Isabelle Grondin, infirmière

PRÈS DE VOUS

Une présence rassurante au chevet de jeunes patients

«Un jour, je me suis dit que si je pouvais gérer un patient aussi malade que ceux qui se retrouvent aux soins intensifs pédiatriques, je sentirais que je suis vraiment allée au bout de mes possibilités.» Avide de défis et motivée par la complexité, l’infirmière Isabelle Grondin ne craint ni le changement, ni les situations imprévues.

Celle qui termine cette année son baccalauréat en sciences infirmières – après avoir d’abord complété un diplôme d’études collégiales en théâtre, puis en soins infirmiers – a littéralement adopté les soins intensifs pédiatriques. Affectée à l’urgence pendant 10 ans, elle confie que les jeunes patients dont elle s’occupe aujourd’hui au CHU de Québec lui permettent «d’aller au fond des choses». Les soins critiques, elle en a fait son quotidien.

«Je suis au chevet d’un seul enfant à la fois en raison du nombre d’éléments à surveiller, de la quantité de médicaments à administrer, des soins et des traitements à prodiguer à chacun. Tout ceci représente une tâche énorme puisque le patient, souvent instable, est branché à plusieurs appareils. Il faut être en mesure de réagir très vite et ne pas avoir peur de la technologie, omniprésente dans mon environnement», décrit Isabelle Grondin.    

Si l’évaluation et la surveillance clinique trônent au cœur de ses activités, la collaboration interprofessionnelle figure aussi parmi les déterminants de sa pratique. L’infirmière doit coordonner tous les autres professionnels de la santé qui gravitent autour du patient: inhalothérapeute, préposé aux bénéficiaires, physiothérapeute, ergothérapeute, médecins spécialistes, pharmaciens, résidents, travailleur social… Un rôle clé qui exige beaucoup!  

La famille aussi

Habituellement de longue durée, les hospitalisations aux soins intensifs pédiatriques impliquent en outre, pour Isabelle Grondin, l’accompagnement des familles. À la fois aux côtés de l’enfant et de ses proches dans la trajectoire de soins, elle fait également de l’enseignement et offre du soutien. Accueillir, expliquer, normaliser, bref, créer un contexte favorable est essentiel au processus de guérison des petits patients dont elle a la charge.

«Les parents sont invités à s’allonger près de leur enfant, à lui tenir la main, à lui parler…, cite-t-elle en exemple. Une large place leur est donnée et l’infirmière vérifie ce qu’ils sont à l’aise de faire, comme de participer à la toilette de l’enfant. Le séjour ici est une épreuve pour les parents: les informer des programmes et ressources disponibles, leur permettre d’y voir plus clair, les amener à verbaliser et être à leur écoute fait partie de ma pratique.»

Aux soins intensifs pédiatriques, l’infirmière agit comme une figure rassurante. «Elle incarne la confiance, la bienveillance et la compétence. Ses défis sont nombreux, car elle évolue dans un milieu à hauts risques de complications et doit savoir détecter l’apparition de ces risques. L’Ordre lui procure en tout temps l’aide et la formation nécessaires à une pratique de qualité au bénéfice du patient», résume le président de l’OIIQ, Luc Mathieu.   

Isabelle Grondin

À voir !

Maintenant disponible, la deuxième saison de la websérie Stagiaire d’un jour, diffusée à Tou.tv, met notamment en vedette Véronique Bonin. Jumelées à quatre personnalités québécoises – Florence Longpré, Marianne St-Gelais, Louis-Jean Cormier et Guy-A. Lepage –, des infirmières y proposent une incursion dans leur réalité.

Pour l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’accès à des soins de santé de qualité au moment où le patient en a besoin constitue une priorité. Dans la poursuite de cet objectif, l’OIIQ mise sur une utilisation optimale de l’expertise infirmière où la compétence, l’autonomie et la collaboration professionnelles sont une source de motivation quotidienne.  

POUR SUIVRE CETTE SÉRIE:
28 janvier: Choisir la santé mentale… et combattre les tabous
4 février: Quand l’appel de l’aventure et d’une pratique diversifiée se font sentir
11 février: Une présence rassurante au chevet de jeunes patients
18 février
25 février