Le toast de Marie-Michèle

L’heure des bulles a sonné!

CHRONIQUE / Bien que plusieurs chroniqueurs vin s’entendent pour dire que les mousseux et Champagne devraient être consommés à l’année, la période des Fêtes demeure l’un des moments où ces produits sont les plus prisés. D’ailleurs, mon téléphone sonne souvent depuis quelques jours : mon entourage veut savoir quelles bulles acheter pour les festivités.

Voici donc mes coups de cœur pour dire aurevoir à 2017 ! 

Cava brut Seleccion, Villa Conchi, Araex (Code SAQ : 12956456 ; 15,30 $)

L’Espagne a la réputation d’offrir toujours de beaux rapports qualité-prix. C’est aussi le cas pour ses produits effervescents sous l’appellation « Cava ». Une grande partie de la production de vins mousseux espagnols s’effectue en Catalogne. On y utilise des cépages tels que le xarel-lo, le macabeo et le parellada. 

Lorsque j’ai voulu recommander ce Villa Conchi l’an dernier avant les Fêtes, il n’y en avait déjà plus sur les tablettes. Cette fois, il revient en force en plus grande quantité et il en vaut toujours le coup. Doté d’arômes délicats de noisette et de confiserie, il présente une bulle fine et une grande fraîcheur. C’est simple, bien fait, passe-partout et on aime son prix ! 

Pour les Fêtes de grandes envergures, il est aussi disponible en format de 1,5 L (Code SAQ : 13466723 ; 28,45 $). 

Crémant de Limoux, Clos des Demoiselles Tête de Cuvée, J. Laurens (Code SAQ : 10498973 ; 22,50 $)

Limoux, dans la région vinicole du Languedoc, est reconnue pour la fameuse Blanquette de Limoux, élaborée avec du mauzac, principalement. On y élabore également du Crémant de Limoux qui permet d’intégrer d’autres variétés de cépages. La cuvée Clos des Demoiselles est issue de chardonnay, de chenin blanc et de pinot noir. Au nez, il présente des notes briochées qui lui donnent des airs de la Champagne. La bouche est gourmande, vibrante et équilibrée. 

Je vous recommande d’en acheter quelques bouteilles de plus, car vos invités en redemanderont !

Crémant de Loire Brut Rosé, Langlois-Château (Code SAQ : 11140631 ; 23,50 $)

Les bulles rosées sont plutôt controversées dans l’industrie. Souvent plus dispendieuses que les bulles traditionnelles, elles ne donnent pas nécessairement plus de plaisir en bouche. Cela dit, les belles teintes saumonées et les notes de petits fruits rouges ne sont pas désagréables non plus ! Ce Crémant de Loire, issu de cabernet franc, propose de belles notes de pomme et de framboise. C’est vif, croquant et excellent. Sa texture crémeuse et sa structure vous permettront de l’accompagner de quelques bouchées en accord. 

Champagne, Brut Mosaïque, Jacquart (Code SAQ : 12034216 ; 47,25 $)

Bien que plusieurs donnent le nom de « Champagne » à tout ce qui est effervescent, vous le savez bien, ce n’est pas un Champagne si ça ne vient pas de la Champagne ! Parmi une vingtaine de produits dégustés dernièrement, issus de cette prestigieuse appellation, la cuvée Mosaïque de Jacquart s’est trouvée parmi mes coups de cœur et quelle joie d’apprendre qu’elle se trouve sous la barre des 50 $ ! Racé, riche et frais à la fois, elle propose des notes d’amande et de pâtisserie. La bouche est ample et tout en équilibre. Savoureux ! 

Champagne, Brut blanc de blancs, Henriot (Code SAQ : 10796946 ; 78,75 $)

Je connais plusieurs personnes en moyen d’acheter du Champagne régulièrement. Pour une valeur sûre, ils se dirigent souvent vers les grands noms, produits en très grande quantité et mis à l’avant-plan dans toutes les succursales. Je vous propose donc d’essayer, non pas une nouveauté, puisque la maison existe depuis le 19e siècle, mais plutôt un produit plus « niche » qui vous donnera autant de plaisir. Finesse, élégance et fraîcheur caractérisent ce Champagne aux arômes fruités et minérales. À avoir sous la main si vous êtes conviés à une fameuse soirée Champagne et huîtres. 

Santé !

