Laurent croit pouvoir obtenir un nouveau départ si Théo fait carrière avec l'Arsenal, en Angleterre.

«Fourmi»: la fierté de son père ***

CRITIQUE / «Fourmi» présente le genre d’histoire qui fait rêver bien des enfants. Le talent de Théo (Maleaume Paquin) est remarqué par un recruteur de l’Arsenal — l’équivalent au foot des Canadiens au hockey. Son père Laurent (François Damiens), chômeur alcoolique, y voit la chance d’obtenir un nouveau départ...

À 13 ans, Théo aimerait bien voir son père plus souvent. Mais c’est sa mère Chloé (Ludivine Sagnier) qui a la garde à temps plein. Parce que Laurent a baissé les bras après la fermeture de l’usine, dans un village avec une majorité d’oisifs. Ses comportements d’énergumène, surtout sur les abords du terrain, exaspèrent tout le monde — Théo compris.

La venue du recruteur va changer la donne. Pas seulement pour le père et le fils vif d’esprit. C’est toute la population, à commencer par son entraîneur (André Dussolier) adepte de citations de footballeurs célèbres, qui va vivre d’espoir.

Seul problème, notre Messi junior n’est pas sélectionné en raison de sa petite taille — d’où le surnom «fourmi» qu’on lui accole. Théo n’ose pas dire la vérité. Et ce mensonge, qui en entraîne d’autres, va l’enfoncer dans une spirale d’où s’extraire requiert plus que de la bonne volonté…

Film sympathique, et familial, dans le même registre que Monsieur je-sais-tout (2018), Fourmi dépeint néanmoins sans fard la réalité d’une France rurale qui tente de survivre à son marasme économique et sa dépopulation du mieux qu’elle peut.

Le personnage de Julien est emblématique. Bourré de défauts, il s’agrippe néanmoins à la bouée de sauvetage lancé par son fils afin d’éviter de dériver encore plus loin. François Damiens est remarquable. Et sa complicité tendre avec Maleaume Paquin, très naturel, embue les yeux. Il faut aussi souligner la forte présence de Lætitia Dosch en travailleuse sociale don quichotesque.

Julien Rappeneau adapte pour une deuxième fois comme réalisateur un roman graphique, après Rosalie Blum (2015). Il s’était toutefois fait la main comme scénariste avec les deux Largo Winch de Jérôme Salle. Mais le passage de l’écriture à la caméra ne se fait pas sans heurts.

Fourmi est platement filmé, sans aucune imagination. Le jeu des comparaisons est toujours ingrat, mais il me semble que le fils de Jean-Paul Rappeneau (Cyrano de Bergerac) avait un bon mentor pour son apprentissage...

De plus, Rappeneau a de la difficulté à donner de l’épaisseur à ses personnages. Fourmi a beau être une comédie, un feel-good movie plein de bons sentiments, le long métrage aurait gagné à dépasser certains stéréotypes. Et à être un peu moins prévisible.

Soyons indulgents, parents et enfants y trouvent leur compte. Les adultes vont s’identifier à l’histoire de rédemption «ordinaire» alors que les jeunes vont se reconnaître dans les bonnes intentions de Théo et de ses amis. Mon fils adepte du ballon rond a adoré.

Un bon tir cadré!

Au générique

Cote : ***

Titre : Fourmi

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : Julien Rappeneau

Acteurs : François Damiens, Maleaume Paquin, André Dussollier, Ludivine Sagnier

Classement : Général

Durée : 1h46

On aime : le plaisir évident des acteurs. Le portrait social à l’arrière-plan.

On n’aime pas : les personnages stéréotypés. La réalisation fade.