Ludivine Sagnier est revenu au premier plan en enchaînant plusieurs films avec des réalisateurs réputés.

Ludivine Sagnier de retour au premier plan

PARIS — En ce froid lundi de janvier (pour Paris), Ludivine Sagnier rayonne. L’actrice française était un peu passée sous les radars ces dernières années, le temps de fonder une famille. Mais à l’aube de ses 40 ans, sa carrière a repris son envol de brillante façon. En tête d’affiche de Lola et ses frères, qui arrive sur nos écrans ce vendredi, elle a aussi tourné avec Daniel Auteuil et sous la lentille d’Hirokazu Kore-eda et de Paolo Sorrentino pour sa série papale. Entretien.

Il y a quatre ans, la muse de François Ozon (La piscine) au début de sa carrière nous accordait une entrevue en allaitant. Cette fois, la blonde actrice, petite robe noire, maquillage discret, sourire éclatant, peut entièrement se concentrer sur la conversation. Et mesure sa chance.

Les films à faire s’imposent d’eux-mêmes, dit-elle, tellement elle est sollicitée par de bons réalisateurs. Parfois, «le goût de jouer avec certains acteurs» s’impose aussi. Comme Lola et ses frères, qui lui permettait de partager le tournage avec José Garcia, Ramzy Bedia et Jean-Paul Rouve (qui réalise aussi).

D’autres fois, les raisons sont plus pratiques. Sa participation à Rémi sans famille (à l’affiche le 19 avril), dans un rôle secondaire, s’inscrit dans un désir de faire revivre au grand écran un personnage «patrimonial» (il s’agit d’une adaptation du très populaire roman initiatique Sans famille d’Hector Malot (1878), à la Oliver Twist de Dickens).

«J’aimais bien l’idée que mes enfants puissent voir ce film, parce qu’il y en a plusieurs que je leur interdis de voir, rigole la mère de trois filles. J’aimais bien l’idée de transmission et aussi d’amener les enfants à la littérature par l’entremise du cinéma. Et puis à travers sa quête, Rémi ne fait pas que chercher sa famille, il se trouve aussi comme artiste et être humain. Et, encore une fois, il y avait des acteurs que j’aime comme Daniel Auteuil et Virginie Ledoyen. J’en suis fière.»

Mais encore, puisque l’actrice n’a pas peur de tourner avec des réalisateurs dont c’est le premier long métrage? «J’aime les défis, mais aussi dévoiler un aspect de moi que je n’ai jamais montré et me prouver que je suis capable de le faire. En fait, il n’y a pas d’idées préconçues», explique cette femme aussi déterminée qu’articulée.

Comme beaucoup d’acteurs, Sagnier joue également pour le petit écran. Surtout quand c’est l’extravagant Paolo Sorrentino qui le demande. Elle interprétait Esther dans The Young Pope (2016), minisérie avec Jude Law et Diane Keaton. Et reprend actuellement son rôle dans The New Pope dont le tournage a commencé «la semaine dernière».

L'actrice Ludivine Sagnier est la tête d'affiche dans Lola et ses frères.

Travailler avec le réalisateur de La grande beauté (Oscar du meilleur film étranger 2014) et de Youth (2016) «est un pur délice. Sa façon d’écrire et sa réalisation ne sont jamais ce que j’avais cru. Parfois, j’imagine qu’il veut que je chuchote alors qu’il me demande de crier. L’inverse est aussi vrai. Je suis toujours surprise. Il repousse constamment mes limites», souligne-t-elle, jamais à court d’éloges pour l’Italien.

«Son esthétique cinématographique baroque est aussi, paradoxalement, une façon d’aller creuser plus profondément l’intimité des sentiments et leurs significations. J’adore ça, même s’il me fait souffrir», dit-elle, amusée.

Ludivine Sagnier était honorée d’être sollicitée pour La vérité (…) de Kore-eda (Une histoire de famille, Palme d’or 2018). Même s’il s’agissait d’un petit rôle. «Je lui ai dit que j’aurais pu seulement porter un plateau de sushis et que j’en aurais été très heureuse.»

En fait, le réalisateur japonais lui proposait le rôle d’une «actrice stupide», dit-elle en riant. «Que ce soit une comédie m’a rassuré, d’autant que toutes mes scènes sont avec Catherine Deneuve.» Elle renouait avec ce «monument» du cinéma français pour une troisième fois après Huit femmes d’Ozon (2002) et Les biens-aimés de Christophe Honoré (2011).

Avec ce tournage qui vient de se terminer, on peut s’attendre à revoir Ludivine Sagnier grimper le tapis rouge au Festival de Cannes où Kore-eda y a ses habitudes.

L’actrice n’a pas l’intention de ralentir le rythme. Trois longs métrages sont en cours ou en postproduction et elle est pressentie pour quatre autres!

Une bonne nouvelle...

Les frais de ce reportage sont payés par Unifrance.