaucoup de connotation autour de la biodynamie. S’il y a des milieux où ça passe mieux, « au Québec, on a été mis à mal par la religion. Et, en certains points, la biodynamie ça rappelle la religion. Pour les gens qui ne cherchent pas à comprendre, on a l’air weird! » soutient Marc en rigolant.

De toute façon, ils n’ont pas réponse à tout. « C’est difficile, parce qu’on ne peut pas percevoir les résultats directement. Et il y a plein de trucs que je fais que je ne comprends pas moi-même! » plaisante-il. Comme de pulvériser de la bouse de vache diluée, qui a passé l’hiver sous terre dans une corne de vache pour favoriser le développement des mycorhizes. L’idée, c’est de mettre en branle des forces homéopathiques pour rendre le sol plus réceptif.

« Le premier signe d’intelligence, c’est de se rendre compte qu’on ne comprend pas tout », rappelle-t-il. Justement, des domaines viticoles parmi les plus prestigieux du monde — dont son honorable Romanée-

Conti — et des vignerons cartésiens — comme Marc et Ève, qui ont respectivement des formations d’ingénieur et de statisticienne — adhèrent à la biodynamie. 

Mais comment diable une pratique aux fondements si controversés est-elle devenue si répandue? « À la dégustation, quand on compare les vins biodynamiques à leurs homologues en conventionnel et en bio, on perçoit plus de profondeur et de longueur », constate Marc. Après tout, la vérité est dans le verre, n’est-ce pas?

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Semer le chaos pour établir l’équilibre

CHRONIQUE / Cette semaine, trois vins à déguster et une introduction à la biodynamie sur le Domaine Bergeville!

Touraine chenonceaux 2017, La Voûte, Joël Delaunay
22 $ | 13900956
13,5 % | 3,9 g/l

Touraine chenonceaux est une toute nouvelle AOC de la Loire née en 2011. Lors de mon passage dans la région l’an dernier, j’ai eu un immense coup de cœur pour les sauvignon blanc à l’identité propre et dépaysante de l’appellation. 

Marie et Thierry Delaunay, 5e génération du domaine, travaillent au champ en lutte raisonnée. À la cave, le vin a été élevé sur lies pendant 6 mois, et les peaux des raisins blancs ont macéré pendant plus de 20 heures. C’est bien expressif, parfumé sur des notes d’abricots et d’anis étoilé. Le fruit est mûr, la texture grasse, la persistance soutenue et la finale fruitée, captivante. 

Délicieusement sympathique et détaillé. Une appellation à surveiller!

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Des rosés pour l’été

CHRONIQUE / Bientôt, les beaux jours couleront à flots au rythme des 50 nuances de rose fraîchement débarquées en SAQ. À l’apéro, au repas, à la piscine — prêt, pas prêt, on sort le rosé!

Languedoc-Roussillon, Domaine de Gournier

11,70 $ • 464 602 • 13 % • 1,4 g/l

Ce rosé sec et abordable flaire la bonne affaire. Son nez affriolant pousse des notes de melons et de limes bien mûres, tandis que sa fraîcheur bien sentie souligne et rehausse les arômes floraux. Ce n’est rien de foufou, mais à moins de 12 $, c’est réglé pour vos grandes réceptions de l’été et les parties de pétanque!

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Déchiquetage, tour à vent et dégorgement

CHRONIQUE / Une fois de plus, les rebondissements furent nombreux au vignoble. Disons que la routine n’était pas au programme cette semaine!

Vigneronne en herbe : Semaine 3

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est.

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Taille et courbatures

CHRONIQUE / Tout comme vous, je ne savais aucunement à quoi m’attendre pour cette première semaine au vignoble. Puisque l’ouverture de la saison a été particulièrement chargée, je lui dédie aujourd’hui entièrement la chronique.

Vigneronne en herbe : semaine 1

Tout l’été, vivez avec moi mes aventures d’apprentie vigneronne au Domaine Bergeville dans les Cantons-de-l’Est!

Mon corps agite le drapeau blanc. Beaucoup de courbatures et déjà quelques livres en moins à force de m’accroupir, de me pencher et de forcer. Clairement, un vigneron n’a pas besoin d’un abonnement au gym, à la condition qu’il n’abuse pas trop des bonnes choses.

