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Cinéma

Agressions sexuelles: Cuba Gooding Jr. plaide non coupable

NEW YORK — L’acteur américain Cuba Gooding Jr. a plaidé non coupable mardi à New York d’attouchements forcés émanant de deux femmes différentes, tandis que 12 autres disent avoir également subi des attouchements de sa part dans le passé, selon le bureau du procureur de Manhattan.

L’acteur de 51 ans, Oscar du meilleur second rôle en 1997 pour sa performance dans Jerry Maguire, est accusé d’avoir touché les seins d’une femme dans le bar d’un hôtel de Manhattan le 9 juin dernier.

À cette première accusation connue depuis juin s’est rajoutée la semaine dernière une deuxième : l’acteur est désormais également inculpé pour avoir touché les fesses d’une autre femme le 24 octobre 2018, dans une boîte de nuit new-yorkaise.

Si Cuba Gooding Jr. n’est pas formellement inculpé d’autre chose, l’acte d’accusation enregistré mardi mentionne 12 autres femmes, qui affirment avoir subi des attouchements sexuels forcés de l’acteur, parfois accompagnés d’insultes, dans des bars ou des boîtes de nuit de Los Angeles, New York ou Dallas. Ces attouchements présumés auraient eu lieu entre 2001 et 2018.

Aucune de ces 12 femmes n’est identifiée, et le juge devra décider s’il autorise leur témoignage au procès, auquel cas l’accusation pourrait décider de les appeler à la barre.

L’acteur nie ces allégations. Concernant l’accusation de juin dernier, ses avocats affirment depuis le début que des images de caméras de surveillance du bar montrent clairement que leur client n’est pas coupable, mais l’accumulation de témoignages sur d’autres attouchements présumés risque de compliquer sa défense.

Aucune date de procès n’a encore été fixée. La prochaine audience est prévue le 13 décembre.

Cuba Gooding Jr. s’est fait connaître avec le film Boyz’n the Hood (1991). Il a récemment incarné O.J. Simpson dans la mini-série American Crime Story.

Cinéma

Le box-office nord-américain fait un grand sourire au «Joker»

LOS ANGELES — Le «Joker» continue de donner la chair de poule dans les salles obscures: le film a décroché, pour la deuxième semaine consécutive, la première place du box-office nord-américain, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Ce film sur la vie du meilleur ennemi de Batman -campé par un magistral Joaquin Phoenix- a récolté 55 millions de dollars de recettes en trois jours.

Le week-end de sa sortie en Amérique du Nord, le long métrage de Todd Phillips, couronné par la plus haute récompense à la Mostra de Venise, avait réalisé le cinquième meilleur démarrage de l’année 2019 selon le magazine spécialisé Variety.

Malgré les polémiques suscitées aux États-Unis par les thématiques violentes du film des studios Warner, il a encaissé 192,7 millions depuis sa sortie il y a dix jours.

La Famille Addams fait un bon démarrage pour son premier week-end d’exploitation en se hissant à la deuxième place du box-office avec 30,2 millions de dollars.

Le film d’animation sur cette famille étrange et macabre sort à deux semaines des fêtes d’Halloween, avec les voix - en anglais - d’Oscar Isaac et Charlize Theron.

En troisième position pointe L'homme Gémeau et ses 20,5 millions de dollars empochés depuis vendredi. Ce film d’action avec Will Smith a été réalisé par Ang Lee, à qui l’on doit le célèbre «Le Secret de Brokeback Mountain» (2005).

Quatrième, Abominable et son yéti magique Everest est reparti avec 6,2 millions de dollars de recettes ce week-end. Le film d’animation cumule 48 millions depuis sa sortie il y a trois semaines.

Avec 4,9 millions de dollars, Downton Abbey, l’adaptation au cinéma de la série télévisée narrant les péripéties de la famille Crawley et de ses domestiques, est cinquième. Ses recettes, en quatre semaines, montent à 82,7 millions.

