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Les négociations du secteur public

La FTQ: Déboulonner les mythes du secteur public

Que pensez-vous des employés de l’État? Les fonctionnaires sont-ils victimes de préjugés? La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) profite du contexte de la négociation pour le renouvellement des conventions collectives des employés de l’État pour rétablir les faits sur les mythes et les réalités entourant les employés de la fonction publique.

MYTHES ET RÉALITÉS

Le fonctionnaire a un bon régime de retraite
Vrai. Les employés de l’État ont un bon régime, car ils cotisent beaucoup. «Il est vrai que le RREGOP est un bon régime de retraite, mais il est bien capitalisé. Les membres paient leur juste part avec leurs cotisations salariales et, avec la dernière évaluation, on se retrouve avec un surplus de 10%», affirme Pierre-Guy Sylvestre, économiste pour la FTQ.

Le fonctionnaire est bien payé
Faux. Pierre-Guy Sylvestre rappelle que, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les employés du secteur public accusent un retard salarial important sur les travailleurs des autres secteurs, comme le secteur privé. « ’électricien fait partie d’une des catégories de travailleurs les plus en retard. On parle d’un écart de 35% », souligne l’économiste. 

Le fonctionnaire a de bons avantages sociaux 
Faux. Selon la FTQ, la contribution de l’employeur pour le régime d’assurance est insuffisante pour combler l’écart de rémunération globale avec les autres travailleurs. Si on ajoute les avantages sociaux au salaire des employés de l’État, un écart subsiste.

Le fonctionnaire a une bonne sécurité d’emploi
Vrai et faux. Travailler pour le gouvernement offre une bonne sécurité d’emploi, mais comme dans le secteur privé, les employés de l’État peuvent être congédiés ou faire face à des mesures disciplinaires en cas de fautes professionnelles. «Quoi qu’il en soit, on ne peut pas quantifier la valeur de la sécurité d’emploi.  Elle n’a pas de valeur monétaire», explique l’économiste.

D’un autre côté, le pourcentage de travailleurs et de travailleuses représentés par la FTQ qui n’ont pas de permanence ou de poste à temps complet est de 43,2%.
La moyenne salariale de ces employés occasionnels et temporaires est de 28490,15$. «Des emplois précaires, il y en a un peu partout dans l’administration publique. Par exemple, dans les services de garde, chez les surveillants d’élèves, chez des salariés de la santé et des services sociaux», dénonce Pierre-Guy Sylvestre.

Pour la FTQ, les employés de la fonction publique font face à de nombreux préjugés. Il est grand temps de déboulonner les mythes et d’injecter de l’argent dans le secteur public pour améliorer les conditions de travail. «Pour nous, ce n’est pas une dépense stérile, conclut Pierre-Guy Sylvestre. C’est une dépense qui génère des retombées économiques et sociales positives à court et à long terme. 

La FTQ est la plus grande centrale syndicale au Québec. Elle compte 600 000 membres.

Les négociations du secteur public

Renouvellement des conventions collectives: Du chemin à parcourir

Les conventions collectives de travail du secteur public viennent à échéance le 31 mars. La ronde de négociations bat son plein. Dans un contexte économique favorable, les partenaires ont mis leurs pions sur la table. La partie est loin d’être jouée, car les positions des uns et des autres semblent des plus éloignées. Il reste beaucoup de chemin à faire pour trouver un accord.

«La finalité première du processus de négociations entre les parties patronale et syndicale est de parvenir à la conclusion d’une convention collective de travail déterminant les conditions de travail des salariés chez un em­plo­yeur. Cette entente collective est applicable à l’ensemble des salariés actuels ou futurs compris dans une unité de négociation».

Cette définition, tirée du site internet du ministère du Travail, Emploi et Solidarité sociale pose bien le cadre de cette nouvelle ronde de négociations qui s’est ouverte en automne 2019.

Un contexte économique favorable

Si les deux dernières rondes de négociations, celles de 2009-2010 et de 2014-2015, visaient avant tout, pour les syndiqués, à préserver leurs acquis, devant la volonté d’austérité du gouvernement libéral, le contexte est différent aujourd’hui.

