Tous les personnages favoris de la série sont de retour dans le film Downton Abbey.

Le film de la semaine: Downton Abbey ***

CRITIQUE / Il est courant, ces dernières années, qu’un film engendre une série télévisée. L’inverse est plus rare. Et pas toujours avec bonheur. Parce qu’on peut difficilement condenser, dans un long métrage, la multitude d’intrigues et de personnages qui peuplent un récit qui se développe sur la durée. C’est le principal défaut, et aussi la plus grande qualité de Downton Abbey.

Plus de 100 millions de spectateurs dans le monde ayant vu la série de six saisons de Julian Fellowes , pas besoin d’être Einstein pour élaborer un scénario. Suffit de donner aux aficionados ce qu’ils désirent : tous leurs personnages favoris.

Le récit principal devient alors très secondaire, un prétexte pour mettre en place de minces intrigues concernant la famille Crowley, les aristocrates qui règnent sur Downton Abbey, et leurs domestiques. 

Car le splendide domaine n’a plus le faste d’antan et ses propriétaires doivent composer avec leurs petites misères : une fortune un peu moindre et donc moins de personnel, un toit à réparer, une fournaise capricieuse... 

Des sources potentielles d’embarras quand le roi et la reine s’invitent à souper! Mais on peut compter sur les gens de la haute et leurs employés pour se serrer les coudes lorsque l’honneur de la maison est en jeu. C’était vrai en 1927 et ça l’est probablement encore pour les gardiens de la tradition en Angleterre.

En fait, on a vraiment l’impression d’assister à un épisode télé de deux heures. Ce qui n’est guère surprenant puisqu’il a été scénarisé par Fellowes. Ne voulant sacrifier aucun des favoris du public, l’action se déroule sans véritable enjeu dramatique. Chacun a le droit à ses cinq minutes de gloire…

Certains un petit peu plus, comme Lady Violet (Maggie Smith), la comtesse douairière. Notre Machiavel en dentelles manigance pour qu’un héritage tombe dans la besace de son fils, Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville). Au grand désespoir de Lady Merton (Penelope Wilton), sa contrepartie humaniste.

Les passes d’armes entre les deux femmes sont toujours aussi savoureuses, de même que leur humour corrosif, qui contrebalance le ton bon enfant du récit. 

Ce film d’époque à grand déploiement est nappé d’une musique à l’avenant, avec force violons, et d’amples mouvements de caméra — l’intérieur immense de Dowton Abbey, et son colossal escalier s’y prêtent bien. 

Michael Engler ayant passé sa carrière à la télévision américaine, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup d’idées cinématographiques de sa part. Le réalisateur s’est effacé devant son sujet alors qu’il aurait pu jouer plus fortement de la division des classes entre le sang bleu et ceux qui les servent. Mais ça aurait fait mauvais genre...

Évidemment, tout est bien qui finit bien, le drame historique réussissant du surcroît le tour de force de réconcilier monarchistes et républicains!

Bref, ceux qui ont adoré la série vont être ravis même si le film n’apporte strictement rien de plus. Ceux qui ne la connaissent pas ne manqueront rien en passant outre.

Au générique

Cote : ***

Titre : Downton Abbey

Genre : Drame historique

Réalisateur : Michael Engler

Acteurs : Hugh Bonneville, Jim Carter, Laura Carmichael, Michelle Dockery

Classement : Général

Durée : 2h02

On aime : les personnages familiers. 

On n’aime pas : la minceur du scénario. La réalisation de routine.