Près de vous 2/5

Présente pour soutenir l’autonomie

Pour l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’accès à des soins de santé de qualité au moment où le patient en a besoin constitue une priorité. Dans la poursuite de cet objectif, l’OIIQ mise sur une utilisation optimale de l’expertise infirmière où la compétence, l’autonomie et la collaboration professionnelles sont une source de motivation quotidienne.  

Tous les jours, Judith Boucher se présente au travail avec le sourire, portée par son habituel engagement et son énergie communicative afin de «donner le goût aux patients de vivre une bonne journée». Infirmière clinicienne au site Hôtel-Dieu du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, à Sherbrooke, elle a trouvé sa place auprès des personnes âgées.

À l’unité de médecine où elle s’applique à donner le meilleur d’elle-même, Judith met tout en œuvre pour aider ses patients à retrouver ou conserver leur autonomie. «Il faut savoir au départ que les gens ne sont généralement pas très contents d’être ici. Dans ce contexte, on doit s’adapter à chaque personne, à sa famille, faire preuve de respect, bref, fournir un accompagnement sur mesure», laisse d’entrée de jeu entendre l’infirmière.

Dès l’accueil d’un nouveau patient, il importe pour Judith Boucher de créer les conditions nécessaires au développement d’une relation de confiance. Et parce qu’il s’agit de personnes en perte d’autonomie, elle saisit l’occasion pour amorcer immédiatement le processus d’évaluation fonctionnelle et cognitive. Constamment d’ailleurs, elle demeurera sensible aux fluctuations dans l’état de santé et le comportement de ses patients. 

«Je me mets à leur portée, je les touche, je prends le temps avec eux, je respecte leur rythme pour les amener là où ils doivent aller, confie la professionnelle. Avec de l’amour, de la stimulation et de l’encouragement, je remarque que les patients évoluent souvent plus rapidement vers le résultat souhaité. On se sert de l’équipe, de la famille, de la personne qui désire prendre du mieux pour avancer. C’est extrêmement valorisant!»

Judith Boucher, accompagnée de Rita Cayer et de son fils Pierre Noël


Un travail d’équipe
Gestion de la douleur, difficultés respiratoires, risque de chutes, plaies… L’infirmière clinicienne observe et enseigne à ses patients quoi faire pour améliorer leur condition physique. En raison de la proximité qui s’établit avec eux et les proches, elle est en mesure d’informer les autres membres de l’équipe du cheminement de chaque personne. Consultée et reconnue, Judith admet se sentir renforcée dans ses compétences.

«Le travail d’équipe, c’est génial!, lance-t-elle spontanément. Dans mon milieu, j’ai cette grande chance d’être près des autres professionnels de santé. La collaboration avec le médecin est très étroite et je deviens d’une certaine façon ses yeux et ses oreilles. À cet égard, l’OIIQ m’apporte beaucoup par les formations pertinentes qu’il propose, le rôle qu’il se donne de nous garder à jour dans nos connaissances et son effet de stimulation.» 


« Au Québec, le vieillissement de la population est bel et bien amorcé. La part relative des personnes aînées dans la population totale est pour la première fois devenue, en 2011, plus importante (15,7%) que celle des moins de 15 ans (15,4%). Si les prévisions se maintiennent, en 2031, les 65 ans et plus formeront plus du quart de la population de la province (25,2%) et leur importance ne cessera de croître jusqu’en 2061. »
Ministère de la famille

Des défis à relever
Le vieillissement de la population représente un enjeu et un défi majeur du système de santé au Québec, en raison des besoins spécifiques de cette clientèle.  Heureusement, l’expertise infirmière, comme celle de Judith Boucher, constitue l’une des clés du succès. À tous les jours, la compétence des infirmières à enseigner, à bien évaluer l’état des personnes, à cerner leurs besoins et à les écouter, fait toute la différence. Elles interviennent auprès des personnes âgées, mais aussi de leurs proches à qui elles offrent du soutien et qu’elles mettent à profit lors de la prise de décisions.

«Dans ma pratique, le défi reste le temps, commente Judith Boucher. Travailler auprès des personnes âgées demande du temps et de la patience. Tout est habituellement plus lent et il arrive fréquemment que les patients aient des épisodes de confusion. Il faut faire en sorte que la personne puisse conserver le plus longtemps possible un maximum d’autonomie. Au quotidien, on doit donc la motiver, répondre à ses craintes, la soutenir dans ses efforts… ne serait-ce qu’en l’incitant à se lever pour marcher un peu…»

POUR SUIVRE CETTE SÉRIE:
19 février: Véronique Brassard (Saguenay–Lac-Saint-Jean)
26 février: Judith Boucher (Sherbrooke)
5 mars: Chantal Saint-Pierre (Outaouais)
12 mars: Suzie Côté (Drummondville)
19 mars: Marie-Élène Coulombe (Sherbrooke)