À la vôtre

Attention, cette chronique ne contient (presque) pas d’alcool

CHRONIQUE / Ça va, vous tenez le coup? Si vous mettez présentement l’alcool en veilleuse, vous avez de quoi être fier. Il est toujours pertinent de faire le point sur sa relation avec l’alcool. Je profite du Défi 28 jours sans alcool pour faire la lumière sur les vins désalcoolisés et glisser ici quelques suggestions.

La demande pour les vins désalcoolisés se porte bien au Québec. Très bien, même. Depuis les 5 dernières années, les ventes pour les vins garantis sans gueule de bois connaissent en moyenne une hausse de 15 % par année à la SAQ. Durant cette même période, notre société d’État a presque doublé l’offre de produits à moins de 0,5 % d’alcool. Du côté de la Société Clément, qui représente les vins désalcoolisés Leitz, on constate d’ailleurs une croissance jamais vue pour ce type de boissons. 

Sans alcool ou désalcoolisé?

« Vin sans alcool » ne serait-ce pas là un effet chic pour dire « jus de raisin »? Pas exactement. C’est beaucoup plus complexe que ça en fait, puisque pour désalcooliser il faut d’abord faire du vin. 

Donc, faire de l’alcool pour ensuite la retirer. Pourquoi se donner tant de trouble? C’est qu’au cours de la fermentation alcoolique, — parallèlement à la transformation du sucre en alcool sous l’action des levures — de nombreux produits secondaires et fondamentaux se forment au passage, dont du CO2 et des arômes secondaires. 

« Désalcoolisé » serait donc plus à propos que « sans alcool », même si à proprement parler, il ne s’agit plus de vin. La Côte de Vincent lui préfère le terme « boisson à base de vin désalcoolisé » pour qualifier ses rouges, blanc, rosé et mousseux à base de cépages traditionnels français. Cette entreprise alsacienne emploie un procédé de séparation de l’alcool par dépression à froid pour abaisser l’alcool des vins à aussi peu que 0,3 %. Cette technique centenaire consiste à refroidir le vin très rapidement, jusqu’à -30 °C. Sa densité devenant plus faible, l’alcool remonte à la surface et se sépare du reste du liquide. La boisson perd alors un peu de son acidité, mais conserve toutes ses autres vertus : arômes, polyphénols et antioxydants, entre autres.

Au domaine Leitz en Allemagne, le processus de distillation sous vide permet de descendre le taux d’alcool à zéro. Le produit est d’abord chauffé pour permettre aux composants volatils tels que le dioxyde de carbone (CO2) et les composés aromatiques de s’évaporer. Ceux-ci sont capturés et réservés pour plus tard. Comme le point d’ébullition d’un liquide diminue de manière assez importante lorsqu’il est sous vide, l’alcool s’évapore autour de 40 °C. La boisson est ensuite refroidie, puis réunie avec son CO2 et ses arômes de départ.

Plusieurs autres procédés peuvent être déployés pour retirer l’alcool du vin — l’osmose inversée, la séparation de l’eau et de l’alcool, la distillation directe… mais qu’importe la technique, il s’agit de méthodes dispendieuses.

Effervescent, La Côte de Vincent
17,80 $ • La Guilde Culinaire • 0,3 % • 44 g/l

L’effervescence diminue la perceptibilité de l’alcool — tout comme son absence d’ailleurs — et présente l’avantage de remplir le vide laissé par l’alcool. Voilà pourquoi les boissons mousseuses désalcoolisées ressortent généralement mieux à la dégustation. Ici, les bulles sont obtenues par l’ajout de CO2. Vous ne retrouverez peut-être pas la finesse des bulles de votre crémant préféré, mais l’effervescence n’en demeure pas moins plaisante. L’assemblage de riesling et ryvaner est plutôt discret au nez. La bouche est agréable et bien équilibrée. 

Commandes en ligne disponibles.

