Le chef libéral Justin Trudeau à Toronto, lundi

Conservateurs et libéraux insistent sur leurs différences

OTTAWA - À mi-chemin de la campagne électorale, lundi, le chef libéral utilisait le contrôle des armes à feu pour exposer la différence entre lui et son rival conservateur.

Pendant ce temps, le chef conservateur, de passage à Whitby, en Ontario, entamait son apparition médiatique par une critique sévère de la plateforme libérale dévoilée dimanche.

Et alors que Justin Trudeau et Andrew Scheer tentent de convaincre les Canadiens que le choix du 21 octobre se limite à voter libéral ou conservateur, Yves-François Blanchet continue de miser sur l’élection d’un gouvernement minoritaire. Le chef bloquiste invitait, lundi matin, le mouvement syndical à se rapprocher du mouvement souverainiste afin de faciliter l’obtention pour les bloquistes de la balance du pouvoir à Ottawa.

Le chef néo-démocrate, quant à lui, pataugeait encore dans les platebandes des provinces.

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Le choix binaire?

«Le choix est très simple: les libéraux veulent resserrer le contrôle des armes à feu, les conservateurs veulent affaiblir le contrôle des armes à feu. C’est ça le choix auquel font face les Canadiens», a martelé à Toronto M. Trudeau.

«Des dépenses hors de contrôle, des déficits énormes, une dette massive qui va coûter des milliards en intérêts. Avec la recette de Justin Trudeau, on fonce dans le mur», a déclaré M. Scheer à Whitby, avant de promettre d’étendre un crédit d’impôt pour personnes handicapées à 35 000 personnes de plus.

M. Scheer, en critiquant la plateforme libérale, a comparé les promesses de M. Trudeau au bilan de l’ancienne première ministre libérale ontarienne Kathleen Wynne. Le chef libéral, lui, a continué de brandir à répétitions l’épouvantail du premier ministre conservateur ontarien actuel Doug Ford.

«M. Trudeau essaie de vous faire peur pour que vous vous contentiez de moins. Vous n’avez pas à vous contenter de moins», a insisté, à Vancouver, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh qui croyait pouvoir livrer 500 000 places de garderie à travers le pays avant 2030.

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Le chef conservateur Andrew Scheer à Whitby, en Ontario, lundi

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Miser sur un gouvernement minoritaire

«Que tout le monde considère qu’on sera peut-être (...) ceux qui trancheront les débats à Ottawa. On aura peut-être assez de monde puis les autres pas assez de monde pour que quand ils veulent régler quelque chose, ils soient obligés de passer par le Bloc. Imaginez ce que ça peut représenter pour les travailleurs du Québec comme gain potentiel», a déclaré M. Blanchet, lors d’un point de presse à Sept-Îles.

Les représentants des Métallos de la Côte-Nord étaient à ses côtés pour donner un appui «sans équivoque» à la députée sortante de Manicouagan, Marilène Gill.

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Le chef du NPD Jagmeet Singhà Vancouver, lundi

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La campagne de Jagmeet Singh

Le chef néo-démocrate a passé la semaine en Colombie-Britannique. Il a assuré que ce n’est pas le manque de fonds qui oblige sa campagne à faire du surplace. Il comptait d’ailleurs s’envoler vers l’Ontario, mardi. Mercredi soir, il doit être à Montréal pour participer au débat des chefs sur les ondes de TVA.

Lundi dans une garderie de Vancouver, il a maintenu pouvoir livrer un service qui est pourtant de compétence provinciale. «Québec était avant-gardiste avec le système de garderie, on veut continuer et mettre en oeuvre un programme pour aider les familles», a dit M. Singh.

«(Ça fait) 26 ans que le gouvernement libéral a promis un système de garderies universel. Encore, ils ont brisé cette promesse», a-t-il ajouté.

Les esprits s’échauffent

Une manifestation pour dénoncer la présence de Maxime Bernier à une activité de la droite en Ontario a dégénéré, dimanche soir, à Hamilton.

Des manifestants s’étaient massés aux abords de la salle où M. Bernier et le commentateur politique américain David Rubin se proposaient de participer à une «table ronde sur la liberté d’expression».

Les uns ayant cherché à empêcher les autres d’entrer dans la salle, on en est venu aux coups.

«C’est la première fois que ça m’arrive et je dois admettre que je n’ai pas aimé ça. Ce n’est pas canadien», a déploré M. Bernier en commentant les insultes lancées par les manifestants.