Le toast de Marie-Michèle

Survol du millésime 2017

CHRONIQUE / Le décompte avant les Fêtes est commencé: nous entrons dans le dernier mois de l’année 2017! Dans le milieu vinicole, 2017 a été marquée par de nombreuses intempéries dues aux changements climatiques. Rappelons-nous les feux en Californie cet automne, les périodes de gel dans le vignoble français en avril, les épisodes de grêle et la sécheresse qui touche plusieurs vignobles dans le monde. Un communiqué de presse du Beaujolais l’a confirmé: «La nature n’a pas épargné grand monde cette année!»

L’impact des changements climatiques sur la vigne 

Dernièrement, j’ai assisté à la première conférence internationale sur l’impact des changements climatiques sur le monde du vin, organisée par la sommelière Michelle Bouffard. Décrivant la situation comme étant « dramatique » lors d’une entrevue à l’émission Salut Bonjour, elle disait que ce qui était prévu en montée de température pour 2050 et 2070, aurait déjà été atteint à ce jour dans certaines régions. 

La hausse des moyennes de température force donc les vignerons à planter d’autres variétés de cépages, plus résistantes à la chaleur. Les feux survenus au Portugal, en Californie et ailleurs dans le monde, auront donc un impact direct sur le vin, créant des arômes de cendre et de fumée. La sécheresse, qui menace entre autres les vignobles de l’Afrique du Sud et de l’Australie, rend l’approvisionnement en eau difficile. Cela entraîne des coûts importants pour les producteurs. Finalement, pour d’autres régions, on parle plutôt de froid, de gel et de grêle.

2017 : grand millésime, petit volume

Philippe Bourrier, président du Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR), mentionne que « (…) C’est un millésime qui s’annonce encore excellent pour une année absolument hors normes.» D’autres vignobles, tels que le Beaujolais et le Languedoc semblent également partager cet avis.

Grâce à une belle fin de saison, les vignerons s’en sortiront toutefois et la qualité des vins sera au rendez-vous! 

Les prédictions parlent d’un millésime tout en fraîcheur, croquant, présentant un beau profil aromatique et ayant une finesse tannique. Toutefois, on observe des pertes relativement importantes quant à la production. C’est donc plutôt la quantité qui sera affectée. 

Est-ce qu’une hausse des prix suivra? 

À long terme, c’est possible. Cette année, certains vignerons pourront néanmoins aller puiser dans leurs réserves des années précédentes et répondre à la demande sans trop de dommage sur l’inflation.

Si vous avez hâte de déguster ce grand millésime, il faudra être patient et attendre le début de l’année 2018 pour plusieurs vignobles européens. Cependant, nous retrouvons actuellement sur nos tablettes des vins issus du millésime 2017, provenant des vignobles de l’hémisphère sud, dont les vendanges ont lieu entre février et avril. 

Depuis le 16 novembre, il est possible de se procurer une bouteille du fameux Beaujolais Nouveau 2017, ce vin issu d’une courte macération (quatre à cinq jours seulement), qui se veut une façon de célébrer la fin des récoltes. 

Né dans les années 1950, le « bojo nouveau » désigne des vins très jeunes, simples, frais, fruités et gouleyants. 

Je vous propose d’essayer le Beaujolais Nouveau 2017, Terres dorées, Jean-Paul Brun (Code SAQ : 11923994; 18,65$). 

Santé!

Le Toast de Marie-Michèle

La Bourgogne et ses climats (partie 2)

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’écrivais sur la Bourgogne et ses vins qui m’ont charmée lors d’un voyage au printemps dernier. Je vous reviens donc cette semaine avec quelques suggestions bourguignonnes pour vos provisions des Fêtes.

D’abord, en blanc, rappelons que le chardonnay est maître en Bourgogne. Néanmoins, il existe aussi une production issue de l’aligoté. Ce cépage, aux propriétés peut-être moins réputées que le chardonnay, a longtemps été délaissé. Il revient toutefois en force, depuis quelques années, et on lui découvre un beau potentiel. Goûtez-le à travers ce Bourgogne aligoté du Domaine Naudin-Ferrand (Code SAQ : 11589703 ; 22 $). Frais et agréable, d’une belle minéralité et aux arômes fruités, ce vin gourmand sera excellent seul à l’apéro ou accompagné d’une bouchée tomate et bocconcini. C’est le style de bouteille que j’aime bien ouvrir en fin de journée, alors que je m’apprête à cuisiner !