L’économie va bien. Le gouver­nement de la CAQ a pu annoncer d’importants surplus budgétaires lors de la dernière mise à jour effectuée en novembre dernier. Trois milliards de dollars de plus que prévu donnent un large sourire au ministre des Finances, Éric Girard, qui a pu avancer la réalisation des promesses touchant la hausse de l’allocation famille et l’abolition de la majoration du tarif des services de garde subventionnés, entre autres.

Si la situation financière de l’État québécois est enviable, il ne reste pas moins que de nombreux défis attendent le gouvernement. Le taux de chômage historiquement bas amène avec lui une pénurie de main-d’œuvre qui freine la croissance économique et qui pourrait, à terme, poser de nombreux problèmes aux entreprises. Déjà, certains services publics, dans le milieu hospitalier notamment, souffrent de ce manque de personnel.

Les négociations du secteur public

La FAE: Redonner du souffle à la profession enseignante

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) veut répondre aux messages de détresse qu’elle reçoit des enseignants. Dans le cadre des négociations entourant le renouvellement des con­ventions collectives de ses membres, elle a formulé nombre de revendications pour contrer la crise, qui sévit actuellement dans le réseau de l’éducation.

Selon Sylvain Mallette, président et porte-parole de la FAE, les enseignants souffrent en raison notamment du manque de reconnaissance de leur expertise. Cette souffrance a pour conséquence la pénurie de personnel et la désertion professionnelle. «On le sait, près de 25% des profs vont quitter leur travail avant la cinquième année de pratique.» D’autres prennent une retraite préma­turée. «il y a des profs qui font le choix de s’appauvrir, de subir des réductions de rentes, qui font le choix d’abandonner parce qu’ils n’en peuvent plus», ajoute-t-il. Il dénote aussi que le nombre d’invalidités liées à la détresse psychologique explose. 

Ce sont ces constats qui ont guidé la FAE dans la préparation de ses demandes au gouvernement Legault. 

Rattrapage salarial

La FAE s’indigne de la proposition de la partie patronale de consentir à une augmentation salariale de 7% sur cinq ans. «C’est en deçà du coût de la vie, de l’inflation! Ce que le gouvernement nous dit, c’est qu’il va maintenir les profs au dernier rang canadien», dit Sylvain Malette. L’organisation syndicale demande:

• de faire disparaître les six premiers échelons de l’échelle et d’ajuster les salaires au niveau de la moyenne canadienne;

• que pour la durée du nouveau contrat de travail, les échelons de la nouvelle échelle salariale soient majorés d’au moins 3 % annuellement, dès le 1er avril 2020.

La précarité des emplois représente aussi un enjeu important de la négociation. «Il y a des profs qui prennent leur retraite après 35 ans de travail et dont l’emploi a toujours été précaire. C’est anormal», dit le président de la FAE.

Les négociations du secteur public

Entrevue avec Daniel Boyer: Revamper les services publics

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) qui amorce ses négociations dans le secteur public a clairement rejeté les premières offres patronales. La FTQ insiste et martèle haut et fort qu’il faut améliorer les conditions de travail du secteur public.

«Le gouvernement du Québec doit réinvestir dans les services publics et favoriser la rétention du personnel en améliorant les conditions de travail et les con­ditions d’exercices d’emploi des travailleurs et travailleuses du secteur public», déclare Daniel Boyer, président de la FTQ

Améliorer les salaires 

En décembre, le gouver­nement a déposé des offres salariales qui ont été très mal reçues par la FTQ et ses syndicats affiliés du secteur public (SCFP, SQEES 298, SEPB et UES-800). L’État veut donner au secteur public une augmentation salariale de 7% sur 5 ans. Ce qui est nettement insuffisant, selon le président de la FTQ. «En moyenne, notre monde gagne 36155$ par année et 28 500$ lorsqu’il occupe un poste occasionnel ou temporaire. Ce ne sont pas des gras durs. Il faut y voir. L’offre du gouvernement est à la limite méprisante», s’insurge-t-il.

