Les brasseries ne sont pas obligées d’apposer une date limite de consommation sur leurs étiquettes, car la bière n’est pas considérée comme un produit périssable à moins de 90 jours. Elles doivent cependant être en mesure d’identifier rapidement un lot au cas où il y aurait rappel de produits, par exemple.

De la bière périmée ?

CHRONIQUE / Au Canada, c’est l’agence canadienne d’inspection des aliments qui a comme rôle de s’assurer que tout aliment vendu au Canada respecte des codes et règlements qui assurent fraîcheur et consommation sans risque pour les consommateurs. Qu’en est-il de la bière ?

Réglons le dossier dès le début de cette chronique : les brasseries ne sont pas obligées d’apposer une date limite de consommation sur leurs étiquettes, car la bière n’est pas considérée comme un produit périssable à moins de 90 jours. Elles doivent cependant être en mesure d’identifier rapidement un lot au cas où il y aurait rappel de produits, par exemple.

Pourquoi plusieurs brasseries préfèrent indiquer une date d’embouteillage ou une date « Meilleur avant » sur leurs étiquettes ? Surtout par souci de transparence. Comme le vin, la bière peut se conserver des années sans poser de risque pour la santé.

Par contre, comme le vin encore une fois, elle perdra de sa fraîcheur et pourrait, à force d’attendre de la boire, ne plus offrir une expérience de dégustation agréable.

En Europe, la mention « Meilleur avant » est beaucoup plus présente sur les étiquettes de bières qu’en Amérique du Nord. La règle non écrite des brasseurs belges stipule qu’une bière est « bonne » jusqu’à cinq ans après la date d’embouteillage. Qu’arrivera-t-il le jour d’après ? Rien. Mais la loi sur l’étiquetage est différente d’un continent à un autre.

Boire une bière fraîche

Toutes les bières ne sont pas brassées dans le but d’être stockées dans votre cellier à attendre la prochaine bonne occasion d’en déboucher une. Les bières houblonnées, par exemple, doivent être bues fraîches et le plus rapidement possible. Le houblon est un ingrédient fragile, et le temps est l’ennemi numéro un de la bière. Les huiles essentielles et l’amertume douce des houblons ont tendance à disparaître avec le temps.

En règle générale, je considère que si elle est bue dans les trois premiers mois, la bière offre son plein potentiel aromatique.

Par contre, il n’est pas rare de tomber sur de vieilles bières sur les tablettes de votre marchand favori. Des notes de sucres madérisés ou de carton risquent de se développer. C’est désagréable.

La lumière, l’autre ennemi de la bière

Avant d’acheter une bière, il est impératif de s’assurer que celle-ci a été transportée et entreposée dans de bonnes conditions.

Vous avez déjà remarqué que la couleur de la bouteille d’une bière est brune, le but étant de ne pas laisser passer la lumière. Elle a tendance à transformer très rapidement le goût de la bière et offrir des notes aromatiques désagréables.

Vous n’êtes pas convaincus ? Achetez deux bières identiques, de même lot, dans une bouteille en verre. Placez-en une dans une armoire et la seconde sur le rebord de la fenêtre. Goûtez-les en même temps après quelques jours au soleil. Le verdict est sans appel.

Toute bière qui a un peu d’âge ne veut pas forcément dire qu’elle ne sera plus agréable à boire. Il faut se fier au taux d’alcool ou au type de fermentation utilisé.

Les bières bien maltées et alcoolisées ont tendance à profiter d’un peu de maturité, alors que les bières affinées avec des levures de type Brettanomyces ou des bactéries lactiques ou acétiques évoluent au fil des années.

C’est une question de goût.