Riesling, Eins Zwei Zero Alcoholfree, Leitz
12,65 $ • 13477043 • 46 g/l

Les fans finis du riesling seront heureux de retrouver des notes d’hydrocarbures dans leur verre. En bouche, le citron s’amène, le sucre aussi, bien que pas trop imposant. Finale sûre intéressante. On a l’impression de boire un jus de riesling. Dans sa catégorie, c’est très respectable. Un cari de pois chiches avec ça?

Rosé, Côte de Vincent
15,40 $ • La Guilde Culinaire • 0,3 % • 44 g/l

Très bien foutu que cet assemblage de 80 % de cinsault et 20 % de syrah. Les arômes de pomelos et de fraises sont très invitants. C’est l’été dans le verre. La bouche est joliment texturée, ronde, et une agréable fraîcheur souffle sur les papilles. Délicatement sucré, il n’a besoin que d’un peu de soleil, de quelques glaçons et de chaises longues!

Commandes en ligne disponibles.

Bon 13 jours sans alcool. Il en reste moins devant que derrière!

À la vôtre

Domaine Wach : quand la magie du vin opère

CHRONIQUE / Lui est vigneron. Elle, sommelière. Les fidèles de cette chronique résidant à Sherbrooke la connaissent d’ailleurs très bien, puisqu’elle levait chaque semaine son verre et sa plume dans La Tribune entre 2013 et 2014. Eux, c’est Pierre Wach et Jessica Ouellet, un jeune couple que le vin a réuni avec un grand « V ».

Il vient d’Andlau, en Alsace. Elle vient de Windsor, au Québec. Chez Faro, café étudiant rue Wellington, à Sherbrooke, le regard des jeunes amoureux s’illumine tandis qu’ils racontent le voyage qui a fait converger leurs univers. C’était il y a 6 ans, en Nouvelle-Zélande. Après avoir obtenu son diplôme en sommellerie et raflé la Bourse Espoir de la Sommellerie SAQ, Jessica s’envole à Marlborough faire les vendanges au domaine Staete Landt. Elle y fait alors la rencontre de Pierre qui occupe le poste de maître de chai sur un autre vignoble.

À la vôtre

Vivre au rythme de la méthode trad

CHRONIQUE / Lorsque je contacte Ève Rainville à la mi-novembre, c’est le branle-bas de l’hivernisation au domaine. L’épais tapis blanc qui couvre déjà le vignoble complique la pose des toiles. Ils étaient quatre à avoir bossé pendant 10 heures d’affilée que le travail n’était pas encore terminé. Disons que l’équipe avait de la neige dans le toupet.

Pour leur laisser le temps de souffler, j’emprunte, fin novembre, la même route qui me mène chaque fin de semaine de l’été au chalet familial. Une trentaine de minutes plus tard, Ève m’accueille au chai, dans le Canton-de-Hatley, à moins de 5 minutes de l’idyllique village de North Hatley. Tandis que plusieurs s’implantent dans la région pour ses jolis attraits, Ève, et son amoureux, Marc Théberge, s’y sont installés en 2008 pour y planter leurs hybrides. Parce que le climat et le sol convenaient parfaitement à l’élaboration de mousseux méthode trad, mais aussi parce que le mouvement bio au Québec est né tout près à Compton. « C’est ici que notre projet prenait tout son sens », souligne Ève. 

Plus que bio

Parce qu’il n’était pas assez téméraire de faire du vin au Québec — en méthode traditionnelle qui plus est — le couple s’est doté des certifications biologique et biodynamique. Traitées selon une philosophie respectueuse de l’environnement et de l’humain depuis le début, les vignes sont vierges de tous produits chimiques. Aussi les manipulations et les intrants au chai sont-ils réduits au minimum. « J’essaie de tendre vers une vinification la plus naturelle possible », explique Marc. Au sujet des sulfites, il précise « on est parmi les vignobles qui en ajoutent le moins au Québec ». Effectivement, alors que je donne un coup de main au dégorgeage manuel, plus tard en janvier, pas un mg de sulfites n’a été sollicité sur la ligne de montage. 

