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L’entraîneur-chef Daniel Renaud hérite de la tâche de poursuivre le travail entamé par son directeur général Pascal Daoust pour mener les Foreurs de Val-d’Or vers la coupe du Président.
L’entraîneur-chef Daniel Renaud hérite de la tâche de poursuivre le travail entamé par son directeur général Pascal Daoust pour mener les Foreurs de Val-d’Or vers la coupe du Président.

Au chef Renaud de faire son Ricardo

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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C’est Jakob Pelletier qui l’a écrit sur les médias sociaux.

Pascal Daoust est le « DG de l’année ». Pelletier, c’est un choix de première ronde des Flames de Calgary et médaillé d’argent avec Équipe Canada junior. Daoust, vous l’avez deviné, c’est le directeur général des Foreurs de Val-d’Or.

L’affirmation de Pelletier est survenue après l’annonce de l’acquisition de Samuel Poulin, arraché au Phoenix de Sherbrooke la veille de la date limite des transactions dans la LHJMQ. Poulin est aussi un choix de première ronde dans la LNH. Les Penguins de Pittsburgh l’ont sélectionné en 2019 tout comme Nathan Légaré, un franc-tireur aussi est rendu à Val-d’Or depuis la dernière période des transactions.

En 2021, les Foreurs de Val-d’Or, c’est maintenant neuf choix de première ronde dans la LHJMQ et sept joueurs repêchés dans la LNH. Au début, Maxence Guénette devait être la pierre angulaire du club. Il avait été repêché au cinquième rang de la séance de 2017. Aujourd’hui, les Foreurs l’ont entouré avec trois autres des six premiers joueurs repêchés à cet encan. Poulin (2e), Pelletier (3e) et Légaré (6e). Ce n’est pas tout. Jérémy Michel et Thomas Pelletier sont aussi des Foreurs et des choix de première ronde en 2017 !

D’ici peu, les Olympiques pourraient ressembler à ce club de rêve avec Tristan Luneau (1er), Antonin Verreault (2e), Samuel Savoie (4e) et Noah Warren (8e).

Pas «une pression»

Bref, Pascal Daoust a fourni tous les ingrédients à son entraîneur-chef Daniel Renaud pour ramener un championnat à Val-d’Or. Le travail de l’entraîneur natif de Gatineau consistera à faire un « Ricardo » de lui même en s’assurant que la sauce prenne dans un club où les épices sont toutes aussi appétissantes des unes des autres. Les attentes sont élevées en Abitibi. La pression le sera tout autant, mais Daniel Renaud la rejette du revers de la main.

« Je ne vois pas ça comme une pression. Je pense plutôt que c’est une opportunité et un privilège énorme de faire partie d’une équipe comme la nôtre. J’ai dit aux gars de savourer le moment. Nous sommes chanceux de faire partie d’une bonne organisation avec autant de bons joueurs. L’ambiance est incroyable depuis la fin de la période des transactions. J’ai confiance qu’en nous concentrant sur le processus, nous allons maximiser nos chances d’obtenir les résultats escomptés. »

Leadership hors pair

Dans un club bondé de vedettes, il faut savoir gérer l’ego de tout un chacun. Il y a deux unités qui jouent sur le jeu de puissance. C’est 10 joueurs. Il sera impossible de plaire à tout le monde. Daniel Renaud en est conscient, mais il a la chance de miser sur un groupe de leadership hors pair où personne ne s’élève au-dessus des autres. Ça commence avec son capitaine Jakob Pelletier.

« Pelletier est un capitaine qui sort de l’ordinaire. Son énergie et sa passion pour la game sont contagieuses. C’est un rassembleur. Il ne veut pas attirer toute l’attention vers lui. Son attitude fait boule de neige et augmente le leadership de tout le monde. Il facilite le travail des entraîneurs. Il multiplie les gestes banals comme aller aider les recrues à vider l’autobus. Ce sont des petits détails, mais il prouve sans cesse qu’il est sur le même pied que les autres. L’objectif est le lever un trophée ensemble et il sait qu’il aura besoin de tous ses coéquipiers. »

Maintenant, Daniel Renaud dispose de quelques semaines pour mettre son club sur la même page. L’expérience est déjà commencée.

