Michael Adamson, l’homme qui a fourni au magazine Time la photo de Justin Trudeau arborant un brownface, est sorti de son mutisme et a expliqué ce qui l’avait motivé dans sa démarche.

L’homme qui a révélé le «brownface» de Trudeau explique son geste

OTTAWA — L'homme qui a exhumé du passé la photo montrant Justin Trudeau portant un «brownface» lors d'un bal «Mille et une nuits», il y a 18 ans, est sorti de son mutisme, vendredi, pour assurer qu'il avait agi dans l'intérêt public.

Dans un communiqué publié vendredi après-midi, Michael Adamson déclare que sa décision d'envoyer à un journaliste du magazine «Time» l'album de finissants de 2001 contenant la photo de M. Trudeau était «motivée uniquement par la conviction que la population canadienne avait le droit de la voir». M. Adamson ajoute qu'il n'a jamais été membre d'un parti politique et qu'il n'a reçu aucune somme d'argent pour avoir fourni la photo au magazine américain.

La photo de M. Trudeau déguisé en Aladin - le visage, les mains et le cou recouverts de maquillage sombre, et portant un turban et une tunique arabes - avait été prise lors d'un dîner de gala thématique à l'académie West Point Grey, une école privée de Vancouver où il enseignait.

Le «Time» a publié la photo une semaine après le début officiel de la campagne électorale fédérale. Le magazine décrivait alors M. Adamson comme un homme d'affaires de Vancouver faisant «partie de la communauté de l'académie West Point Grey».

Dans son communiqué, M. Adamson soutient qu'il avait entendu des rumeurs au sujet de cette photo dans la communauté de l'école privée et qu'il avait pu obtenir une copie de l'album de finissants pour la soumettre à un journaliste du «Time».

La controverse entourant ce «brownface» s'est accentuée lorsque M. Trudeau a admis qu'il avait déjà arboré une autre fois un «blackface» lorsqu'il était étudiant au collège Brébeuf. De nouvelles images sont toutefois apparues par la suite, ce qui a fait dérailler la campagne électorale le 18 septembre et dans les jours qui ont suivi.

Mais pendant tout ce débat, certains se demandaient comment la photo initiale avait pu échapper aux journalistes et aux politiciens canadiens et se retrouver dans un magazine américain. Or, M. Adamson était impossible à joindre - jusqu'à ce qu'il publie un communiqué vendredi, dans lequel il demande d'ailleurs que l'on respecte maintenant sa vie privée et celle de ses proches.

Le «Globe and Mail» avait révélé que M. Adamson, impliqué dans une société d'exportation, était un donateur régulier à des écoles privées et d'autres causes à Vancouver. Le quotidien écrivait aussi que le fils de M. Adamson avait connu à l'Université Cornell un étudiant qui est aujourd'hui journaliste au «Time». M. Adamson a d'ailleurs déjà fait un don à cette prestigieuse université américaine.