Voici le reste du Top 10:

6. Queens: 3,9 millions de dollars (98 millions en cinq semaines)

7. Judy: 3,3 millions de dollars (15 millions en trois semaines)

8. Ça: Chapitre 2: 3,2 millions de dollars (207,1 en six semaines);

9. Jexi: 3,1 millions de dollars pour sa sortie

10. Ad Astra : 1,9 (47 millions en quatre semaines)

Cinéma

La liste des vilains graciés par la rédemption

DARK VADOR

Lorsqu’ Anakin Skywalker a basculé du côté obscur de la Force pour devenir l’âme noire des forces impériales, le cyborg est le Mal incarné. Mais à la fin de la trilogie originale de Star Wars, dans un ultime sursaut de conscience, Dark Vador élimine l’empereur Palpatine et sauve son fils Luke. Un sacrifice paternel qui génère un capital de sympathie dont il est fort dépourvu. Éric Moreault

Cinéma

L'homme gémeau: nouvel emballage, même formule **

CRITIQUE / L’homme gémeau (Gemini Man) promettait beaucoup : effets spéciaux révolutionnaires, thèmes intéressants, de l’action, Ang Lee comme réalisateur et Will Smith, deux fois plutôt qu’une.

Qu’on ait tenté de rendre l’emballage super attrayant relève d’une tactique vieille comme le monde qui consiste à essayer de convaincre le spectateur de prendre des vessies pour des lanternes.

La figure archétypale du gémeau remonte à la nuit des temps. Avec un peu de science-fiction, le long métrage en propose une variation intrigante : une version plus jeune de soi-même — un véritable clone. 

Henry Brogen (Smith), un tueur à gages vieillissant prêt à accrocher son arme, va en faire la brutale découverte lorsque son double, plus jeune d’un quart de siècle, va tenter de l’éliminer...

Cette version rajeunie de Smith (époque Fresh Prince) résulte d’une technique sophistiquée d’images de synthèse (CGI). Ce qui s’avère assez troublant, mais cela s’estompe avec le temps. 

Pour l’accentuer cet effet, Ang Lee a pourtant tourné à 120 images par seconde (au lieu des 24 habituelles), ce qui permet une plus grande netteté de la profondeur de champ et donne l’illusion au spectateur d’être vraiment dans l’action. En théorie. Curieusement, il sape l’effet de réalisme plutôt que l’accentuer…

Ce qui n’aide en rien quand on a affaire à un scénario de drame d’espionnage usé à la corde, mélange de Jason Bourne et de James Bond, et, par le fait même, hautement prévisible : poursuites, cascades, batailles interminables et arts martiaux sont au menu. Sans parler des personnages stéréotypés.

Donc, notre Brogen est hanté par ses actions et rongé par des problèmes de conscience, au point de ne plus supporter de se regarder dans le miroir (une allusion au mythe de Janus). 

L’ex-tueur à gages découvre qu’on l’a piégé lors de sa dernière mission, ce qui pousse son agence à vouloir l’éliminer. Il se lie toutefois avec Danny (Mary Elizabeth Winstead), la jeune espionne chargée de le surveiller. Le nouveau duo va prendre la fuite, non sans avoir semé quelques cadavres sur son passage.

Après avoir confronté son clone, Brogen réalise que son ex-­commandant Clay Varris (Clive Owen) est le «père» de la «créature» — une façon comme une autre de revisiter Frankenstein, mais sans les questionnements existentiels et éthiques de l’œuvre de Mary Shelley.

Le cynique vilain pilote une compagnie paramilitaire dénommée… Gémeau! Ses mercenaires vont évidemment se mêler de la chasse à l’homme.

Il est désolant, compte tenu de la minceur du récit, que la richesse thématique n’ait pas été abordée plus en profondeur. Les trois scénaristes misent sur l’idée, somme toute banale, du que-dirait-on-à-notre-jeune-version pour qu’elle évite de répéter les mêmes erreurs. 

Les dialogues, d’une pauvreté navrante, n’aident en rien Will Smith, néanmoins convaincant. Winstead (10, Cloverfield Lane) s’en tire un peu moins bien, mais rien de catastrophique.