Selon la FTQ, pour que les em­plo­yés du secteur public rattrapent le retard salarial considérable de 6,2% qu’il accuse à cause de la politique d’austérité du dernier gouvernement libéral, la hausse salariale devrait plutôt être de 4,1 % par année sur trois ans. «Contrairement à ce que prétend Legault, on ne veut pas prendre tous les surplus, on veut que l’employeur paie adéquatement. Nos membres pourront ainsi maintenir leur pouvoir d’achat et, même, l’améliorer», espère le président.

Les négociations du secteur public

La FAE dénonce la vision utilitariste du gouvernement Défendre l’école publique

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dénonce la vision utilitariste et marchande qu’entretient le gouvernement Legault à l’égard des enseignants et de l’école publique. Selon le président et porte-parole de la FAE, Sylvain Mallette, cette vision se reflète malheureusement dans la loi 40 sur la gouvernance scolaire et aussi dans les offres patronales en vue du renouvellement des contrats de travail des enseignants.

«Il y a quelques mots dans les offres patronales qui résument assez bien la vision de ce gouvernement-là et pas seulement des profs, mais de l’école publique. Le gouvernement a écrit noir sur blanc dans ses offres les mots suivants “une utilisation optimale du personnel enseignant”. C’est très violent !», s’indigne Sylvain Mallette. Il note que ce vocabulaire est utilisé au moment où les commissions scolaires parlent de bienveillance, un mot qu’elles utilisent d’ailleurs à toutes les sauces. «Optimal, c’est quoi? C’est poussé à son maximum. C’est tordre jusqu’à ce qui n’y ait plus rien qui en sorte», ajoute-t-il.

Rupture philosophique

Le président du syndicat s’inquiète: «Le ministre, et encore moins les “pédagocrates” du ministère de l’Éducation et des commissions scolaires, n’est plus le gardien du rapport Parent, de l’école née du rapport Parent.» Il déplore qu’une logique d’entreprise privée soit appliquée à l’école publique et que les élèves soient perçus comme des clients. On assiste selon lui à une rupture philosophique.

Est-ce que l’école publique doit former des travailleurs en devenir? «Non! L’école publique doit d’abord servir à former des citoyens, à émanciper l’être humain.» Il regrette que, dès le primaire, maintenant, on organise des salons de l’emploi. «Ce n’est pas rien! Dès le primaire!» 

Cette vision marchande de l’école conduit selon lui à des dérives idéologiques. Il donne l’exemple du discours sur le numérique, qui va sauver l’humanité… L’outil est-il plus important que la matière enseignée? La priorité pour les enfants du primaire, soutient-il, n’est pas d’apprendre à coder: «C’est d’abord lire. C’est d’abord écrire. C’est d’abord compter.»

Les négociations du secteur public

Alliance APTS-FIQ: 131 000 raisons d’unir ses forces

C’est sous le slogan Travailler à se rendre malade, c’est terminé ! que se sont réunis les deux plus grands syndicats du réseau de la santé et des services sociaux dans le cadre de la négociation des conventions collectives qui s’amorce avec le gouvernement du Québec. Ainsi, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ et l’Alliance du per­sonnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ont uni les forces de leurs 131000 membres.

Le réseau public est pré­­­sen­te­ment en crise. Les profes­sion­nel·le·s en soins et les professionnel·le·s et technicien·ne·s de la santé et des services sociaux, surchargé·e·s et épuisé·e·s, sont au bout du rouleau et plusieurs tombent malades, tant physiquement que psychologiquement. Les mauvaises conditions de travail peinent à attirer et à retenir les travailleuses et les travailleurs », d’expliquer Nancy Bédard et Andrée Poirier, respectivement présidentes de la FIQ et de l’APTS. Pour les deux porte-parole syn­dicales, les offres déposées par le Conseil du trésor sont méprisantes et ne vont pas résoudre la crise ni redorer le blason du réseau de la santé et des services sociaux. 

