En cuisine, au-delà des bonnes odeurs, se dégage une franche camaraderie.

Des jeunes nous parlent

Si j'étais ministre

Si le ministre de l’Éducation était devant vous, quelle principale question lui poseriez-vous ? Ou si vous étiez le ministre de l’Éducation, quelle décision prendriez-vous en premier ? (NDLR – Plusieurs commentaires qui suivent ont été faits en anglais et traduits pour cette publication)

Des points à améliorer en éducation ? Certains soutiennent que les cours de cuisine pourraient durer plus longtemps et être plus approfondis. « On touche à tout, mais on n’apprend les compétences souvent qu’une seule fois », souligne Natacha Cleary. Sa camarade Angela George et elle ajoutent qu’il y a différents outils de cuisine qu’elles n’ont pas encore utilisés, comme le couteau pour le poisson, ce qu’elles croient attribuable à un manque de ressources. En fait, durant le programme, assure l’enseignant M. Mario Boucher, les élèves auront accès aux mêmes outils que les cuisiniers professionnels.


« Je veux trouver une manière de faire de la cuisine sans subir le stress. »
Alessandro Pregnolato

Dorothy Bula fait partie de ceux qui estiment que les cours sont très condensés, possiblement trop. De plus, elle aimerait voir son école recevoir davantage d’argent. « L’éducation équivaut à l’insertion dans la société : il faut un bon budget. »

Alessandro Pregnolato croit que l’école a toutes les ressources nécessaires, mais que la piste à corriger, en cuisine, serait d’ouvrir la salle à manger l’Entre-Deux à tous les jours scolaires et non simplement le jeudi et le vendredi. « C’est cela qui nous offre une meilleure pratique. » M. Mario Boucher ne croit pas que cela serait possible, car les ouvertures à l’Entre-Deux nécessitent bien du temps de préparation pour les élèves. Si cette préparation devenait quotidienne, beaucoup de matière ne serait pas abordée.

Maxime Boulais, pour sa part, croit que les jeunes ne sont pas assez informés sur leur choix de carrière. « Ici, on fait des pièces, on fait des moules et c’est très important, dit-il. On nous dit qu’il faut être fort en mathématiques… la réalité n’est pas si pire ! L’usinage nécessite des connaissances en trigonométrie, mais ce n’est pas comparable à des mathématiques SN. Si tous les jeunes étaient au courant de la réalité du programme, il y aurait bien plus de gens en usinage. Il faut faire circuler plus d’information sur les cours pour que les bons choix de carrière soient faits. »


« J’aime travailler le métal. Je me vois bientôt machiniste.  »
Maxime Boulais

L’opinion de M. Boucher diffère sur l’accessibilité de l’information : « Avec Google, Youtube, etc. l’information se trouve à la portée de tous en plus d’aller vitesse grand V. » Il valorise la grande curiosité de ses élèves et tente de répondre à leurs questions du mieux qu’il peut, ce qui le mène à de belles découvertes.

Virginie Filloux détient un visa d’études au Québec. Elle, qui a longtemps voulu suivre des cours de cuisine en France, y voyait les portes d’écoles se fermer aux gens à partir de la trentaine. Elle a été donc agréablement surprise par l’éducation au Québec : « C’est comme une deuxième chance ! », affirme-t-elle. « En effet, précise Mme Béchard, directrice du Campus Brome-Missisquoi, le Québec encourage la formation chez les adultes, mais ce ne sont pas tous les pays qui partagent cette valeur. »