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Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte
Le comportement de Jonathan Roy a fait le tour de l’Amérique du Nord.
Le comportement de Jonathan Roy a fait le tour de l’Amérique du Nord.

Canadien-Nordiques, version junior [VIDÉO]

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CHRONIQUE / La LHJMQ a eu son lot de rivalités à travers ses cinq décennies d’histoire.

Certaines appartiennent au passé. D’autres sont en train de se développer. La LHJMQ fonctionne par cycle et ses rivalités ne font pas exception.

La plus intense fut probablement celle ressentie entre les Saguenéens de Chicoutimi et les Remparts de Québec, dans les années 2000. Ces deux organisations ont toujours été ennemies. Mais l’arrivée de Patrick Roy à la barre de l’équipe, alors que Richard Martel était bien en selle de l’autre côté, a provoqué la dernière étincelle qui a mis le feu aux poudres pendant des années!

«La rivalité remonte aux années de Jean Béliveau avec les As de Québec et les Saguenéens dans le senior. Ça ne date pas d’hier! Elle a toujours été là. Avant l’arrivée de Patrick, elle était bonne avec Éric Lavigne aussi. Mais c’est sûr que l’arrivée de Patrick a provoqué une escalade», se souvient Richard Martel, maintenant député fédéral. «Une rivalité, pour moi, ça part des gradins. Faut que les fans soient impliqués. Chez nous, les gens voulaient qu’on batte les Remparts à tout prix! C’était vrai de l’autre bord aussi. Cette passion se transmet aux entraîneurs, aux joueurs. Et puis j’étais assez habile avec les médias, Patrick également. Il y avait un peu d’ego là-dedans, je le reconnais, je ne voulais pas perdre ma place médiatiquement, alors je répondais à Patrick et vice-versa. Il est orgueilleux lui aussi et dans les premières années, les Saguenéens représentaient un peu sa bête noire. Tout ça a contribué à mousser la rivalité. C’était plein à Chicoutimi, c’était plein à Québec. Même dans la séance d’échauffement au Colisée, il y avait du monde assis dans les escaliers! C’était très excitant pour tout le monde. C’était digne de Canadien-Nordiques!»

Martel rappelle que le hockey junior disposait alors de moyens pour attiser le feu. Il pouvait monter sur la bande pour se donner en spectacle, par exemple. Les entraîneurs se servaient des médias sur une base quotidienne… «C’est terminé tout ça. Ils ont passé des règlements pour enlever cette facette du hockey junior. Je n’avais plus le droit de monter sur la bande, on ne pouvait plus rien dire dans les médias. C’est sûr que c’est plus dur aujourd’hui de faire lever les choses!»

Faut dire que le vase a débordé au printemps 2008, au premier tour éliminatoire. À travers une série de combats qui avaient éclaté en fin de match, Jonathan Roy, gardien auxiliaire des Remparts et fils de Patrick, avait attaqué le gardien vedette des Saguenéens Bobby Nadeau, le rouant de coups. La scène a fait le tour de l’Amérique du Nord. Le gouvernement provincial a pressé la LHJMQ de retirer les bagarres de son menu. «Le changement de culture était déjà amorcé à ce moment-là», rappelle Martel. «Et c’est bien correct. Les bagarres n’ont plus leur place dans le hockey junior. Les entraîneurs ont changé aussi. Maintenant, le spectacle, ce sont les joueurs sur la glace qui le font grâce à leurs habiletés.»

Martel a été au cœur de deux autres grosses rivalités dans son cheminement. Il a été à la barre des Foreurs, donc il peut témoigner de la guerre avec les Huskies. Il a aussi dirigé le Drakkar de Baie-Comeau, l’ennemi juré de l’Océanic. «Tu sens qu’il se passe quelque chose, que les fans sont plus excités. À Baie-Comeau, quand l’Océanic débarquait en ville, c’était toujours plein. Même dans les matchs hors-concours. Malheureusement, la rivalité était un peu moins forte quand j’étais là, car nous n’étions pas de taille à ce moment-là. C’était les années de Brad Richards à Rimouski… À l’inverse, à mon époque, les Foreurs étaient trop puissants pour les Huskies, qui arrivaient dans la ligue. C’est quand deux équipes ennemies sont en mesure de rivaliser sur la glace que le feu pogne pour vrai!»

Même constat pour Michel Boucher, qui a vécu la guerre de la 55 en Mauricie entre les Draveurs et les Cataractes entre 1986 et 1990 à titre de directeur général de la concession trifluvienne. «Les premières années, c’était plus tranquille un peu car nous étions une concession en reconstruction face aux Patrice Lefebvre et Stéphan Lebeau. Par la suite, il y a eu quelques bonnes années. Jos Hardy était tellement bon avec les médias, il attirait énormément l’attention. Il avait toujours un pas d’avance, c’était difficile à accepter pour notre jeune organisation. On avait l’impression que la couverture médiatique n’était pas juste. De notre bord, on a eu Alain Vigneault, John Paris et Dany Dubé mais Jos avait le don de nous frustrer!», sourit celui qui est maintenant dépisteur pour le Lightning de Tampa Bay.

Dans cette longue rivalité, il y a eu cette confrontation en première ronde des séries en 1989. Les Draveurs, champions de division, ont été balayés par les Cataractes, qui avaient mérité leur laissez-passer pour les séries au dernier week-end d’activités! Il y avait eu d’entrée de jeu cette bagarre mémorable entre le vétéran Raymond Saumier et la recrue Dave Morrissette, qui avait dominé le duel alors que Saumier s’était blessé à l’épaule. «L’élément-clé, ce fut cette transaction durant l’année entre les deux clubs. On avait échangé Dominic Roussel contre Enrico Ciccone. Or Roussel avait été fantastique entre les poteaux, alors que Ciccone jouait en dépit d’une sérieuse blessure à un pied», se souvient Boucher.

Les Draveurs ont beau avoir été vendus puis déménagés en 1992, il y a bien des gens en Mauricie qui rêvent à leur retour pour faire revivre cette rivalité!