André Gerval (Alban Lenoir) est à la tête d’une unité de tireurs d’élite qui cherche à libérer des enfants pris en otage.

«L’intervention»: tirer à blanc **

CRITIQUE / Au nombre de longs métrages produits en France chaque année, et dont plusieurs de grandes qualités ne trouvent jamais leur chemin jusque dans nos salles, on peut être surpris que «L’intervention» prenne l’affiche. Ce film d’action caricatural et simplet ne doit sa présence ici, imagine-t-on, qu’au fait que son réalisateur Fred Grivois a grandi au Québec.

La prémisse était pourtant prometteuse. Grivois (La résistance de l’air) s’est inspiré d’un fait vécu, que lui a raconté un des protagonistes.

En 1976, à Djibouti, la dernière colonie française, un autobus scolaire de 21 enfants âgés de six à douze ans est pris en otage par un commando. Les quatre militants indépendantistes s’enlisent avec le véhicule dans un no man’s land à la frontière somalienne, ce qui empêche une intervention armée.

Paris va donc y déployer une hétéroclite unité spécialisée menée par André Gerval (Alban Lenoir). Commence alors un jeu de chat et de souris pendant que les tireurs d’élite attendent des ordres qui ne viennent pas. 

Il fait chaud, la tension monte… Encore plus quand la professeure Jane Andersen (Olga Kurylenko) décide de rejoindre ses protégés paniqués dans l’autobus. Au grand dam de Gerval et de son équipe. «On est là pour sauver des hommes, pas jouer aux héros», leur rappelle-t-il.

Exaspérés alors que des Somaliens s’unissent aux terroristes dans l’autobus et d’autres se massent à la frontière, ils vont se lancer dans une opération de sauvetage téméraire en désobéissant à leurs supérieurs… 

Ici, le long métrage prend de grandes libertés avec la prise d’otages de Loyada, dont le bilan ne fut pas aussi glorieux. Pas de suspense sur l’issue du récit — ça s’appelle L’intervention après tout. Grivois réussit néanmoins à maintenir une bonne tension, notamment en multipliant le point de vue des tireurs.

L’action se déroulant dans le milieu des années 70, le réalisateur a voulu recréer l’esthétique de l’époque (les écrans séparés, les cadrages...) et en empruntant à l’atmosphère des westerns de sang et de sueur. Les gars de l’équipe d’intervention sont d’ailleurs dépeints comme des cow-boys — les personnages sont très typés.

Cet hommage appuyé verse toutefois involontairement dans le pastiche, avant de basculer complètement dans une violence gratuite et de mauvais aloi en finale. Le jeu de massacre avec force hémoglobine et musique à l’avenant s’avère un racolage de mauvais goût.

Les dialogues sont pauvres, parfois même ridicules et machos (sans deuxième degré). Les acteurs sont plutôt laissés à eux-mêmes. Dans de telles circonstances, la crème remonte. Alban Lenoir y est à peu près crédible, mais la réelle performance à souligner est celle d’Olga Kurylenko. 

L’ex-James Bond Girl, qu’on a pu voir dans le film français de Daniel Roby, Dans la brume (2018), est tout à fait crédible dans le rôle de cette institutrice qui n’a pas froid aux yeux et qui place le bien-être des enfants au-dessus de tout. 

Ça ne sauve pas L’intervention pour autant.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **

Titre: «L’intervention»

Genre: Action

Réalisateur: Fred Grivois

Acteurs: Alban Lenoir, Olga Kurylenko, Sébastien Lalanne, Vincent Perez

Classement: 13 ans et +

Durée: 1h28

On aime: c’est court. La solide performance d’Olga Kurylenko.

On n’aime pas: l’aspect caricatural. Les personnages typés. La violence gratuite de la finale.