C’est justement pour reconnaître à sa juste valeur le travail effectué par leurs membres et combler le retard de rémunération accumulé au fil des années que les deux syndicats ont joint leurs voix pour demander au gouvernement 3,2% d’augmentation salariale et 4% en rattrapage, soit une augmentation annuelle de 7,2%.

Selon les leaders syndicales, leurs membres n’ont pas pu compter sur des augmentations permettant à leur salaire de suivre le coût de la vie depuis l’an 2000. S’appuyant sur des chiffres de l’Institut de la statistique du Québec, elles soulignent que l’ensemble des travailleur·euse·s québé­cois·es ont vu leur niveau de vie augmenter de 10,7% en moyenne durant cette période, alors que celui des mem­bres de l’APTS et de la FIQ a essuyé un recul de 1,2%.

«L’austérité s’est faite en grande partie sur le dos des salarié·e·s du réseau de la santé et des services sociaux. Les nombreuses réformes et compressions budgétaires ont dégarni les services et fragilisé ce qui était autrefois un fleuron de l’État québécois. Le gouvernement Legault dispose de la marge de manœuvre financière pour réinvestir massivement dans celles et ceux qui constituent la force vive du réseau. Et pour nous, l’amélioration des soins et des services passe inévitablement par l’amélioration des conditions de travail du personnel, y compris le salaire. L’un ne va pas sans l’autre», ont poursuivi les présidentes.

Les négociations du secteur public

Les organisations syndicales affiliées à la CSN: Les offres sectorielles, aucune solution concrète

Les organisations syndi­cales affiliées à la CSN s’attendaient à une meilleure compréhension des enjeux de la part du gou­vernement Legault. Les réseaux publics traversent actuellement une véritable crise et il n’y a rien sur la table pour attirer et retenir le personnel.

Santé et services sociaux

Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) et la Fédération des professionnèles (FP), qui ont reçu le même dépôt patronal, les propositions n’ont rien du caractère innovant que le gouvernement avait pourtant annoncé.

La partie patronale appelle à davantage de flexibilité pour les gestionnaires et à une disponibilité accrue du personnel déjà épuisé. «Nous avons été déçus du dépôt patronal parce qu’il ne contient pas de solutions concrètes pour sortir de la crise qu’on vit au quotidien après des décennies de compressions et de centrali­sation. De notre côté, nous avons présenté des propositions précises qui répondent aux préoccupations de tout le personnel sur le terrain», a lancé Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.

De plus, la partie patronale semble vouloir faire porter aux organisations syndicales la responsabilité de la détérioration de l’image de certains établissements. Elle va pratiquement jusqu’à inviter les travailleurs à cesser de dénoncer les problèmes. «Il est anormal qu’une pression persiste et décourage les salariés du réseau de s’exprimer sur ce qui ne tourne pas rond alors que la ministre de la Santé et des Services sociaux a affirmé vouloir mettre fin à «l’omerta». C’est pour garantir la liberté d’expression des membres que nous voulons intégrer de nouvelles clauses aux conventions collectives», ajoute Ginette Langlois, présidente de la FP-CSN.

Éducation

Dans le secteur scolaire, l’employeur veut notamment augmenter la durée de la période d’essai des nouvelles personnes et allonger la période pendant laquelle un poste peut demeurer vacant. «En rendant les postes d’entrée moins attractifs et en allongeant les périodes de pré­carité, on vient sabrer dans
les droits des travailleuses et des travailleurs qui débutent dans le réseau», affirme Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics FEESP-CSN.

Du côté des employés de soutien des cégeps, la partie patronale a des demandes qui auront pour effet d’augmenter la précarité et elle laisse entendre qu’elle désire modifier les horaires du personnel administratif. « En résumé, on s’attaque à la qualité de vie des salariés. Le bien-être du personnel ne semble pas important et les demandes patronales n’atteindront certainement pas l’objectif de favoriser l’attraction et la rétention », renchérit Nathalie Arguin.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), quant à elle, note que la partie patronale ne prévoit rien de structurant pour corriger l’iniquité des conditions de travail des enseignants à la formation continue alors que leur charge de travail s’accroît d’année en année. «Plusieurs profs doivent préparer des plans de cours entiers à la dernière minute, parfois la veille de leur premier cours. À la formation continue, les  enseignantes et les enseignants gagnent souvent la moitié du salaire de quelqu’un qui œuvre au régulier», déplore Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ-CSN. 

