Andrew Scheer s'est rendu dans la circonscription de Justin Trudeau, jeudi, pour traiter ce dernier de menteur et de corrompu et promettre de lancer une enquête judiciaire sur l'affaire SNC-Lavalin s'il est élu.

Andrew Scheer promet une enquête judiciaire sur l'affaire SNC-Lavalin

MONTRÉAL — Andrew Scheer s'est rendu dans la circonscription de Justin Trudeau, jeudi, pour traiter ce dernier de menteur et de corrompu et promettre de lancer une enquête judiciaire sur l'affaire SNC-Lavalin s'il est élu.

Présent au stade IGA, dans le comté de Papineau à Montréal, le chef conservateur a aussi promis de faire adopter une loi «anti-camouflage» qui permettrait à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d'accéder à l'information protégée par la confidentialité du cabinet, mais seulement après en avoir obtenu l'autorisation de la Cour suprême.

M. Scheer, qui a aussi fait référence à cette loi sous l'appellation «anti-obstruction», a qualifié le comportement du premier ministre sortant de camouflage de proportion historique.

En anglais, il a affirmé que «désormais, un premier ministre corrompu ne pourra plus être le gardien de ses propres crimes» («No longer will a corrupt prime minister be able to be the gatekeeper of his own crimes»), une formulation qu'il a considérablement adoucie en français, affirmant qu'une telle loi «empêchera un futur premier ministre de faire ce qu'a fait Justin Trudeau».

«Devant les tribunaux du peuple»

Le chef conservateur a affirmé que Justin Trudeau «a réussi à éviter les conséquences légales de son rôle dans ce scandale», mais qu'il «est maintenant devant les tribunaux du peuple; le 21 octobre, le verdict va tomber», concluant en français que «Justin Trudeau sera le premier ministre d'un seul mandat», alors qu'en anglais, il avait plutôt conclu en disant que le député de Papineau «est inapte à gouverner».

Il a ajouté que «les gens fuient les autres pays autour du monde où les politiciens très puissants (peuvent) utiliser leur position pour abuser leurs critiques (sic). C'est essentiel que les politiciens préservent le système judiciaire».

Interrogé sur la possibilité qu'Ottawa modifie les règles pour permettre au géant de l'ingénierie de soumissionner sur des contrats fédéraux s'il devait être reconnu coupable, M. Scheer n'a pas voulu s'avancer, cherchant à minimiser les effets des démêlés judiciaires de l'entreprise.

«Regardez les impacts sur les emplois. Le président de SNC-Lavalin lui-même a dit qu'il n'y a aucune conversation où il a menacé les emplois, menacé de déménager le (siège social) de SNC-Lavalin.»

Aucune participation aux marches sur le climat

Andrew Scheer a par ailleurs confirmé qu'il ne participera à aucune marche pour le climat, vendredi, disant que son parti enverra plutôt des représentants.

M. Scheer sera à Vancouver, vendredi, où une telle marche est aussi organisée, mais il a indiqué qu'il participerait plutôt à des événements de campagne.

Il a tout de même précisé que «notre parti va soutenir ce genre de démonstration d'un désir réel d'action. Je sympathise vraiment avec les gens qui sont frustrés par l'échec de Justin Trudeau dans le dossier environnemental».

Il a toutefois refusé à trois reprises de répondre lorsqu'on lui a demandé si un gouvernement conservateur imposerait le passage d'un pipeline au Québec dans son corridor énergétique si le gouvernement provincial s'y opposait, se disant convaincu que les Québécois finiront par voir le bien-fondé de son projet.

«J'ai fait mon choix. J'ai choisi l'énergie canadienne», a-t-il d'abord avancé avant d'affirmer que la clé, selon lui, «est de créer les conditions qui peuvent démontrer aux Québécois que c'est la meilleure idée, d'avoir un corridor énergétique pour (remplacer) le pétrole américain et étranger. Les Québécois voient le bon sens d'avoir une indépendance énergétique.»