Le plus désolant demeure le fait qu’Ang Lee (Ice Storm, L’histoire de Pi…) se soit tellement préoccupé de l’aspect technique de L’homme gémeau qu’il en ait oublié d’insuffler une âme à son film.

Cinéma

Inconduite sexuelle: Cuba Gooding Jr. fait face à une nouvelle accusation

NEW YORK — L’acteur Cuba Gooding Jr. a appris jeudi qu’il faisait face à une nouvelle accusation non divulguée dans les procédures pour inconduite sexuelle, un élément qui s’ajoute au moment où la sélection du jury devait commencer pour son procès.

Lors d’une audience devant un tribunal à Manhattan, la procureure adjointe Jenna Long a révélé que le nouveau chef était contenu dans un acte d’accusation scellé visant l’acteur vedette de Jerry Maguire, lauréat d’un Oscar. Elle a déclaré à un juge que l’acte d’accusation couvrait des allégations antérieures ainsi qu’un incident qui n’avait pas encore fait l’objet d’une accusation.

Cuba Gooding Jr., âgé de 51 ans, devra être formellement accusé de ce nouveau chef la semaine prochaine pour permettre au procès de commencer. Ses avocats et lui ont quitté le palais de justice sans s’être entretenus avec les journalistes.

L’acteur a été accusé d’avoir posé sa main sur le sein d’une femme de 29 ans et de l’avoir serrée sans son consentement au Magic Hour Rooftop Bar & Lounge, près de Times Square, le 9 juin. Cette femme a déclaré à la police qu’elle croyait que Cuba Gooding Jr. était en état d’ébriété.

Il a été arrêté quatre jours plus tard, après s’être rendu à la police.

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Le film de la semaine: «Matthias & Maxime» *** 1/2

CRITIQUE / Xavier Dolan jouait gros avec «Matthias & Maxime» après l’échec relatif de «Ma vie avec John F. Donovan», son film précédent. Mais avec ce huitième long métrage, l’éclatant cinéaste québécois livre un drame intime sur l’identité et l’amitié, tout en retenue (pour lui), superbement réalisé et interprété.

De toute évidence, Xavier Dolan a eu le goût de retrouver ses marques en tournant avec ses amis dans la vie et en reprenant les thèmes qui lui sont familiers. Ce film épuré, malgré ici et là ses petits tics habituels concernant les cris et la musique trop appuyée, charme aussi par ses dialogues incisifs et son humour parfois dévastateur (une de ses principales forces).

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Marquise Lepage: Apprivoiser le deuil

L’inspiration surgit parfois à des moments inattendus. Marquise Lepage était en deuil lors d’un séjour dans un festival de cinéma au Mexique. On lui a proposé une visite dans un village pendant que se déroulait la Fête des morts. D’abord craintive, elle a vécu une épiphanie. De cette expérience est né «Apapacho, une caresse pour l’âme».

«Les Mexicains savent mieux que nous apprivoiser le deuil. J’ai été vraiment inspirée», explique-t-elle à propos de son long métrage qui met en scène deux sœurs aux antipodes dont leur frangine adorée vient de mourir. Estelle (Fanny Malette) et Karine (Laurence Lebœuf) décident d’effectuer leur voyage annuel malgré l’absence douloureuse de leur sœur.

Cinéma

Fanny Malette: La grande sœur

Fanny Malette n’a pas eu besoin de chercher bien loin pour se glisser dans la peau d’Estelle, l’aînée de trois sœurs dans «Apapacho, une caresse pour l’âme», le nouveau long métrage de Marquise Lepage. Étant la plus vieille d’une famille de trois, «je connais ce rôle-là»!

