L’acteur britannique Patrick Stewart a accepté d’endosser de nouveau le costume du commandant Picard, dont il s’était tenu éloigné depuis 17 ans.

Patrick Stewart réinvente son personnage culte du commandant Jean-Luc Picard

PARIS — Le grand retour du commandant Jean-Luc Picard : après une longue éclipse, Patrick Stewart reprend son plus célèbre rôle dans la série inédite «Star Trek : Picard», qui va faire découvrir la saga culte de science-fiction à une nouvelle génération de fans.

Le démarrage le 23 janvier sur CBS et le lendemain sur Amazon Prime Video de cette nouvelle déclinaison de Star Trek est un événement attendu par de nombreux amateurs de science-fiction, et cette production s’annonce comme l’une des plus grosses séries internationales de 2020.

Pour ce projet, l’acteur britannique Patrick Stewart a accepté d’endosser de nouveau le costume du commandant Picard, dont il s’était tenu longtemps éloigné après l’avoir incarné à la télévision dans Star Trek : The Next Generation (1987-1994) puis à quatre reprises au cinéma, pour la dernière fois en 2002 dans Star Trek : Nemesis.

«Cela fait 17 ans que j’ai dit “au revoir” à Jean-Luc. Et j’avais la ferme intention de ne plus retourner dans cet univers, et j’étais en outre persuadé que tout ce qu’il y avait à dire l’avait déjà été», a confié à l’AFP le célèbre acteur, lors d’un déplacement fin 2019 à Paris.

Jusqu’à ce que le créateur de «Star Trek : Picard» Alex Kurtzman, et Michael Chabon, l’un des scénaristes, le séduisent avec leur projet qui ambitionne de renouveler profondément son ancien rôle.

«J’ai trouvé qu’ils avaient des idées inattendues, et qu’ils avaient imaginé un monde différent de celui créé dans Next Generation, dit-il. Il y a un ou deux personnages qu’on retrouve, mais le monde autour d’eux est transformé, ce n’est plus le même». L’action, qui était centrée autour de l’Entreprise dans Next Generation, sera beaucoup plus mouvante et imprévisible, assure-t-il.

Quant à son personnage, «il est dans une situation complètement différente de celle des quatre films et des 178 épisodes» de la série antérieure, décrit-il.

Car l’amiral à la retraite Jean-Luc Picard, symbole d’autorité et de stabilité, a perdu de sa superbe. D’après les rares éléments du scénario qui ont été dévoilés au public, il est déboussolé par le décès de l’androïde Data et n’est plus qu’une relique pour les officiers de Starfleet. Mais une jeune femme en détresse, Dahj, va le pousser à se lancer dans une nouvelle mission...

La série dévoilera des éléments inédits sur les origines de Jean-Luc Picard, et évoquera la culture française (en voie d’extinction dans Star Trek) dont il est imprégné...

«Belle responsabilité»

Des scènes ont été filmées dans un domaine viticole français reconstitué en Californie, «pour que ça ait l’air authentique». «Nous avons essayé de créer un monde aussi français que possible, et je parle même en français pour la première fois», s’amuse Patrick Stewart.

Dans sa nouvelle quête, Picard est secondé par Raffi Musiker, une enquêtrice hors pair, mais troublée par des démons intérieurs, et qui accepte de l’aider malgré leur histoire personnelle «compliquée».

«C’est un personnage qui a eu des difficultés, et qui essaye de s’en sortir comme elle peut... Mais c’est aussi un génie, elle est extrêmement douée. Je crois que son talent l’aide à s’en sortir», explique Michelle Hurd, qui incarne ce personnage tourmenté.

Isa Briones joue Dahj, un autre personnage féminin central, par qui l’action va démarrer. «C’est elle qui débarque et met les choses en mouvement», résume l’actrice, consciente du défi de transmettre à un nouveau public un univers qui inspire des légions de fans.

«C’est une belle responsabilité que nous avons. Il y a tellement de personnes pour qui cette série [Star Trek] a tellement compté, et qu’elle a aidées à sortir de leur coquille, et à trouver des personnes qui pensent comme eux», dit-elle.

La nouvelle série, comme les plus grandes œuvres de la science-­fiction, devrait se faire l’écho de problématiques contemporaines, mais tout en subtilité.

«On raconte des choses qui résonnent avec notre époque, mais on ne s’en rendra compte que tout à la fin», promet Michelle Hurd. Une démarche qui s’inscrit dans la pure tradition de Star Trek : «nous ne donnons pas de leçons, mais on essaye d’apporter un nouvel éclairage sur les tourments de l’humanité».