Parmi les appellations prestigieuses de Bourgogne issues du chardonnay on retrouve, entre autres Pouilly-Fuissé dans le Mâconnais. Disponible en grande quantité dans le réseau et à prix abordable, le Pouilly-Fuissé de Jean-Claude Boisset (Code SAQ : 11675708 ; 25,25 $) vous plaira. Croquant, avec des notes de fruits à chair blanche et une bouche structurée, servez-le frais avec un carpaccio de pétoncles.

En rouge, les vins de Bourgogne sauront mettre en valeur vos plats traditionnels des Fêtes. Équilibrés, en fraîcheur, présentant des tannins souples, des notes d’épices et de fruits rouges, ils seront excellents avec une volaille, des mijotés ainsi que les terrines, pâtés et charcuteries servis avant le repas. 

Le Mercurey du Château de Chamirey (Code SAQ : 962589 ; 27,60 $) exprime l’équilibre entre le fruit et la structure. Facile à boire, il offre une belle acidité et des arômes de framboise, de groseille et de cerise. Il sera excellent avec un confit de canard. Le Domaine est présent au Québec depuis une cinquantaine d’années. Nous sommes d’ailleurs l’un de ses principaux marchés. Nous avons donc la chance de retrouver quelques-uns de ses produits sur les tablettes de la SAQ.

Si vous connaissez des amateurs de vins de Bourgogne et que vous cherchez des idées à leur offrir en cadeau, j’ai eu un coup de cœur pour les vins du Domaine Comte Senard. J’y ai fait la rencontre de Lorraine Senard, qui a repris les rênes du vignoble de sa famille, il y a une quinzaine d’années. Son histoire est touchante. Dans ce milieu longtemps masculin, la jeune fille s’est vite intéressée à tout ce qui se passait au vignoble.

Son frère n’ayant pas le même intérêt qu’elle pour l’entreprise familiale, elle a commencé à y travailler avec son père en 1999. Elle est ensuite allée se perfectionner aux États-Unis et en Afrique du Sud. En 2005, son père étant malade, elle signe seule son premier millésime. Lors d’une grande dégustation à laquelle participaient plusieurs producteurs influents, son père décide d’y présenter le vin de sa fille, sans mentionner que c’est elle qui en a assuré toute la vinification. Il reçoit tellement d’éloges que c’est à ce moment qu’il lui remet les clés du chai. Elle était alors prête à reprendre le vignoble familial. 

À la SAQ signature, vous retrouverez le Aloxe-Corton 1er cru Les Valozières du Domaine Comte Senard (Code SAQ : 13297384 ; 91,75 $). Puissant, profond, structuré et aux arômes de cerise, c’est un vin de grandes occasions dont le potentiel de garde s’étend sur plusieurs années. 

Dans la même lignée de vins de grande qualité, le Domaine Hubert Ligner et le Domaine Trapet élaborent également d’excellents vins, tous disponibles au Québec. 

Santé à la Bourgogne !

Le toast de Marie-Michèle

Mythe et réalité autour des vins de table : partie 2

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai écrit à propos des vins de table dont il ne fallait pas sous-estimer le potentiel. Tel que convenu, je vous reviens cette semaine avec davantage de suggestions pour garnir votre cellier avant les Fêtes.

En Italie, plusieurs vins sont vendus sous une I.G.T. (indicazione geografica tipica). On y retrouve donc des vins qui ne répondent pas aux exigences des D.O.C.G. et des D.O.C., mais la mention I.G.T. garantit au moins la région d’origine du vin. Veneto, Toscana, Umbria, Terre Siciliane et Puglia en sont des exemples. D’ailleurs, le célèbre vin italien Tignanello (Code SAQ : 10820900) d’Antinori est vendu sous l’I.G.T. Toscana. 

Du côté de la Vénétie, ce Veneto, Chardonnay, Campagnola (Code SAQ : 12382851 ; 12,60 $) a fait fureur au mariage de mon frère l’été dernier. 

Même ceux qui n’étaient pas fervents de ce cépage l’ont aimé. À prix plus que raisonnable, il est équilibré et rafraîchissant. Un chardonnay davantage axé sur des notes fruitées que boisées. Depuis quelques années déjà il fait encore, à ce jour, partie des beaux rapports qualité-prix disponibles en succursale. Avec une entrée de poire farcie au thon, c’est une belle façon de débuter le repas !