Cette première semaine n’a pas été de tout repos. Se prendre un coup de soleil sur la tronche, puis se geler le corps jusqu’aux os le lendemain, c’était pour le moins initiatique. En dépit des sautes d’humeur de Dame Nature, l’essentiel, c’est que les vignes sont enfin sorties de leur long sommeil hivernal! La plupart d’entre elles ont d’ailleurs commencé à pleurer — autrement dit, les premières douceurs printanières ont fait remonter la sève dans les sarments. 

L’épais tapis blanc recouvrant le vignoble ayant fondu comme neige au soleil, la première étape a consisté à déshabiller les vignes de leurs toiles isolantes — des géotextiles en feutrines similaires à ceux utilisés par les pépiniéristes. Du beau trouble à enlever qui garantit un écart de 15 °C sous le capot pendant tout l’hiver. 

Toutes les vignes n’ont toutefois pu bénéficier d’une telle protection. J’ai constaté que celles non couvertes par les toiles se sont fait passer sur le corps par le premier gel de novembre comme par un bulldozer. Nus comme des vers, certains cépages, comme le radisson, ont vu jusqu’à 100 % de leurs bourgeons affectés. Il va sans dire que les vignerons pensent sérieusement à leur passer la toile dessus cet automne.

Deuxième mandat de la semaine : la taille. De par sa nature de plante liane, la vigne cherche à s’étendre le plus possible. Elle rampe, elle s’agrippe, elle grimpe. Et elle sera d’autant plus vigoureuse si elle est dans sa crise d’adolescence! Pas question de lui laisser faire ce qu’elle veut, sinon ça devient vite une forêt vierge, comme le raconte Marc Théberge, le vigneron. 

La taille entamée la semaine dernière avait justement pour objectif de lui couper l’enthousiasme. Mais aussi de gérer sa productivité, car une vigne à l’état sauvage produit du fruit une année sur deux. C’est simple, elle sort du fruit comme s’il n’y avait pas de lendemain, puis elle doit passer un an à ne faire que des feuilles pour se refaire des forces. En la taillant, on s’assure d’obtenir du fruit tous les ans. Quelques coups de sécateurs par-ci, quelques coups de sécateurs par-là, afin de conserver un nombre limité de bourgeons par pied.

La semaine prochaine, l’attachage, le déchiquetage et la taille, encore la taille!

Bordeaux Supérieur, Château du Grand Bern 16,45 $ • 13576615 • 13,5 % • 2 g/l

À la vôtre

Tout beau, tout bio!

CHRONIQUE/ Plus tôt cette semaine, la Terre célébrait son anniversaire. Comme un « bonne fête en retard » vaut mieux que rien du tout, voilà des vins écoresponsables à souffler pour manifester votre amour pour notre terre et supporter des vignerons adoptant une approche respectueuse du vivant.

Touraine 2017, Cuvée Cendrillon, Domaine de la Garrelière
10211397 • 27,40 $

• 14 % • 2,3 g/l •

Le vigneron François Plouzeau décrit la biodynamie comme le moyen d’assurer l’équilibre entre la terre, la plante et l’environnement. C’est davantage guidé par les lois de Dame Nature que celles de l’Homme qu’il élabore des vins bios dans la vallée de la Loire. Ce sauvignon blanc de Touraine est issu d’une fermentation aux levures indigènes. Il en résulte un blanc expressif aux arômes envoûtants de papaye et de citron. Le sauvignon est à peine reconnaissable (surtout si vous êtes habitué aux cuvées du « Nouveau Monde »); mûr et bien élevé. En bouche, sa puissance se mêle à une matière profonde et hypnotique. L’appellation Touraine à son meilleur!

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Vins de coco

CHRONIQUE / Que vous célébriez Pâques, la fin de semaine de trois jours ou la fin du carême, toutes les raisons sont bonnes pour trinquer de bons jus!

Vin du Québec 2018, William, Vignoble Rivière du Chêne
15,25 $ • 744169 • 12 % • 5,6 g/l

C’est officiel! Les premières bouteilles arborant fièrement le nouveau sceau d’indication géographique protégée « Vin du Québec » sont fraîchement débarquées. Les vins du Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, dans les Basses-Laurentides, ne sont pas bios, mais ont le mérite d’être travaillés en culture raisonnée. La cuvée William (qui tient son nom du fils du vigneron) réunit les cépages seyval blanc, frontenac blanc, vidal, acadie et vandal-cliche. C’est franchement réussi ce 2018. Le nez explose sur des notes invitantes d’agrumes. La bouche est vive, juteuse et ultra fruitée. Chouette avec des tapas! À ce prix, l’affaire est belle.

