«Je suis dans le cinéma, mais je suis une fille ordinaire. Pour moi, c’est facile de communiquer avec les gens ordinaires. Je ne me sens pas différente d’eux», affirme la cinéaste Myriam Verreault, marraine du Festival du film de Rivière-du-Loup.
«Je suis dans le cinéma, mais je suis une fille ordinaire. Pour moi, c’est facile de communiquer avec les gens ordinaires. Je ne me sens pas différente d’eux», affirme la cinéaste Myriam Verreault, marraine du Festival du film de Rivière-du-Loup.

Myriam Verreault à la tête et au cœur du festival de Rivière-du-Loup

La cinéaste Myriam Verreault sera à la tête et au cœur du 8e «Vues dans la tête de…» Du 6 au 9 février, le Festival du film de Rivière-du-Loup offrira une programmation qui témoigne des goûts, de la démarche et des thèmes qui inspirent la réalisatrice originaire de Loretteville. Pendant quatre jours, des œuvres choisies par la marraine de l’événement seront projetées sur le grand écran. Elle participera aussi à des projections, à des discussions et à des formations. Entretien.

Q  Pourquoi avoir accepté de parrainer «Vues dans la tête de...»?

R  C’est un concept que je trouve très intéressant. Je suis très impliquée dans l’industrie du cinéma québécois. J’ai beaucoup de connaissances et d’amis dans le milieu. Je trouve ça génial de pouvoir présenter les films des gens que j’admire et de mes amis, pas juste mes films. Je n’ai pas hésité deux secondes. Ça va me permettre de faire découvrir mes coups de cœur aux gens de Rivière-du-Loup. Ça me tient à cœur que le cinéma québécois voyage en région et un festival comme ça le permet.

Q  Avez-vous déjà vécu une expérience semblable?

Non. Je pense que c’est unique, ce concept-là à Rivière-du-Loup. C’est un concept original. Ils ont inventé une bonne formule.

Q  Est-ce que vous êtes à l’aise dans le contact direct avec le public, avec le monde ordinaire?

R  Oui, j’aime ça. Je suis dans le cinéma, mais je suis une fille ordinaire. Pour moi, c’est facile de communiquer avec les gens ordinaires. Je ne me sens pas différente d’eux. Ça me fait vraiment plaisir. Je suis quelqu’un qui est capable de communiquer facilement devant le public. Ça ne me stresse pas du tout. Au contraire, je trouve ça rafraîchissant. On ne fait pas du cinéma pour l’élite, pour les magazines et pour les critiques de cinéma. On fait du cinéma pour le public. C’est ce qui me touche dans ce qui se passe avec Kuessipan présentement. Je suis contente de la réception et de la critique qui est très bonne. Mais, si c’était resté là, j’aurais été un peu déçue parce que d’abord, je l’ai fait pour le grand public. J’aime ça quand le public découvre le film et qu’il est touché. Donc, de me promener pendant trois ou quatre jours à Rivière-du-Loup et de rencontrer le public, en plus d’inviter des gens avec qui je m’entends bien, ça va être un prétexte pour s’amuser toute la fin de semaine!

Q  Est-ce que le fait que cet événement se tienne en région plutôt qu’en milieu urbain prend une saveur ou une couleur différente?

R  Totalement. Les films que je présente sont accessibles pour le grand public par leur genre. Ce qui est triste, c’est que les films québécois ont de la misère à rester à l’affiche longtemps en région. Donc, qu’il y ait un festival comme ça qui peut faire une programmation qu’avec des films québécois, puis de faire découvrir ces films-là qui sont super bons et qui mériteraient d’être plus longtemps dans les cinémas, c’est génial! Il faut plus d’initiatives comme ça! Ce qui est le fun dans le festival à Rivière-du-Loup, c’est qu’il n’y a jamais deux films en même temps. Donc, si quelqu’un a du temps, il peut faire la programmation complète. Il y a un film à la fois, un événement à la fois. On se suit et on peut apprécier ensemble les mêmes films. Quand on se croise, on a vu les mêmes choses. C’est plus propice à la discussion, c’est plus familier. À Rivière-du-Loup, il n’y a aucune barrière entre nous et les gens. Donc, pour suivre la discussion après le film, aller prendre un café ou rester dans le pas de la porte pour jaser, c’est facile pour les gens. La proximité est importante.

Q  Quels sont vos autres projets?

R  J’en ai beaucoup. Je travaille à la saison 2 de 5e Rang à Radio-Canada comme réalisatrice. C’est mon gagne-pain, c’est ma job de tous les jours parce que le cinéma, ce n’est pas payant. Mais le cinéma, c’est autre chose pour moi : c’est plus sacré. Je vais toujours continuer à en faire. Mais en vieillissant, j’avais le souci d’avoir une job steady. Donc, je suis contente de faire 5e Rang; j’adore ça, j’ai beaucoup de plaisir. Les comédiens sont bons. C’est un super travail. Les gens m’appellent pour faire d’autres séries. J’hésite parce que je ne veux pas quitter 5e Rang. En même temps, je suis attirée vers une série lourde plutôt que des téléromans. Mais pour l’instant, je suis très motivée à faire la saison 3, que je vais tourner probablement cet été. En parallèle, je pense à mes projets personnels. Je développe des longs-métrages de fiction. J’ai deux comédies en développement.