Jeune Juliette, un film d’Anne Émond.

Jeune Juliette en France

Le long métrage Jeune Juliette, sorti il y a deux semaines, sera projeté sur plus d’une centaine d’écrans en France cet automne par l’entremise du distributeur Ligne 7.

La cinéaste Anne Émond (Nuit #1, Nelly) accompagnera son film dans la tournée de promotion, ainsi qu’au 34e Festival de Namur, le mois prochain, où il a été retenu en compétition officielle. Produit par Sylvain Corbeil, le film raconte l’histoire d’une jeune fille sortie de l’enfance (Alexane Jamieson) qui doit relever le défi de l’acceptation de sa personnalité, de son image corporelle et de ses convictions.

Cinéma

Eva Green confie son attirance pour les personnages complexes

SAINT-SÉBASTIEN — L'actrice française Eva Green a confié samedi à l'AFP son attirance pour les personnages complexes, à l'image de l'astronaute qui doit se séparer de sa fille pour vivre son rêve qu'elle incarne dans «Proxima», en compétition au festival de Saint-Sébastien (nord de l'Espagne).

«J'ai vraiment aimé l'idée de cette femme astronaute déchirée entre poursuivre son rêve et devoir abandonner sa fille. C'est toujours intéressant pour un acteur d'incarner un personnage en proie à un conflit», a expliqué Eva Green.

Proxima est réalisé par la Française Alice Winocour. «Elle est très exigeante, elle vous pousse en dehors de votre zone de confort, ce que j'apprécie, parce que j'aime la difficulté, j'aime devoir dépasser mes limites», a ajouté l'actrice, notamment remarquée comme James Bond girl en 2006 dans Casino Royale, ainsi que dans la série d'horreur victorienne Penny Dreadful.

De fait, Eva Green s'est soumise à un entraînement physique rigoureux pour entrer dans la peau de Sarah, une spationaute française qui s'entraîne à l'Agence spatiale européenne, à Cologne.

«J'ai dû faire de la musculation parce que les femmes astronautes doivent avoir un dos solide pour pouvoir porter les combinaisons spatiales, qui sont très très lourdes», a-t-elle expliqué.

«Les films qui se passent dans l'espace en donnent parfois une idée glamour, mais en fait, aller dans l'espace, c'est très dur pour le corps. Il faut être un peu fou pour le faire, ce sont des superhéros!»

Dans le film, qui a été tourné dans de vrais centres d'entraînement d'astronautes, Sarah est sélectionnée pour rejoindre l'équipage de la mission «Proxima», qui doit passer un an sur la Station spatiale internationale, en vue d'un voyage vers Mars.

Une relation mère-fille qui se brise

Mais cela signifie se séparer de sa petite fille de sept ans, qui va devoir vivre avec son père. Alors qu'elle subit les épreuves les plus exigeantes, Sarah doit se faire à l'idée qu'elle doit abandonner Stella si elle veut vraiment réaliser son rêve d'aller dans l'espace.

Le film tourne davantage autour des relations humaines que des effets spéciaux, montrant comment se brise la relation entre une mère et sa fille — interprétée par Zélie Boulant, «une actrice d'une profondeur surprenante pour son âge, très spontanée et avec beaucoup de grâce», selon Eva Green.

Le fait que la réalisatrice et l'actrice principale soient des femmes montre que l'industrie du cinéma évolue, d'après elle.

«C'est un film formidable parce qu'il prend un point de vue féministe, c'est très stimulant de voir une femme astronaute, qui rivalise dans un environnement masculin, dans lequel elle doit bien sûr travailler et s'entraîner plus dur simplement pour être considérée comme une égale», a commenté Eva Green.

Quoi qu'il en soit, il y a encore du pain sur la planche, estime-t-elle. «Les femmes devraient recevoir le même salaire que les hommes, que ce soit au cinéma, dans les entreprises ou dans n'importe quel domaine où elles font le même travail qu'eux. Là, il n'y a pas encore eu beaucoup de progrès...»

Proxima, filmé en anglais, français, allemand et russe, dont la distribution compte également l'Américain Matt Dillon et l'Allemand Lars Eidinger, est en compétition avec 15 autres films pour recevoir la Concha de Oro (Coquille d'or), qui sera décernée samedi prochain.

Cinéma

«Les Misérables» de Ladj Ly, candidat de la France pour les Oscars

PARIS — «Les Misérables» de Ladj Ly, film coup de poing sur les violences policières dans les banlieues, est le candidat de la France pour l’Oscar du meilleur film international, a annoncé vendredi le Centre national du cinéma (CNC).

Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, présenté au dernier Festival de Toronto, «Les Misérables» raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible de Seine-Saint-Denis, département jouxtant Paris, à travers le destin de «Pento» (Damien Bonnard), un flic qui débarque à la brigade anticriminalité de Montfermeil et va se retrouver pris dans une situation qui le dépasse.

Premier long métrage de fiction de Ladj Ly, 39 ans, Les Misérables, qui sortira en France le 20 novembre et dont Amazon a acquis les droits pour les États-Unis, est déjà vendu dans plus d’une cinquantaine de territoires à travers le monde.

La commission chargée de désigner le candidat de la France aux Oscars avait présélectionné en début de semaine trois longs métrages: Les Misérables, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, récit d’une romance interdite entre deux femmes dans un XVIIIe siècle corseté, et Proxima d’Alice Winocour, avec Eva Green en astronaute.

La 92e cérémonie des Oscars aura lieu le 9 février 2020 à Los Angeles.

La course est encore longue pour l’Oscar du meilleur film international: les pays font leur proposition, puis l’Académie des Oscars publie une première liste de films sélectionnés en décembre, avant d’annoncer en janvier la liste définitive des cinq films nommés.

La France n’a pas remporté l’Oscar du meilleur film étranger depuis 1993. Elle avait alors été récompensée pour «Indochine» de Régis Wargnier, avec Catherine Deneuve.

La statuette avait été remportée aux derniers Oscars par Roma d’Alfonso Cuaron.

Cinéma

«Antigone» de Sophie Deraspe choisi pour représenter le Canada aux Oscars

MONTRÉAL — «Antigone», de Sophie Deraspe, a été choisi pour représenter le Canada dans la course à l'Oscar du meilleur film international.