Non filtrés depuis 2018, les mousseux sont collés avec une matière endogène au vin — des écorces de levures (une étape vitale en méthode traditionnelle). À partir de 2018, la première fermentation sera faite à 100 % aux levures indigènes. Et la seconde fermentation, celle qui créera les bulles? « C’est plus difficile de trouver des levures indigènes dans le chai en plein hiver! » lance le vigneron en riant.

Parlant de bulles, Ève raconte, tout en actionnant à tour de rôle la boucheuse et à la museleuse, « qu’une bouteille de méthode trad est manipulée 18 fois ». 

Une effervescence continuelle

Seulement 10 ans après avoir fait le pari du mousseux et de la biodynamie, Ève et Marc ont réussi à établir le Domaine Bergeville comme une référence viticole au Québec. Mais ils sont loin de s’asseoir sur leurs sarments pour autant. Depuis un an, Marc a repris du service dans le domaine de l’intelligence artificielle. Il passe la moitié de la semaine à Montréal afin de financer l’achat d’une nouvelle parcelle, la plantation de nouvelles vignes, la construction d’un nouveau chai et l’achat d’équipements. « Amener 1 hectare de vignes à sa première vendange coûte 125 000 $. Et les coûts du terrain et de la cuverie pour transformer le raisin ne sont même pas inclus là-dedans! »

Des projets, ils en ont plein la cuve. Ils font présentement des tests avec des vinifera : pinot meunier, pinot auxerrois et pinot blanc, entre autres. « Les hybrides sont très unidimensionnels, lance Marc. Le frontenac, par exemple, est très aromatique, mais est dépourvu de rondeur. » Justement, il prévoit planter différents clones de chardo pour apporter la petite touche qui manque à ses vins, selon son sens aiguisé : la rondeur. Le couple a également fait une demande de boutures de savagnin et de pinot gris.

À savoir s’ils pensent répondre à la tendance du pet’nat, Ève répond : « Le pet’nat, c’est comme un champagne dont on a enlevé le milieu. On a choisi de se spécialiser dans le la méthode traditionnelle. Ce serait comme diluer nos efforts. Tant qu’à faire autre chose, je ferais du vin tranquille! »

À LA VÔTRE

« D’un océan à l’autre »

CHRONIQUE / Peut-être avez-vous entendu parler de cette étude révélant des différences significatives dans les sensations perçues en dégustation entre des spécialistes du vin du Québec et de la Colombie-Britannique?

Des chercheurs ont soumis à l’aveugle sept vins identiques à deux groupes de professionnels — l’un du Québec et l’autre de la côte ouest. Ils cherchaient à examiner les différences dans l’évaluation sensorielle des vins entre des experts séparés par le contexte socioculturel et géographique.

Ils ont noté que les experts montréalais relevaient plus facilement les arômes végétaux et épicés, les notes de poivron vert, de bois, ainsi que l’amertume, l’acidité et l’équilibre des vins.

De leur côté, leurs confrères de l’Okanagan accordaient de meilleures notes aux vins épicés.

Or, c’est probablement le « cas Apothic Red » qui a le plus fait jaser. Ce rouge californien bien connu des Québécois, et qui ne fait pas l’unanimité au sein de la presse spécialisée, — caractérisé comme trop sucré (du haut de ses 16 g/l) — aurait reçu de la part du groupe d’experts de l’Okanagan, une note qualitative nettement supérieure que celle attribuée par leurs homologues montréalais.