Astuce : dimanche, servez un verre de William — en prenant soin de cacher la bouteille — à l’oncle qui a perdu toute foi dans les vins québécois (ça pourrait aussi être une femme, mais l’idée c’est d’égaliser la blague sexiste du vin suivant). Il y a fort à parier que la réconciliation sera fougueuse et instantanée.

À la vôtre

Patagonie : les vins de la fin du monde

CHRONIQUE / Terre continentale la plus au sud du monde, la Patagonie fait non seulement voyager les aventuriers rêvant de glaciers et de sommets enneigés, mais aussi les amateurs de vins à la recherche de vins frais et de caractère.

Pourtant, en mettant les pieds dans le vignoble patagonien, ça tombe plutôt à plat. Devant la vallée de San Patricio del Chañar, à 50 km au nord de Neuquén, la scène est vaste et parcourue par les nombreuses tentacules de la Rio Neuquén. Il faudra survoler quelques centaines de km vers le sud pour apercevoir des paysages dignes des grandes expéditions.

Située au sud du 36e parallèle, la Patagonie est non seulement la région viticole la plus méridionale de l’Argentine, mais aussi celle qui abrite les vignobles les plus au sud du monde. Elle s’étend ainsi jusqu’au 45e parallèle sud, qui équivaut à la latitude de la Bourgogne et de l’Oregon dans l’hémisphère nord. 

Tandis qu’elle tire les ficelles du terroir à Mendoza et à Salta, l’altitude prend un rôle de seconde importance dans les provinces de Neuquén, Rio Negro, La Pampa et Chubut. Mais la vigne n’en est pas moins confrontée à des conditions climatiques extrêmes. Soumises au souffle incessant des vents dominants — pouvant dépasser les 100 km/h! — les baies développent une peau plus épaisse. Les anthocyanes se trouvant dans la pellicule des raisins, les vins sont alors plus pigmentés et possèdent ultimement plus de corps.

Latitude faisant, le soleil brille plus longtemps ici qu’à Mendoza, pendant la saison estivale — jusqu’à 45 minutes de plus par jour. Comme la réflexion du soleil est intense et que les nuages sont rares, les plants sont taillés plus haut pour ne pas subir trop la réflexion du soleil. Ajoutez à cela une faible pluviométrie (moins de 200 mm/an), une température inférieure aux zones du nord et de fortes amplitudes thermiques — 20 °C de différence entre le jour et la nuit! — et vous avez là un cocktail climatique qui contribue à forger des raisins à la couenne dure et des vins structurés et frais.

À la vôtre

À quelle heure l’apéro?

CHRONIQUE / Je rêve d’un Québec où on fait plus l’apéro. Vous savez, ce rituel où on prend un temps d’arrêt pour se réunir et siroter un verre — sur une terrasse, à la maison ou au parc — avec les copains, histoire d’entrelacer les esprits sous l’élan d’une douce ivresse?

Un moment de pure convivialité allègrement pratiqué en vacances, mais trop peu répété chez soi. Pourtant, on a tout sous la main pour le réaliser (hormis peut-être le climat). Heureusement, les beaux jours approchant, les opportunités de dégainer de beaux vins de soif, rafraîchissants et légers, se multiplieront.

À LA VÔTRE

Clarifications sur le vin vegan

CHRONIQUE / Reprenons l’intrigue où nous l’avions laissée la semaine dernière : l’emploi de produits d’origine animale. Mais que diable viennent faire ces ingrédients inattendus dans la fabrication du vin? Quelques clarifications.

Au terme de la fermentation, de nombreuses particules se retrouvent en suspension dans le vin.

Pour s’en débarrasser rapidement et obtenir un vin limpide, le producteur ajoutera une matière « collante » pour agglutiner les résidus et les précipiter au fond de la cuve ou de la barrique. Au passage, cette opération aura aussi pour effet, entre autres, de stabiliser la couleur et les protéines, ou encore de réduire les tanins amers ou astringents de certains vins rouges.

Ces colles peuvent être d’origines animale, végétale, minérale ou synthétique. La première catégorie implique la caséine (extraits de lait), l’albumine (blanc d’œuf), gélatines (issues de la peau des porc et d’os de bovin), la colle de poisson (issue de la vessie natatoire des poissons) et pour les millésimes d’avant 1997, le sang de bœuf, interdit depuis la crise de la vache folle.