Le long métrage a été sélectionné parmi 16 films soumis au comité.

Inspiré de la tragédie de Sophocle, le film raconte l’histoire du personnage titre, qui, en aidant son frère à s’évader de prison, confronte les autorités: la police, le système judiciaire et pénal ainsi que le père de son petit ami.

Le film met en vedette Nahéma Ricci, Nour Belkhiria, Rachida Oussaada, Antoine Desrochers, Rawad El-Zein, Paul Doucet, Hakim Brahimi, Jean-Sébastien Courchesne et Benoit Gouin.

«Antigone» a déjà permis à Sophie Deraspe de remporter le prix du meilleur film canadien au dernier Festival international du film de Toronto.

La réalisatrice devra maintenant attendre jusqu’au 16 décembre pour savoir si son film fera partie de la courte liste de 10 longs métrages choisis parmi l’ensemble des films reçus par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Parmi cette liste, cinq titres seront officiellement mis en nomination le 13 janvier 2020.

Selon Téléfilm Canada, 61 pays ont déjà soumis leur candidature pour le meilleur film international.

La 92e soirée des Oscars aura lieu le 9 février prochain.

Le film Antigone prendra l’affiche au Québec en novembre.

Cinéma

Le film de la semaine: Downton Abbey ***

CRITIQUE / Il est courant, ces dernières années, qu’un film engendre une série télévisée. L’inverse est plus rare. Et pas toujours avec bonheur. Parce qu’on peut difficilement condenser, dans un long métrage, la multitude d’intrigues et de personnages qui peuplent un récit qui se développe sur la durée. C’est le principal défaut, et aussi la plus grande qualité de Downton Abbey.

Plus de 100 millions de spectateurs dans le monde ayant vu la série de six saisons de Julian Fellowes , pas besoin d’être Einstein pour élaborer un scénario. Suffit de donner aux aficionados ce qu’ils désirent : tous leurs personnages favoris.

Le récit principal devient alors très secondaire, un prétexte pour mettre en place de minces intrigues concernant la famille Crowley, les aristocrates qui règnent sur Downton Abbey, et leurs domestiques. 

Car le splendide domaine n’a plus le faste d’antan et ses propriétaires doivent composer avec leurs petites misères : une fortune un peu moindre et donc moins de personnel, un toit à réparer, une fournaise capricieuse... 

Des sources potentielles d’embarras quand le roi et la reine s’invitent à souper! Mais on peut compter sur les gens de la haute et leurs employés pour se serrer les coudes lorsque l’honneur de la maison est en jeu. C’était vrai en 1927 et ça l’est probablement encore pour les gardiens de la tradition en Angleterre.

En fait, on a vraiment l’impression d’assister à un épisode télé de deux heures. Ce qui n’est guère surprenant puisqu’il a été scénarisé par Fellowes. Ne voulant sacrifier aucun des favoris du public, l’action se déroule sans véritable enjeu dramatique. Chacun a le droit à ses cinq minutes de gloire…

Certains un petit peu plus, comme Lady Violet (Maggie Smith), la comtesse douairière. Notre Machiavel en dentelles manigance pour qu’un héritage tombe dans la besace de son fils, Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville). Au grand désespoir de Lady Merton (Penelope Wilton), sa contrepartie humaniste.

Les passes d’armes entre les deux femmes sont toujours aussi savoureuses, de même que leur humour corrosif, qui contrebalance le ton bon enfant du récit. 

Ce film d’époque à grand déploiement est nappé d’une musique à l’avenant, avec force violons, et d’amples mouvements de caméra — l’intérieur immense de Dowton Abbey, et son colossal escalier s’y prêtent bien. 

Michael Engler ayant passé sa carrière à la télévision américaine, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup d’idées cinématographiques de sa part. Le réalisateur s’est effacé devant son sujet alors qu’il aurait pu jouer plus fortement de la division des classes entre le sang bleu et ceux qui les servent. Mais ça aurait fait mauvais genre...

Évidemment, tout est bien qui finit bien, le drame historique réussissant du surcroît le tour de force de réconcilier monarchistes et républicains!

Bref, ceux qui ont adoré la série vont être ravis même si le film n’apporte strictement rien de plus. Ceux qui ne la connaissent pas ne manqueront rien en passant outre.

Cinéma

Louis Bélanger: jeunesse et crime désorganisé

Vivre à 100 milles à l’heure, le dernier film de Louis Bélanger, s’ouvre sur un flash qu’il avait eu, sur la route vers Montréal, il y a cinq ans, après avoir été intronisé au «Hall of Fame» de la polyvalente de Charlesbourg. Le cinéaste s’est revu faire son discours, embelli pour les besoins du décorum et expurgé de quelques épisodes peu glorieux.

«Non, mais ça prend-tu un plein de marde, s’est-il alors dit. Si le monde savait mon parcours et tout ce que j’ai pu faire ici...»

Cinéma

«Le cygne de cristal»: Le rêve américain *** 1/2

CRITIQUE / La présence du «Cygne de cristal» en compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec n’est pas fortuite. La comédie dramatique de Darya Zhuk dépeint avec justesse et humour les aspirations d’une certaine jeunesse éprise de liberté qui rêve de l’Amérique dans la Biélorussie postcommuniste. Un bienvenue dépaysement !

Cette jeunesse est incarnée par Velya (Alina Nasibullina), une DJ de Minsk qui espère faire fortune aux États-Unis. Encore faut-il réussir à sortir du pays. Ce qui n’a rien d’évident en 1996.

Cinéma

Alina Nasibullina: Signe des temps

À l’ère soviétique, on expédiait les dissidents au goulag. Il y a 10 ans, Alina Nasibullina a fait le chemin inverse, de sa Sibérie natale à Moscou. La jeune femme s’est inscrite à une prestigieuse école d’art en interprétation. «Le cygne de cristal», film qui fait la tournée des festivals et a représenté la Biélorussie aux Oscars l’an dernier, lui donne l’occasion d’acquérir une renommée qui dépasse les frontières de la Russie. Le Soleil a rencontré la charmante actrice lors de son passage au Festival de cinéma de la ville de Québec.