En Toscane, le Toscana, La Massa (Code SAQ : 10517759 ; 27,45 $) est souvent dégusté aux côtés des Chianti classico. Toutefois, il n’en porte pas la mention, puisque le producteur n’y met pas la proportion du cépage sangiovese demandée par l’appellation. Il n’en demeure pas moins bon pour autant. Cette cuvée gorgée de soleil présente des notes de framboises mûres. D’une belle chaleur alcoolique, la bouche est longue et les tannins sont bien serrés. 

Dans la vallée du Rhône, le vin de pays, L’appel des sereines de François Villard (Code SAQ : 12292670 ; 19,90 $) plaira plutôt à l’amateur de rouges frais et digestes. Cet excellent producteur de la région nous propose un vin issu de la syrah, cépage que l’on retrouve beaucoup dans le nord du Rhône. Il évoque des arômes florales, d’épices et de fruits. Un peu réservé en bouche, il plaira peut-être moins aux adeptes de « shiraz » très charnus. Lorsque l’on parle de syrah et shiraz, il s’agit en fait de la même variété de raisins. Toutefois, le terme shiraz est plus courant dans le Nouveau Monde (Australie, Afrique du sud, etc.) et le style qui en découle est différent. 

Il se fait rare dans le réseau en ce moment, mais surveillez son prochain arrivage : Le vinho regional, Lisboa, vinho tinto, Quinta da Serradinha (Code SAQ : 13286861 ; 23,70 $). Provenant du Portugal, ce vin élaboré avec un assemblage de cépages indigènes est élégant, soyeux et gourmand. La fraise cuite, la cerise, le poivre et les fleurs s’unissent dans un profil aromatique très agréable. La bouche est en souplesse, ample et les tannins sont bien intégrés. Une belle découverte à la portugaise, parfaite pour accompagner des charcuteries et des terrines !

Santé ! 

Bière

Bedondaine & Bedons Ronds

CHRONIQUE / La première fois que j’ai posé les pieds dans une brasserie, carnet à la main, pour exercer mon métier de chroniqueur, c’était chez Bedondaine et Bedons Ronds. Il existe donc, en toute subjectivité, une relation personnelle avec ce sympathique broue-pub de Chambly.

Je me souviens de ma première rencontre avec le maître des lieux, Nicolas Bourgault. Je me suis installé sur la terrasse, j’ai commandé quelques bières et j’ai attendu que Nicolas fasse son entrée. Je n’avais aucune idée de comment animer une entrevue, identifier les informations à garder ou tout simplement prendre des notes. J’étais un peu perdu, mais fier de vivre ma passion. 

Nicolas assis devant moi, l’instinct a pris le dessus. Je n’ai jamais ouvert mon carnet. On a parlé de ses bières et de son incroyable collection, mais surtout de lui. Ma ligne éditoriale était née : l’artisan derrière le produit. Une entrevue qui s’est transformée en rencontre pour terminer en amitié­. Un magnifique souvenir.

Visiter le Bedondaine et Bedons Ronds, c’est se retrouver dans le salon de Nicolas, à admirer sa collection d’artefacts sur la bière et siroter une de ses créations. Ici, la bière est servie au bar et uniquement au bar. Aucune de ses recettes ne se vend ailleurs. Si tu veux boire du Bedondaine­, va au Bedondaine, aime répéter­ le maître des lieux. 

Une collection à présenter

Collectionneur reconnu dans le milieu, Nicolas possède des milliers d’artefacts qu’il aime présenter à sa clientèle. À l’ouverture, le Bedondaine avait déjà une impressionnante collection de bouteilles, publicités anciennes, panneaux et autres plateaux de service à la vue des clients. Depuis qu’il a agrandi son local, la collection a plus que doublé. « J’en avais encore dans quelques boîtes à l’entrepôt », nous répond-il avec le sourire. 

Tout amateur de bières du Québec se doit d’aller y faire un tour. Vous boirez fort probablement votre bière debout, à admirer les centaines de bouteilles partout dans les vitrines et vous rappeler vos premières gorgées. Je m’amuse à ce petit jeu chaque fois, la collection évolue autant que mes découvertes brassicoles.

