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Julianne Côté
Julianne Côté

Festival Plein(s) écran(s): une cinquième édition qui «prend tout son sens» [VIDÉO]

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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On le qualifiait peut-être d’avant-gardiste en 2016, lors de sa première présentation, mais le festival de courts métrages 100% numérique Plein(s) Écran(s) prend, cette année, toute sa raison d’être. Du 13 au 25 janvier, 66 films, deux classes de maîtres et cinq projections commentées seront présentés gratuitement sur Facebook. Une 5e édition qui compte bien faire voyager, réfléchir et secouer ses festivaliers confinés, assurent les organisateurs.

L’événement, qui offrira chaque jour, pour une durée de 24 heures, quatre courts métrages sur sa page Facebook, n’a que très peu été affecté par la pandémie actuelle. Outre ses soirées de lancement et quelques éventuels partenariats avec des salles de cinéma, Plein(s) Écran(s) demeure 100% numérique, dans sa simple et pure «normalité».

«Nous allons surement être en plein confinement lorsque le festival va débuter. Donc, effectivement, cette année, je crois que ce sera profitable pour tous. Autant pour le festival que pour les cinéphiles à qui il pourra apporter un peu de réconfort et du divertissement», affirme l’actrice Julianne Côté, porte-parole pour Plein(s) Écran(s) depuis trois ans.

Avec sa généreuse programmation de 66 films francophones, ses deux classes de maîtres données par Jean-Marc Vallée et Maria Gracia-Turgeon, sa «rétrospective des grands classiques courts canadiens» avec l’Office national du film du Canada et ses nombreuses nouveautés, c’est d’ailleurs à se demander si la pandémie n’aura pas facilité les démarches de l’organisation.

«Les gens ont probablement encore plus besoin, aujourd’hui, de consommer de l’art. Et je crois qu’au Québec, on est très fiers de nos créateurs. On aime découvrir de nouveaux visages. Nous avons une grande qualité artistique à notre disposition donc je crois que le festival peut faire rayonner nos talents d’ici», répond la comédienne, bien connue au grand écran notamment pour ses rôles dans Sarah préfère la course et Tu dors Nicole, en soulignant la tribune importante que devient Plein(s) Écran(s) en 2021.

Les organisateurs entendent bien d’ailleurs faire voyager les spectateurs avec les films en lice dans la compétition officielle québécoise : le film de la jeune réalisatrice Romane Garant-Chartrand, Déti, qui se déroule à Prague, ouvrira notamment l’événement alors que Goodbye Golovin, un film de Mathieu Grimard, tourné en Ukraine, le clôturera.

En plus de transporter les festivaliers vers des destinations qu’ils n’ont pas pu visiter en 2020, la 5e édition de Plein(s) Écran(s) les guide sur des «pistes de réflexion» à propos d’enjeux ayant marqué la dernière année. En usant de la fiction, le réalisateur Will Niava propose Zoo, un court métrage sur le racisme systémique et la brutalité policière. Le film Cayenne, de Simon Gionet, un cinéaste originaire de Québec, offre quant à lui une production mettant de l’avant les femmes, «après toute une année de dénonciations».

Des nouveautés innovantes

Si Julianne Côté n’est pas encore en mesure d’établir sa liste de «courts» préférés parce qu’elle est «en plein milieu de son marathon de visionnements», elle souligne tout de même les trois dernières nouveautés : la section nocturne – «pour un public averti», les films de cinq minutes et moins produits exclusivement pour Instagram ainsi que le partenariat avec le Carrousel international du Film de Rimouski pour la «section jeunesse».

Maria Gracia-Turgeon

Selon la comédienne, ces nouvelles facettes «allaient de soi» avec l’identité et les valeurs du festival : «Les programmateurs sont vraiment passionnés par le cinéma donc je crois que les nouveautés viennent naturellement. Mais je pense notamment qu’Instagram est arrivée [comme l’idée de faire le festival sur Facebook] : pour démocratiser le court métrage.»

Les huit courts présentés sur Instagram sont regroupés sous la section «Impressions», qui compte offrir «une palette de films expérimentaux» parfaite pour les visionnements sur téléphone intelligent.

Les matinées de la première fin de semaine de Plein(s) Écran(s) seront quant à elles réserver aux tout petits. «Une nouveauté dédiée à “regarder les bonshommes”. Pour créer le même rendez-vous matinal que nous avions enfant», lance Julianne Côté en riant.

Bien que ces nouveautés pointent précisément certains types de cinéphiles, la comédienne estime que des ponts peuvent se créer entre tous les festivaliers : «Les Québécois sont curieux et avides de culture. En ce moment, c’est plus difficile d’en consommer donc je crois que le festival est un bon moyen pour être touché et émerveillé par nos créateurs, tous ensemble.»

Huit prix, d’une valeur totale de 40 000$, seront remis lors du festival dont le Grand Prix Plein(s) Écran(s) présenté par Post-Moderne ainsi que le Prix du Public (Québec) présenté par Spira.

Une relève talentueuse et foisonnante

Le festival de cinéma montréalais 100% numérique fait, chaque année, la promotion de plusieurs artistes «de la relève» dont, cette année, notamment la jeune réalisatrice Romane Garant-Chartrand et les acteurs Émilie Bierre (Une colonie) et Anthony Therrien (Corbo).

Jean-Marc Valleé

Selon la porte-parole de Plein(s) Écran(s), si la pandémie a été difficile «pour tous les humains de la Terre», elle a très certainement fait naître chez ces jeunes artistes une «force créatrice, une rage de créer qui s’exacerbe». Ceux-ci démontrent toutefois beaucoup de «résilience» actuellement, selon elle.

Des courts métrages français, plusieurs rencontres virtuelles avec des réalisateurs, des rétrospectives célébrant les cinq ans du festival, une série de balados sur les films en lice… La programmation complète de Plein(s) Écran(s) est disponible ici.