Professionnel en titre et directeur de golf au Manoir des Sables pour une 5e saison, Jacques Huot célèbre cette année un 50e anniversaire d’enseignement dans le golf.

GOLF 2019

Jacques Huot est allé au bout de ses rêves!

Debout, au beau milieu du parcours du Manoir des Sables d’Orford, Jacques Huot entend encore aujourd’hui les professionnels Bob Toski et Julios Boros, pour ne nommer que ceux-là, lui donner des conseils à une clinique de golf s’étendant sur une semaine, à laquelle il a participé à Orlando, Floride, il y a plus de 40 ans.

Ben Crenshaw, présent lui aussi à la clinique et partenaire de golf de Jacques pour un 18 trous, est allé plus loin qu’un p’tit conseil dans sa réflexion, exprimant en même temps une pensée de Jack Nicklaus à la conclusion de la dite ronde. « Vous n’avez pas la puissance pour faire carrière dans le golf professionnel de compétition, mais je suis persuadé que vous pouvez être un excellent professionnel de club. Votre attitude et votre vision d’un golfeur feront de vous une personne respectée dans l’enseignement du golf, un atout pour un club qui souhaite faire du développement. »

Jacques Huot a apprécié sur le moment les propos de Crenshaw et les conseils des autres enseignants, mais il était déçu, m’a-t-il avoué en entrevue, car cela voulait dire de faire une croix sur la compétition. Un gars qui adore les défis, Jacques aurait aimé se frotter à l’élite du golf professionnel. « Un rêve que j’aurais aimé accomplir dans ma vie. » 

Professionnel en titre et directeur de golf au Manoir des Sables pour une 5e saison, Jacques Huot célèbre cette année un 50e anniversaire d’enseignement dans le golf. « Le Manoir est un site à l’intérieur duquel je me sens à l’aise. J’aimerais bien y boucler ma carrière golfique. Mes membres, au-delà de 250, et tout le personnel sont gentils », de dire Jacques. 

Aujourd’hui, avec un recul s’échelonnant sur 50 ans – assistant-pro en 1969 à Plessisville, il a reçu sa Classe A des professionnels de la PGA du Québec en 1979, ce qui le classait « pro en titre » au club Godefroy – Jacques Huot a fait son deuil du golf compétitif, mais cela ne l’a pas empêché d’aller au bout de ses rêves. 

En entrevue à l’intérieur de sa boutique, reposé et prêt pour une autre saison, je voyais dans la tête de Jacques se dérouler des tas de souvenirs. Malheureusement, ils ne sont pas tous heureux, mais à l’écouter, les plus beaux moments de ses 50 ans étaient bien souvent les premiers à sortir de sa bouche. 

« Quand je m’arrête sur ma carrière d’enseignement du golf ici en Estrie, en Mauricie et dans le secteur de Longueuil, je me dis en moi-même que je suis allé au bout de mes rêves. Crenshaw, et Nicklaus pas loin, ils avaient vu juste en moi. »

« Pour aller plus loin, ma satisfaction est de voir mes élèves se développer. Le pointage de 100 est aujourd’hui à 80. Des champions et championnes de clubs, j’en découvre à chaque année. Ma récompense, je la retrouve dans les mots de remerciement de mes élèves », précise Jacques, fier de son boulot et prêt à continuer à le faire, lui qui évalue le nombre de ses élèves au fil des ans à plus de 5 000.  

Son rêve de compétiteur est passé à un rêve de professeur de golf reconnu. La PGA du Québec lui a d’ailleurs octroyé à trois reprises le titre d’enseignant de l’année, lui qui a piloté le camp junior de la PGA du Québec durant quatre ans. 

Natif de Plessisville, Jacques Huot fut initié au golf par son frère Marcel, membre au Club de  Victoriaville et un ami du professionnel de l’époque, Marcel Fortier. Au même titre que les autres jeunes, il a lui aussi été un cadet jusqu’en 1969, alors qu’André Morency lui a demandé de revenir à Plessisville. 

« André Morency le sait, et je lui ai répété souvent, il a été un guide remarquable pour moi au fil de mes huit premières années. Il m’a demandé de travailler pour lui à Plessisville, Hériot et Godefroy. Il est celui qui m’a dirigé vers le regretté Joe Leblanc au Club de golf Sherbrooke en 1978 », me précise Jacques. 

Jacques Huot n’a écoulé qu’une seule année à titre d’adjoint de Joe, mais il en garde un grand souvenir. « Un monsieur fort gentil, blagueur et toujours de bonne humeur, il m’a permis en une seule année d’en apprendre beaucoup sur le golf et le travail d’un pro de club. L’attitude, le comportement, la relation avec les membres, tout ce qu’un pro de club doit savoir. » 

« J’ai quitté en 1979 pour retourner au club Godefroy à titre de pro en titre. Et tu sais quoi, j’étais de retour à Sherbrooke en 1982, apprenant un peu plus tard que Joe Leblanc en était le responsable. Étiqueté pour Venise, dans une lettre remise à son épouse, Joe proposait au Dr Brault et à Léon Beaudry de m’offrir le poste au SCC », m’a avoué Jacques. 

Présent à Sherbrooke jusqu’en 1987, Jacques Huot était sur la rue Musset à l’été, alors qu’à l’automne et l’hiver on le retrouvait dans l’enseignement du golf sur la rue Queen et à Rock Forest, puis chez Sanibec dans les tapis de caoutchouc et une éclipse vers Longueuil après un passage de quatre ans au Club Venise. 

Là-bas, il a croisé Josée Legault, sa conjointe d’aujourd’hui, qui possédait une maison pour handicapés et qui aujourd’hui le seconde au Manoir des Sables. Professeur de golf au site Golf Option de Longueuil et réparateur de bâtons de 1989 à 1997, Jacques disait oui à Paul Brouillard après lui avoir dit non, afin de remplacer Marcel Dion qui prenait la route du club Longchamp.  

Jacques ne serait pas dans le décor estrien aujourd’hui sans la présence de Josée, la tireuse de cartes, qui a ordonné à son prof de reprendre le téléphone et de dire à Paul qu’il lui disait oui. Au party de fermeture de 1997, Jacques était à temps plein dans le golf… avec ses outils pour l’enseignement, et aussi pour faire chanter et danser tout le monde, Jacques étant aussi un gars de party.

Jacques Huot a apprécié la collaboration des Léonard Turgeon, André Maltais, Marcel Dion et autres officiels du golf, mais sans Roger H. Legault, ex-gouverneur de Golf Canada et une sommité dans le golf, Jacques n’aurait pas été en mesure de reprendre son statut de professionnel Classe A de la PGA du Québec. « Roger y a été pour beaucoup dans ce dossier. » 

Jacques Huot, un joueur de batterie, de musique à bouche et un p’tit peu de violon, bouclait notre rencontre avec une série d’anecdotes impliquant les Lévis Bouliane, Lionel Racine, Gordon Breen et une longue liste.  

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