La petite brunette de 29 ans affiche un air décontracté, fumant une cigarette sur le parvis de l’hôtel. La simplicité demeure une fois installée à une table pour l’entrevue. Yeux rieurs à peine maquillés, kangourou noir et jupe de jeans, cette décontraction n’affecte pas son charisme, le même qu’elle affiche en se glissant dans le rôle de la pétillante Velya dans le décapant premier long métrage de Darya Zhuk.

Cinéma

Safy Nebbou: Une femme peut en cacher une autre

Le vol d’identité est dans l’air du temps, mais celui de «Celle que vous croyez» s’avère particulier. Pour épier son amant moins âgé, une universitaire de 50 ans se crée un faux profil de jeune femme sur les réseaux sociaux. Ce qui commence comme un jeu va prendre une dimension plus sérieuse — et dramatique — lorsqu’elle tombe virtuellement en amour du meilleur ami de son copain.

Safy Nebbou (Dans les forêts de Sibérie) met en scène un mélange de drame sentimental et de suspense sur les variations vérité/mensonge, porté avec sa grâce habituelle par une Juliette Binoche à fleur de peau. Le Soleil l’a rejoint en Grèce, où il séjournait en vacances, pour discuter de ces «Liaisons dangereuses 2.0».

Cinéma

«Fourmi»: la fierté de son père ***

CRITIQUE / «Fourmi» présente le genre d’histoire qui fait rêver bien des enfants. Le talent de Théo (Maleaume Paquin) est remarqué par un recruteur de l’Arsenal — l’équivalent au foot des Canadiens au hockey. Son père Laurent (François Damiens), chômeur alcoolique, y voit la chance d’obtenir un nouveau départ...

À 13 ans, Théo aimerait bien voir son père plus souvent. Mais c’est sa mère Chloé (Ludivine Sagnier) qui a la garde à temps plein. Parce que Laurent a baissé les bras après la fermeture de l’usine, dans un village avec une majorité d’oisifs. Ses comportements d’énergumène, surtout sur les abords du terrain, exaspèrent tout le monde — Théo compris.

Cinéma

FCVQ : les grands honneurs pour «Kuessipan»

Le très beau «Kuessipan» de Myriam Verreault a obtenu le grand prix de la compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Le long métrage suit la trajectoire commune de deux jeunes Innues, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, alors qu’elles doivent destiner de leur futur respectif. Tourné à Sept-Îles, Kuessipan reçoit des accolades depuis sa présentation en première mondiale au festival de Toronto (TIFF).

Cinéma

À voir au FCVQ jeudi

VIVRE À 100 MILLES À L'HEURE

Louis Bélanger, (Le Diamant, 20h) 

Grande première pour ce récit initiatique (librement inspiré de l’enfance du réalisateur) où Louis Bélanger suit l’évolution de trois petits bums téméraires en pushers à l’adolescence tumultueuse qui vont plonger dans la dope. Le cinéaste filme le vrai visage de Québec, en évitant les clichés de cartes postales. À la fois tendre et implacable.

BITCH! UNE INCURSION DANS LA MANOSPHÈRE

Charles Gervais, (Conservatoire d’art dramatique, 17h30)

Cinéma

À voir au FCVQ mercredi

FORREST GUMP

Robert Zemekis, Place D’Youville, 20h

Un classique projeté un plein air, ça ne se refuse pas. Parce que Forrest Gump, ce n’est pas seulement des répliques cultes, du réalisme magique à la sauce hollywoodienne et une leçon de résilience et de courage. C’est aussi une belle histoire d’amour...

KUESSIPAN

Myriam Verreault, Palais Montcalm, 20h

Cinéma

Les cégépiens connaissent peu le cinéma québécois

Les étudiants de cégep connaissent peu le cinéma québécois. Ils sont 57% à être incapables de nommer cinq films de réalisateurs d’ici. Pire, 42% en savent peu sans pour autant chercher à en savoir davantage. Or, malgré ce faible intérêt, une étude démontre qu’ils sont nombreux à réagir de façon enthousiaste à la projection d’un film québécois dans le cadre d’un cours. Tout n’est donc pas tellement noir entre la nouvelle génération et notre cinématographie mal aimée…

Le pourcentage de 71% d’étudiants qui accueillent de manière positive ou très positive un film québécois (ou un extrait) pour étayer une matière en classe, a agréablement surpris Marianne Gravel, professeure de cinéma au cégep Garneau, auteure de l’enquête Le cinéma québécois dans l’environnement collégial, effectuée en collaboration avec Laurent Pelletier, enseignant de mathématiques au même établissement, et Christian Poirier, professeur à l’Institut national de la recherche scientifique.

Cinéma

À voir au FCVQ mardi

LE CYGNE DE CRISTAL

Darya Zhuk, MNBAQ, 19h

Le décapant et coloré Cygne de cristal flirte avec l’absurde à la Ionesco — surtout qu’il se déroule dans la Biélorussie postcommuniste. Après avoir commis une erreur dans sa demande de visa pour les États-Unis, Velya doit s’incruster dans une famille que la jeune femme ne connaît pas, en attendant auprès d’un téléphone qui ne sonne pas!

ALEXANDRE LE FOU

Pedro Pires, MNBAQ, 15h30

Pedro Pires a commencé sa carrière avec François Girard (notamment Le violon rouge), l’a poursuivie avec Robert Lepage (Triptyque), tout en traçant son chemin. Il présente en compétition son plus récent effort, un film incandescent sur un schizophrène qui cherche l’amour auprès d’une psychotique...

CIMES

Daniel Daigle, MNBAQ, 21h30 

Cinéma

«Le Grand Froid 2»: Place d’Youville comme vous ne l’avez jamais vue

Fort du succès remporté l’an dernier par son expérience de «réalité virtuelle bonifiée» à Place d’Youville, le Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ) offre au public la chance de (re) découvrir ce concept qui pose les jalons du cinéma de demain.

La première mouture du Grand Froid proposait une virée spatio-temporelle dans une Place d’Youville dystopique. La nouvelle version, bâtie autour du thème du rassemblement, fruit du travail de José Morin, Pishier et Simon Giguère, élève l’expérience d’un cran avec l’ajout d’éléments sensoriels. Moins glauque, plus festive et encore plus déconcertante.