Le synopsis de l’étude nous apprend que l’expérimentation a été faite sur deux groupes composés d’« experts du vin locaux et d’influenceurs issus de différents milieux socioculturels ». En regardant de plus près le rendu publié dans le Journal of Wine Research, on découvre que l’échantillonnage est fort hétéroclite avec d’une part un groupe composé essentiellement de vignerons, œnologues et employés de vignobles (Colombie-Britannique) et de l’autre, des sommeliers et des chroniqueurs vin (Québec). Comme l’étude a d’ailleurs pris le temps de le soulever, ces deux groupes issus de formations très différentes présentent des différences substantielles dans la nature de leurs pratiques. « Les experts en vin associés aux vignobles avec une expérience en œnologie sont plus orientés vers la détection des défauts et la conception des vins, tandis que les sommeliers, éducateurs et journalistes du vin se concentrent dans une plus grande mesure à fournir des évaluations visant à influencer les consommateurs et leurs choix de vins ».

C’est comme si on avait soumis sept longs métrages à deux groupes — des producteurs de films et des critiques de cinéma — de lieux géographiques différents. Ou sept plats à des chefs, puis à des critiques culinaires — du Québec et de la Colombie-Britannique.

L’étude aurait plutôt dû s’appeler les différences dans l’évaluation sensorielle des vins entre les œnologues/vignerons de la Colombie-Britannique et les sommeliers/chroniqueurs du Québec. Or quel aurait été le but d’une telle étude? Des différences, il y en aura, c’est une certitude. Mais que nous apprennent-elles vraiment?

Swartland 2017, Terre Brûlée « Le Rouge », Tania & Vincent Carême
23,10 $ • 13738055 • 13,5 % • 1,5 g/l • V, BIO      

Ce rouge qui était en importation privée il n’y a pas si longtemps est maintenant offert en spécialité à la SAQ. Connu et réputé pour ses délicieux chenin blanc de la Loire, Vincent Carême a étendu ses activités dans l’autre hémisphère avec l’aide de sa femme Tania. Ce n’est pas un hasard s’ils ont choisi l’Afrique du Sud, puisque Tania est elle-même Sud-Africaine. Ensemble, ils subliment le jus de la vigne à Malmesbury dans Swartland en respectant les principes du bio. Ils proposent ce chouette assemblage de 2 variétés rhodaniennes — syrah et cinsault — aux arômes vibrants de café et de cerises. C’est plutôt généreux, bien structuré, sur le fruit et les épices. Un rouge de réconfort qui accompagnera délicieusement la cuisine d’hiver, comme un chili!

À LA VÔTRE

Clarifications sur le vin vegan

CHRONIQUE / Reprenons l’intrigue où nous l’avions laissée la semaine dernière : l’emploi de produits d’origine animale. Mais que diable viennent faire ces ingrédients inattendus dans la fabrication du vin? Quelques clarifications.

Au terme de la fermentation, de nombreuses particules se retrouvent en suspension dans le vin.

Pour s’en débarrasser rapidement et obtenir un vin limpide, le producteur ajoutera une matière « collante » pour agglutiner les résidus et les précipiter au fond de la cuve ou de la barrique. Au passage, cette opération aura aussi pour effet, entre autres, de stabiliser la couleur et les protéines, ou encore de réduire les tanins amers ou astringents de certains vins rouges.

Ces colles peuvent être d’origines animale, végétale, minérale ou synthétique. La première catégorie implique la caséine (extraits de lait), l’albumine (blanc d’œuf), gélatines (issues de la peau des porc et d’os de bovin), la colle de poisson (issue de la vessie natatoire des poissons) et pour les millésimes d’avant 1997, le sang de bœuf, interdit depuis la crise de la vache folle.

À LIRE AUSSI: Partir l'année du bon vin

Les colles organiques de source animale sont en perte de vitesse depuis 2012 alors que plusieurs pays, dont l’Union européenne et le Canada, ont adopté un nouveau règlement sur l’étiquetage d’allergènes. La SAQ soutient que la déclaration des allergènes est obligatoire si des résidus du lait, de l’œuf ou du poisson sont présents dans le produit fini. Ce qui a conduit plusieurs vignerons à délaisser les protéines animales au profit de colles minérales, telle que la bentonite (une argile), et végétales, provenant de champignons, d’algues, de protéines de pois et de pommes de terre.