Une des plus belles sélections de whiskys

Depuis quelques années, le Bedondaine propose une des plus intéressantes sélections de whiskys dans la grande région de Montréal. Proposées par de véritables passionnés, les quelque 200 bouteilles sont choisies par l’équipe et servies à une clientèle de plus en plus intéressée. La brasserie ne désire pas en avoir plus, elle préfère offrir une rotation de produits, incluant des nouveautés et des millésimes, plutôt que de courir à la chasse aux bouteilles. C’est une question d’espace également.

Tous les mois, des ateliers de perfectionnement et de découvertes des whiskys sont offerts par des membres du personnel ou par Jean-Francois Pilon, chroniqueur whisky reconnu au Québec. L’éducation de la clientèle est un élément important pour le propriétaire des lieux.

Une des plus petites brasseries au Québec

La salle de brassage, attenante au bar, vous émerveillera par sa simplicité, mais surtout sa taille. Vous avez devant vous l’une des salles de brassage les plus petites du Québec. Le menu vous convaincra que l’idée n’est pas si folle que ça, puisqu’il présente plus de 15 bières en fût. Le brassage se fait réellement à la main, ou plutôt au fourquet.

Aucun agent de conservation, pas de sucre ajouté ou de colorant. Les bières sont brassées avec des ingrédients naturels dans une cuve de brassage de moins de 300 litres. Un travail colossal pour entretenir une si grande variété sur les différentes lignes de fûts.

Côté bière, Nicolas « Bedondaine » Bourgault est reconnu pour offrir des bières rondes et faiblement gazéifiées, laissant place aux sucres résiduels et aux arômes plus fruités. Je me souviens encore de mes premières­ gorgées.

Et pourquoi « Bedondaine et Bedons­ Ronds » ? Vous l’aurez compris, Bedondaine est le surnom du maître des lieux. Pour « Bedons Ronds », je vous invite à le découvrir en visitant la brasserie.

À LA VÔTRE

Bouteille entamée : mode d’emploi

Novembre est très occupé cette année. Entre le lancement de mon livre «Le sommelier, c’est vous!», coécrit avec Jacques Orhon, une dégustation avec un vigneron et un salon du vin, les jours filent à une vitesse folle. Du coup, l’énergie tombe rapidement à plat après le souper et les bouteilles à demi-pleines s’entassent dans le réfrigérateur. Justement, combien de temps une bouteille de vin ou d’alcool ouverte peut-elle tenir avant de tourner au vinaigre?

L’oxygène est à la fois le meilleur ami et le pire ennemi du vin. Au contact de l’air, le vin entame une oxydation plus ou moins rapide selon sa composition. Grosso modo, les produits riches en tannins, acidité, sucre et alcool résisteront plus longtemps aux signes du temps.

Généralement, un blanc ou un rosé survivra bien de 2 à 3 jours au frigo — le froid et l’obscurité contribuant à retarder l’oxydation. Quant au rouge, on parle de 3 à 4 jours grâce aux tannins. Idéalement, placez la bouteille à la verticale pour limiter la surface du liquide en contact avec l’air. Il va donc de soi que le réfrigérateur prévaut sur le cellier. D’ailleurs, plus la bouteille est pleine, plus elle se conservera longtemps, puisque l’apport en oxygène s’en trouvera réduit. Ne vous étonnez pas si certains vins sont meilleurs le jour suivant l’ouverture. Changer d’air fait parfois grand bien — c’est connu.

Mettez toutes les chances de votre côté en vous dotant de bons outils pour conserver vos bouteilles entamées. Comme le bouchon de liège a déjà fait largement sa part, la pompe à air et son bouchon en silicone prendront le relais. Autrement, coiffez votre bouteille d’un bouchon doté d’un filtre de carbone; plus rapide et plus efficace.

Les effervescents sont plus difficiles à conserver puisqu’ils perdent rapidement leurs bulles s’ils sont conservés dans de mauvaises conditions. Utilisez un bouchon avec prise sur le goulot, spécialement conçu pour les mousseux. Vous pourrez ainsi garder votre bouteille jusqu’à plusieurs jours, voire une semaine, selon le type de mousseux. La fièvre du vendredi soir s’est emparée de vous et vous avez sabré la bouteille? Vaut mieux alors poursuivre sur votre lancée et terminer le flacon puisqu’aucun bouchon ne lui siéra.

Quant aux vins fortifiés, ils se conservent entre 2 et 8 semaines, selon la méthode d’élaboration. Ceux qui ont été soumis à l’oxydation, comme les porto tawny et les banyuls, se gardent plus longtemps.

