Le film Lego 2: tout n'est pas vraiment génial ***

CRITIQUE / Au cinéma, rares sont les suites qui réussissent à surpasser l’original — à moins d’aller dans une direction radicalement différente. Ce qui n’est pas le cas du Film Lego 2 (The Lego Movie 2). Et comme il ne bénéficie pas de l’effet de surprise du premier (2014) et s’avère moins drôle, il souffre évidemment de la comparaison. Tout n’est pas vraiment génial…

À commencer par cette idée de reprendre l’insupportable chanson originale pour en faire une version remixée. Les créateurs du long métrage d’animation ont beau se moquer de la pop sucrée — qui sert à laver le cerveau des personnages —, le spectateur doit quand même endurer plusieurs numéros musicaux… Numéros qui contribuent au fait que le film souffre aussi de ses longueurs. 

Il ne sert à rien de s’acharner outre mesure sur ce divertissement grand public qui souligne (à gros traits) qu’on peut éviter de perdre son cœur d’enfant en grandissant. Et qui veut combattre le cynisme ambiant. 

Qui de mieux qu’Emmet, l’éternel optimiste, pour mener cette lutte? Cinq après avoir vaincu Lord Business, les habitants de Bricksburg vivent dans une ère de ténèbres rebaptisée Apocalypsburg (un croisement entre Mad Max et La planète des singes). Surviennent les blocs Duplo (une version enfantine des Lego), qui détruisent tout leur passage. 

Leur reine Watevra Wa-Nabi fait enlever Lucie, l’amie spéciale d’Emmet, Batman et leurs alliés. Dans sa quête pour les retrouver et éviter «l’Armamageddon», notre héros délicat et fragile va rencontrer Rex, un alter ego gonflé à la testostérone, croisement entre Star-Lord des Gardiens de la galaxie et le Owen Grady du Monde jurassique…

Les créateurs se sont d’ailleurs amusés à multiplier les références à la culture populaire : cinématographique (du Magicien d’Oz à Die Hard), musicale (de Motley Crue à Radiohead), voire historique (d’Abraham Lincoln à Ruth Bader Ginsburg). 

C’est amusant, mais l’humour y est moins corrosif que le premier, en accord avec l’objectif du long métrage d’offrir une image positive et de mousser le pouvoir de l’imaginaire créatif.

Mike Mitchell a de l’expérience dans ce genre de films, lui qui a dirigé Bob l’éponge (2015) et Les Trolls (2016). Il ne fallait donc pas s’attendre à un miracle. Le but était d’offrir une suite potable. Trisha Gum et lui peuvent être satisfaits sur le plan de la réalisation, créative et colorée. 

C’est plutôt le scénario de Phil Lord et Chris Miller, créateurs du premier long métrage, qui souffre de son manque de concision et de son éparpillement. Bien sûr, on a voulu ajouter des personnages, mais trop, c’est comme pas assez. 

On peut aussi voir le film pour ce qu’il est en partie : une infopub d’1h47. Mais ce serait être un peu trop cynique. Sans vivre au pays des licornes, il faut tout de même admettre que Le film Lego 2 cherche à offrir un moment d’amusement et d’évasion. Parfois, ça fait du bien d’apprécier ce genre de moment pour se changer les idées...

Au générique

Cote : ***

Titre : Le film Lego 2

Genre : Animation

Réalisateurs : Mike Mitchell, Trisha Gum

Classement : Général

Durée : 1h47

On aime : l’animation colorée. Les références à la culture populaire.

On n’aime pas : les longueurs. La surcharge. La musique.