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Les colles organiques de source animale sont en perte de vitesse depuis 2012 alors que plusieurs pays, dont l’Union européenne et le Canada, ont adopté un nouveau règlement sur l’étiquetage d’allergènes. La SAQ soutient que la déclaration des allergènes est obligatoire si des résidus du lait, de l’œuf ou du poisson sont présents dans le produit fini. Ce qui a conduit plusieurs vignerons à délaisser les protéines animales au profit de colles minérales, telle que la bentonite (une argile), et végétales, provenant de champignons, d’algues, de protéines de pois et de pommes de terre.

Toutefois, le collage n’est pas un passage obligé. Si on les laisse reposer suffisamment longtemps, et dans de bonnes conditions, la plupart des vins se clarifieront d’eux-mêmes. Samuel Chevalier Savaria, responsable du développement et des relations vignerons à l’agence Oenopole, reconnaît que beaucoup des vins qu’il représente sont non collés et non filtrés. « Les producteurs préfèrent effectuer moins de collage et faire plus de filtration mécanique, comme la filtration tangentielle ou l’osmose inverse », raconte Samuel.

Au domaine de Catherine & Pierre Breton, certifié vegan depuis 2018, aucune colle n’est nécessaire puisque le vin est séparé de ses sédiments et dépôts par soutirage — une décantation à grande échelle qui consiste à transvaser lentement le liquide d’un contenant à un autre. Même constat au Château de la Roulerie en bio, qui préfère un bon soutirage et une filtration très serrée à un collage. Sensibles à la cause animale et aux besoins de leurs clients, ils se sont récemment certifiés sous le label vegan EVE. « Leur cahier des charges concerne la vinification, mais aussi les produits utilisés dans les chais, notamment pour le nettoyage, et tout ce qui concerne la bouteille, comme la colle utilisée pour les étiquettes », précise le Château.

Comment repérer un vin vegan?

Cherchez les labels EVE, Label V, Vegan Society et Qualità Vegetariana sur la contre-étiquette. Ils garantissent que le produit répond aux exigences végétaliennes. Toutefois, tous les vins vegans ne sont pas certifiés. Loin de là. En farfouillant sur l’étiquette, vous tombez sur la mention « Non collé, non filtré « ? Bingo! Vous avez là, sans l’ombre d’un doute, un vin issu de vinification vegan. Quant aux vins bio et biodynamiques, bien que les cahiers des charges autorisent des colles telles que le blanc d’œuf et la caséine, il faut savoir que c’est au sein de cette catégorie de vins que l’on retrouve le plus de vins certifiés. Le vin nature, au sens stricte, de par sa philosophie non-interventionniste, s’avère de facto vegan. Dans tous les cas, un tour sur l’annuaire de vins vegans barnivore.com ou un message au vigneron vous en donnera le cœur net!

Suggestion de la semaine

Tout juste certifiées véganes depuis 2018, les cuvées de Catherine et Pierre Breton sont façonnées dans des pratiques respectueuses de la nature depuis longtemps. En biodynamie depuis près de 30 ans, le domaine exclut le collage, tout en priorisant une vinification aux levures indigènes et un sulfitage faible à nul à la mise en bouteille. Ce vouvray sec souffle des notes fraîches de nectarines, de fleurs blanches et d’épices. Sa chair et son éloquence témoignent bien de la maturité du chelin à la vendange — le tout encadré par une acidité et une pureté qui convergent vers une pointe d’amer en finale. Beau, bon, bio!

Vouvray 2017, Épaulé Jeté, Catherine & Pierre Breton
24,05 $ • 12 103 411 • 12 % • 5,4 g/l 

À la vôtre

Partir l’année du bon vin

CHRONIQUE / Si l’envie de saisir 2019 par les cornes vous prend, ce n’est pas les propositions de résolutions qui manquent. Je profite de Veganuary, le défi qui vous suggère de faire l’essai du véganisme en janvier, pour vous proposer de prendre les vins vegans par le goulot ce mois-ci.

Vous avez sans doute remarqué que j’identifie depuis quelques mois déjà les vins vegans de cette chronique avec l’icône V. À la suite de messages de quelques lecteurs, j’ai réalisé que j’ai amendé les suggestions de la semaine sans crier gare — sans souffler mot sur le motif derrière.

