Cette chapelle se trouve sur la Waterloo Island, en Antarctique.

De l’Antarctique aux Caraïbes

Il y a 124 villes, villages, bourgades, communes ou autres lieux significatifs dans le monde qui portent le nom de Waterloo. Le premier échevin de la ville du premier Waterloo, en Belgique, tente d’en faire le tour. À ce jour, il en a visité 84.

Yves Vander Cruysen voyage à travers le monde à la rencontre de ses compatriotes des villes éponymes depuis plus de
25 ans. Il est, bien sûr, venu visiter la ville de Waterloo, au Québec, à quelques reprises, puisqu’il s’agit de la ville jumelée à celle de Belgique depuis 1958, année de l’Exposition universelle de Bruxelles.
Les Waterloo du monde tiennent leur nom pour l’une ou l’autre de trois raisons, raconte M. Vander Cruysen. La première vient des soldats qui ont combattu contre Napoléon Bonaparte lors de la Bataille de Waterloo. « L’Angleterre leur a offert des terres dans les territoires qu’elle possédait en disant que, comme ça, ils pourraient surveiller leur territoire. »
C’est de cette manière que des lieux ont commencé à porter le nom de Waterloo en l’honneur de cet important combat. C’est le cas à Trinité-et-Tobago qui possède son Waterloo hindou. « Après la Bataille de Waterloo, on a eu un siècle de paix totale, alors on a renvoyé les soldats dans les colonies. Il y avait des Hindous dans les troupes anglaises et ils ont décidé de partir dans les Caraïbes et de construire une ville qui allait s’appeler Waterloo. C’est assez original ! »

Un Waterloo hindou a été fondé à Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes, par un ancien soldat qui a combattu durant la Bataille de Waterloo contre Napoléon Bonaparte.

Avec la fusion de certaines villes, le nom de Waterloo était choisi, ajoute-t-il. M. Vander Cruysen relate que la troisième vague est venue avec l’invention du télégraphe, alors qu’on a voulu donner le nom des villes d’un état X aux états voisins, notamment aux États-Unis.
Dans le cas du Waterloo québécois, la municipalité a été fondée il y a 150 ans par un homme admiratif de ce qui s’était passé en Belgique.
Des Waterloo minuscules
Un autre Waterloo qui ne laisse pas sa place en matière d’originalité est une île nommée Waterloo Island par les Russes et King George Island par les Anglais. Cette île est partagée entre les deux nations et se trouve en Antarctique. Une petite chapelle avec vue sur les eaux salées s’y trouve.
« Les Australiens sont impressionnants aussi. Vous avez un splendide Waterloo en Tasmanie. C’est très compliqué [de tous les visiter] parce qu’il y a de tous petits Waterloo qui se trouvent au fin fond de nulle part. Je suis allé, par exemple, il y a deux ans, en Ukraine dans un Waterloo tout à fait minuscule. Il y a un Waterloo en Allemagne qui est tout petit aussi. Ceux qu’il reste à voir, soit ils sont impénétrables, soit qu’ils sont disparus ! Il y a un Waterloo fantôme, en Australie. C’était une ville très populaire à l’époque des chercheurs d’or et qui, brusquement, a disparu parce que les gens sont partis. »

Le premier échevin de Waterloo, Belgique, Yves Vander Cruysen.

La passion d’Yves Vander Cruysen pour l’histoire ne s’essouffle pas. Un jour, ses connaissances ont même poussé un Waterloo à changer son livre d’histoire pour effacer un mythe et le remplacer par les faits véridiques. C’était en Indiana, aux États-Unis, où on croyait que le nom venait d’un ancien soldat qui y possédait une terre et dont le cheval s’appelait Loo. On pensait que Waterloo était tiré du fait que l’homme menait son cheval Loo à l’eau pour qu’il s’abreuve...
Le premier échevin leur a plutôt raconté que cet ancien soldat avait combattu en Belgique, en 1815.
Tournée de chœur
Waterloo, Belgique, a un chœur d’enfants qui tourne dans le monde entier, souligne M. Vander Cruysen. En 1999, il avait organisé pour celui-ci une tournée de tous les Waterloo de l’Amérique du Nord. Une quinzaine avaient été visités en trois semaines. « C’était très amusant », se souvient-il.
Un regroupement d’une vingtaine de maires avait aussi vu le jour, en 1996. Pendant dix ans, et ce tous les deux ans, il se rassemblait pour une convention. Il y avait donc des élus de la Sierra Leone, de Trinité-et-Tobago, du Canada, des États-Unis, de l’Angleterre et, bien sûr, de la Belgique. Des conventions se sont tenues en Allemagne, en Angleterre, en Ontario, en Iowa et en Belgique. Faute de relève, ce regroupement a été mis sur la glace depuis.

Le premier Waterloo est situé en Belgique, où on trouve aujourd’hui le monument de la Butte du lion, érigée par le roi pour son fils blessé lors de la Bataille de Waterloo.