Depuis quelques mois, la CTAQ s’est dotée d’un chien de thérapie.
Depuis quelques mois, la CTAQ s’est dotée d’un chien de thérapie.

semaine de la coopération

Profession: paramédic, un choix qui commande l’humilité

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
Jean-François Coulombe admet d’emblée que le métier de paramédic ne convient pas à tout le monde. « Pendant la formation, avant même de commencer une carrière dans le domaine, il faut avoir beaucoup d’humilité et savoir s’arrêter au bon moment. Si c’est une profession gratifiante, on y est aussi confronté à des situations difficiles. »

Paramédic depuis 2017, Jean-François a gradué en soins préhospitaliers d’urgence après avoir d’abord complété un DEC en sciences humaines. «J’ai pris le temps de mûrir ma réflexion, puis je me suis lancé. Les cours pratiques m’ont vite permis d’entrer dans le vif du sujet. Ce métier ne ressemble à rien d’autre et il ­s’accorde très bien à ma personnalité : je suis calme, j’aime les défis, les contacts humains et je ne suis pas déstabilisé facilement.»    

L’essayer a rapidement signifié pour lui de l’adopter. Le jeune paramédic évoque encore une fois l’humilité dont il est indispensable de faire preuve au quotidien dans des contextes qui demeu­rent imparfaits. «Nous ne nous retrouvons jamais comme à l’école où les facteurs sont con­trôlés. Nous arrivons et il y a la famille, un chien, un accès compliqué, mais il faut gérer la situation. Et il y a la hantise d’intervenir lorsque la vie d’un enfant est en danger…»   

Des ressources… et un travail d’équipe

Jean-François souligne d’ailleurs l’importance que revêt, pour la CTAQ, le soutien offert aux paramédics confrontés à des expériences difficiles. «Un programme d’aide aux employés est en place, des superviseurs sont formés en désamorçage psychologique et nous avons un système de pairs aidants – j’en suis moi-même un! Depuis un an ou deux, la CTAQ s’est également dotée d’un chien de thérapie en appui dans le cas de chocs post-traumatiques.»

Au-delà de la mission qu’il s’est donné de sauver des vies – il n’y a rien de plus satisfaisant selon lui –, Jean-François insiste sur la nécessité de savoir s’adapter au travail d’équipe. «C’est crucial, car il y a des situations dont on se rappelle toute notre vie. La communication est essentielle entre les partenaires et la rigueur doit être au rendez-vous. Le métier exige d’être à jour dans les protocoles à appliquer et parfois, il y en a plusieurs en même temps.»

Place aux innovations

Qu’elles soient d’ordre administratif, mécanique, logistique, opérationnel ou encore clinique, les innovations qui permettent d’améliorer le quotidien des paramédics sont nombreuses et variées à la CTAQ. En occupant un poste d’agente de liaison à raison d’une journée par semaine, Catherine Paquet Rousseau a choisi de participer au défi.    

«J’avais un intérêt pour la gestion et l’implantation de projets. Je voulais avoir la possibilité de changer les choses. Je suis aussi paramédic sur le terrain, mais dans mon rôle d’agente de liaison, ­j’accueille les idées soumises par mes collègues et je travaille afin de pouvoir les mettre en place pour notre confort et notre bien-être collectif. Dans les faits, j’évalue ce que je reçois, je vois si c’est envisageable, si c’est bénéfique, et à quel coût», résume Catherine. 

Diminution de la quantité de ­formulaires papier au profit de versions virtuelles, autocollants placés sur les fenêtres des ambu­lances pour inviter les gens à ­frapper plutôt qu’à ouvrir la porte afin de préserver l’intimité des interventions, ajout de jaquettes ­d’hôpital dans chaque unité: les innovations sont multiples. Grâce à son atelier de mécanique, la CTAQ a même muni les véhicules de panneaux de plexiglass pour détourner l’air vicié de la cabine arrière.  

Plusieurs innovations viennent appuyer le travail des paramédics.

Détecteurs de CO et ­nouvelle caserne

Depuis le 25 septembre, l’ensemble des paramédics de la coopérative porte un détecteur de monoxyde de carbone à l’épaule ou à la ceinture, annonce Catherine. «En janvier 2019, certains d’entre nous ont été incommodés par ce gaz toxique. Il s’agit d’un projet de longue haleine; il a notamment fallu rédiger une procédure puisque le service incendie et la centrale de communication santé sont impliqués. Le détecteur contribue à protéger nos membres.»         

Dernièrement, la CTAQ a également amorcé la construction d’une nouvelle caserne en vue de rehausser la qualité des services dans la région du Saguenay. Cet investissement de près de 4 millions de dollars se traduira par des locaux mieux adaptés, entre autres pour la formation. Dans les zones couvertes – Québec, Portneuf, Charlevoix, Saguenay et Réserve faunique des Laurentides –, plusieurs infrastructures ont d’ailleurs été récemment rénovées. 

SAVIEZ-VOUS QUE...
«Tous pour un rêve », une initiative de la CTAQ, permet à des personnes dont la santé requiert des soins en permanence et ayant une mobilité réduite de réaliser un rêve qui leur est cher. Chaque projet retenu inclut le prêt de véhicule ambulancier, la présence de para­médics et d’équipements, la recherche de commanditaires et le paiement des coûts relatifs à l’activité.

Entrevues et rédaction: Johanne Martin