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<em>Beyond the Woods</em> se déroule avec les spectaculaires montagnes de la Colombie-Britannique en arrière-plan.
<em>Beyond the Woods</em> se déroule avec les spectaculaires montagnes de la Colombie-Britannique en arrière-plan.

Beyond the Woods: là où personne ne vous entend crier... *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Beyond the Woods a eu le malheur d’être enseveli sous l’avalanche de sorties de films de fin d’année. Ce qui est dommage pour le premier long métrage de Brayden DeMorest-Purdy, un drame psychologique glaçant sur fond de meurtre et de disparition se déroulant avec les spectaculaires montagnes de la Colombie-Britannique en arrière-plan.

Précisons d’emblée que Beyond the Woods s’inscrit à l’opposé de ce que le suspense policier présuppose — pas de scènes d’action ou de violence menées tambour battant (ou si peu, la plupart du temps en hors-champ). C’est plutôt l’inverse, à la Fargo.

Milan Kundera aurait aimé, lui qui fait l’éloge de la lenteur dans son septième roman… Le réalisateur veut créer un effet hypnotisant en utilisant de longs plans fixes qui traduisent l’état d’esprit dépressif du principal suspect de cette affaire que cherche à élucider le détective Reeves (Broadus Mattison).

Le film débute d’ailleurs avec l’interrogatoire d’Andrew Bennett (Steven Roberts), véritable pièce d’homme placide (en apparence) et de peu de mots. Le spectateur saura rapidement qu’il n’a pas vraiment d’alibi concernant le prétendu suicide de sa femme Laura (Christie Burke). Il ne s’agit pas tant de savoir qui, mais pourquoi...

En fait, le policier cherche surtout à retrouver Jack Rogers (Jeff Evans-Toad), le beau-frère de Bennett, disparu alors qu’il logeait chez ce dernier en vue des funérailles de sa sœur.

Comme souvent dans le genre, le dispositif permet des retours en arrière sur ce qui est arrivé lorsque les deux hommes se retrouvent. Même si Jack adore Bennett, ses pires craintes seront vite confirmées en découvrant les lunettes de Laura sous les cendres du foyer extérieur de la propriété, située dans un lieu perdu, en plein hiver, au milieu des bois… Comme nous sommes en 1993, oubliez les cellulaires !

Beyond the Woods propose une trame qui mise sur les apparences, et la distorsion entre la vérité et le mensonge, en parsemant le récit d’hallucinations qui jouent sur nos attentes de spectateur.

Le rythme risque d’en rebuter plus d’un — objectivement, il ne se passe pas grand-chose. DeMorest-Purdy aurait facilement pu retrancher 15 minutes, même si on comprend son désir de placer Andrew Bennett devant son objectif: le disséquer dans son élément naturel et éclairer les gestes qu’il pose.

À ce propos, son récit, à son beau-frère, d’une expérience de psychopathe avec son cochon d'Inde, alors qu’il était enfant, donne froid dans le dos…

Le récit de Bennett (Steven Roberts) à son beau-frère (Jeff Evans-Toad) d’une expérience de psychopathe avec son cochon dingue, alors qu’il était enfant, donne froid dans le dos…

Reste qu’on peut apprécier le jeu des acteurs principaux, notamment Steven Roberts dans la peau de cet homme volcanique, et la superbe photo rétro et crépusculaire de Zach Zhao, qui n’hésite pas à cadrer large.

Toutefois, la conclusion m’est apparue discutable même avec sa fin ouverte. Mais ce film révèle, à l’instar d’Andrew Huculiak avec Ash, qu’il y a une nouvelle génération de cinéastes canadiens à surveiller.

Beyond the Woods est présenté sur les plateformes de Cineplex, Apple TV, Telus, Shaw, Rogers, Bell, Cogeco, etc.

Au générique

Cote : ***
Titre : Beyond the Woods (VOA)
Genre : Drame psychologique
Réalisateur : Brayden DeMorest-Purdy
Acteurs : Steven Roberts, Jeff Evans-Toad, Broadus Mattison
Durée : 1h40