La formidable actrice, couronnée trois fois aux Gémeaux et une fois aux Jutra, n’a pas eu à réfléchir longtemps à l’occasion qui s’offrait à elle. «Dès fois, le scénario peut me plaire, le personnage, moins. Il faut le sentir. Et il y avait un contexte : aller passer trois semaines au Mexique loin de mes [trois] enfants, il fallait que j’aime le scénario», explique-t-elle en entrevue lors de son séjour au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

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Accusations de viol: Luc Besson sort de son silence

PARIS — Le réalisateur français Luc Besson a démenti les accusations de viol le concernant, portées par une jeune comédienne belgo-néerlandaise, qualifiant l’ensemble de «mensonge», dans un long entretien exclusif diffusé mardi sur la chaîne BFMTV.

C’est la première fois que le plus international des réalisateurs français prend la parole depuis qu’un juge d’instruction parisien a repris les investigations sur les accusations de viols portées par Sand Van Roy, 28 ans, après le classement sans suite de premières plaintes.

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Le «Joker» se moque de la concurrence au box-office

LOS ANGELES — Le très attendu «Joker» des studios Warner s’est propulsé en tête du box-office nord-américain ce week-end avec 93,5 millions de dollars de recettes malgré des polémiques sur ses thématiques violentes, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le film de Todd Phillips sur les origines de l’ennemi juré de Batman, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, a été couronné par la plus haute récompense à la Mostra de Venise.

Il a cependant rapidement suscité une polémique aux États-Unis avant même sa sortie, certains redoutant que le film puisse inciter à la violence, mettant en cause l’empathie dont fait preuve Todd Phillips à l’égard de son héros.

Loin derrière, en deuxième position, vient le film d’animation sino-américain Abominable avec son yéti magique Everest, qui a empoché 12 millions de vendredi à dimanche.

Troisième avec huit millions, Downton Abbey, l’adaptation au cinéma de la série télévisée narrant les péripéties de la famille Crawley et de ses domestiques.

Les strip-teaseuses de Arnaque en talons, qui volent leurs riches clients de Wall Street, avec Jennifer Lopez, Constance Wu et Cardi B au générique, sont quatrièmes avec 6,3 millions de dollars.

Ça: Chapitre 2, la suite du film d’horreur adapté du roman de Stephen King, arrive cinquième en ajoutant 5,4 millions à ses recettes.

Voici le reste du top 10

6. Vers les étoiles: 4,6 millions de dollars

7. Judy: 4,4 millions de dollars

8. Rambo — La dernière mission: 3,6 millions de dollars

9. War: 1,6 million

10. Bons garçons: 900 000 dollars

Cinéma

Le «mage» Jodorowsky, 90 ans et six millions d’abonnés

PARIS — À 90 ans, Alejandro Jodorowsky consacre plus d’une heure par jour à ses six millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, mais pour l’artiste franco-chilien multidisciplinaire, ces fans ne sont pas juste virtuels : ils l’ont aidé à financer son dernier documentaire et lui donnent l’envie de «vivre».

L’écrivain et cinéaste, mais aussi «gourou», espère à travers son récent Psychomagie, un art pour guérir démontrer à partir d’exemples concrets que cette thérapie qu’il a lui-même créée aide à surmonter les traumatismes.

Cinéma

Tournages cinéma et télé au Québec: des hôpitaux en profitent pour engranger des revenus

MONTRÉAL — «Silence, on tourne!» Deux hôpitaux montréalais ont engrangé des revenus de plus de 2,8 millions $ en trois ans d’une manière plutôt inusitée et imaginative: en louant certains locaux comme plateaux de tournage pour des films comme «La Bolduc» et la populaire série de télé américaine «Jack Ryan».

Le Québec et des villes de la province redoublent d’efforts pour attirer ici le tournage de films et de séries. Et des hôpitaux profitent de cette manne.

À lui seul, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a récolté 2,6 millions $ sur trois ans, et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) environ 250 000 $ pendant la même période, de 2016 à 2018. Les chiffres ont été demandés et obtenus pour ces trois années.