Multisensoriels

Après avoir enfilé une paire de lunettes et un casque d’écoute, le visiteur, assis sur un fauteuil, se retrouve grâce à la magie de la technologie sur un chariot se déplaçant sur des rails, comme dans les montagnes russes, la vitesse en moins.

La reconstitution de Place d’Youville, cœur du FCVQ, avec ses immeubles et son architecture, est confondante. Au-dessus de notre tête, le même dôme, où virevoltent les flocons de neige.

Dès le départ, à notre droite, des hommes regroupés autour d’un feu, à une époque fort lointaine. Un appareil placé près du fauteuil crée l’illusion de la chaleur. La lampe de poche fournie au départ permet d’éclairer, ici et là, des éléments du décor et de faire jaillir des styles musicaux de personnages.

Le visiteur perd la notion du temps et de l’espace. Le chariot prend un temps d’arrêt devant un immeuble d’Honoré-Mercier où se déroule un party monstre, avant de reprendre sa route. Sous notre siège, quelques vibrations. Juste avant l’arrivée, une légère brise nous caresse le visage. Des flocons de neige tombent lentement.

Pendant cinq minutes, l’esprit est transporté dans une autre dimension, mais le corps, lui, il faut se le rappeler par moment, demeure au même endroit. On quitte cet univers avec la drôle de sensation d’avoir vécu un rêve éveillé. 

Il en coûte 5$ pour vivre l’expérience immersive du Grand Froid 2.

Cinéma

Brad Pitt parle apesanteur et... corne des pieds avec un astronaute

WASHINGTON — Brad Pitt a appelé la Station spatiale internationale (ISS) lundi et la conversation avec l'astronaute américain Nick Hague a vite roulé sur les conséquences inattendues de la vie en apesanteur.

«La corne de mes pieds a rapidement disparu, car je ne marche plus sur la plante des pieds», a expliqué Nick Hague, qui occupe actuellement l'ISS avec deux autres Américains, deux Russes et un Italien. «Mais j'ai des callosités sur le dessus du pied, sur le gros orteil, car je suis constamment en train de m'accrocher aux choses avec le gros orteil.»

Cinéma

À voir au FCVQ lundi

POUR SAMA

Edward Watts, Waad Al-Kateab, MNBAQ, 13h

Une proposition qui nous permet de voir de l’intérieur comment la population civile a vécu la guerre en Syrie. Pour Sama est la lettre d’amour d’une jeune mère à sa fille qui chronique les cinq années du soulèvement d’Alep et un dilemme intolérable : partir ou rester?

CINÉPHILO

Collectif, Agora de l’Assemblée nationale, 19h30

Cinéma

«Jojo Rabbit» récompensé à Toronto

TORONTO — Surprise au Festival international des films de Toronto : la comédie satirique «Jojo Rabitt» de Taika Waititi a remporté dimanche le prix du public.

Le film, qui se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte l'histoire d'un Allemand membre des Jeunesses hitlériennes qui découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans le grenier de la maison. Ce long-métrage met en vedette Scarlett Johansson, Rebel Wilson et le réalisateur Waititi qui interprète le rôle de l'ami imaginaire de l'enfant : une version flamboyante d'Adolf Hitler.

Cinéma

«Bull», portrait d'une Amérique à l'abandon, couvert de récompenses à Deauville

DEAUVILLE — Le 45e Festival du cinéma américain de Deauville a décerné trois prix à «Bull» («taureau») d'Annie Silverstein, portrait d'une Amérique de Trump abandonnée par ses politiques, a annoncé samedi Catherine Deneuve, présidente d'un des jurys.

Ce premier film «dresse un tableau extrêmement juste et troublant de l'Amérique de Donald Trump, cette Amérique abandonnée par ses politiques que ce soit dans l'école ou dans la santé», a estimé la comédienne Anna Mouglalis, présidente du jury de la révélation qui a, comme le jury de Catherine Deneuve, et celui de la critique, couronné «Bull».

Le film raconte la rédemption de Kris, une adolescente de 14 ans vivant dans la banlieue pauvre de Houston. La jeune fille donne l'impression de suivre le chemin de sa mère, qui purge une peine de prison.

Après avoir saccagé la maison de son voisin dans un acte purement gratuit, elle doit faire amende honorable, et prêter main forte au propriétaire de la maison vandalisée qui est une ancienne gloire du rodéo. Elle se découvre alors une passion pour l'art de monter les taureaux à cru.

Gérard Lefort, président du jury de la critique, a salué de son côté «une histoire captivante, une actrice sidérante de maturité [Amber Havard] malgré son jeune âge, des situations dérangeantes et imprévisibles».

Pour le journaliste, ce film «invente un territoire tant par son cadrage, son montage, son scénario, sa façon d'entremêler le documentaire à la fiction».

«Actrice sidérante»

«C'est un film politique sans jamais être dogmatique, a ajouté Anna Mouglalis. La réalisatrice réinvente le récit d'apprentissage sur fond de désastre social. Elle renverse tous les codes déjouant les clichés au sein d'une Amérique qu'on croit connaître, celle du Texas et du milieu du rodéo.»

Le film, qui avait aussi fait partie de la sélection Un certain regard à Cannes, n'a pas de date de sortie en France. Sa réalisatrice n'a pas pu faire le déplacement à Deauville, selon les organisateurs.

Quatorze films «ambitieux et réussis» étaient en compétition dont neuf premiers films et six signés par des femmes, selon Catherine Deneuve.

Outre le Grand Prix attribué à Bull, son jury a également décerné un prix à deux autres films, une comédie et un film plus sombre. The Climb est un premier film de Michael Angelo Covino, comédie sur l'amitié entre deux quadragénaires, «presque un film de Claude Sautet», avec une apparition de Judith Godrèche, selon Bruno Barde, directeur du festival. Arrive ex-aequo à cette seconde place The Lighthouse de Robert Eggers, avec Robert Pattinson et Willem Dafoe, «un film en noir et blanc hypnotique et hallucinatoire, un peu dérangeant sur deux gardiens de phare qui vont se battre», selon Bruno Barde.

