Cinéma

De nouveaux venus à Cannes pour la Quinzaine des réalisateurs 2019

PARIS — Aux côtés du réalisateur philippin Lav Diaz, chouchou des festivals, des Français Rebecca Zlotowski et Bertrand Bonello, la Quinzaine des réalisateurs, section parallèle cannoise, va mettre à l’honneur cette année des cinéastes faisant leur premier pas sur la Croisette.

Sur les 24 longs-métrages sélectionnés, 16 sont le fruit de réalisateurs dont «c’est la première fois à Cannes», a souligné mardi l’Italien Paolo Moretti, le tout nouveau délégué général de la Quinzaine.

«L’ADN de la Quinzaine, c’est d’aller vers des éclats visionnaires, des visions inattendues et de faire confiance aux réalisateurs qui osent aller vers des terrains inexplorés», a souligné M. Moretti à l’AFP. Son rôle est «d’apporter quelque chose en plus pour enrichir la proposition d’ensemble du Festival de Cannes».

Parmi les films en lice, figurent le nouvel opus de Lav Diav (The Halt), le très attendu The lighthouse de Robert Eggers (The Witch), un film d’horreur avec Robert Pattinson et Willem Dafoe et le nouveau film de Rebecca Zlotowski (Une fille facile) avec l’ancienne escorte Zahia Dehar à l’affiche. Il y sera question d’une jeune fille qui suit sa cousine au mode de vie très libre.

Deux films français auront les honneurs de l’ouverture (Le daim, de Quentin Dupieux) et de la clôture de la Quinzaine (Yves de Benoit Forgeard).

Il faudra aussi compter avec Alice et le maire, deuxième long-métrage du Français Nicolas Pariser, avec Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier, Zombi Child de Bertrand Bonello, Perdrix d’Erwan Le Duc, avec Swann Arlaud, et On va tout péter, un documentaire de Lech Kowalski sur un mouvement de salariés.

Film Netflix

Dogs Don’t Wear Pants, un film scandinave, parle de «renaissance par le biais de pratiques extrêmes sadomasochistes» et Oleg de Juris Kursietis, de «la descente aux enfers d’un travailleur détaché», a indiqué le délégué général.

À noter également, la présence d’un film Netflix (Wounds), un thriller psychologique de Babak Anvari, avec Armie Hammer et Dakota Johnson sur «l’explosion d’un couple à cause des nouvelles technologies».

Cinéma

Des médias réclament que la prochaine audience de Weinstein reste publique

NEW YORK — Les deux parties dans l'affaire Harvey Weinstein veulent que les médias et le public soient exclus de la prochaine comparution devant le tribunal du producteur déchu.

Plusieurs médias demandent de leur côté que l'audience reste publique. 

Les procureurs ont déclaré que l'audience de vendredi devrait être fermée au public afin de protéger le droit de Harvey Weinstein d'avoir un procès équitable, en plus de préserver la vie privée des femmes dont les allégations à son encontre ne font pas partie du dossier pénal. 

Les procureurs veulent que des femmes témoignent au procès de Harvey Weinstein, le 3 juin, afin de montrer que ses inconduites envers les femmes étaient habituelles. Ils s'attendent également à discuter d'éléments de preuve qui pourraient être utilisés contre Harvey Weinstein s'il témoigne.   

Harvey Weinstein nie toutes les allégations de relations sexuelles non consensuelles.

Cinéma

Polanski poursuit l’Académie des Oscars pour son exclusion

LOS ANGELES — L’Académie des Oscars va devoir se défendre au tribunal de sa décision d’exclure, l’an dernier en plein mouvement #MeToo, le réalisateur franco-polonais Roman Polanski, qui a fui les États-Unis il y a quatre décennies après avoir plaidé coupable de détournement de mineure.

Roman Polanski, 85 ans, a déposé un recours en justice à Los Angeles en Californie jeudi, selon l’assignation transmise par son avocat Harland Braun à l’AFP samedi.

Le 3 mai 2018, l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les Oscars et compte plus de 7000 membres, avait annoncé l’exclusion de M. Polanski en même temps que celle de Bill Cosby, condamné pour agression sexuelle. La décision avait été transmise par courrier le jour même au réalisateur, «avec effet immédiat».

À l’époque, le Conseil des gouverneurs de l’Académie, composé de 54 membres, avait dit avoir suivi ses nouvelles normes de bonne conduite, adoptées au début du mouvement  #MeToo et après la chute du producteur Harvey Weinstein.

Mais M. Polanski estime, dans l’assignation rédigée par son conseil, que l’Académie aurait dû lui donner un «préavis raisonnable» avant toute mesure d’exclusion, et «une chance raisonnable de se faire entendre».

Il est précisé dans ce document que l’organisation hollywoodienne, qui regroupe les professionnels du 7e art, s’est réunie le 26 janvier dernier pour réexaminer et confirmer sa décision.

«Les procédures suivies pour expulser M. Polanski étaient équitables et raisonnables. L’Académie défend une décision appropriée», a répondu un porte-parole vendredi dans un communiqué transmis à Variety.

Roman Polanski avait plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure pour avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans.

Ce seul chef d’accusation retenu était le résultat d’un accord à l’amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement de chefs d’accusation plus graves, notamment viol d’une mineure sous l’emprise de stupéfiants.

Samantha Geimer, qui a déjà expliqué avoir pardonné à M. Polanski, a déclaré qu’elle le soutenait dans sa démarche de réadmission.

Le réalisateur a fui les États-Unis à la suite d’un changement de position du juge, qui risquait de le condamner à une peine plus lourde que prévu. Les procureurs américains cherchent toujours à le faire revenir dans le pays pour qu’il reçoive sa sentence.

