Jean Le Blond et sa famille

Charlevoix accueille le monde

Innover de la terre à la table

Les 8 et 9 juin, tous les projecteurs seront braqués sur Charlevoix mettant ainsi en lumière ce qu’elle a de mieux – et de meilleur– à offrir. Culture bio, distillerie de petit-lait, vin de tomates, pleurotes divines… ajoutez-y une pincée de développement durable et beaucoup d’amour et vous avez là tous les ingrédients de l’innovation.

À une heure de Québec, dans une nature préservée où les bleus du ciel se marient au vert tendre des pâturages, une agriculture de créneau se réinvente chaque jour pour créer une destination gourmande à nulle autre pareille. Ici, les animaux sont «bien élevés» comme l’affirment les éleveurs de gibiers, de canards, d’émeus, de chevreaux, d’agneaux, de porcs et de poulets bio dont les bêtes paissent au champ en toute liberté. Ce que ça goûte? Le ciel! Et quand on parle de ciel, Charlevoix a une bonne longueur d’avance.

Ferme de la famille Migneron


L’art de bien vivre et de bien manger
Depuis longtemps, Charlevoix cultive un art de vivre où bien manger tient une place de choix. Dès le milieu du 19e siècle, les premiers étrangers à en profiter furent ces riches Américains passant l’été dans les propriétés cossues du boulevard des Falaises à Pointe-au-Pic. 

«Durant trois mois, c’était la manne pour les agriculteurs de la région chez qui s’approvisionnaient les nouveaux estivants», affirme l’historien Serge Gauthier. «Les Américains voulaient goûter la cuisine réconfortante de nos grands-mères dont la fameuse dinde de Charlevoix et la traditionnelle soupe de gourganes. En retour, ils partageaient volontiers leur recette de roast beef avec les Charle­voisiens entretenant leurs villas», poursuit l’historien. 

Fin des années 70, de grands chefs internationaux s’installent dans les cuisines du Manoir Richelieu et de nombreuses auberges «gastronomiques» ouvrent leurs portes. «À Baie-Saint-Paul, la Maison Otis connaît ses heures de gloire avec l’arrivée du chef français Bernard Tapin», mentionne Serge Gauthier. Du côté de Saint-Joseph-de-la-Rive, la Perdriole et la Maison sous les pins deviennent des adresses courues par les palais les plus délicats. La table était mise pour que la réputation de Charlevoix traverse les frontières.

La ferme Caprivoix


Un authentique laboratoire
Aujourd’hui, la richesse du terroir et le côté innovant de l’agrotourisme constituent un important produit d’appel. «Charlevoix fait partie des desti­nations chouchou des épicuriens. C’est aussi un labo­ratoire créatif où naissent les nouvelles tendances», affirme Jacques Lévesque, directeur général de Tourisme Charlevoix.

Depuis 25 ans, la Table Agro-Touristique de Charlevoix travaille à faire reconnaître la variété et la qualité de son terroir. «Aujourd’hui, les produits certifiés Charlevoix se multiplient. C’est bon pour l’économie locale», note Sophie Talbot, actuelle présidente de la Table Agro-Touristique et cofondatrice de la ferme Caprivoix. «Pour obtenir la certification, 50% des céréales servant de nourriture à nos troupeaux doit venir de Charlevoix. Les trans­formateurs doivent quant à eux utiliser 70% de produits d’ici». Un exemple? «À la ferme Caprivoix, nous produisons une rillette au gras de canard à partir de gigots de nos chevreaux, mais le gras de canard provient de la Ferme Basque». 

Afin de répondre à la demande des restaurateurs, la ferme Caprivoix vient d’investir dans une nouvelle chèvrerie. «Nous avons doublé le troupeau et investi dans le bien-être de nos animaux».

Michel Nicole, SophieTalbot et leurs enfants, de la ferme Caprivoix