Les négociations du secteur public

La CSN: L’humain au cœur des préoccupations

Lorsqu’en décembre les porte-parole de la CSN ont pris connaissance des offres patronales en vue du renouvellement des conventions collectives des employés du secteur public, ils ont été extrêmement déçus. La Coalition Avenir Québec (CAQ) avait promis du changement. Pour la centrale syndicale, les propositions démontrent plutôt que le gouvernement Legault ne reconnaît pas la valeur et l’importance des services que rendent à la population des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et des organismes gouverne­mentaux.

«Le gouvernement doit prendre conscience que, sans nous, il n’y a pas de services publics. Nous sommes les yeux, les oreilles et les bras des réseaux. Nous en sommes aussi la voix. Nous connaissons mieux que qui­­con­que les besoins tant de ceux qui donnent les services que de ceux qui les reçoivent»,
affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN et responsable de la négociation du secteur public.  

Tenir compte des réels besoins

Le gouvernement Legault propose des augmentations salariales de 1,75% pour chacune des deux premières années, de 1,5% pour la troisième année et de 1% pour chacune des deux dernières années. Pour les membres CSN du secteur public, il est clair que ces offres salariales, qui ne couvrent même pas la hausse du coût de la vie, sont inacceptables. «Ne pas s’appauvrir en travaillant, ça ne devrait même pas être un enjeu de négociation. C’est la base. Ça prend beaucoup plus car, pour bon nombre de travailleuses et de travailleurs des réseaux publics, le salaire actuel ne permet même pas de vivre décemment», indique Caroline Senneville. La CSN rappelle qu’aujourd’hui, c’est près de 200 000 employés des réseaux qui sont toujours sous la barre du 25$ l’heure. 

La CSN propose des augmen­tations significatives pour toutes et tous, qui garantissent des hausses supérieures à l’inflation, en portant une attention particulière à celles et ceux qui gagnent le moins: 

  • 1re année: 3$ l’heure; 
  • 2e année: 1$ l’heure ou 3%, selon la formule la plus avantageuse; 
  • 3e année: 1$ l’heure ou 3%, selon la formule la plus avan­tageuse;
  • Si ces augmentations ne devaient pas couvrir l’augmentation du coût de la vie, nous demandons des augmentations salariales égales à l’inflation plus 1% pour chacune des années de la convention collective.

Se soucier de la santé du personnel
«Il manque de monde pour travailler dans les établissements alors que les besoins augmentent. Les charges de travail sont devenues insoutenables. Le gouver­nement actuel doit faire mieux, beaucoup mieux que ses prédécesseurs, pour que les conditions de travail s’améliorent et que les Québécois obtiennent les services auxquels ils ont droit», selon Caroline Senneville.

La CSN se dit très préoccupée par les effets dévastateurs de l’alourdissement des charges de travail sur la santé physique et psychologique du personnel. Des données du ministère de la Santé et des Services sociaux et du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur indiquent des augmentations de près de 25 % des coûts liés aux absences pour maladie au cours des cinq dernières années.

«Un important coup de barre s’impose pour faire en sorte que les services publics redeviennent plus humains. Le gouvernement doit saisir à quel point la situation est critique, et avec des surplus historiques, il a les moyens et le devoir de faire ce qu’il faut pour la corriger. Par leur mobilisation, les 150000 membres CSN du secteur public entendent lui faire prendre conscience qu’il y a urgence d’agir», conclut Caroline Senneville. 