Il avait été admis dans l’Académie le 31 décembre 1968, a redit son avocat.

Cinéma

Lepage et Kanata: Vue des coulisses avant la polémique

Hélène Choquette avait terminé un premier montage de son documentaire sur la création de Kanata par Robert Lepage et le Théâtre du Soleil lorsque la controverse médiatique a éclaté, à l’été 2018, sous une pluie d’accusations, notamment, de «perpétuer un génocide culturel». Ce qui a entraîné l’annulation des représentations de la pièce sous cette forme sur laquelle les créateurs bûchaient depuis presque trois ans. Après mûre réflexion, décision fut prise de terminer Lepage au Soleil : à l’origine de Kanata. Pour témoigner de la réalité, au-delà des procès d’intention. Nous nous sommes entretenus avec la réalisatrice.

Q Vous êtes une documentaliste chevronnée qui tourne habituellement des documentaires sociopolitiques engagés. Qu’est-ce qui vous intéressait dans une pièce de théâtre?

Arts et spectacles

La quête de sérénité de Fernand Dansereau

À 91 ans, miné par la maladie, Fernand Dansereau a choisi de consacrer le temps qu’il lui reste à une réflexion sur le sens à donner à la vieillesse. Avec ce qu’il considère comme son «film testament», Le vieil âge et l’espérance, le réalisateur souhaite apporter un peu de sérénité dans cette période de déclin inéluctable redoutée par tous ceux qui avancent en âge.

«Je me sers du cinéma pour essayer de répondre aux questions que la vie m’apporte à mesure que je vieillis. Comme beaucoup de personnes âgées, je réfléchis sur ma propre vie. Je passe beaucoup de temps dans ma mémoire, à essayer de comprendre ce que j’ai vécu. C’est un processus comme naturel», avoue-t-il en entrevue téléphonique depuis son domicile montréalais.

Cinéma

Les aventures de Rémi: Un cœur pur à la voix d’ange ***

CRITIQUE / Les spectateurs québécois ont un avantage en abordant Les aventures de Rémi — la plupart ne connaissent pas Rémi sans famille (1878), roman d’Hector Malo célèbre en France (bien qu’un dessin animé fut diffusé par Radio-Canada il y a une quarantaine d’années). Donc pas d’a priori sur cette très libre adaptation de l’histoire d’un orphelin au cœur pur à la voix d’ange qu’un saltimbanque prend sous son aile. Le duo et ses animaux vont entreprendre un long voyage peuplé d’aventures à travers le pays…

Antoine Blossier a néanmoins préservé l’essentiel pour ce périple initiatique qui se déroule au XIXe siècle. Il en a surtout conservé les évènements tragiques plutôt que d’en faire un énième conte de fées édulcoré, même s’il n’a pas résisté à l’envie des rebondissements tirés par les cheveux au dernier acte.

Cinéma

Xavier Dolan et Monia Chokri au Festival de Cannes

Xavier Dolan ne retournera pas seul en sélection officielle à la 72e édition du Festival de Cannes, Monia Chokri en sera aussi avec son premier long métrage. Le brillant cinéaste sera en compétition pour la Palme d’or avec Matthias et Maxime alors que la réalisatrice québécoise proposera La femme de mon frère dans la section Un certain regard.

Dolan, qui était reparti avec le Grand prix en 2016 pour Juste la fin du monde, aura fort à faire pour cette cinquième présence en sélection. Les derniers films de Pedro Almodóvar, Arnaud Desplechin, Ken Loach et des frères Dardenne seront en compétition, qui regroupera 19 longs métrages.

Cinéma

Netflix plus que jamais au cœur d’un combat pour le 7e art

WASHINGTON — Netflix tente toujours de se faire accepter parmi les géants du cinéma américain, qui doivent bientôt réexaminer les conditions d’admission de ses films aux Oscars, quelques jours après le soutien inattendu apporté au mastodonte du streaming par le ministère américain de la Justice.

La puissante Académie américaine des arts et des sciences du cinéma, notamment responsable de remettre, chaque année, les prestigieux Oscars, a confirmé une information révélée par le journal spécialisé Variety : elle a reçu un courrier officiel la mettant en garde contre une possible violation du droit à la concurrence.

Cinéma

Mort de l’actrice suédoise Bibi Andersson

L’actrice suédoise Bibi Andersson, l’une des actrices-fétiche d’Ingmar Bergman, est morte dimanche à l’âge de 83 ans, a annoncé à l’AFP sa fille, Jenny Grede Dahlstrand. Elle avait joué dans de nombreux classiques du maître suédois, dont «Le septième sceau» (1957), «Les fraises sauvages» (1957) et «Persona» (1966).

Elle a commencé à travailler avec lui à l’âge de 15 ans, alors engagée pour jouer dans plusieurs clips publicitaires pour une marque de savon suédois Bris qu’il réalisait. Bibi Andersson a reçu de nombreuses récompenses, dont l’Ours d’argent de la meilleure actrice au festival de Berlin en 1963 pour son rôle dans La maîtresse du réalisateur suédois Vigot Sjoman. 

Victime d’un AVC

Elle a continué à tourner jusqu’en 2009, avant d’être victime d’un accident vasculaire qui avait laissé un côté de son corps paralysé. «Elle laisse derrière elle un vide énorme pour tous ceux qui ont eu le privilège de vivre à ses côtés», a déclaré sa fille à l’AFP. Les médias, et Bergman lui-même, parlaient souvent des comédiens de ses films comme de «ses» acteurs. Un jour, Bibi Andersson répondit : «Je n’appartiens qu’à moi-même», rapporte Jan Holmberg, président de la Fondation Ingmar Bergman. «Et c’était tout elle».