Toutefois, le collage n’est pas un passage obligé. Si on les laisse reposer suffisamment longtemps, et dans de bonnes conditions, la plupart des vins se clarifieront d’eux-mêmes. Samuel Chevalier Savaria, responsable du développement et des relations vignerons à l’agence Oenopole, reconnaît que beaucoup des vins qu’il représente sont non collés et non filtrés. « Les producteurs préfèrent effectuer moins de collage et faire plus de filtration mécanique, comme la filtration tangentielle ou l’osmose inverse », raconte Samuel.

Au domaine de Catherine & Pierre Breton, certifié vegan depuis 2018, aucune colle n’est nécessaire puisque le vin est séparé de ses sédiments et dépôts par soutirage — une décantation à grande échelle qui consiste à transvaser lentement le liquide d’un contenant à un autre. Même constat au Château de la Roulerie en bio, qui préfère un bon soutirage et une filtration très serrée à un collage. Sensibles à la cause animale et aux besoins de leurs clients, ils se sont récemment certifiés sous le label vegan EVE. « Leur cahier des charges concerne la vinification, mais aussi les produits utilisés dans les chais, notamment pour le nettoyage, et tout ce qui concerne la bouteille, comme la colle utilisée pour les étiquettes », précise le Château.

Comment repérer un vin vegan?

Cherchez les labels EVE, Label V, Vegan Society et Qualità Vegetariana sur la contre-étiquette. Ils garantissent que le produit répond aux exigences végétaliennes. Toutefois, tous les vins vegans ne sont pas certifiés. Loin de là. En farfouillant sur l’étiquette, vous tombez sur la mention « Non collé, non filtré « ? Bingo! Vous avez là, sans l’ombre d’un doute, un vin issu de vinification vegan. Quant aux vins bio et biodynamiques, bien que les cahiers des charges autorisent des colles telles que le blanc d’œuf et la caséine, il faut savoir que c’est au sein de cette catégorie de vins que l’on retrouve le plus de vins certifiés. Le vin nature, au sens stricte, de par sa philosophie non-interventionniste, s’avère de facto vegan. Dans tous les cas, un tour sur l’annuaire de vins vegans barnivore.com ou un message au vigneron vous en donnera le cœur net!

Suggestion de la semaine

Tout juste certifiées véganes depuis 2018, les cuvées de Catherine et Pierre Breton sont façonnées dans des pratiques respectueuses de la nature depuis longtemps. En biodynamie depuis près de 30 ans, le domaine exclut le collage, tout en priorisant une vinification aux levures indigènes et un sulfitage faible à nul à la mise en bouteille. Ce vouvray sec souffle des notes fraîches de nectarines, de fleurs blanches et d’épices. Sa chair et son éloquence témoignent bien de la maturité du chelin à la vendange — le tout encadré par une acidité et une pureté qui convergent vers une pointe d’amer en finale. Beau, bon, bio!

Vouvray 2017, Épaulé Jeté, Catherine & Pierre Breton
24,05 $ • 12 103 411 • 12 % • 5,4 g/l 

À la vôtre

Partir l’année du bon vin

CHRONIQUE / Si l’envie de saisir 2019 par les cornes vous prend, ce n’est pas les propositions de résolutions qui manquent. Je profite de Veganuary, le défi qui vous suggère de faire l’essai du véganisme en janvier, pour vous proposer de prendre les vins vegans par le goulot ce mois-ci.

Vous avez sans doute remarqué que j’identifie depuis quelques mois déjà les vins vegans de cette chronique avec l’icône V. À la suite de messages de quelques lecteurs, j’ai réalisé que j’ai amendé les suggestions de la semaine sans crier gare — sans souffler mot sur le motif derrière.