Catherine Deneuve a également décerné un Prix spécial du 45e anniversaire du Festival à Swallow («avale»), de Carlo Mirabella-Davis. Le film raconte l'histoire d'une jeune femme mariée à un homme incarnant la réussite sociale et souffrant d'un syndrome qui la pousse à manger des objets.

«Il est important de reconnaître que nous avons à la Maison-Blanche quelqu'un de raciste et de sexiste, dont il faut essayer d'éviter qu'il soit réélu», a dit samedi soir le réalisateur en recevant son prix pour un film qu'il veut «féministe».

Le Prix du public de la Ville de Deauville revient à The Peanut Butter Falcon de Tyler Nilson et Michael Schwartz. Ce premier film réjouissant conçu pour un acteur trisomique raconte dans l'esprit de Mark Twain l'histoire d'un jeune handicapé qui a fui la maison de retraite où il était retenu malgré ses 22 ans. Il affiche une distribution remarquable (Shia Labeouf, Dakota Johnson, John Hawkes, Thomas Haden Church, Bruce Dern).

En tête à l'applaudimètre de la salle de 1500 personnes samedi soir à Deauville, Port Authority de Danielle Lessovitz, une histoire d'amour entre un jeune homme en conditionnelle et une jeune femme transsexuelle, n'a remporté aucun prix.

Cinéma

Boris Johnson, un fan du «Parrain» qui embarrasse Coppola

LONDRES — Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi ou... Boris Johnson. Le légendaire réalisateur Francis Ford Coppola a confié son embarras à l’idée que certains fans de son film «Le Parrain» puissent y trouver source d’inspiration, étrillant au passage un Brexit qui va selon lui mener le Royaume-Uni «à sa ruine».

Dans un courriel au site Financial News basé à Londres, le cinéaste américain se dit embarrassé que «+Le Parrain+ semble être le film préféré des personnages les plus brutaux de l’histoire récente, dont Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et d’autres».

«Je me sens mal que des scènes d’un film de gangsters puissent servir d’inspiration dans le monde réel ou encouragent quelqu’un qui est sur le point de mener le Royaume-Uni bien-aimé à sa ruine», confie Coppola, même s’il s’avoue «incompétent à donner (son) avis sur des questions politiques».

Interrogé par le tabloïd Daily Mail début juillet, avant qu’il n’accède au poste de premier ministre, sur sa scène préférée au cinéma, Boris Johnson avait cité la scène des représailles sanglantes à la fin du premier épisode du «Parrain» (1972), dans laquelle Al Pacino massacre les chefs des clans rivaux de New York.

Cet aveu est devenu un mème sur les réseaux sociaux lorsque «BoJo», qui tient à ce que le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 octobre coûte que coûte, n’a pas hésité à faire expulser 21 députés conservateurs rebelles qui s’opposaient à sa stratégie.

«J’aime le Royaume-Uni et ses nombreuses contributions aux avancées de l’humanité, de notre magnifique langue à la physique newtonienne ou la pénicilline, et je suis horrifié qu’il puisse ne serait-ce qu’envisager une chose aussi insensée que de quitter l’Union européenne», ajoute M. Coppola, 80 ans, cité par le site d’information financière.

À ses yeux, les conséquences du Brexit pourraient plutôt s’apparenter à Apocalypse Now (1979), son film culte sur la guerre du Vietnam.

Cinéma

À Deauville, Kristen Stewart en Jean Seberg harcelée par le FBI

DEAUVILLE — L’actrice américaine Kristen Stewart a présenté vendredi à Deauville «Seberg», un thriller dans lequel l’icône de la nouvelle vague voit sa vie détruite par le FBI parce qu’elle a financé les Black Panthers.

À la fin des années 60, «le FBI a diffamé Jean Seberg et illégalement acquis des informations pour saboter sa carrière et sa vie privée. Et ce qui est fou c’est qu’on ne le sache que maintenant parce que cela a été camouflé avec succès», a déclaré devant des journalistes à Deauville l’actrice qui donnait la réplique à Robert Pattinson dans Twilight.

La sortie en France de «Seberg» dans lequel jouent également Anthony Mackie, Vince Vaughin et Ivan Attal (dans le rôle de Romain Gary, mari de Jean Seberg) «n’est pas fixée» selon son distributeur.

Projeté vendredi soir dans une salle de 1.500 personnes dans le cadre du festival du cinéma américain de Deauville, le film a été brièvement applaudi par le public.

L’icône d’»A bout de souffle» a «dû s’expatrier et elle n’est jamais revenue parce qu’elle avait été attaquée vraiment violemment», a ajouté la comédienne qui a reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour «Sils Maria» du réalisateur français Olivier Assayas.

Le film basé sur «des faits, et des documents du FBI» n’est «pas un biopic sur la vie de Jean. Je voulais me concentrer sur ce qui lui est arrivé entre 1968 et 1971», ajoute le réalisateur Benedict Andrews dans le dossier de presse du film.

«Jean n’a en aucun cas été la plus grande victime de cette campagne de harcèlement systématique et de persécution du FBI. Son destin fait figure d’une sorte de tragédie, une vie lumineuse détruite par la machinerie de la surveillance d’État», poursuit le réalisateur australien qui signe son second long métrage.

Pour Benedict Andrews, «l’histoire de Jean reflète directement notre réalité actuelle: le racisme impressionnant de la politique américaine, le défi de distinguer la vérité des mensonges à l’ère des dites fake news, et une culture de la surveillance de masse».

Avec à sa tête Edgar Hoover, le FBI avait mené une impitoyable guerre qui aboutit à la décomposition des Black Panthers la fin des années 70. Cette campagne a été condamnée par le Congrès selon le film.

Cinéma

Corruption pour entrer à l’université: 2 semaines de prison pour Felicity Huffman

BOSTON — L’actrice américaine Felicity Huffman a été condamnée vendredi à deux semaines de prison pour avoir payé 15 000 dollars afin de falsifier les tests d’entrée à l’université de sa fille aînée, dans le cadre d’un vaste scandale de corruption qui a éclaboussé la jet set.