Avant d’étaler les tenants et aboutissants d’une telle initiative, d’abord un rappel de la définition d’un aliment vegan. Un aliment vegan contient uniquement des végétaux (pas de viande, ni poisson, ni œuf, ni produits laitiers) et ne n’implique pas pendant sa production l’utilisation de produits d’origine animale ou l’exploitation d’animaux. L’idée c’est de réduire son impact environnemental, de faire du bien à sa santé et de respecter les droits des animaux un haricot à la fois. Mais pourquoi vous parler de ça dans une chronique vin? Après tout, c’est du raisin fermenté, donc c’est 100 % végétal, non? Désolée de jouer les trouble-fêtes, mais nombre d’additifs sont autorisés dans le processus de vinification, y compris des produits d’origine animale, et c’est rarement inscrit sur l’étiquette.

Le vin vegan à table

Peut-être avez-vous aussi constaté que les accords mets et vins proposés ici laissent une plus grande place aux protéines végétales qu’autrefois. Le vin étant culturellement très lié à la viande, pendant longtemps (et encore trop souvent aujourd’hui) les suggestions de plats sur la contre-étiquette des bouteilles — tout comme les bouquins sur les accords mets-vins — tournaient autour du trio viandes, poissons, fromages. Redondant (et rudimentaire), n’est-ce pas? Heureusement, la cuisine végétale prend de l’ampleur ces dernières années grâce à des chefs et des auteurs qui mettent en valeur les légumes, les grains et les légumineuses, ouvrant du même coup la porte à de tous nouveaux accords qui permettent de s’éclater et de surprendre!

Comment dénicher des vins vegans?

Bonne nouvelle : les vins vegans sont nombreux. Mais peu de vignobles sont certifiés ou le revendiquent pour le moment. J’ajouterais que plusieurs sont vegans et ne le savent pas eux-mêmes! J’ai eu de belles discussions avec des vignerons qui ont substitué les produits d’origine animale par des alternatives végétales ou minérales depuis des années, mais qui restent hésitants à s’afficher vegan par crainte de représailles de la presse spécialisée et de consommateurs rébarbatifs. Heureusement, le tabou se dissipe et ils seront de plus en plus à s’afficher en réponse à la demande en 2019.

La SAQ vient d’ailleurs de publier un minirépertoire de vins vegans sur son site web. La catégorie n’est pas encore officialisée et ne contient que 7 produits pour le moment. Mais rassurez-vous, il y a bien plus que 7 vins vegans actuellement sur les tablettes de la SAQ! Peut-être que dans un avenir pas si lointain ces produits seront identifiés à l’aide des étiquettes-prix en magasin?

En attendant de découvrir la semaine prochaine les intrants d’origine animale et comment repérer un vin vegan, voici quelques vins à vous mettre sous la dent.

À la vôtre

Montréal Passion Vin : déguster pour la cause

Le mois dernier avait lieu la 17e édition de Montréal Passion Vin, l’événement-bénéfice mettant en vedette quelques-uns des plus grands vins au monde et certains des dirigeants et propriétaires des châteaux et domaines les plus prestigieux.

Cette année, la perspective était complètement différente, puisque la dernière fois, je tournais le dos aux conférenciers, œnologues et vignerons. Je faisais alors partie de l’imposante délégation de sommeliers bénévoles et responsables de verser les précieux liquides dans les coupes des participants. 

Les 8 et 9 novembre derniers, nous étions nombreux à être venus boire les paroles des grands du milieu et buvoter leurs cuvées plus grandes que nature. Sur deux jours, 8 grandes maisons pas piquées de vers ont défilé au Grand Quai du Port de Montréal, Jetée Alexandra — Château Margaux, Louis Jadot, Krug, Niepoort, E. Guigal, Tenuta Luce, Château de Figeac et Roberto Voerzio. Dirk Niepoort, Roberto Voerzio, Philippe Guigal et autres vignerons se sont généreusement déplacés depuis la France, le Portugal et l’Italie pour faire découvrir 55 cuvées mythiques aux amateurs de vin et philanthropes présents.

Tout ce branle-bas vinicole est mis en œuvre au profit de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR). Cette année, pas moins de 1 475 184 $ ont été amassés pour l’amélioration des soins aux patients, l’enseignement et le développement de la recherche. En 17 ans d’activités, les partenaires et participants de cette grande messe du vin ont directement financé le centre d’excellence en thérapie cellulaire et le centre intégré de cancérologie. Deux projets porteurs grâce auxquels l’HMR peut aujourd’hui s’affirmer comme leader en thérapie cellulaire, plus particulièrement en immunothérapie du cancer. Ils mettent au point et reproduisent des médicaments-cellules programmés pour réparer des tissus, supprimer les cellules malignes du cancer et guérir les plus graves maladies de notre temps. Ces médicaments-cellules peuvent notamment guérir des patients qui ne répondent pas aux traitements traditionnels. 

