Le Saint-Bock, célèbre brouepub du centre-ville de Montréal, a dû modifier, à la va-vite, ses bières produites avec des extraits de cannabis sans cannabinoïdes pour se plier à la nouvelle loi sur le cannabis appliquée depuis le 17 octobre dernier.

Bière et cannabis, ce qu’il faut savoir

CHRONIQUE / Tout le monde en parle, le cannabis est officiellement légal au Canada et vous pouvez dorénavant vous procurer votre cultivar préféré dans une agence de la SQDC (Société québécoise du cannabis). Mais légalisation ne veut pas dire permission de tout faire et n’importe quoi. Petit guide sur le cannabis et l’alcool.

« En 1926, la Commission des liqueurs de Québec embouteille 23 marques de vin et 39 marques de spiritueux. Les premiers magasins ressemblent à des confessionnaux avec leur comptoir grillagé. Les bouteilles, enveloppées dans un papier spécial, sont hors de la vue des clients. Seule une liste de prix est affichée au mur. Il n’est possible de commander qu’une seule bouteille de spiritueux à la fois», peut-on lire sur le site de la SAQ.com. En 2018, on peut lire sur le site de la SQDC.ca: « Aucune distribution d’échantillons, aucune dégustation ni aucune consommation de cannabis ne sont permises à l’intérieur de nos magasins. (...) vous ne pourrez pas manipuler librement les produits de cannabis dans nos magasins. Une fois que vous aurez fait un choix de produits, vous devrez obligatoirement faire appel à un conseiller à la caisse pour les commander. Ce n’est qu’une fois votre transaction complétée à la caisse que les produits de cannabis achetés vous seront remis.» Quelques points communs, n’est-ce pas. À quand une carte de fidélité, des dégustations en magasin, des promotions croisées et une SQDC Dépôt ? Si on se fie à l’histoire, dans quelques années.

Près d’un siècle plus tard, les règles de vente du cannabis ressemblent à celles de l’alcool au siècle dernier. Interdiction d’en faire la promotion sur d’autres produits que des accessoires, par exemple. Le Saint-Bock, célèbre brouepub du centre-ville de Montréal, a dû modifier, à la va-vite, ses bières produites avec des extraits de cannabis sans cannabinoïdes pour se plier à la nouvelle loi sur le cannabis appliquée depuis le 17 octobre dernier .

Au revoir le mot «cannabis», illustrations et dessins et les noms de cultivars. Il est dorénavant interdit d’utiliser tout signe qui rappelle le cannabis sur un produit alimentaire ou alcoolique.

Pourtant, de nombreuses entreprises ont indiqué leur intérêt à travailler sur des produits alcoolisés aromatisés au cannabis, car selon plusieurs études privées, il serait un sérieux concurrent à la bière et aux alcools en général. Mouvement de panique dans les grandes salles de brassage.

Une consommation en public… mais nulle part

La légalisation du cannabis soulève également une problématique intéressante. Le Canada autorise sa consommation dans les lieux publics, mais de très nombreuses municipalités en ont interdit la consommation dans leurs lieux publics. Une autre analogie avec l’alcool, puisque celui-ci est interdit de consommation dans les lieux publics, sauf si vous possédez un permis de réunion délivré par les autorités compétentes de chaque province. Fumée secondaire en moins pour le verre de bière.

Vous l’aurez compris, on est encore loin de rencontrer des spécialistes du « pot » et de participer à des soirées d’accords cannabis et fromages (ou croustilles…) . Il va falloir encore quelques années avant de voir une « culture cannabis » aussi extravertie que la « culture bière ». Et ne comptez pas sur moi pour la développer. Ma spécialité, c’est la mousse!