L’actrice de 56 ans, devenue mondialement célèbre pour son rôle dans la série télévisée Desperate Housewives, avait plaidé coupable en mai : elle avait admis avoir versé ces 15 000 dollars au responsable d’une société spécialisée dans la préparation aux tests SAT d’entrée dans les universités américaines, pour que les résultats de sa fille aînée soient améliorés.

Felicity Huffman, venue au tribunal en robe bleu marine, accompagnée de son mari William Macy, devrait commencer à purger sa peine dans six semaines, le 25 octobre.

Sur la trentaine de parents inculpés dans cette affaire, elle est la première à connaître sa peine.

L’audience au tribunal fédéral de Boston vendredi était considérée comme un test de la sévérité que montrerait la justice face à des accusés blancs et fortunés.

Le procureur fédéral avait demandé à la juge Indira Talwani une peine légère d’un mois de prison, faisant notamment valoir que de riches parents ne pouvaient pas impunément corrompre le système d’admissions.

Les avocats de l’actrice avaient eux plaidé contre la prison, proposant un an de liberté conditionnelle, des travaux d’intérêt général et une amende de 20 000 dollars.

«Acquitter votre dette»

La juge Indira Talwani a tranché pour une brève incarcération, assortie de 30 000 dollars d’amende et de 250 heures de travaux d’intérêt général.

Cette peine permettra selon elle à l’actrice de «reconstruire sa vie». «Après cela, vous aurez acquitté votre dette», a déclaré la juge, selon des journalistes présents dans la salle. «Sans cette sentence, les gens vous demanderaient à l’avenir comment vous vous en êtes tiré à si bon compte».

«J’accepte sans réserve la décision d’aujourd’hui [...] il n’y a pas d’excuse ni de justification pour ce que j’ai fait», a assuré Felicity Huffman, dans une déclaration transmise par un porte-parole.

«Je peux vous promettre que dans les mois et années à venir, je vais essayer de mener une vie plus honnête, donner un meilleur exemple à mes filles et ma famille», a ajouté l’actrice.

Dans une lettre de trois pages envoyée au juge début septembre, l’actrice avait expliqué pourquoi elle avait jugé bon de payer pour falsifier les tests de sa fille, qui avait eu une scolarité difficile, mais ne lui avait rien demandé.

«Être une bonne mère»

«Dans ma volonté désespérée d’être une bonne mère, je me suis convaincue que je ne faisais que donner à ma fille une chance honnête», écrivait l’actrice. «Je vois maintenant l’ironie qu’il y a là-dedans, car ce que j’ai fait était le contraire d’honnête. J’ai enfreint la loi, trompé le monde éducatif, trahi ma fille et n’ai pas été à la hauteur de ma famille.»

Felicity Huffman, qu’on peut voir depuis août sur Netflix dans une nouvelle comédie, Otherhood, ajoutait qu’elle éprouverait «honte et regrets» pour le reste de sa vie.

50 accusés

Au total, 50 personnes ont été poursuivies dans ce dossier de corruption, dont une trentaine de parents, pour certains patrons d’entreprises ou avocats.

Ils sont accusés d’avoir payé des sommes allant jusqu’à 6,5 millions de dollars pour faciliter l’entrée de leurs enfants dans de prestigieuses universités, dont UCLA, l’Université de Californie du Sud (USC), Stanford, Yale ou Georgetown. Vingt-trois personnes ont déjà plaidé coupable.

Le scandale avait éclaté mi-mars : l’ex-patron d’une société spécialisée de préparation aux examens, William Singer, avait reconnu avoir mis sur pied un système bien rodé, allant de la triche aux examens jusqu’à la corruption d’entraîneurs sportifs universitaires, pour garantir l’admission de ces enfants de la bonne société dans de bonnes universités.

M. Singer, qui aurait reçu au total environ 25 millions de dollars, a collaboré avec les enquêteurs et enregistré ses conversations avec plusieurs parents, dont Felicity Huffman.

L’autre célébrité impliquée dans ce scandale est l’actrice Lori Loughlin, surtout connue pour son rôle dans la série La fête à la maison.

Elle et son mari ont plaidé non coupable, et attendent leur procès.

Cinéma

Festival de Toronto : l'espace s'explore au féminin et au-delà des stéréotypes

TORONTO — La conquête de l’espace se décline au féminin cette année au Festival de Toronto (Tiff) avec deux films dans lesquels Natalie Portman et Eva Green explorent, chacune à leur manière, les tourments des femmes astronautes.

«Lucy in the Sky» s’ouvre avec Natalie Portman en apesanteur, zen dans sa grosse combinaison spatiale, suppliant ses supérieurs de rester quelques minutes de plus dans l’espace, au-dessus de la Terre, avant de retourner sur le plancher des vaches et de retrouver la routine du quotidien.

Dans «Proxima», Eva Green navigue à travers les défis que rencontrent les astronautes, un club élitiste peu ouvert aux femmes, et en particulier l’exigeante préparation au voyage dans l’espace.

Les deux actrices marchent dans les pas d’autres grandes stars d’Hollywood ayant enfilé le costume d’astronautes au cours des dernières années: George Clooney et Sandra Bullock («Gravity»), Matt Damon («Seul sur Mars»), Matthew McConaughey («Interstellar»), Ryan Gosling («First Man: Le Premier homme sur la Lune») et Brad Pitt dans «Ad Astra», bientôt sur les écrans.

Tourner dans une épopée spatiale «est tellement un rêve d’enfant», a confié Natalie Portman à l’AFP. «Il y a seulement environ 80 personnes qui, jusqu’à présent, sont allées dans l’espace... c’est vraiment une rare opportunité et ce sont des personnalités uniques» qui ont réalisé ces voyages spatiaux.

«Je pense que je suis un peu trop âgée maintenant» pour postuler à la Nasa, a plaisanté l’actrice américaine de 38 ans. «Mais peut-être pas, il paraît que les voyages dans l’espace seront tous privatisés bientôt...»

«Crise existentielle»

Si elle y parvient, il faut espérer que son retour sur Terre se passe mieux que pour son personnage dans «Lucy in the Sky».

Ce film s’inspire en effet de la vie de Lisa Nowak, astronaute américaine dont la presse à potins a fait ses choux gras après son arrestation pour avoir agressé en 2007, après son retour sur Terre, une autre femme en raison de sa liaison avec un astronaute pour qui elle avait le béguin.