À la vôtre

Spiritueux, portos et sangiovese

CHRONIQUE / La semaine dernière, je vous proposais des vins pour accompagner le repas traditionnel de Noël. Même si vous aurez bientôt l’impression de passer la majorité de votre temps à table, il vous faudra bien quelques petits remontants histoire de festoyer en ces temps de réjouissances bien mérités!

Vodkalight, Artist in Residence
39,25 $ • 13 827 269 • 30 % • 750 ml

Une toute nouvelle distillerie de Gatineau s’est donné comme défi de produire une vodka légère, locale, artisanale et sans gluten. En plus du Waxwing Gin Bohémien et de la liqueur de gingembre Mayhaven, Artist in Residence lance Vodkalight, produite à partir d’eau de source boréale et de maïs canadien. Elle titre 30 % d’alcool, soit 25 % moins d’alcool par portion de 45 ml qu’une vodka régulière, et contient 50 calories par once. Les vapeurs d’alcool sont discrètes et laissent plutôt place à des notes de fleurs et de poivre blanc. Un profil digeste qui donnera un soupçon de légèreté à vos cocktails et qui vous tiendra loin du mal de bloc l’aurore venue.

À LA VÔTRE

Vins pour les repas des fêtes

CHRONIQUE / Plus que quelques dodos avant de se farcir à répétition le copieux repas du temps des Fêtes. Je vous propose d’arroser ce plaisir coupable de bulles, de blancs et de rouges festifs à prix doux, au gré de vos goûts et envies.

Je retiens quatre choses du traditionnel dîner de Noël de mon enfance : les bottes dans le bain, les manteaux sur le lit, — et déformation professionnelle faisant, — les bouteilles en forme de quille par milliers (dont je tairai le nom) et la cruche de St-Georges.

Ah! Comme la neige a neigé! Le festin de Noël est peut-être resté quelque peu figé dans le temps, mais l’offre de boissons s’est bien diversifiée.

Trevenezie 2017, Chardonnay, Soprasasso
14,55 $ • 13 189 009 • 12,5 % • 5,6 g/l

Voilà un chardonnay italien qui pourrait aisément se faire passer pour un Californien à l’aveugle. Un blanc riche, beurré et gras du nord de l’Italie qui appelle fièrement la dinde et sa sauce brune. Une légère suavité et un soupçon de vanille poignent en bouche, le plaçant aux premières loges au service du fromage. Excellent rapport qualité-prix sous les 15 $.

À LA VÔTRE

10 bulles festives

CHRONIQUE / Le meilleur est à venir. La saison des bulles bat son plein, et on ne demande pas mieux que de célébrer au rythme de l’effervescence dorée. Avec des mousseux festifs dignes de vos apéros et cocktails dinatoires, certes, mais aussi de grands vins de repas. Des champagnes aux mousseux de Californie, d’Espagne, du Luxembourg et de Bourgogne, il y a de tout pour faire plaisir à toutes occasions. Parce que tant qu’il y a des bulles, tout va!

Amateur d’effervescence québécoise? Restez à l’affût puisque je vous prépare un article complètement dédié plus tard en décembre. Votre soif de bulles nordiques sera alors on ne peut plus étanchée.

À LA VÔTRE

Vins et plaisir à offrir en décembre

CHRONIQUE / Les douze coups de décembre ont sonné le début du jeu de la bouteille — une partie dans laquelle vous tournez en rond dans les allées de la SAQ dans le but ultime d’embrasser le plus beau vin pour la parfaite occasion. Voici quatre choix sûrs, histoire de ne pas être pris au dépourvu pour les cadeaux de Noël.

Pour célébrer la nouvelle IGP Vin du Québec

L’été dernier, je vous avais mis au parfum d’une nouvelle indication géographique protégée « Vin du Québec » à venir. Chose promise, chose due, l’affaire est maintenant dans le sac puisque le 16 novembre dernier, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a finalement reconnu l’IGP. Elle prend ainsi le relais de la certification « Vin du Québec certifié » qui existait depuis 2009. Pour revendiquer l’appellation et apposer le nouveau logo sur leurs bouteilles, les vignerons devront respecter le cahier des charges et se trouver dans la nouvelle zone délimitée qui s’étend entre la chaîne des Laurentides au nord, la frontière des États-Unis au sud, l’Ontario à l’ouest et les Appalaches à l’est. L’IGP sera effective pour le millésime en cours, 2018, et garantira l’origine, l’authenticité et la traçabilité de ces vins 100 % Québec. Cette reconnaissance marque le début d’une structuration en profondeur du vignoble québécois, impliquant un découpage de la zone en sous-régions viticoles dans les années à venir.

