Le commissaire aux débats David Johnston a annoncé lundi avoir transmis au chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier (photo), une invitation à se joindre à cinq autres chefs lors des deux débats de la Commission des débats des chefs, les 7 et 10 octobre.

Maxime Bernier se dit «très heureux» d’être finalement invité aux débats

OTTAWA — Initialement exclu des débats des chefs prévus les 7 et 10 octobre, Maxime Bernier pourra finalement participer aux deux joutes oratoires.

Le commissaire aux débats David Johnston a annoncé lundi avoir transmis au chef du Parti populaire du Canada (PPC) une invitation à se joindre à cinq autres chefs lors des deux débats de la Commission des débats des chefs, les 7 et 10 octobre.

Celui-ci a noté qu’après évaluation, il avait la conviction que plus d’un candidat du PPC avait une véritable possibilité d’être élu. La décision a été immédiatement contestée par le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique, alors que le Bloc québécois a accueilli la décision avec ambivalence.

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Dans une déclaration transmise par courriel, M. Bernier a accepté l’invitation, se disant «très heureux» de cette décision visant à «préserver ce droit démocratique des Canadiens d’être informés de toutes les options avant de faire leur choix».

«Nous allons prouver à tout le monde que nous sommes une véritable alternative», a souligné le chef du PPC, qui a plus d’une fois déploré le fait qu’il n’avait pas été invité à participer aux débats.

Maxime Bernier avait été ignoré au départ parce que son parti ne respectait pas au moins deux des trois critères établis par la commission : avoir au moins un député élu avant la dissolution; présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions; avoir obtenu au moins 4 % du vote populaire lors du dernier scrutin ou démontrer une possibilité légitime de faire élire des candidats.

En expliquant sa décision, le commissaire dit avoir tenu compte d’un ensemble de facteurs, dont le nombre de membres du parti, sa capacité de financement, des sondages, des analyses d’experts et une présence importante dans les médias concernant divers enjeux nationaux.

M. Johnston a indiqué que la formation politique avait su attirer un «nombre important de membres», qu’elle était présente dans le paysage politique.

«Et, selon les sondages récents, il a une possibilité raisonnable de connaître du succès dans plus d’une circonscription. Étant donné l’ensemble de ces facteurs, le PPC satisfait à deux des trois critères établis dans notre décret», a fait valoir le commissaire.

Les conservateurs mécontents

Maxime Bernier était le seul député de son parti à la dissolution du Parlement, mais il avait été élu en tant que conservateur. Le PPC est représenté par des candidats dans plus de 90 % des circonscriptions, mais la commission ne considérait pas que ces candidats avaient des chances légitimes de gagner.

La Commission avait déjà invité les chefs du Bloc québécois, du Parti conservateur, du Parti vert, du Parti libéral et du Nouveau Parti démocratique.

Le Parti conservateur du Canada a accusé le commissaire David Johnston d’être partial contre lui. Les conservateurs y voient une manigance de Justin Trudeau, en laissant sous-entendre que la présence de Maxime Bernier servira les libéraux.

Pour les néo-démocrates, la présence du chef du PPC n’est pas une bonne nouvelle, mais pas pour les mêmes raisons.

«La montée de l’extrémisme, les discours haineux et les suprémacistes blancs sont une véritable menace pour notre pays, a commenté par courriel la porte-parole du NPD, Mélanie Richer. Les chefs politiques ont la responsabilité de ne pas alimenter le problème, mais c’est exactement ce que fait Maxime Bernier.»

La réaction du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est plus ambivalente. S’il reconnaît que la démocratie est gagnante en ajoutant une sixième voix aux débats, il estime que c’est «le sérieux» du contenu qui risque d’en souffrir avec Maxime Bernier.

«Une formation politique qui n’a jamais fait élire personne va avoir le même temps de présence que, si on va à l’autre extrême, l’actuel premier ministre du Canada», a-t-il souligné, en disant se prêter à l’exercice de bonne grâce.

«Je pense que ça sert le principe de la démocratie, ça ne sert pas le principe de la légitime et pertinente information», a conclu le chef bloquiste en expliquant ce revirement de situation par le travail de «lobbys efficaces».

Le débat en anglais aura lieu le 7 octobre, tandis que le débat en français sera présenté le 10 octobre. Les deux joutes oratoires se tiendront au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.