«Il y en a qui voient la COVID-19 comme une affaire de mort, et d’autres qui croient au complot de Bill Gates et pensent qu’il n’y a rien là», dit le propriétaire Daniel Dalpé (à gauche), accompagné ici de son fils Pascal.
«Il y en a qui voient la COVID-19 comme une affaire de mort, et d’autres qui croient au complot de Bill Gates et pensent qu’il n’y a rien là», dit le propriétaire Daniel Dalpé (à gauche), accompagné ici de son fils Pascal.

Camping Mon repos: directives floues, les clients au rendez-vous

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le temps est chaud, le vent fait chanter les nombreux arbres du camping Mon repos, à Ange-Gardien. Seul hic : la COVID-19 est venue briser la quiétude du propriétaire de l’endroit...

En plus d’une ouverture retardée à cause de la pandémie, Daniel Dalpé doit composer avec des consignes d’hygiène floues, en plus d’être mitraillé de questions — auxquelles il a parfois bien du mal à répondre — par ses clients.

« On a droit à un rassemblement de 50 personnes à l’intérieur, mais pas plus de dix autour d’un feu, soupire-t-il. Les directives sont dures à suivre et on se fait poser plein de questions à tout bout de champ. On dirait que c’est de l’improvisation... »

Après avoir craint de voir la saison tomber à l’eau, les gestionnaires de campings ont pu rouvrir à toute vitesse le 1er juin. Après, et comme dans plusieurs secteurs d’activité, les consignes évoluaient avec le temps.

Ensemble, mais pas en groupe

Le site de villégiature du rang Saint-Georges a dû prendre une décision draconienne : couper tous les spectacles, soupers collectifs et loisirs de groupe.

Le feu d’artifice de la Saint-Jean-Baptiste et même le fastueux défilé du Noël du campeur ont été annulés. Restent les trois piscines et quelques sports, dont le mini-putt (mais il faut apporter ses bâtons). Et le calme.

Les clients ont vu leur facture être ajustée en conséquence, et M. Dalpé s’attend à finir l’année « kif-kif ».

« On va sauver les meubles », dit-il, tout en déplorant devoir gérer « les extrêmes ».

« Il y en a qui voient la COVID-19 comme une affaire de mort, et d’autres qui croient au complot de Bill Gates et pensent qu’il n’y a rien là... » Les plus jeunes, ajoute-t-il, sont particulièrement nonchalants.

« Mais heureusement, les gens n’ont pas tendance à embarquer les uns sur les autres. »

« À notre âge, on suit les règlements! »

Il se rassure en se disant que la pandémie n’a pas eu beaucoup d’impact sur l’achalandage.

Les visiteurs sont un peu moins nombreux, mais l’établissement de 600 places est majoritairement composé de campeurs saisonniers qui, eux, sont toujours au rendez-vous.

Comme Jean « Johnny » Rouleau et Denise Gingras, qui viennent ici depuis sept ans. « On adore ça ici, c’est très calme », dit M. Rouleau. Le couple de retraités est revenu de Floride en mars et a tout de suite emménagé au camping par mesure préventive. Il ne compte pas repartir de sitôt.

Seul désagrément, l’annulation des loisirs a fait en sorte qu’ils doivent oublier les soirées de danse.

« À notre âge, on suit les règlements!, indique Mme Gingras. Mais je ne pense pas m’ennuyer, je suis très sociable. »

« On prend ça comme ça vient », mentionne un autre campeur saisonnier, Richard Lagacé, qui fréquente Mon repos depuis 35 ans. Lui non plus ne craint pas la COVID-19.

Réal Durand était aussi très heureux de retrouver son camping. « J’ai eu peur de ne pas pouvoir venir, ma femme a une garderie à la maison, je ne voulais pas rester chez nous tout l’été... »

« On fait attention, ajoute-t-il. Chacun fait sa part. Quand on mange au restaurant, on se tient à distance. » Il estime que la pandémie a appris à tout le monde « à s’arrêter ».

« Quand j’arrive ici, je suis bien. »