L’occasion de trinquer québécois en guise d’applaudissements et d’ovation profonde ne pourrait être mieux choisie. La Cantina Vallée d’Oka, petit frère du Vignoble Rivière du Chêne, est un jeune domaine qui déplace de l’air. Fermenté et élevé partiellement en fût, le Chardonnay 2017, La Cantina Vallée d’Oka garde de ce passage matière grasse et dimension, mais point d’arômes boisés. Ça « noisette » au nez, avec une présence et une persistance aromatique qui font à la fois dans le caractère et l’élégance. Une belle expression du chardonnay en sol québécois! Mention spéciale à l’étiquette : sobre et léchée.    

23,95 $ • 13 835 841 • 13 % • 1,4 g/l

À la vôtre

Baby-boom au royaume du bio

CHRONIQUE / Portée par une vague de jeunes vignerons et œnologues dynamiques et motivés par la locomotive du bio, châteauneuf-du-pape est en train de faire peau neuve. Sa réputation serait-elle à refaire?

La forte majorité des vignerons et œnologues que j’ai rencontrés lors de mon récent séjour à Châteauneuf-du-Pape avaient environ mon âge. Est-ce moi qui aie vieilli tout d’un coup? On dirait plutôt que l’appellation a pris un coup de jeune : les vingtenaires et les trentenaires sont aux commandes!

Comme la vigne sage et fatiguée qui a donné de sa sueur et de son sang sur des dizaines de millésimes, le vigneron se déracine de son vignoble pour faire place à la fougueuse jeunesse. Si la succession confronte parfois deux générations, deux visions, deux natures, la passation semble se faire dans une relative harmonie. Le futur de l’appellation est entre bonnes mains.

Un changement de garde qui laisse déjà présager une transformation dans le ton. « Châteauneuf, c’est poussiéreux. Les jeunes veulent faire des vins différents de leurs parents. On n’a plus envie du gros machin qui te fait poser la bouteille après deux verres », raconte Stan Wallut, du Domaine de Villeneuve, vignoble en biodynamie.

30 % de bio

Des 3200 hectares de l’appellation, le tiers est en bio. Je ne suis pas une fille de chiffres, mais cette statistique retentit fort jusque dans ma vertu écologique. « Le bio, c’est facile pour nous. Le bio, c’est l’avenir », m’explique Marie Giraud, jeune relève du Domaine Giraud, bio depuis une dizaine d’années. Non seulement la région bénéficie d’un climat favorable et du fameux mistral qui sèche tout, mais sa réalité économique lui permet aussi de perdre entre 20 et 30 % de raisins par année.

La diversité, c’est l’avenir  

Ici, comme ailleurs, le changement climatique préoccupe. D’autant plus que dans cette région du sud du Rhône, le cépage le plus planté, la grenache, emmagasine les grammes de sucre comme un enfant au lendemain de l’Halloween. Heureusement que 12 autres cépages sont autorisés. Et c’est probablement ce qui fera la grande différence dans les années à venir entre une appellation comme celle-ci et une en monocépage. Au Domaine Giraud comme au Château Sixtine, la counoise, un cépage noir pour l’instant peu exploité, est mise au banc d’essai. Sa fraîcheur et sa capacité à calmer les ardeurs alcooliques de sa consœur la grenache pourraient se révéler des atouts indispensables dans 10 à 15 ans.

Le secret le mieux caché de l’appellation semble aussi lentement sortir de l’ombre. Marie Giraud, qui a repris il y a 10 ans le Domaine Giraud avec son frère François, raconte que la demande pour le châteauneuf blanc se fait de plus en plus sentir. Si bien que la surface de blanc plantée au domaine a doublé en 20 ans, passant de 4 % à 8 %.

Quel est le style de châteauneuf-du-pape aujourd’hui?

Petit problème mathématique d’abord. Si 250 vignerons disposés le long de l’échelle opposant traditionalisme et modernité partagent la toute première appellation de France, laquelle s’étend sur une surface de 3200 hectares, comptant 4 types de sols et 13 cépages, combien de châteauneuf différents est-il possible de produire?

Ça ne prend pas la tête à Pythagore pour réaliser qu’il n’y a pas de châteauneuf type. Toutefois, et de manière générale, un changement de cap est enclenché vers des vins moins musclés, aux tanins plus souples, avec plus de fraîcheur et d’équilibre.