Les amateurs de spiritueux seront heureux d’apprendre que leurs flacons sont capables de se conserver plusieurs années. Quant aux boissons à la crème, on prendra soin de les ranger au réfrigérateur et de les consommer avant la date de péremption inscrite sur la bouteille.

LE BOURLINGUEUR

La planète dans l'assiette

CHRONIQUE / Manger! Il suffit d’être un tantinet gourmand pour que les repas prennent une place immense dans les voyages que nous planifions. En plus de nouvelles saveurs, des plats qu’on ne se serait jamais imaginé manger, il y a tous ces restaurants, plus ou moins typiques, avec leur ambiance, leur concept différent, qui nous permettent de bien nous plonger dans une nouvelle culture.

Au Japon, par exemple, certains restaurants nous permettent de commander directement à l’entrée, sur une espèce de machine distributrice. Il y a cinq ans, ces machines n’avaient pas d’écran tactile, pas plus que des illustrations, la plupart du temps. On appuyait sur les descriptions des plats qu’on voulait, un coupon s’imprimait, et on le remettait à une serveuse, qui nous apportait aussitôt notre commande.

Sauriez-vous lire le japonais, ou feriez-vous comme moi, en choisissant seulement les restaurants où des images simplifient le choix des clients?

Dans d’autres pays, la méfiance et la paranoïa sont payantes. On pense à l’Inde et à la Birmanie, où le meilleur et le pire peuvent se côtoyer quand on mange directement dans la rue. La cuisine de rue y est particulièrement populaire, mais le manque de cuisson ou le manque de réfrigération jouent parfois des mauvais tours.

C’est pourtant en Inde que les saveurs des currys et des thalis rendent complètement fou. Les épices bien dosées, le pain naan fraîchement cuit et les plats végétariens sont difficiles à égaler. Pareil pour les lassis, ces boissons à base de fruits et de yogourt. Il faut toutefois savoir que de commander un « lassi spécial » peut entraîner des hallucinations. Le cannabis qu’on y ajoute y est probablement pour quelque chose.

L’Inde demeure un endroit idéal pour s’initier à la cuisine végétarienne, d’une part parce que les animaux n’y semblent pas particulièrement en santé, d’autre part parce que les plats de fromage indien, d’épices et de légumes y sont tellement goûteux.

En Birmanie, où le mercure grimpe souvent au-dessus des 30 degrés Celsius, on se lassera probablement de manger des soupes et des plats de nouilles fumants. Mais les autres plats cuits, souvent servis froids, peuvent facilement entraîner des intoxications, particulièrement à l’extérieur des grandes villes. On mange généralement assis sur un tabouret de plastique, sur le bord de la rue, devant ceux ayant préparé le repas.

Les voyages culinaires, c’est essayer de nouveaux mets, comme le chameau, servi dans le buffet de l’hôtel où je logeais à Tozeur, en Tunisie. Il faut s’habituer au goût laineux très prononcé.

Au Pérou, on m’a servi du jambon de lama sans que je goûte une différence importante avec le jambon que je consomme habituellement. J’ai quand même eu moins de réticences à essayer ce plat qu’à goûter le cuy, ou cochon d’Inde, qu’on sert généralement en entier dans l’assiette. L’occasion d’en manger ne s’est pas présentée.

Voyages

La croisière rajeunit

Vous avez entre 25 et 40 ans? On vous veut sur un bateau de croisières! C’est le message très clair lancé par le géant de l’industrie, Uniworld, qui offrira dès l’hiver prochain toute une gamme de croisières réservées aux clients âgés de 25 à 40 ans. Une première, mais certainement pas une dernière dans une industrie qui cherche à rajeunir sa clientèle.

Les chiffres ne mentent pas : même si les croisières se coltinent encore la réputation d’être une affaire de baby-boomers, la réalité est devenue tout autre : les milléniaux seraient même en passe de les supplanter.

Selon un sondage publié en janvier 2017 par l’Association américaine des agents de voyage (mené auprès de 1522 américains), le tiers des milléniaux ont fait un voyage sur l’eau au cours des cinq dernières années, contre 18 % pour les baby-boomers. Mieux, ils les adorent : 61% des milléniaux qui ont fait une croisière ont aimé fortement leur expérience, contre 56 % des autres groupes d’âge en moyenne. Du coup : avec la génération X, ils sont aussi plus nombreux que tous les autres groupes d’âge à planifier une récidive (60 % ont affirmé, dans un sondage mené par l’Association internationale des compagnies de croisières AICC, qu’ils vont assurément partir en croisière lors de leurs prochaines vacances).