LA CSN DANS LE SECTEUR PUBLIC

Avec plus de 150 000 membres dans les réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et dans les organismes gouvernementaux, la CSN est l’organisation qui rassemble le plus de travailleuses et de travailleurs dans le secteur public au Québec. Elle représente:

  • Toutes les catégories de personnel du réseau de la santé et des services sociaux;
  • Des enseignantes et des enseignants de cégep;
  • Du personnel de soutien dans les commissions scolaires et dans les cégeps;
  • Du personnel au sein de divers organismes gouvernementaux, soit les traversiers, l’aide juridique, la Régie des installations olympi­ques et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

www.csn.qc.ca

Les négociations du secteur public

Le SFPQ: Plus d’argent pour les employés de l’État

Pour négocier les nouvelles conventions collectives de 2020, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a choisi de limiter ses revendications pour optimiser ses gains. Son message au gouvernement est clair: il faut donner plus d’argent au personnel de la fonction publique.

«L’écart de rémunération des employés de la fonction publique avec ceux des secteurs privé ou municipal est considérable. Par exemple, le salaire des ouvriers de voirie accuse un retard de 54 %, si on le compare aux autres. C’est impensable!», dénonce Christian Daigle, président du SFPQ.

Combler les écarts

Selon la dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les ouvriers de l’administration québécoise gagnent en effet moins que ceux des autres secteurs. Même lorsqu’on ajoute les avantages sociaux à l’équation, il y a toujours un écart important. C’est donc dire que les avantages sociaux des ouvriers de la fonction publique sont eux aussi très loin d’être suffisants. L’ISQ estime que la situation dure depuis au moins 2010.

«On souhaite se rapprocher des autres salariés qui font le même travail ou un travail comparable. Augmenter les salaires et amé­liorer les avantages sociaux des employés de la fonction publique nous permettrait en plus de garder nos gens à l’interne et de devenir plus attrayant pour embaucher d’autres employés», assure le président.

Engager plus d’ouvriers

Au sein de la fonction publique, les employés sont surchargés et les équipements, non utilisés. «Pour éviter des carambolages sur l’autoroute 40, on a acheté plus de camions pour déneiger, mais on n’a pas de personnel pour les conduire», fulmine Christian Daigle. 

Les salaires et les avantages sociaux inférieurs aux autres secteurs ont eu d’importantes répercussions sur le recrutement et sur la rétention de la main-d’œuvre de la fonction publique. Alors que les ouvriers de l’admi­nistration québécoise préfèrent aller travailler ailleurs, le site Web du Secrétariat du Conseil du trésor continue d’afficher en permanence les postes d’opérateurs de camions lourds, par exemple. «On ressemble à un club-école. Les jeunes viennent prendre de l’expérience dans le public, puis ils s’en vont au privé», déplore le président. 

Offrir de meilleures conditions de travail permettrait à l’État d’être plus attrayant pour recruter et retenir sa main-d’œuvre.

Les négociations du secteur public

La CSQ: Pour le bien de la population, faut que ça change maintenant!

Le gouvernement avait promis des solutions aux problèmes d’attraction et des réinvestissements en santé et en éducation qui étaient identifiés clairement comme une priorité. On est bien loin du compte avec les offres faites à l’occasion du renouvellement des conventions collectives des secteurs publics et parapublics. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) en appelle au changement pour que la population puisse enfin recevoir de meilleurs services.

«Il est plus que temps pour le gouvernement d’investir en éducation, en enseignement supérieur et en santé». Sonia Ethier, présidente de la CSQ, insiste sur la légitimité des demandes syndicales de ses membres.

Un gouvernement déconnecté de la réalité

«Ce n’est pas avec une offre de 7% sur 5 ans que le nécessaire rattrapage salarial va s’effectuer. Les années d’austérité ont généré des conditions de travail toxiques et rien n’est fait pour changer la donne», dénonce Sonia Ethier.

Même la promesse du premier ministre qui s’était engagé à offrir minimalement une protection contre l’inflation est ainsi brisée. «Le gouvernement Legault est totalement déconnecté de la réalité!», ajoute encore la présidente de la CSQ. Elle est extrêmement déçue du peu de considé­ration démontrée à l’égard des femmes et des hommes qui, chaque jour, portent à bout de bras les services publics, notamment en éducation, en enseignement supérieur et en santé.