Jacques Parizeau entouré de membres de l’exécutif de l’Union, incluant son président Jean Pelletier (à sa gauche) et Jean-Louis Desrosiers (à sa droite), à l’occasion de la présentation des conclusions de la commission d’enquête qu’il a présidée en 1986

UMQ: 100 ans en mouvement

Top 5 des gains de l'UMQ

En 100 ans, l’UMQ a permis de faire avancer la cause des municipalités au Québec. Voici un top 5 des gains de l’UMQ commenté par des spécialistes du domaine.
Caroline Patsias, professeure au département de science politique de l’UQAM
Marc-André LeChasseur, avocat spécialisé en droit municipal
Danielle Pilette, Ph.D., professeure associée, Département de Stratégie, responsabilité sociale et environnementale, ESG-UQAM
  • Regrouper de façon pé­renne le monde municipal québé­cois.

Caroline Patsias: Il s’agit d’un point important! Pour que les demandes du monde municipal soient entendues, peser un certain poids est un atout indis­cutable. 

Marc-André LeChasseur: L’UMQ joue un rôle évident de catalyseur des préoccupations et efforts du monde municipal pour se faire reconnaître un statut et une importance qui sont à la hauteur des aspirations que la constitution canadienne ne lui a jamais reconnues. 

  • Développer et mettre à la disposition de ses membres une expertise et une autorité reconnue sur les grands dossiers municipaux.

Caroline Patsias: Il s’agit d’une action essentielle, car il existe une grande disparité de ressources entre les municipalités, certaines ayant encore des élus qui ne travaillent pas à temps complet. L’Union constitue un réservoir de ressources et d’expertises (via les formations aussi).

Danielle Pilette: L’UMQ a accompagné 100 ans de professionnalisation du milieu municipal; il y a eu une transition surtout après la 2e guerre mondiale : on est passé du minimalisme dans les services publics à des services compétitifs et de qualité.  

  • Produire d’importantes études sur l’évolution et l’avenir du monde municipal québécois, qu’il s’agisse de l’imposant mémoire produit en 1953 pour la commission Tremblay ou encore du rapport produit par la commission d’étude sur les muni­cipalités présidée par Jacques Parizeau en 1989.

Marc-André LeChasseur: En rassemblant les forces du milieu municipal et en possédant une expertise unique, l’UMQ doit agir sur le plan académique afin de porter vers le gouvernement le souffle des changements qui sont vécus au plan local. La production de grandes études par l’UMQ participe de l’évolution nécessaire et à la mise à niveau de pratiques qui, parfois, ne tiennent pas compte d’une réalité municipale en constante mutation. 

Pierre Prévost: Ces épisodes ont sans aucun doute constitué des temps forts de l’action de l’UMQ; d’autres sont moins connus, mais ont été importants (conclusion de pactes fiscaux renouvelables, livre blanc sur la décentralisation et l’autonomie, etc.).

  • S’opposer efficacement aux réformes menaçant l’autonomie municipale comme celles du ministre Claude Ryan de 1992, ou de Guy Chevrette en 1994-95

Danielle Pilette: S’opposer à certains principes et certaines modalités de réformes ne signifie pas nécessairement s’opposer à des changements en certains domaines. Chaque opposition de l’UMQ devrait être accompagnée de la promotion de certaines catégories de changements favorisant l’évolution municipale.

Pierre Prévost: On l’oublie souvent, mais c’est l’UMQ qui a galvanisé la résistance municipale face aux tentations des transferts fiscaux ou financiers lorsque les gouvernements se trouvaient à court d’argent! En 1992, une grande marche au Parlement de Québec constituait une première municipale et a bien fait comprendre au gouvernement que le vase allait déborder, ce qui a valu une baisse de la «facture» transférée de près de 25%.

  • Faire adopter la Loi sur les régimes de retraite municipaux et la Loi sur les relations de travail en milieu municipal pour permettre un ménage dans les finances des munici­palités.

Marc-André LeChasseur: L’apport de l’UMQ à ce titre a été essentiel. L’économie des municipalités commande des ajustements à ce titre et l’UMQ a su illustrer la complexité de composer avec des relations de travail dans un contexte où les revenus municipaux ne bénéficient pas d’une flexibilité permettant leur renouvellement constant.

Pierre Prévost: L’UMQ a sonné l’alarme à propos du déséquilibre dans les rapports de force en matière de relations du travail dès le début des années 1990, et a tenu sa position contre vents et marées, jusqu’à obtenir quelques gains dans les dernières années. Malgré cela, les employés municipaux demeurent une catégorie de travailleurs choyée parmi le marché du travail québécois.

  • Faire reconnaître les municipalités comme gouvernement de proximité

Marc-André LeChasseu : L’apport de l’UMQ à ce titre est fondamental. Jamais les municipalités de grande taille ne seraient en mesure de faire reconnaître l’importance de leur apport sans l’ascendant important de l’UMQ. Il s’agit pour l’essentiel du moteur de la prestation de l’UMQ, à telle enseigne que toutes les interventions préconisent une prise de conscience forte à l’égard des spécialités propres aux gouvernements locaux.

Danielle Pilette: Plusieurs changements ont été apportés par la loi reconnaissant les gouvernements de proximité. L’utilisation des nouveaux pouvoirs imposera la plus grande prudence, notamment en matière de traitement des élus municipaux et en matière de consultation publique en remplacement de certaines approbations référendaires.