Percer le mystère des galets roulés

Avant de partir, Edouard Guérin, directeur Vins & Vignobles chez Ogier me demande :

– Quel est le rôle des galets roulés sur Châteauneuf?

– Le même rôle que j’ai toujours appris : celui d’emmagasiner la chaleur le jour pour la restituer aux vignes la nuit…

– Pas du tout! Penses-y. Les galets de Châteauneuf seraient les seules roches à avoir cette propriété dans tout le monde viticole? Et les vignes de Châteauneuf seraient les seules à ne pas avoir besoin d’un peu de fraîcheur la nuit? En fait, la vraie propriété des galets roulés est celle d’empêcher l’évaporation de l’eau contenue dans les argiles. De cette manière, l’eau reste disponible pour la vigne. La plante ne manquant pas d’eau, elle fait davantage de photosynthèse, donc plus de sucre et plus d’alcool!

– … (bruit d’un criquet qui a envie de se cacher entre deux galets)

CHÂTEAUNEUF-DU-PAPE

Domaine de Beaurenard 2015
51,75 $ • 13 646 994 • 15 % • 2,4 g/l • BIO, V

Grenache, syrah, mourvèdre, cinsault et autres ont été ici élevés et cofermentés sous l’incubateur de la biodynamie. Victor Coulon, jeune relève de la 8e génération, raconte que l’idée, « c’est que les différents cépages grandissent ensemble, pour que tous s’apprécient dès le départ — comme des enfants! » La complicité est palpable. Le nez déroule un éclatant tapis rouge de baies et d’épices douces. La bouche semble faire le grand-écart, déployant à la fois souplesse de tanins, matière fruité et droiture impeccable. De la pure gymnastique pour les papilles!  

Domaine La Mourre 2015, Cellier des Princes
48,25 $ • 13 710 925 • 14,5 % • 2,5 g/l • V      

L’unique coop de châteauneuf vinifie quelques cuvées à partir des raisins d’un seul domaine, dont celle-ci. À qui compte se faire plaisir dans l’immédiat, voilà un 100 % grenache prêt et dispo à vous mettre sous la dent sur-le-champ. L’ensemble est mûr et plein, appuyé par une texture soyeuse et des tanins fondus. Sa puissance contenue, en plus d’ajouter à l’équilibre, autorise une élégance certaine.  

Château la Nerthe blanc 2015
56,75 $ • 10 224 471 • 13,2 % • 1,7 g/l • BIO, V

Confortablement installés sur une source d’eau, les sols sablo-limoneux du Château La Nerthe se prêtent naturellement à la production du blanc. Suffit d’ouvrir ce châteauneuf pour s’imprégner de la magie des blancs de l’appellation. La trame vibre et frétille au rythme de notes de miel, de mangue et de verveine. Un blanc au volume fourni avec en fin de bouche la signature bien sentie du directeur et œnologue, Ralph Garcin, qui joue habilement sur les amers. Fin et profond.

Surveillez également le rouge, disponible sous peu.

Rasteau 2017, Benjamin Brunel, Château de la Gardine
19,80 $ • 123 778 • 13 % • 2,5 g/l • V

Classique de chez classique, ce rasteau de Benjamin Brunel, marque exclusive au Québec, est une valeur sûre à tout coup. Si le nez se montre sous une certaine délicatesse au nez avec de jolis arômes de cerises et de fleurs, une joyeuse gourmandise prend le relais en bouche, suivie d’une matière tannique charnue et d’une finale persistante. 750 ml de régal!  

V = vinification vegan
BIO = vin bio

Caroline était l’invitée de la Fédération des syndicats de producteurs de Châteauneuf-du-Pape.

À la vôtre

Neuf Chablis à tout prix!

CHRONIQUE / Après l’excursion de la semaine dernière dans le vignoble chablisien, la fièvre kimméridgienne se poursuit avec une sélection de chablis à vous mettre sous la dent!

PETIT CHABLIS

Domaine Besson 2016
23,75 $ • 13 771 891 • 12 % • 1,5 g/l • V

La relève est jeune et prometteuse chez ce domaine familial dirigé par Adrien, côté vignes, et par Camille, qui gère habilement la cave dans le respect des exigences du bio. Il se dégage du verre des notes de pierre à fusil et de cire ainsi qu’une droiture et une élégance distinctes de cette appellation. Un petit chablis digne du rang d’un chablis.