Les amateurs de télé et de cinéma québécois se rappelleront certaines de ces scènes: lorsque Mary Rose Anna Travers, connue sous le nom de la Bolduc, doit subir des traitements de radiation pour un cancer, le tout est filmé dans une salle qui a peu changé au cours des décennies: le «théâtre chirurgical» de l’Hôpital Royal Victoria, qui servait à l’époque à enseigner aux futurs médecins, comportant une mezzanine de laquelle les étudiants pouvaient observer les chirurgies. Dans la série Les Simone, lorsque Laurence se rend seule dans une clinique d’avortement, c’est en réalité un local du CHUM. Et quand Marie Lamontagne, le personnage principal de la série Unité 9 - incarné par Guylaine Tremblay - fut hospitalisée après une violente agression, c’est aussi au CHUM. Des scènes du film québécois Bon Cop Bad Cop 2 ont été tournées au Royal Victoria du CUSM.

Mais il y a aussi Plan B, Ruptures, Cheval-Serpent, Lâcher prise : la liste des productions d’ici qui ont choisi d’installer leurs projecteurs dans de réels hôpitaux est longue.

Ils ont aussi été le théâtre de tournages venus d’ailleurs, attirant ici le gratin d’Hollywood.

Le CUSM a accueilli les acteurs et les équipes du thriller politique Jack Ryan, et celles de l’émission apocalyptique The Walking Dead.

Quant au CHUM, ses corridors ont été arpentés par les comédiens de la série télévisée juridique canadienne Street Legal, et par ceux de The Bold Type, une série qui suit le quotidien de trois jeunes femmes qui travaillent pour un magazine féminin.

Si le CHUM offre des salles hyper modernes, le CUSM loue surtout son ancien hôpital Royal Victoria - désormais fermé depuis le transfert des unités de soins au site Glen en 2015. Certaines salles ont gardé leurs airs d’un autre temps et elles sont parfaites pour des productions d’époque.

D’autres hôpitaux ou centre de soins de la province ouvrent aussi leurs portes aux tournages: les maisons de productions ont du choix, à Montréal comme à l’extérieur de la métropole. Il y a entre autres le centre hospitalier Robert-Giffard et la Cité médicale, tous deux à Québec, ou la clinique dentaire Lemoyne à Saint-Lambert.

Au CHUM, l’argent ainsi obtenu s’en va dans son fonds d’opération, et au CUSM, l’argent sert à couvrir ses dépenses opérationnelles courantes, et donc à réduire le déficit et à améliorer les services et soins aux patients, dit le centre hospitalier. Les factures envoyées aux producteurs couvrent la location d’espaces, les frais de sécurité, les frais d’électricien, d’entretien ménager qui y sont associés ainsi que des frais légaux. À l’Institut de cardiologie de Montréal, les revenus des tournages sont versés dans sa fondation.

Des vedettes à l’hôpital?

Peut-on voir ses vedettes préférées en se rendant à un rendez-vous médical?

Très peu probable.

Au CHUM, aucun tournage cinématographique n’a lieu à l’hôpital comme tel: ceux-ci ont lieu les week-ends, au Centre d’apprentissage de l’Académie CHUM, son lieu d’enseignement situé dans le centre de recherche qui comprend des salles de formation et de simulation, a précisé une porte-parole de l’établissement, Joëlle Lachapelle.

Pas question d’interférer ou de nuire aux soins aux patients, insiste le CHUM.

La situation est similaire au CUSM. Car il loue surtout les salles du Royal Victoria - désormais fermé - un édifice spectaculaire aux allures de château inauguré en 1893 sur un flanc du Mont-Royal.

Au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), on confirme que bien des producteurs d’Hollywood sont en recherche de lieux de tournage faisant penser aux hôpitaux.

Lorsque le Bureau se fait présenter un scénario qui comporte des scènes qui s’y déroulent - accouchement, accidents, rendez-vous avez un médecin, comas, cancer, scène de fin de vie - l’équipe du BCTQ propose différents lieux, des hôpitaux bien sûr, mais aussi des cliniques de dentistes et des centres de physiothérapie.

L’hôpital Royal Victoria reste un des lieux fréquemment utilisés dans les tournages, précise le Bureau. Puisque l’hôpital est fermé, il est facile d’y planifier un tournage à grands effectifs. Également, on y retrouve différents styles architecturaux; il est aussi possible de s’en servir pour imiter certains lieux, comme des bureaux d’époque, donne-t-on en exemple.

