Astérix, Obélix et Panoramix devront composer avec une passagère clandestine, Pectine. Photo Films Séville

Astérix — Le secret de la potion magique: Il faut sauver le druide Panoramix ***

CRITIQUE / Il existe un secret mieux gardé que celui de la Caramilk. Tout ce qu’on sait de la potion magique, c’est que Obélix est tombé dedans quand il était petit. Alors, imaginez la commotion dans le village gaulois quand Panoramix annonce qu’il va en révéler la teneur à un éventuel successeur! Cette aventure inédite d’Astérix livre ses promesses, par Toutatis!

Alexandre Astier (scénario) et Louis Clichy (animation) se sont fait la main en adaptant Le domaine des Dieux (2014). Ça paraît. Le duo revient dans Le secret de la potion magique avec une histoire originale qui, tout en respectant l’univers créé par Uderzo et Gosciny, prend des libertés bienvenues.

D’accord, le récit est assez mince. Sentant l’emprise de la vieillesse, Panoramix quitte le village, accompagné des fidèles moustachus et d’une passagère clandestine, Pectine la gamine, pour trouver un apprenti. Un prétexte pour parcourir la Gaule en tout sens et passer des auditions toutes aussi désopilantes les unes que les autres.

Mais les visées de Panoramix pourraient bien être contrecarrées par l’ambition, la soif de pouvoir et le désir de revanche de Sulfurix, un druide prometteur qui est passé du côté obscur de la magie (et qui tente d’entraîner avec lui Teleferix) ! Et dont l’alliance avec César, pour obtenir le secret de la potion, menace le village défendu par les seules Gauloises, plus à l’avant-plan que d’habitude…

Une fine allusion à l’égalité des femmes, tout comme à celle liée aux changements climatiques. Mais il est surtout question de transmission et du spectre de la mort qui rôde, introduits par un élément nouveau dans cet univers : la temporalité. On voit même des enfants, au village gaulois.

Le monde et les temps changent, donc. Mais pas tant que ça. Outre César, il y a les inévitables pirates, batailles et banquets. Et les noms en forme de calembour, bien sûr.

Reste que l’humour un peu décalé d’Astier, dans les dialogues, apporte un vent de fraîcheur à défaut d’être «songé».

La principale force de cette nouvelle mouture réside toutefois dans la superbe animation en volume de Clichy. L’artiste est passé par chez Pixar et ça paraît.

La principale force de cette nouvelle mouture réside dans la superbe animation en volume de Louis Clichy.

D’abord par l’emploi d’une réelle cinématographie, notamment dans les mouvements de caméra amples et virevoltants dans les scènes d’action. Très réussi. Ensuite dans l’utilisation d’animaux attachants. Ici, les marcassins utilisés comme moyen de communication. L’astuce est double : seuls les druides «parlent» leur langage et leurs déplacements servent à l’avancement du récit, mené tambour battant.

J’ai bien aimé aussi un segment tiré tout droit de Godzilla, ainsi que le clin d’œil à la fameuse scène des hélicoptères dans Apocalypse Now quand les Gaulois arrivent par le ciel en se tenant après… des poules!

Cet humour bon enfant, l’animation impeccable et la connaissance d’une saga familière concourent à la réussite de ce nouvel épisode. Et à son succès. Le secret de la potion magique a presque atteint les quatre millions d’entrées depuis sa sortie en France.

Au générique

Cote : ***

Titre : Astérix — Le secret de la potion magique

Genre : Animation

Réalisateurs : Alexandre Astier, Louis Clichy

Classement : Général

Durée : 1h26

On aime : la superbe animation. L’histoire inédite. Les clins d’œil.

On n’aime pas : le scénario un peu mince.