Avant d’étaler les tenants et aboutissants d’une telle initiative, d’abord un rappel de la définition d’un aliment vegan. Un aliment vegan contient uniquement des végétaux (pas de viande, ni poisson, ni œuf, ni produits laitiers) et ne n’implique pas pendant sa production l’utilisation de produits d’origine animale ou l’exploitation d’animaux. L’idée c’est de réduire son impact environnemental, de faire du bien à sa santé et de respecter les droits des animaux un haricot à la fois. Mais pourquoi vous parler de ça dans une chronique vin? Après tout, c’est du raisin fermenté, donc c’est 100 % végétal, non? Désolée de jouer les trouble-fêtes, mais nombre d’additifs sont autorisés dans le processus de vinification, y compris des produits d’origine animale, et c’est rarement inscrit sur l’étiquette.

Le vin vegan à table

Peut-être avez-vous aussi constaté que les accords mets et vins proposés ici laissent une plus grande place aux protéines végétales qu’autrefois. Le vin étant culturellement très lié à la viande, pendant longtemps (et encore trop souvent aujourd’hui) les suggestions de plats sur la contre-étiquette des bouteilles — tout comme les bouquins sur les accords mets-vins — tournaient autour du trio viandes, poissons, fromages. Redondant (et rudimentaire), n’est-ce pas? Heureusement, la cuisine végétale prend de l’ampleur ces dernières années grâce à des chefs et des auteurs qui mettent en valeur les légumes, les grains et les légumineuses, ouvrant du même coup la porte à de tous nouveaux accords qui permettent de s’éclater et de surprendre!

Comment dénicher des vins vegans?

Bonne nouvelle : les vins vegans sont nombreux. Mais peu de vignobles sont certifiés ou le revendiquent pour le moment. J’ajouterais que plusieurs sont vegans et ne le savent pas eux-mêmes! J’ai eu de belles discussions avec des vignerons qui ont substitué les produits d’origine animale par des alternatives végétales ou minérales depuis des années, mais qui restent hésitants à s’afficher vegan par crainte de représailles de la presse spécialisée et de consommateurs rébarbatifs. Heureusement, le tabou se dissipe et ils seront de plus en plus à s’afficher en réponse à la demande en 2019.

La SAQ vient d’ailleurs de publier un minirépertoire de vins vegans sur son site web. La catégorie n’est pas encore officialisée et ne contient que 7 produits pour le moment. Mais rassurez-vous, il y a bien plus que 7 vins vegans actuellement sur les tablettes de la SAQ! Peut-être que dans un avenir pas si lointain ces produits seront identifiés à l’aide des étiquettes-prix en magasin?

En attendant de découvrir la semaine prochaine les intrants d’origine animale et comment repérer un vin vegan, voici quelques vins à vous mettre sous la dent.

À la vôtre

Montréal Passion Vin : déguster pour la cause

Le mois dernier avait lieu la 17e édition de Montréal Passion Vin, l’événement-bénéfice mettant en vedette quelques-uns des plus grands vins au monde et certains des dirigeants et propriétaires des châteaux et domaines les plus prestigieux.

Cette année, la perspective était complètement différente, puisque la dernière fois, je tournais le dos aux conférenciers, œnologues et vignerons. Je faisais alors partie de l’imposante délégation de sommeliers bénévoles et responsables de verser les précieux liquides dans les coupes des participants. 

Les 8 et 9 novembre derniers, nous étions nombreux à être venus boire les paroles des grands du milieu et buvoter leurs cuvées plus grandes que nature. Sur deux jours, 8 grandes maisons pas piquées de vers ont défilé au Grand Quai du Port de Montréal, Jetée Alexandra — Château Margaux, Louis Jadot, Krug, Niepoort, E. Guigal, Tenuta Luce, Château de Figeac et Roberto Voerzio. Dirk Niepoort, Roberto Voerzio, Philippe Guigal et autres vignerons se sont généreusement déplacés depuis la France, le Portugal et l’Italie pour faire découvrir 55 cuvées mythiques aux amateurs de vin et philanthropes présents.

