FSE-CSQ

Au gouvernement maintenant de prendre soin des enseignants

Capitales Studio
Une réalisation du service de la promotion
La rentrée 2020 aura, à plus d’un titre, été excep­tion­nelle. Les enseignants ont dû accomplir un travail extraordinaire pour accueillir les élèves du Québec dans des conditions particulièrement difficiles de pandémie et de pénurie. Pendant ce temps, les négociations en édu­cation piétinent et le gou­ver­nement ne semble pas vouloir prendre soin de son personnel de première ligne.

«Pourquoi les enseignants ne sont-ils pas aussi importants que les autres travailleurs face aux mesures de sécurité? Pourquoi doivent-ils compenser autant de lacunes du système, pourtant connues depuis longtemps, sans qu’on écoute leurs besoins?», s’interroge Josée Scalabrini. La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) salue le travail extraordinaire des enseignantes et des enseignants qui ont permis une rentrée rassurante pour les élèves malgré le manque de temps et de ressources qui pèse lourd. 

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement

Rassurer malgré tout 

Depuis des années, la pénurie de personnel est connue, tout comme l’insuffisance des services, particulièrement auprès des élèves en difficulté. Cette année, l’ab­sence de consignes claires en lien avec la situation sanitaire est venue s’ajouter. Les enseignants vivent une rentrée où la formule «toute autre tâche connexe» prend une place démesurée.

«Malgré cette surcharge de travail, les enseignants ont rassuré leurs élèves. Ils doivent faire baisser le stress chez les parents et les enfants, tout en gérant leur propre stress», explique Josée Scalabrini. Et la surcharge de travail causée par la désinfection, ainsi que l’ajout de périodes de surveillance, vient amputer du précieux temps pour le rattrapage auprès des élèves». 

Des négociations que le gouvernement veut poursuivre 

Malgré le contexte de crise, le gouvernement voulait poursuivre les négociations. La FSE-CSQ continue à se battre pour obtenir de meilleures conditions de travail afin que les enseignants puissent servir au mieux leur mission éducative. Malgré les discours, le gouvernement ne semble pas vouloir bouger depuis sa dernière offre jugée insuffisante à 97% par les membres de la FSE-CSQ qui sont au nombre de 65 000.

Ces derniers veulent toujours des améliorations pour quatre grandes problématiques:

  • La composition de la classe et les services aux élèves en difficulté;
  • La lourdeur de la tâche;
  • La rémunération, dont une majoration de l’échelle de traitement pour TOUS les enseignants et enseignantes;
  • La précarité et l’entrée dans la profession.

La cavalerie se fait attendre 

«Le ministre Roberge annonçait l’arrivée de la cavalerie pour soutenir les milieux. Eh bien, on l’attend toujours», se désole la présidente de la FSE-CSQ. Les enseignants n’ont pas plus vu de bilans de la rentrée du mois de mai, un succès grâce à la taille réduite des groupes dont les enseignants ont pu apprécier les bienfaits pédagogiques. «Les enseignants se sentent mis à l’écart des décisions prises, poursuit-elle. Plusieurs centres de services ont, par exemple, établi des protocoles d’urgence en cas de nouvelle fermeture sans se soucier de l’avis des personnes qui sont tous les jours au front». 

«Les mercis ne suffisent pas. Il faut maintenant du concret: on demande par exemple de revoir les évaluations, de dégager du temps pour la concertation et le rattrapage. On veut que notre sécurité soit assurée en tout temps, tant pour les travailleuses enceintes qu’en matière de télétravail. Les enseignants sont présents et sont professionnels durant cette crise. Mais qui, au gouvernement, va prendre soin d’eux?», lance Josée Scalabrini. Les enseignants disent qu’après à peine un mois d’école, plusieurs ressentent la même fatigue que celle habituellement ressentie au mois de décembre. Pour la FSE, il faut que ça change maintenant, pour le bien de tous les acteurs de l’école.