Pendant des années, Steeve Boivin a notamment travaillé avec Maxime Taillefer, pilote de snocross sur Ski-Doo.

GRAND PRIX SKI-DOO VALCOURT 2019

Profession : mécanicien de course

Derrière chaque pilote se cache une solide équipe mécanique, des gens passionnés, au système D bien développé, qui accomplissent tout un boulot, parfois même de petits miracles!

Lors du week-end du Grand Prix Ski-Doo de Valcourt, le jeune et prometteur pilote de snocross Samuel Lavoie pourra compter sur l’expertise du mécano Steeve Boivin, qui roule sa bosse dans le domaine depuis une vingtaine d’années. Sa passion l’a d’ailleurs amené un peu partout en Amérique du Nord, à œuvrer auprès des plus grands pilotes. Aujourd’hui, c’est davantage par hobby que Steeve continue de travailler sur la mécanique de motoneiges, de motos et de voitures de stock-car. « Faire carrière comme mécano de course, c’est un travail très prenant. Pendant des années, j’ai passé presque la moitié de l’année aux États-Unis. Je ne comptais pas mes heures », explique celui qui travaille désormais dans l’industrie du remorquage à Québec.

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Steeve Boivin a baigné dans le monde de la mécanique, son père étant mécanicien alors que son oncle possédait son propre garage. « Mais je n’avais pas d’intérêt pour assurer la relève. » C’est plutôt au volant d’une moto qu’il découvre l’univers des courses, à 19 ans. « J’ai toutefois eu un accident et ma carrière s’est terminée là. Cependant, des équipes m’ont approché pour que je leur donne un coup de main en mécanique. » Une nouvelle carrière était née!

De fil en aiguille, Steeve gagne en expérience et se fait un nom, d’abord dans le monde de la course de motos, puis de motoneiges, sur des modèles Ski-Doo. « J’ai appris sur le tas. Gilles Thibault, un mécanicien renommé qui a entre autres travaillé pour Blair Morgan, m’a beaucoup aidé. Il m’a introduit aux équipes américaines, et durant cinq saisons, j’ai passé des mois de l’autre côté de la frontière à suivre les équipes de course pour faire l’entretien mécanique de leurs engins. C’était cinq mois à temps plein. Entre les courses, on démontait chaque pièce pour s’assurer qu’elle n’est pas brisée ou endommagée, et on réparait au besoin. Le vendredi soir, avant les courses, c’était le moment de la maintenance et des derniers ajustements, pour être fin prêt aux courses qui débutaient le lendemain. Il fallait vraiment penser à tout. »

Les meilleures équipes américaines ont beaucoup de budget. « J’étais bien rémunéré, mes déplacements et mon hébergement étaient payés. On était aussi bien installés pour faire notre travail. »  Les remorques sont en effet de véritables petits ateliers mécaniques, avec l’équivalent en pièces d’une ou deux motoneiges. « J’ai toujours travaillé sur des Ski-Doo, et on a vraiment un excellent service de la part de BRP, qui nous envoyait les pièces au besoin directement à l’hôtel où nous étions hébergés. Durant les courses, les délais étant évidemment courts, on puisait dans notre inventaire… ou dans la motoneige de réserve! Parfois, on n’avait d’autre choix que de la réparer avec les moyens du bord. J’ai déjà sorti ma scie à fer, du papier sablé et ma lime pour ressusciter un moteur! Il n’était pas à son maximum, mais ç’a permis au pilote de terminer la course et d’aller chercher de précieux points. »

En snocross, les pilotes sont particulièrement durs avec leur bolide. « Des sauts de 40 pieds, c’est très demandant pour la suspension de la motoneige. Heureusement, on a tout un appui technique du fabricant, toujours disponible pour nous aider. »

Outre de bonnes connaissances en mécanique, il faut être à l’écoute et prêt à commencer au bas de l’échelle pour faire sa place comme mécano de course. « On travaille toujours en équipe, il faut donc accepter de collaborer, de s’entraider, d’écouter aussi ce que le chef d’équipe a à te dire. Au fil des courses, on gagne en expérience », ajoute Steeve qui a beaucoup de plaisir dans ce rôle. « Autant le pilote est fier de sa course, autant je le suis de voir que sa machine était bien ajustée et performante. »

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