Le Bureau déploie beaucoup d’efforts pour attirer des productions étrangères au Québec. Sa photothèque - une banque de lieux de tournages, images à l’appui - est une ressource fort utile pour les producteurs et les équipes de repérage.

Quelques tournages particulièrement rentables au CUSM

  • Blood and Treasure: 94 219 $
  • The Disappearance: 131 322 $
  • Jack Ryan: 311 232 $
  • Teen Spirit: 353 313 $
  • Death Wish: 519 594 $

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La liste des finales les plus surprenantes

LE 6E SENS, M. NIGHT SHYAMALAN, 1999

«Je vois des gens qui sont morts. Ils vont et ils viennent comme n’importe qui», confie le garçon joué par Haley Joel Osment au Dr Crowe, incarné par Bruce Willis. Pendant qu’on suit ses interventions auprès de son patient hanté, on en oublie presque de regarder les signes qui permettrait de deviner son statut, disons, particulier.  Josianne Desloges

Cinéma

L’actrice Yalitza Aparicio devient ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco

PARIS — Institutrice devenue par hasard actrice, tout de suite en lice pour les Oscars 2019, la Mexicaine Yalitza Aparicio, aux origines à la fois mixtèque et triqui, a été nommée vendredi ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les peuples autochtones.

Yalitza Aparicio, qui a crevé l’écran dans «Roma» d’Alfonso Cuaron, «contribuera au travail de l’UNESCO pour assurer l’intégration et les droits des peuples autochtones partout dans le monde, à travers la sauvegarde et la célébration du patrimoine culturel autochtone, la prise en compte du savoir autochtone dans la gestion de l’environnement, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique, et l’égalité pour les peuples autochtones dans l’accès à l’éducation», a indiqué l’UNESCO dans un communiqué annonçant sa nomination par la directrice générale Audrey Azoulay.

Les ambassadeurs de bonne volonté sont des personnalités qui, pendant deux ans, mettent leur renommée et leurs talents au service des combats et des idéaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Aujourd’hui âgée de 26 ans, Yalitza Aparicio venait d’obtenir son diplôme d’institutrice et cherchait du travail lorsqu’elle a accompagné sa soeur à une distribution. Alfonso Cuaron l’a remarquée et recrutée. Depuis, elle est devenue la première Mexicaine autochtone en lice pour l’Oscar de la meilleure actrice et a fait les couvertures de prestigieux magazines internationaux, Time la classant en 2019 dans les cent personnes les plus influentes au monde.

Engagée dans la défense des droits des humains et la lutte contre le racisme, elle a aussi été une des voix de l’Organisation internationale du travail pour la Journée internationale des peuples autochtones 2019.

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Le film de la semaine: Joker ****

CRITIQUE / Le Lion d’or remporté par Joker à la récente Mostra de Venise a mis la barre bien haut. Le long métrage de Todd Philipps la survole de manière éclatante. À la fois drame social et psychologique, cette très libre adaptation de l’univers de DC Comics s’avère l’antithèse des films de superhéros dont on nous gave depuis plus de 10 ans. Il s’agit d’un véritable long métrage punk porté par une magistrale performance de Joaquin Phoenix.

Il serait étonnant que Phoenix décroche l’Oscar du meilleur acteur qui lui a échappé jusqu’à maintenant. Même s’il le mérite amplement, habitant physiquement — il est complètement décharné — et mentalement son personnage. Son rire dément, déclenché par le stress et généré par un trauma passé, donne des frissons dans le dos. Parce qu’il contient toute la douleur du monde.

Mais en retournant les codes du genre pour que Joker devienne une œuvre anti-establishment, plusieurs vont y penser deux fois avant de lui accorder leur vote…

Le récit est explicite : c’est la brutalité de la société qui fait basculer Arthur Fleck, un clown triste persécuté, dans la folie psychotique du Joker. 

