Génération Grains Natures propose des produits «de la graine à l'assiette».

Du semis jusque dans l’assiette

Dix moutons, neuf moineaux, huit marmottes, sept lapins... Qu’ont en commun la plupart des animaux énumérés dans la fameuse chanson La souris verte? Ceux-ci peuvent se nourrir de moulée! Ça tombe bien, l’entreprise roxtonnaise Génération Grains Natures prépare et vend de quoi alimenter plusieurs de ces bêtes.

Depuis 2015, l’entreprise appartient à la famille Durocher, cliente de longue date de la ferme de Jacques et Gisèle Brousseau.

Quand le couple a songé passer le flambeau dans l’espoir d’une retraite bien méritée, M. Brousseau a offert à Jenny Durocher, qui occupait alors un emploi d’été à sa ferme, de prendre sa relève.

Une transition donc toute naturelle pour le clan qui consommait déjà les produits vendus sur place.

Alain Durocher et Louise Morin, les parents de Jenny, ont longtemps possédé des vaches Highland avant de se tourner vers des chevaux canadiens. La famille a également élevé les animaux de sa basse-cour. Jenny et sa sœur Sandy ont, par la suite, suivi une formation en boucherie, de même qu’en production animale.

Diverses expériences qui composent désormais la gamme de services offerts par l’entreprise familiale, qui assure un suivi «de la graine semée jusqu’à l’assiette, explique Sandy Durocher. On est vraiment là du début à la fin.»

Génération Grains Natures, c’est d’abord une affaire de famille. On voit ici Michaël Béland, Alain Durocher, Louise Morin, Éric Bonin, Sandy et Jenny Durocher.

La santé d’abord
La ferme vend d’abord de la volaille — poules urbaines, poulets, poussins, cailles, pour ne nommer que ceux-là —, mais aussi de l’équipement pour de l’élevage domestique à des particuliers qui souhaitent avoir une basse-cour à la maison. «Il y a un engouement pour les poules urbaines, relève Sandy. Les gens viennent en chercher et les élèvent pour manger leurs œufs.»

L’entreprise fournit également des oiseaux à de petits producteurs et divers propriétaires de magasins d’animaux. En fait, Génération Grains Natures est le principal distributeur des comptoirs agricoles au Québec.

«On parle de petites fermes qui comptent à peine quelques moutons, des agneaux ou quelques vaches. De gens qui n’ont pas de quotas», précise Jenny.

Fait à noter, toutes les poules qui transigent à la ferme sont vaccinées et en bonne santé.

«C’est non négociable!», insiste Sandy.

«Nous-mêmes on l’exige, pour protéger les autres établissements agricoles. Ainsi, on diminue le risque de contamination sur toute la chaîne, et ce, jusqu’aux grandes fermes», renchérit Jenny.

Tous les clients peuvent ensuite s’approvisionner en moulée pour nourrir leurs bêtes. Génération Grains Natures propose plus d’une vingtaine de moulées différentes, et ce, tant pour les oiseaux que les porcs, les bovins, les lapins, les moutons, les chèvres, les chevaux, les chevreuils, les chiens, les chats, alouette!

La gamme maison est complétée par les produits Bélisle et de la Coop.

Enfin, la famille offre également des conseils sur l’élevage et l’alimentation des bêtes, de même que sur les différentes coupes de viande possible à exécuter sur celles-ci, si elles finissent dans l’assiette.

«C’est une passion et un bonheur de partager notre expérience avec les clients pour leur permettre de vivre une belle et agréable expérience avec ce que la nature nous offre», soutient Sandy Durocher.

Alimentation sur mesure
Les moulées de Génération Grains Natures sont composées de grains entiers et ne comportent aucun antibiotique, facteur de croissance ou sous-produit animal. «C’est important pour nous, et aussi pour notre clientèle, d’y aller dans la simplicité, explique Jenny Durocher. On recherche la santé et la nature. On veut savoir ce qu’on mange.»

«Il n’y a pas de résidus animaux, on a de la céréale entière concassée», poursuit Sandy.

Quel que soit l’animal à nourrir, les moulées sont majoritairement composées d’une base de maïs, d’orge, de soya ou de blé. D’ailleurs, ces trois premières céréales sont cultivées à même les quelque 225 acres de terre de la ferme. Les grains qui manquent sont, pour leur part, achetés chez des producteurs locaux.

La quantité de chaque céréale variera selon l’espèce animale et son stade de croissance. Même chose pour la finesse de la mouture ainsi que la quantité et le type de minéraux ou de protéine végétale qui seront ajoutés au mélange.

Le tout est fait à la main par un meunier de longue date, Michaël Béland, qui met également les moulées en sachet. Cela permet de personnaliser les commandes selon les besoins bien précis des clients.

EN FAMILLE COMME À LA FERME

Les sœurs Durocher, leurs parents et leurs grands-parents habitent tous sur le même rang où se dressent également leurs propriétés agricoles. 

À les entendre, on comprend que le clan est tissé serré. D’ailleurs, le fait d’être voisins, collègues et partenaires d’affaires depuis une quinzaine d’années avec leurs parents — qui ne chôment pas malgré leur retraite ! — est loin de déplaire aux deux sœurs. « Pour nous, c’est une grande fierté ! lance Jenny. Il n’y a pas de mots pour dire à quel point c’est agréable d’être ensemble, d’être complices et de faire profiter aux autres de nos forces. »

Le patriarche, Alain, est responsable de planifier la gestion des champs et des grains. Sa femme, Louise, s’occupe de la comptabilité de l’entreprise familiale. Jenny est responsable des calculs de calibration, alors que Sandy et son conjoint, Éric Bonin, sont délégués à l’opération de la machinerie et à son entretien.

Une autre génération pourrait bien les rejoindre dans quelques années, alors que Jenny et Sandy ont chacune deux fils âgés entre quatre et huit ans. Élevés à la ferme, ceux-ci démontrent déjà un intérêt marqué pour l’entreprise familiale. « Ils sont vraiment fiers de venir travailler avec nous ! » affirme Jenny Durocher. « C’est important pour nous de leur transmettre qu’il est très important dans la vie de faire ce que l’on aime, ajoute sa sœur. Nous pouvons maintenant dire que la plus belle de nos récoltes est de se lever chaque matin pour faire, ensemble, ce qu’on aime le plus.»