«L’industrie a toujours cherché à attirer une clientèle plus jeune, remarque Bob Levinstein, président-directeur général du site CruiseCompete.com. Sauf qu’avant, la moyenne d’âge était plus autour de 60 ans et qu’on était contents d’attirer des gens dans la cinquantaine. On s’est beaucoup rajeunis. L’époque où on disait que les bateaux de croisière étaient des «bateaux-cercueils», où l’on débarquait même un défunt dans chaque port, est bien révolue.»

«Les milléniaux ont des revenus plus élevés, ont davantage d’argent et les croisières se révèlent une option des plus intéressantes pour le dépenser», renchérit Cindy D’Aoust, présidente et directrice générale de l’AICC.

Des croisières qui bougent

Ceci explique cela : les croisières ne sont plus ce qu’elles étaient il y a 20 ans à peine. On ne s’amuse plus en jouant au bridge en robe coquetel et en veston propret, après un chic repas cinq services. Les attractions proposées sur certains navires rivalisent avec les parcs d’amusement pour faire vivre à leurs passagers des sensations fortes : pistes de kart, glissades d’eau, tyrolienne, simulateurs de vol ou encore des jeux gonflables pour enfants.

Voyages

La grande migration transatlantique

Après avoir passé l’été en Europe, les paquebots achèvent, ces jours-ci, leur long périple annuel de retour vers les Antilles. Le printemps prochain, ils entameront le voyage inverse. Entre ces deux migrations, il y a l’Atlantique... et une superbe occasion de se payer une grande croisière à un prix dérisoire.

Le défi des croisiéristes, c’est de transporter leurs villes flottantes d’un continent à un autre en réussissant, à tout le moins, à couvrir leurs frais. Or, les voyageurs ne sont pas tous très chauds à l’idée de passer 15 jours sur un bateau, dont la moitié au beau milieu de l’océan avec pour tout horizon de l’eau, de l’eau et encore de l’eau. Des tarifs très avantageux sont alors séduisants.

En s’y prenant à l’avance, ou au contraire à la toute dernière minute, on pourra monter à bord de l’un de ces palaces pour à peine plus de 100 $ par jour. Repas fournis, activités incessantes à bord, service impeccable. À cela, on ajoutera toutefois les pourboires, les vins et alcools (chers) et les excursions. Il faudra aussi se rendre au port d’embarquement, et revenir à la maison une fois l’expérience terminée.

On oublie le mal de mer, ces monstres de 2000, 3000, voire 6000 passagers doivent affronter de solides orages pour que cela se sente à bord. Lors d’une traversée Miami–Rome, le capitaine du Celebrity Reflection nous avait même descendus jusqu’à la hauteur du tropique du Cancer pour fuir les vagues trop audacieuses. Une délicate attention.

D’une façon générale, les paquebots naviguent plutôt au sud durant la traversée, de sorte que même en avril ou en novembre, il fera généralement assez chaud pour se faire bronzer sur les ponts. Et contrairement à certains tout inclus, il y a profusion de transats à bord, inutile de se lever aux aurores pour réserver une chaise longue. C’est d’ailleurs un paradoxe surprenant : on ne se sent pas entassés comme des sardines sur ces géants, même si des milliers de personnes font la traversée avec nous.

Maison

Le bonheur dans 210 pieds carrés

Vivre heureux et le plus simplement possible : voilà les buts que se sont fixés Nelson Marcoux et Charlie Désilets en résiliant leur bail et en s’installant dans un autobus d’écoliers transformé en loft.

Ce bus de 2004, ils l’ont payé 3500 $. Ils s’étaient donné comme objectif de le rénover durant l’hiver. «On l’a clenché en deux mois, les soirs et les fins de semaine», a raconté Nelson Marcoux, au téléphone, au début de la semaine.

Nelson et sa blonde, Charlie, 23 ans chacun, ont généré une petite cohue avec leur bus, lors du tailgate du 21 octobre, au stade Telus de l’Université Laval (en passant, le Rouge et Or a «clenché» les Carabins de Montréal, 22 à 0). Les festivités d’avant-match de football leur ont donné une visibilité inespérée, notamment en attirant l’attention du photographe du Soleil.