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Cassandra (Carey Mulligan) n'est pas celle qu'on pourrait croire.
Cassandra (Carey Mulligan) n'est pas celle qu'on pourrait croire.

Promising Young Woman : la prédatrice *** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Il faut toujours se méfier des apparences. Dans la vie en général et au cinéma, en particulier. Prenez Promising Young Woman. Dès les premières séquences, Cassie Thomas (Carey Mulligan) se révèle bien différente de ce qu’elle nous laisse croire. La vamp éméchée cache, en réalité, une femme brillante, rusée et vindicative. Et il y a plus. Ce qui est aussi le cas de ce suspense noir plein de surprises qui, implacablement, se transforme en pamphlet dénonçant le machisme et la culture du viol.

Ce premier long métrage de l’actrice Emerald Fennell a obtenu un sérieux appui de la compagnie de production de Margot Robbie. On comprend pourquoi : il épouse le point de vue d’une femme, complexe et perturbée — pour une bonne raison.

Cassie a vécu un traumatisme — qu’elle n’a jamais surmonté — pendant ses études de médecine. Une fois par semaine, elle sort dans un bar pour piéger un homme qui tente d’abuser de son corps en profitant de son ivresse (feinte) et le remettre à sa place en le terrifiant.

À la veille de ses 30 ans, la jeune femme squatte encore chez ses parents découragés et travaille sans conviction dans un café où la propriétaire et amie, Gail (Laverne Cox), la traite avec bienveillance.

Un jour survient Ryan Cooper (Bo Burham), qui a étudié avec Cassie. Le chirurgien pédiatrique se révèle drôle et plein d’attention. Il réussit, lentement mais sûrement, à faire tomber ses barrières, laissant entrevoir un futur plus rayonnant.

Malgré tout, Cassie n’a pas encore réglé ses comptes avec le passé...

La réalisatrice a su ménager ses rebondissements dans ce film de revanche. Dont on ne vous dit pas plus, histoire de ne pas jouer aux divulgâcheurs. Ajoutons, toutefois, que la fin nous est apparue trop tirée par les cheveux, ce qui nuit à la solidité du récit patiemment construit. Et que la partie où Cassie et Ryan flirtent se révèle beaucoup trop fleur bleue dans le contexte, même si le film se veut un brin décalé.

Cassie peut se révéler particulièrement pugnace.

On peut aussi déplorer le manque de nuances dans le portrait des hommes qui, à part le père de Cassie, sont perfides, abusifs et misogynes ou, au mieux, de fieffés menteurs…

Cela dit, Fennell n’épargne pas non plus la gent féminine qui ferme les yeux sur la discrimination et les abus quand elle n’est pas directement concernée… Sans parler du fait que Cassie n’hésite pas à endosser le rôle de la manipulatrice pour arriver à ses fins !

Promising Young Woman a débuté en première mondial à Sundance, en janvier 2020. Son scénario, toutefois, remonte à 2017, avant que déferle la vague #MoiAussi à la suite du scandale Harvey Weinstein. Reste qu’il s’inscrit parfaitement dans l’air du temps.

Ceci étant, il serait réducteur de ce circonscrire Promising Young Woman à ce seul propos. Outre les thèmes abordés, la réalisation se distingue par son efficacité et le point de vue épousé.

Et il faut souligner la superbe présence de Carey Mulligan dans un rôle qui n’a rien d’unidimensionnel. L’actrice d’Une éducation (où elle était en nomination aux Oscars), de Gatsby le magnifique et de Mudbound livre la meilleure performance de sa solide carrière.

Au cinéma à l'extérieur du Québec, Promising Young Woman est présenté en vidéo sur demande, pour 48 heures, sur Apple TV, Google Play, Microsof, Bell, Telus, Cogeco et Cineplex.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Promising Young Woman

Genre : Suspense

Réalisatrice : Emerald Fennell

Acteurs : Carey Mulligan, Bo Burnham, Laverne Cox

Durée : 2h11