Tout ce branle-bas vinicole est mis en œuvre au profit de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR). Cette année, pas moins de 1 475 184 $ ont été amassés pour l’amélioration des soins aux patients, l’enseignement et le développement de la recherche. En 17 ans d’activités, les partenaires et participants de cette grande messe du vin ont directement financé le centre d’excellence en thérapie cellulaire et le centre intégré de cancérologie. Deux projets porteurs grâce auxquels l’HMR peut aujourd’hui s’affirmer comme leader en thérapie cellulaire, plus particulièrement en immunothérapie du cancer. Ils mettent au point et reproduisent des médicaments-cellules programmés pour réparer des tissus, supprimer les cellules malignes du cancer et guérir les plus graves maladies de notre temps. Ces médicaments-cellules peuvent notamment guérir des patients qui ne répondent pas aux traitements traditionnels. 

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Spiritueux, portos et sangiovese

CHRONIQUE / La semaine dernière, je vous proposais des vins pour accompagner le repas traditionnel de Noël. Même si vous aurez bientôt l’impression de passer la majorité de votre temps à table, il vous faudra bien quelques petits remontants histoire de festoyer en ces temps de réjouissances bien mérités!

Vodkalight, Artist in Residence
39,25 $ • 13 827 269 • 30 % • 750 ml

Une toute nouvelle distillerie de Gatineau s’est donné comme défi de produire une vodka légère, locale, artisanale et sans gluten. En plus du Waxwing Gin Bohémien et de la liqueur de gingembre Mayhaven, Artist in Residence lance Vodkalight, produite à partir d’eau de source boréale et de maïs canadien. Elle titre 30 % d’alcool, soit 25 % moins d’alcool par portion de 45 ml qu’une vodka régulière, et contient 50 calories par once. Les vapeurs d’alcool sont discrètes et laissent plutôt place à des notes de fleurs et de poivre blanc. Un profil digeste qui donnera un soupçon de légèreté à vos cocktails et qui vous tiendra loin du mal de bloc l’aurore venue.

À LA VÔTRE

Vins pour les repas des fêtes

CHRONIQUE / Plus que quelques dodos avant de se farcir à répétition le copieux repas du temps des Fêtes. Je vous propose d’arroser ce plaisir coupable de bulles, de blancs et de rouges festifs à prix doux, au gré de vos goûts et envies.

Je retiens quatre choses du traditionnel dîner de Noël de mon enfance : les bottes dans le bain, les manteaux sur le lit, — et déformation professionnelle faisant, — les bouteilles en forme de quille par milliers (dont je tairai le nom) et la cruche de St-Georges.

Ah! Comme la neige a neigé! Le festin de Noël est peut-être resté quelque peu figé dans le temps, mais l’offre de boissons s’est bien diversifiée.

Trevenezie 2017, Chardonnay, Soprasasso
14,55 $ • 13 189 009 • 12,5 % • 5,6 g/l

Voilà un chardonnay italien qui pourrait aisément se faire passer pour un Californien à l’aveugle. Un blanc riche, beurré et gras du nord de l’Italie qui appelle fièrement la dinde et sa sauce brune. Une légère suavité et un soupçon de vanille poignent en bouche, le plaçant aux premières loges au service du fromage. Excellent rapport qualité-prix sous les 15 $.

À LA VÔTRE

10 bulles festives

CHRONIQUE / Le meilleur est à venir. La saison des bulles bat son plein, et on ne demande pas mieux que de célébrer au rythme de l’effervescence dorée. Avec des mousseux festifs dignes de vos apéros et cocktails dinatoires, certes, mais aussi de grands vins de repas. Des champagnes aux mousseux de Californie, d’Espagne, du Luxembourg et de Bourgogne, il y a de tout pour faire plaisir à toutes occasions. Parce que tant qu’il y a des bulles, tout va!

Amateur d’effervescence québécoise? Restez à l’affût puisque je vous prépare un article complètement dédié plus tard en décembre. Votre soif de bulles nordiques sera alors on ne peut plus étanchée.