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<em>Les Misérables</em>
<em>Les Misérables</em>

Notre meilleur du cinéma en 2020

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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Ça peut sembler incroyable, mais il y a eu quelques moments, en 2020, où les cinémas étaient ouverts. Ce qui nous a permis de voir, par exemple, Les Misérables et Une vie cachée, deux longs métrages extraordinaires et extrêmement différents. Les plateformes ont pris le relais et présenté des films que nous n’aurions probablement pas vus en salle, comme Le son du silence ou Never Rarely Sometimes Always… Voici donc les 10 œuvres qui m’ont le plus interpellé ou fait vibrer, réfléchir, rire, pleurer; bref, qui m’ont fait sentir vivant. Malgré tout!

1. Les Misérables de Ladj Ly (France)

Les Misérables se classe dans la catégorie plutôt rare des œuvres cinématographiques aussi percutantes que pertinentes. Le premier long métrage de Ladj Ly a remporté un fort mérité prix du jury au Festival de Cannes 2019. Réalisé avec brio et beaucoup d’acuité, le drame social nous plonge au cœur de la difficile cohabitation entre les laissés pour compte et l’ordre établi dans une banlieue parisienne. Avec une touche documentaire qui nous permet d’imaginer qu’il n’y a pas beaucoup de fiction dans ce film coup de poing.

2. Une vie cachée de Terrence Malick (États-Unis)

<em>Une vie cachée </em>

Un film magistral qu’il faut voir sur le plus grand écran possible afin de s’imprégner de ce drame éblouissant de Terrence Malick. Un long métrage exigeant et un peu austère, mais aussi superbe qui raconte l’histoire vraie de Franz Jägerstätter, un paysan autrichien qui refuse de prêter serment d’allégeance à Hitler parce que l’objecteur de conscience le considère comme l’Antéchrist. Bouleversant!

3. Never Rarely Sometimes Always de Eliza Hittman (États-Unis)

<em>Never Rarely Sometimes Always</em> 

Grand prix du jury à la Berlinale 2020, le drame social d’Eliza Hittman suit les traces d’une adolescente de 17 ans et de sa cousine plus délurée qui s’embarquent dans un véritable parcours de combattantes pour que la première puisse aller avorter légalement à New York. Filmé avec retenue et nuances, Never Rarely Sometimes Always évite le piège du militantisme autant que celui du pathos et de la dramatisation. Une œuvre minimaliste chargée d’émotions.

4. Le son du silence de Darius Marder (États-Unis)

<em>Le son du silence </em>

Pour son premier long métrage, Darius Marder a opté pour le drame de Reuben (Riz Ahmed), le batteur d’un duo métal bruitiste qui perd soudainement l’ouïe. Un prétexte pour raconter les difficultés d’un homme à outrepasser ses dépendances, à accepter son sort cruel et à dépeindre avec beaucoup d’acuité le quotidien dans la communauté des sourds. Un film très puissant qui permettra à Riz Hamed de décrocher une nomination à l’Oscar du meilleur acteur.

5. Désolé de vous avoir manqué de Ken Loach (Grande-Bretagne)

<em>Désolé de vous avoir manqué</em>

Ken Loach aurait facilement pu décrocher sa troisième Palme d’or à Cannes avec ce petit bijou de drame social qui dénonce le capitalisme sauvage sans démagogie. Dans son style épuré et totalement engagé habituel, Loach pose un regard affectueux, avec une pincée d’humour, sur une famille qui vit une tragédie ordinaire, celle d’un père et d’une mère qui rament comme des fous pour arriver. Une illustration sans merci de la «charge mentale».

6. Tenet de Christopher Nolan (Grande-Bretagne)

<em>Tenet</em>

Le pauvre Nolan portait sur ses épaules le poids de la réouverture des cinémas nord-américains pendant la courte fenêtre de l’été. Il a offert un spectaculaire drame d’espionnage, mené tambour battant, en nous en mettant plein la vue et les oreilles, mais avec une proposition complexe sur la relativité du temps. Le genre de films dont on peut discuter longuement en sortant de la projection…

7. Mank de David Fincher (États-Unis)

<em>Mank</em>

Le magnifique long métrage de David Fincher — un pur régal pour les yeux et une offrande pour le cœur et l’esprit — regroupe tout ce qu’il faut pour les Oscars, à commencer par une performance extraordinaire de Gary Oldman dans le rôle-titre ainsi que des prodiges de réalisation et de cinématographie et un scénario comme on n’en voit plus à Hollywood. Respect.

8. Nadia, Butterfly de Pascal Plante (Canada)

<em>Nadia, Butterfly</em> 

Pascal Plante, comme bien d’autres, méritait mieux pour son deuxième long auréolé d’une sélection 2020 à Cannes. Parce qu’il a livré un touchant drame sportif, extrêmement bien tourné et avec un propos original sur le vertige qui saisit les athlètes de pointe au moment de la retraite. Réalisé, en plus, avec deux actrices néophytes (très bonnes, par ailleurs) et un angle proprement féminin. Un cinéaste à suivre.

9. Le blues de Ma Rainey de George C. Wolfe (États-Unis)

<em>Le blues de Ma Rainey</em>

Comme le regretté Heath Ledger, en 2009, Chadwick Boseman pourrait bien décrocher un Oscar à titre posthume — à titre de meilleur acteur dans son cas. Il brille de tous ses feux dans ce long métrage implacable, tout comme Viola Davis dans la peau de la chanteuse Ma Rainey, dénonciation non équivoque de l’exploitation historique des artistes noirs par des producteurs blancs qui laisse aussi part à d’importantes réflexions sur les races, l’art et la religion.

10. Nos mères de César Diaz (Belgique/Guatemala)

<em>Nos mères</em>

Caméra d’or à Cannes 2019, Nos mères s’avère un film puissant et remuant sur la résilience des survivantes du génocide au Guatemala en favorisant une prise de parole intime et humaniste plutôt que la charge pamphlétaire. Dans ce film en partie autobiographique, Diaz suit un jeune anthropologiste qui part à la recherche de son père «disparu politique» qui trouve une communauté de femmes qui veulent pouvoir vivre leur deuil après des années de souffrance. Très fort.

Mentions d’honneur

  • Kajillionnaire de Miranda July
  • Da 5 Bloods de Spike Lee
  • Zappa de Alex Winter
  • Sa maison de Remi Weekes
  • Lucky Chan-Sil de Kim Kyoung Hee
  • 1917 de Sam Mendes
  • 40 ans et encore au micro de Radha Blank
  • Le diable, tout le temps de Antonio Campos
  • De l’aube au crépuscule de Joe Robert Cole
  • L’assistante de Kitty Green

Top 5 européen

  1. Brumes d’Islande de Hlynur Palmason
  2. Au nom de la terre de Édouard Bergeron
  3. Perdrix de Erwan le Duc
  4. Sibyl de Justine Triet
  5. Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin