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Le collège Augusta-Victoria accueille une vingtaine de filles de l’élite nazie en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Un prof disparaît mystérieusement...
Le collège Augusta-Victoria accueille une vingtaine de filles de l’élite nazie en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Un prof disparaît mystérieusement...

Six minutes avant minuit: comme dans le bon vieux temps *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Confiez un drame historique à un réalisateur et il essaiera invariablement d’adopter une esthétique «contemporaine». Andy Goddard opte exactement pour l’inverse avec Six minutes avant minuit (Six Minutes to Midnight). Comme son suspense d’espionnage se déroule en 1939, le cinéaste a opté pour un rendu comme dans le bon vieux temps !

Il y a assurément un aspect suranné dans le traitement narratif, notamment dans son apparence un peu comique lors des inévitables courses poursuites, quelque part entre Benny Hill et Charlie Chaplin. Voyez le genre ?

Ce film typiquement anglais, donc, s’inspire d’événements réels survenus au collège Augusta-Victoria. L’école secondaire privée y accueille une vingtaine de filles de l’élite nazie.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans un climat tendu, le professeur d’anglais disparaît mystérieusement.

Son remplaçant présente le profil idéal. Thomas Miller (Eddie Izzard) a un père allemand et une mère anglaise, à l’image de l’enseignement mixte de l’établissement dirigé par la vénérable Miss Rocholl (Judi Dench) et sa dévouée assistante Ilse Keller (Carla Juri). Un drôle de trio...

Le spectateur n’a pas besoin de s’avérer très attentif pour deviner que le prof travaille sous couverture. D’autant qu’il se rapporte rapidement au colonel Smith (David Schofield).

Par un malheureux concours de circonstances, notre pas très habile espion se retrouve suspecté du meurtre de son supérieur ! Si bien qu’il a la sécurité britannique et les agents secrets allemands à ses trousses…

Eddie Izzard se glisse dans la peau de Thomas Miller, un espion qui tente de se faire passer pour un prof d'anglais...

Six minutes avant minuit loge à la limite du pastiche, rebondissements plus ou moins crédibles compris. La qualité du jeu s’en ressent. En vieux routiers, Izzard (Danny Ocean 13, La leçon de François Girard) et Dench (Shakespeare et Juliette, Philomena) se débrouillent, mais on n’en dira pas autant de Carla Jury (Blade Runner 2049), mal assurée et sur la défensive.

Par contre, rien à redire de la réalisation d’Andy Goddard (A Kind of Murder) sur l’aspect visuel, qui repose aussi sur la superbe direction photo de Chris Seager. Le cinéaste multiplie travellings, zooms et plans aériens dans les règles de l’art.

Les thèmes habituels concernant les nazis sont sous-jacents (eugénisme, racisme, etc.). De même, ceux comme la perte de l’innocence, le dépassement ou la fierté nationale sont à peine effleurés. Il faut dire que les jeunes filles jouent essentiellement un rôle de parures, le récit se concentrant sur Miller et les deux femmes.

Ceux qui s’attendent à un long métrage d’action à la James Bond passeront leur tour. Mais si, pour vous, un film de série B, et assumé comme tel, a la saveur d’un plaisir coupable du dimanche après-midi, Six minutes avant minuit va vous en procurer une bonne dose. Vous allez même regarder l’invraisemblable finale avec un sourire indulgent…

Six minutes avant minuit est présenté en vidéo sur demande.

Au générique

Cote : ***

Titre : Six minutes avant minuit

Genre : Drame d’espionnage

Réalisateur : Andy Goddard

Acteurs : Eddie Izzard, Judi Dench, Carla Juri

Durée : 1h32