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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Shawn Element apporte robustesse et leadership aux Tigres.
Shawn Element apporte robustesse et leadership aux Tigres.

Les Tigres vont-ils manquer de temps?

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CHRONIQUE / Tous les directeurs généraux peuvent en témoigner, la période de transactions dans la LHJMQ provoque inévitablement des remous dans les équipes aspirantes.

Peu importe la qualité des joueurs qui arrivent, il y a du travail à faire pour les intégrer au système de jeu, à la chimie dans le vestiaire… et pour convaincre ceux qui étaient déjà en place de céder des responsabilités pour le bien de l’équipe. C’est un travail de longue haleine, et la deuxième moitié de saison sert en grande partie à placer tout ça avant les séries.

Ce concept est plus compliqué à appliquer en cette saison unique, où le calendrier est pas mal amputé. C’est encore pire chez les Tigres de Victoriaville, l’équipe au Québec qui a disputé le moins de matchs depuis le début de la saison. Imaginez, depuis la fin de la période de transactions, les Tigres ont dû se contenter d’une douzaine de sorties.

«C’est sûr, la situation n’est pas évidente. Mais on connaissait le contexte quand nous avons fait nos transactions», expliquait le directeur-gérant Kevin Cloutier, qui s’était quand même fixé des barrières claires avant de négocier avec ses homologues. «Notre équipe était mature, on savait que d’une façon ou d’une autre, nous allions perdre des joueurs importants cet été. On a décidé de foncer mais vu le contexte, on ne voulait pas toucher à nos jeunes ni à nos choix de première ronde. On a réussi à faire ça avec les acquisitions de Shawn Element, Benjamin Tardif et Alexis Arseneault. Puis, à la toute fin, on s’est gâté avec Alex Beaucage!»

Ce dernier s’est amené dans les Bois-Francs au lendemain d’une spectaculaire victoire de 6-0 face aux Cataractes à Shawinigan. Champion de la coupe du Président et de la coupe Memorial, Beaucage était très convoité sur le marché, alors cette dernière acquisition a semé beaucoup d’espoir à Victoriaville.

Depuis, ça s’est refroidi un peu. Les Tigres n’ont pas encore réussi à compléter leur puzzle. Ils flirtent avec la barre des ,500 en 2021, ce qui n’est pas très impressionnant pour un club aussi talentueux. Ils ont subi deux échecs cuisants, contre Shawinigan et Chicoutimi. Ils ont été largués de la course pour le titre de division. Ils soignent quelques blessés. Bref, l’équipe ne répond pas aux attentes actuellement et il reste deux petits matchs à écouler à la saison régulière… «À part pour deux matchs, on n’a jamais joué avec tout notre monde. C’est sûr qu’il nous reste des choses à améliorer. Dernièrement, je trouvais qu’on ne respectait pas notre identité. On joue un peu trop dans le centre, on se complique la vie. Il faut revenir à notre recette. Il faut bien utiliser le temps à notre disposition d’ici aux séries.»

Cloutier dit n’avoir aucun doute sur les capacités de son jeune entraîneur Carl Malette à rallier les troupes avant la vraie saison. «On savait quel genre de saison s’en venait lorsqu’on lui a confié l’équipe. Il a gagné la coupe du Président comme joueur en 2002, il veut répéter ça comme entraîneur. Il a fait ses classes, et je sais que nos gars veulent jouer pour lui.»

Les meilleures équipes au classement général auront droit à un laissez-passer en première ronde des séries. Un privilège qui devrait échapper aux Tigres. Mais pour un club qui a besoin de se roder, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose. «C’est vrai que c’est quelque chose qui pourrait être bénéfique pour une équipe comme la nôtre. Mais, ça ne se fera pas tout seul, on a des choses à ajuster. On a plus de munitions qu’avant, certains ont vu leur temps de jeu diminuer un peu. Il faut que tous prennent leur rythme.»

Cloutier reste confiant pour la suite des choses.

Il aime l’équipe qu’il a assemblée.

Un mélange de talent, de caractère et de robustesse. «Les gars obtenus durant la période des transactions ont faim. Des gars comme Shawn Element (Cap-Breton) et Benjamin Tardif (Sherbrooke) croyaient que c’était leur chance l’an dernier, la COVID a déjoué leurs plans. Ils ont une autre chance avec nous, ils veulent la saisir. Quant à Arseneault et Beaucage, ils ont gagné avec les Huskies, ils peuvent répéter ce printemps et c’est un vécu important qui peut nous aider. Tout ce que j’espère, c’est que notre équipe sera en santé quand les séries vont débuter.»

«Si c’est le cas, j’aime nos chances. Nous n’aurons aucun complexe.»

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Un point tournant?

Les Tigres peuvent s’encourager avec leur jeu dans la dernière portion de l’environnement protégé qui vient de se terminer. En moins de 24 heures cette semaine, ils ont lessivé l’Océanic, puis ils ont trouvé une façon de vaincre les Cataractes même si leur alignement était privé de trois éléments-clés.

Pour un club qui cherche à prendre de l’élan, c’est une séquence qui peut devenir un point tournant. «Chose certaine, on a mieux joué. On s’est entraidé, on a travaillé près les uns des autres. Et on a joué de façon encore plus physique. On peut bâtir là-dessus», souriait Shawn Element, qui va terminer sa carrière junior dans son patelin, les Bois-Francs.

Avant de s’amener à Victoriaville, Element a défendu les couleurs du Drakkar, du Titan et des Screaming Eagles. Deux de ces équipes ont essayé de se rendre au bout, en vain. Ces expériences lui permettent de constater qu’il y a encore du travail à faire chez les Tigres pour maximiser le potentiel de l’équipe. «La principale chose à faire, c’est d’aller chercher une constance dans notre façon de jouer. Notre identité, elle doit être claire à chaque match. Le succès ne peut passer que par un engagement collectif, de 60 minutes…»

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