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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Cole Caufield
Cole Caufield

Il y a du renfort de qualité à Laval…

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CHRONIQUE — Ce fut une journée bien tranquille pour le Canadien à la date limite des transactions, comme un peu partout à travers la LNH. À part Anthony Mantha, c’est des joueurs de soutien qui ont changé d’adresse lundi. Marc Bergevin n’a pas regardé passer la parade, il a ramassé Erik Gustafsson contre une chaudière de rondelles!

Ce Gustafsson vient de passer les dernières semaines sur la passerelle des Flyers de Philadelphie, une équipe qui a de solides ennuis à la ligne bleue! Pas pour rien qu’il a été obtenu pour un choix de septième tour. En même temps, c’est un gars capable de relancer l’attaque, ce qui est une denrée rare au sein de la brigade défensive montréalaise. Il peut peut-être donner un coup de main.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a du renfort à l’interne qui est sur le point d’être disponible. Coincé à l’infirmerie depuis un bon bout de temps, Ben Chiarot est sur le point de reprendre son poste. Il va stabiliser cette défensive.

Entre les poteaux, même si Marc Bergevin s’est montré un peu mystérieux dans son point de presse, Carey Price doit normalement être disponible à court terme. Jake Allen est un excellent second mais justement, il n’a pas l’étoffe d’un titulaire. Le Canadien a bien besoin de son gardien étoile.

Et puis, il y a un marqueur né qui attend son rappel à Laval. Il est haut comme trois pommes, il a l’air d’avoir 15 ans mais ce Cole Caufield a le compas dans l’œil comme bien peu de joueurs peuvent le revendiquer sur la planète.

Une audition

Il y a un débat actuellement au Québec à savoir si Caufield est prêt ou non pour la grande ligue. Les opinions des deux camps sont assez tranchées!

Je suis par contre tombé en bas de ma chaise la semaine dernière quand j’ai entendu François Vigeant se prononcer à ce sujet au 106, 9 FM.

J’adore Vigeant.

À mon avis, c’est le meilleur chroniqueur radiophonique au Québec!

Mais dans ce dossier, il est dans le champ gauche pas à peu près en minimisant les exploits de Caufield parce qu’il arrive de la NCAA! Non, cette ligue n’en est pas une de second ordre, Me Vigeant!

Il y a deux décennies, peut-être. Depuis, cette ligue a beaucoup évolué. Au moment où on se parle, le calibre de la NCAA est plus élevé que la LHJMQ. La maturité physique des joueurs est plus grande, il y a beaucoup de joueurs de 22-23 ans dans les universités américaines. Côté talent, rien à envier au junior canadien.  Même d’excellents joueurs canadiens comme Jonathan Toews et Cale Makar ont choisi ce réseau pour s’épanouir.

Alors, la réputation qui précède Caufield est parfaitement légitime. Il l’a déjà prouvé en marquant trois buts à ses deux premiers matchs dans la Ligue américaine. Tu regardes les chiffres de Caufield, tu les compares à ceux de Brock Boeser et Johnny Gaudreau au même âge – deux joueurs au style similaire – et il est permis de croire que Caufield peut déjà avoir un impact avec le Canadien. Boeser et Gaudreau, en tout cas, ont réussi avec brio la transition NCAA-LNH…

Dans une ligue maintenant axée sur la vitesse et les habiletés, le talent n’a pas d’âge, surtout s’il est jumelé à du cran.

Le Canadien semble destiné à se mesurer aux puissants Leafs en première ronde des séries. Même s’il a renversé les Leafs lundi soir, il est assez clair qu’une arme offensive de plus ne nuirait pas dans un quatre de sept.

Caufield peut-il jouer ce rôle? La meilleure manière de le savoir, c’est de lui offrir une vraie audition!

Ça me fait penser à une discussion à bâtons rompus avec Samuel Girard, quelques jours après son premier camp d’entraînement avec les Predators de Nashville en 2017. La Tornade de Roberval m’expliquait que son camp s’était déroulé à merveille, qu’il avait trouvé plus facile de jouer avec les gars de la LNH! «Dans la LNH, tu as toujours deux bonnes options quand tu as la rondelle sur ta palette. Des fois trois! Et puis même si ta passe n’est pas parfaite, ton coéquipier va la ramasser quand même.»

Girard m’avait aussi confié qu’il se croyait en mesure d’atteindre la LNH à 19 ans. Je le regardais, il était à peu près de ma grandeur, il devait peser 150 livres tout mouillé, et je me disais qu’il était un peu trop optimiste.

Vous connaissez la suite! Girard s’est bel et bien taillé une place dans la LNH 11 mois plus tard. Et il a rapidement joué de grosses minutes.

Girard fut un choix de deuxième tour.

Caufield, lui, est reconnu comme l’un des joueurs les plus talentueux de son groupe d’âge. La seule raison pour laquelle il a glissé au 15e échelon au repêchage, c’est parce qu’il mesure 5’7’’.

Ça ne l’a pas empêché de terroriser les gardiens partout où il est passé. Et de faire un statement à ses premiers pas chez les pros.

Amenez-le à Montréal et donnez-lui du temps de jeu avec un joueur de centre habile, en plus de l’installer sur le jeu de puissance.

Il n’y a aucune raison qu’il ne suive pas les traces de Gaudreau et Boeser…