« J’ai rencontré tout le monde. Certains vétérans vont avoir un rôle modifié, mais la réceptivité a été A++. Comme entraîneur, une des choses les plus importantes, c’est d’octroyer des rôles à tout le monde. Chacun a son importance. Tout le monde doit se sentir valorisé dans son rôle. Ce sera le défi des entraîneurs, mais en considérant la qualité de nos individus, je ne suis pas inquiet. »

Daniel Renaud ne s’attend pas à un parcours sans faille. Des œufs vont casser ici et là, mais la recette de l’omelette devra être prête pour le début des séries éliminatoires.

De gauche à droite, Samuel Poulin, Jakob Pelletier, Alexis Lafrenière et Nathan Légaré

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LE SUBTIL ART DE DÉGONFLER LES ATTENTES

Dans le sport, la victoire n’est jamais garantie.

Daniel Renaud et son équipe d’entraîneurs voulaient que ce soit clair auprès de leurs joueurs après la dernière période des transactions dans la LHJMQ. Le club venait d’ajouter de gros canons à sa formation. Dans les médias et sur les médias sociaux, l’enthousiasme envers les Foreurs de Val-d’Or débordait. Il a fallu trouver une solution rapide pour dégonfler les attentes. Renaud a donc planifié une mise en scène.

« Le monde aime attribuer un titre à une équipe avant même que le championnat soit joué. Lundi, quand tout a été fini, nous avons décoré la chambre. Nous avons placé un trophée au milieu. Nous avons félicité les joueurs parce que ça avait l’air que nous avions gagné la coupe », a raconté Daniel Renaud.

C’était une mascarade. Le message se voulait sarcastique. Les joueurs l’ont rapidement saisi.

« La mise en scène n’a pas duré longtemps. On l’a fait et on ne veut plus en parler. Jamais. Les gars ont compris. Ils ne voulaient pas toucher à quoi que ce soit avant de l’avoir mérité. Ils sont conscients des facteurs qui peuvent se produire en cours de route. On connaît l’objectif. Il y a sept, huit ou neuf autres équipes dans la ligue qui auront le même que nous. »

Les Foreurs savent qu’ils ont une équipe redoutable. Ils savent qu’ils ne sont pas seuls.

« D’autres équipes ont fait de bonnes transactions pour s’améliorer. Il n’y a rien de gagné. Même la première ronde des séries va représenter un défi cette année », a ajouté Renaud.

Ce dernier n’a pas eu à fouiller bien loin pour trouver une histoire de championnat attribué trop tôt. Pendant que le hockey était en pause, Équipe Canada junior occupait tout l’espace médiatique. L’édition du Championnat mondial 2021 a été analysée sous toutes ses coutures. Le Canada était destiné à gagner la médaille d’or.

« J’ai lu des centaines d’articles. Avant même que le premier match soit joué, on disait que c’était probablement la meilleure équipe junior de l’histoire en raison de la présence de tous ces choix de première ronde dans la LNH. La vérité, c’est qu’il y a toujours des impondérables. Qui aurait pensé que Kirby Dach serait blessé avant que le tournoi commence ? André Tourigny est le meilleur entraîneur-chef junior au Canada. Dylan Cozens était sans doute le meilleur capitaine pour prendre le relais de Dach. »

Le Canada a dominé outrageusement le tournoi à la ronde. Il n’a jamais tiré de l’arrière avant la finale. Il n’a jamais accordé un but à forces égales avant de jouer contre les Américains dans le match de la médaille d’or. Finalement, les USA ont gagné le match ultime 2-0.

« Il faut se concentrer sur le processus. Si on peut s’améliorer de 1 % tous les jours, nous aurons des chances d’arriver à notre objectif. »

La victoire garantie n’existe pas dans le sport.