Pour son rôle au cinéma, Portman s’est surtout attachée à l’aspect philosophique de cette histoire.

«C’est tellement rare de voir à l’écran une histoire de femme ayant une crise existentielle», a estimé la comédienne qui se demande: «Quand on revient de l’espace, qu’on a vu la Terre comme un objet anodin... à quoi rime la vie sur Terre quand on a vu toute la galaxie ?».

La réalisation de ce film joue par ailleurs avec les formats: écran extra-large quand l’héroïne est dans l’espace, réduit à 4/3 quand elle est de retour dans sa banlieue texane.

Le but était ainsi «de vous placer dans l’état d’esprit» du personnage de Natalie Portman, a expliqué à l’AFP le réalisateur du film Noah Hawley, dont la réalisation a été modérément saluée par la critique.

«Geler ou rôtir à en mourir»

En revanche, les spécialistes du 7e art ont applaudi «Proxima», et notamment le fait d’avoir tourné ce film français en partie en Allemagne, dans les locaux où l’Agence spatiale européenne prépare ses astronautes aux voyages dans l’espace.

Eva Green incarne dans ce long métrage une mère qui est déchirée par des sentiments contradictoires alors qu’elle se prépare à une longue mission spatiale qui va donc la séparer de manière prolongée de sa jeune fille.

Là encore, la fragilité des émotions humaines est explorée: la réalisatrice Alice Winocour a expliqué à la presse qu’elle voulait aller au-delà du stéréotype de l’astronaute «superman».

Les deux personnages incarnés par Natalie Portman et Eva Green sont des perfectionnistes qui luttent pour composer avec des niveaux de stress dépassant l’ordinaire.

«Rien n’est plus dangereux que de s’installer littéralement dans une bombe géante, une fusée, et d’aller là où il n’y a ni air, ni eau, et où vous pouvez soit geler ou rôtir à en mourir, si les choses tournent mal», a observé Noah Hawley.

Cinéma

Le film de la semaine: Il pleuvait des oiseaux *** 1/2

CRITIQUE / La rentrée automnale au cinéma québécois s’amorce de belle façon avec l’adaptation du très acclamé roman de Jocelyne Saucier, «Il pleuvait des oiseaux». La réalisatrice Louise Archambault fait sienne la prose de l’auteure abitibienne pour offrir une œuvre toute en finesse sur le droit de chacun de comme il l’entend le dernier droit de sa vie.

Vivre selon ses convictions, loin de la civilisation, poussé par le besoin irrépressible «de n’exister pour personne», c’est ce qui a poussé Tom (Rémy Girard) et Charlie (Gilbert Sicotte) à se réfugier dans une cabane au fond des bois. Loin de la cohue urbaine, leur existence est faite de piégage de lièvres au collet, de baignade dans un lac en tenue d’Adam et de culture du cannabis.

Cinéma

Aquarela: L’odyssée de l’eau *** 1/2

CRITIQUE / Il faut absolument voir «Aquarela» dans une salle de cinéma. Pour le sujet traité par Viktor Kosskovasky dans son documentaire, bien sûr, mais surtout pour le rendu spectaculaire de cette odyssée de l’eau sur toute la planète. Le cinéaste a utilisé un équipement spécial avec un résultat visuellement hallucinant et hypnotique.

Depuis toujours, ou presque, les films sont tournés à 24 images par seconde. Le réalisateur russe a cette fois opté pour du 96 images par seconde. La résolution, à l’écran, est absolument magnifique.

Cinéma

Festival de cinéma de la Ville de Québec: tapis rouge, quartier animé

Le Festival de cinéma de la ville de Québec, dont le rayonnement ne cesse de prendre l’ampleur depuis sa création, avait revêtu ses plus beaux atours, jeudi soir, à l’occasion de sa soirée d’ouverture. Le tapis rouge arpentant la place d’Youville jusqu’au Palais Montcalm a accueilli plusieurs dignitaires, au premier rang les artisans du long-métrage québécois Il pleuvait des oiseaux.

Louise Archambault (Gabrielle), ne cachait pas sa fébrilité à présenter son troisième film en carrière, dont l’essentiel du tournage s’est déroulé à l’an dernier, au cœur de la forêt Montmorency, au nord de la capitale.

La réalisatrice était accompagnée pour ce soir de première, bercé par les mélodies de l’Orchestre symphonique de musique de film de Québec, par les comédiens Rémy Girard, Gilbert Sicotte, Ève Landry et Éric Robidoux. Une autre figure marquante du film, Andrée Lachapelle, n’a pu se déplacer pour l’occasion.

Plusieurs membres des différents jurys étaient sur place, dont Marianne Farley, Francine Ruel, Sophie Faucher, Antoine Pilon, Julianne Côté et le caricaturiste du Soleil, André-Philippe Côté.

La chanteuse Ginette Reno était aussi de la soirée, débarquée à Québec à titre de grande amoureuse de cinéma. «On m’a demandé de faire partie du jury, mais mon horaire était trop chargé. Mais vu que je suis une cinéphile, j’ai demandé si je pouvais venir pareil, un soir ou deux.»

Cinéma

Maggie Smith: grincheuse, mais si attachante

LONDRES — Monument du théâtre et du cinéma britannique, Maggie Smith a conquis l’affection d’un vaste public international avec le rôle de l’acariâtre, mais terriblement attachante comtesse douairière Lady Violet dans la série télévisée Downton Abbey, dont l’adaptation sur grand écran a été présentée en première mondiale lundi à Londres.

Deux Oscars, quatre Emmy awards, trois Golden Globes, un Tony Award, cinq Baftas pour des rôles d’actrice... À 84 ans, Maggie Smith a raflé un nombre impressionnant de récompenses, qui soulignent son talent sur les planches comme au petit et grand écran.

«Dame Maggie» a embrassé des rôles aussi différents que mère supérieure aux côtés de Whoopi Goldberg dans Sister Act (1992), professeure de «métamorphose» dans les films de la saga Harry Potter, chaperon névrosée dans Chambre avec vue (1986) ou vieille dame SDF dans The Lady in the Van (2015).