Cet homme mal dans sa peau, aux prises avec la maladie mentale, vit dans un immeuble sinistre avec sa mère dérangée (Frances Conroy). De déconvenues en déboires, Arthur s’enfonce sans que personne ne lui tende la main. Jusqu’à ce qu’il atteigne un point de bascule meurtrier...

La décision de confier à Robert De Niro un rôle d’animateur sans cœur n’est pas innocente. Le destin de Fleck ressemble à celui de Travis Bickle dans Taxi Driver (1976). Le drame emprunte aussi beaucoup à une autre œuvre de Scorsese : King of Comedy (La valse des pantins, 1983). Deux films où De Niro joue le rôle principal.

On pourrait également effectuer des rapprochements avec L’orange mécanique (1971) de Kubrick.

La chose s’avère d’autant plus remarquable que la carrière de Todd Philipps est surtout composée de comédies de potaches (la trilogie des Lendemain de veille). War Dogs (2016) marquait déjà un virage vers un cinéma plus substantiel. Là, c’est du sérieux.

Le plus habile de la mise en scène consiste à filmer l’action du point de vue d’Arthur en jouant sur la réalité et ses illusions. Le tout accompagné d’une musique dissonante qui contribue au climat anxiogène.

Philipps mise sur un découpage classique, mais très efficace. L’esthétique glauque, dans un Gotham des années 1980, renforce le trouble du spectateur sans pour autant le repousser. On notera aussi que même en se tenant à distance de l’univers de DC Comics, Philipps et son coscénariste Scott Silver ont eu l’habileté de faire jouer un court, mais déterminant rôle à Thomas Wayne (Brett Cullen), le père du petit Bruce.

Joker est une œuvre troublante (mais pertinente). Violente? Aussi, mais pas où on pense. Il faut attendre la dernière demi-heure avant que le Joker explose. Mais pendant une heure et demie, la violence psychologique subie par Arthur devient pratiquement intolérable.

C’est bien là toute la force de ce long métrage transformant une victime en monstre qui canalisera la colère et le ressentiment du peuple. Sa métamorphose se nourrit des inégalités sociales, de l’arrogance, du mépris et de la condescendance des 1 % envers le reste de la population.

S’il y a un film qui peut faire trembler les riches et les puissants actuels, c’est bien celui-là...

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Kuessipan: De toute beauté *** 1/2

CRITIQUE / «Kuessipan» arrive à point nommé, alors que nous tentons de redéfinir nos relations avec les Premières Nations. Mais il n’y a aucun opportunisme dans la démarche de Myriam Verreault — il lui aura fallu sept ans de dur labeur afin de réaliser ce magnifique long métrage. Cette œuvre sensible a le mérite de proposer une touchante histoire d’amitié tout en montrant sans fard les joies et les peines qui rythment la vie des Innus de la Côte-Nord.

Écrivons-le d’emblée : Kuessipan, Grand prix de la compétition du festival de Québec (FCVQ), doit être vu. En raison de ses nombreuses qualités artistiques et de son humanité, bien sûr. Mais parce que la démarche de la réalisatrice compte pour beaucoup.

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Roxane: Le renard dans le poulailler ***

CRITIQUE / Il y a eu, avant The Police, une Roxane célèbre : la femme idéalisée de «Cyrano de Bergerac». Sauf que dans le premier film de Mélanie Auffret, il s’agit plutôt d’une poule — au sens premier. Et son «amoureux» qui la traite aux petits soins est un fermier dont le poulailler est menacé par l’industrialisation de l’agriculture. «Roxane» débat avec beaucoup d’humour et d’humanité d’un sujet universel : notre volonté de payer le plus bas prix possible notre nourriture a des effets sur les producteurs.

La réalisatrice française a planté sa caméra à Corlay, en Bretagne, où Raymond (Guillaume de Tonquédec) élève ses poules bio pondeuses et à qui il lit des extraits de la célèbre pièce d’Edmond Rostand. Il y coule des jours heureux avec sa femme Anne-Marie (Léa Drucker), conseillère au Crédit Agricole, et leurs trois enfants.