Mais c’est le personnage de la comtesse de Grantham, Lady Violet, aux répliques délicieusement vachardes et aux mimiques hilarantes, qui lui a apporté une célébrité planétaire.

«C’est ridicule. Je menais une vie parfaitement normale avant Downton Abbey», série vendue dans plus de 150 pays, racontait l’actrice en avril 2017 au British Film Institute (BFI). «J’allais au théâtre, dans des galeries d’art, des choses de ce genre, toute seule. Maintenant je ne peux plus», se lamentait-elle.

L’actrice a interprété l’impitoyable aristocrate pendant six saisons de la série télévisée (2010-2015), décrochant un Golden Globe et trois Emmy Awards, prestigieuses récompenses de la télévision américaine.

«Elle est merveilleuse. C’est l’une de nos plus grandes actrices», a déclaré Julian Fellowes, le créateur de la série TV, avant la première du film Downton Abbey à Londres.

«Faites lui dire “Bonjour”, et ce sera désopilant. Peu importe ce qu’elle dit, c’est avec le ton juste», témoigne aussi l’actrice Imelda Staunton, qui se querelle avec Maggie Smith dans la version cinéma.

Après avoir d’abord refusé, l’actrice a finalement accepté de participer au film Downton Abbey, qui sortira vendredi au Royaume-Uni et le 25 septembre en France.

«Intolérante avec les imbéciles» 

Née le 28 décembre 1934 à Ilford en Angleterre, Margaret Smith débute sur les planches de l’Oxford Playhouse au début des années 1950. Elle rejoint ensuite la troupe du théâtre londonien de l’Old Vic, puis celle du Royal National Theatre où elle enchaîne les succès, aux côtés de son mari, l’acteur Robert Stephens.

Sa carrière au cinéma décolle dans les années 1960 et elle décroche en 1969 l’Oscar de la meilleure actrice pour Les belles années de miss Brodie.

Sur le plan personnel, en revanche, son mariage avec Robert Stephens, alcoolique, infidèle et dépressif, s’effondre en 1973. Elle divorce en 1975 et se remarie peu de temps après avec le dramaturge Beverley Cross, avec lequel elle part vivre et travailler au Canada.

Artiste britannique parmi les plus connues et les plus célébrées, Maggie Smith a été faite Dame commandeur de l’ordre de l’Empire britannique en 1990 et Compagnon d’honneur en 2014, récompensée pour services rendus au pays dans le domaine des arts.

La comédienne est connue pour son humour et son souci de la perfection, virant à la férocité.

«C’est vrai que je ne tolère pas les imbéciles, et par conséquent ils ne me tolèrent pas, et donc je me hérisse. C’est peut-être pour cela que je suis assez bonne pour jouer les vieilles dames acariâtres», a-t-elle avoué au Guardian en 2014.

Elle a ainsi excellé en interprétant la très snob et glaçante Lady Constance dans le film Gosford Park de Robert Altman (2001), dont le scénariste était Julian Fellowes, qui écrira Downton Abbey.

Elle «peut capturer en un instant plus que de nombreux acteurs peuvent transmettre dans tout un film. Elle peut être en même temps vulnérable, féroce, sombre et hilarante et apporte chaque jour au plateau l’énergie et la curiosité d’un jeune acteur qui vient de débuter», a dit d’elle Nicholas Hytner, qui l’a dirigée dans The Lady in the van (2015).

Cinéma

Les frères Russo mettent le cap sur la fiction politique

TORONTO — Après le succès planétaire des superhéros d’Avengers : Endgame, le film aux plus grosses recettes de l’histoire du cinéma, les réalisateurs américains Joe et Anthony Russo annoncent un changement de cap, avec des projets de fictions politiques se déroulant à l’international.

Dans un entretien à l’AFP en marge du Festival du film de Toronto (TIFF), les frères Russo ont confié que l’influence que procure un tel succès au box-office mondial était «un outil extrêmement puissant, bien plus que l’on peut imaginer». Et que cet outil peut être utilisé à des fins «positives ou négatives», dit Joe Russo.

C’est lors de leurs nombreux déplacements à travers le monde pour promouvoir le 22e film de l’univers cinématographique Marvel que les deux frères ont commencé à explorer de nouveaux projets.

Le résultat est une liste de fictions qui seront produites par leur tout nouveau studio, AGBO.

La première est Mosul, sur une unité d’élite irakienne qui s’est battue contre le groupe jihadiste État islamique pour la reconquête de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, et qui vient d’être présentée hors compétition à la Mostra de Venise.

La fiction a été entiè­rement tournée en arabe, une première pour un film d’action hollywoodien.

«Nous savions que ce film devait être fait, parce qu’il n’avait jamais été fait», confie Anthony Russo.

Ouverts à la nouveauté

Les réalisateurs préparent également Dhaka, une histoire sur l’enlèvement d’un homme d’affaires bangladais tournée principalement en Inde.

La politique est également le fil conducteur d’un autre de leurs projets, un film sur la crise des opiacés responsable d’une vague de d’overdoses mortelles en Amérique du Nord, notamment dans leur État d’origine, l’Ohio.

«Nous vivons à une époque où il y a beaucoup de divisions — la division est encouragée», estime Joe Russo. «Soit vous vous préoccupez d’abord de vous-même, soit vous vous préoccupez de la communauté».

«Et nous choisissons de nous préoccuper de la communauté», tranche-t-il.

Les frères aimeraient bien que Mosul soit vu par la Maison-Blanche.

«Il est clair que les États-Unis se sentent coupables d’avoir créé le problème en Irak, et l’État islamique est le résultat direct de la guerre dans ce pays», pense Joe Russo.

«Joe et moi adorons les grandes histoires mondiales», renchérit son frère Anthony. «Le cinéma occupe une place de choix pour aider les gens à s’ouvrir à de nouvelles expériences et à de nouvelles idées».

«Nos films pour Marvel comptent parmi nos favoris dans tout ce que nous avons fait», précise-t-il néanmoins.

À court terme, les frères ne sont engagés dans aucun des projets de Marvel, la filiale de Disney, grâce à laquelle ils avaient acquis leurs lettres de noblesse en 2014 avec le succès de Captain America, le soldat de l’hiver. Mais un retour n’est pas non plus écarté, selon Anthony.