Cinéma

Catherine Brunet: «On ne dit pas non à ça!»

Catherine Brunet ne se souvient pas avec exactitude à quand remonte sa première rencontre avec Xavier Dolan. Probablement un doublage lorsqu’ils étaient enfants ou préados. Mais elle se rappelle que «ç’a tout de suite cliqué». Malgré leur longue amitié, l’actrice n’avait fait qu’une apparition dans «Mommy» devant la caméra du cinéaste. Lorsque l’occasion s’est présentée de jouer dans «Matthias & Maxime», la jeune femme n’a pas hésité : «On ne dit pas non à ça!»

À 28 ans, la Québécoise a déjà une feuille de route à faire pâlir d’envie bien des actrices chevronnées. Outre ses nombreux doublages — elle est, entre autres, la voix québécoise de Jennifer Lawrence, Emma Stone et Daisy Ridley —, Catherine Brunet tourne beaucoup, surtout au petit écran : Ramdam, Marche à l’ombre, Le chalet, 5e Rang

Cinéma

Xavier Dolan: l’effet-miroir

Xavier Dolan a posé avec fracas le premier jalon de sa précoce carrière avec «J’ai tué ma mère» (2009). Tourbillon de fureur identitaire, son titre même impliquait une forme d’autofiction. Dix ans plus tard, le cinéaste joue à l’équilibriste sur le fil de fer entre la réalité et la fiction dans «Matthias & Maxime». Le long métrage met en scène une bande à l’amitié serrée, qui partage le même lien dans la vraie vie. Tout ce beau monde vient d’ailleurs de compléter une tournée de promotion du Québec en autobus…

Il est troublant de voir les interactions entre Dolan, Catherine Brunet, Gabriel D’Almeida Freitas, Antoine Pilon et compagnie sur la terrasse d’un hôtel, quelques heures avant une projection publique, alors qu’ils se soumettent à une séance photo. Les répliques, les sourires complices, une certaine effervescence même, agissent comme un effet-miroir, encore une fois, de ce qu’ils projetaient au Festival de Cannes où le film était présenté en compétition.

Cinéma

«L’homme gémeau»: un bond «révolutionnaire» incarné par Will Smith

LOS ANGELES — L’acteur américain Will Smith se bat contre lui-même dans le thriller de science-fiction L’homme gémeau, grâce à ce que les responsables du film ont qualifié de plus grand bond dans le temps jamais réalisé en matière d’images générées par ordinateur.

Plusieurs films ont déjà employé des techniques de «dé-vieillissement» pour effacer quelques rides, mais, cette fois, la jeune version de Will Smith a entièrement était créée par ordinateur avec un réalisme allant jusqu’aux pores, aux tendons et aux vaisseaux sanguins.

«Dans le passé, nous aurions pris le fils de Will Smith pour le jouer — on l’aurait coiffé et maquillé différemment et on l’aurait appelé “clone”», a expliqué le réalisateur Ang Lee, avant la diffusion à Los Angeles d’une bande-annonce du long-métrage qui sort le 11 octobre.

«Mais ça ne rend pas bien avec ce support», a-t-il ajouté, évoquant les scènes en 3D du film.

Visage numérique

L’homme gémeau est resté en phase de développement pendant une vingtaine d’années, passant de studio en studio, changeant de réalisateur et de vedette.

La bande-annonce montre un jeune clone assassin chargé par une obscure organisation de tuer son modèle plus âgé.

La technique utilisée est semblable à celle de la récente version du Roi lion de Disney.

Mais recréer un visage humain réaliste a été pendant longtemps une ambition hors de portée, a commenté Bill Westenhofer, responsable des effets spéciaux.

«Chacun d’entre nous est un expert [...] Depuis des millions d’années, le visage est la façon dont nous regardons quelqu’un et par lequel nous pouvons dire si on nous ment», a-t-il poursuivi, relevant que la perception des «subtilités vient du subconscient».

«Parvenir à le recréer numériquement est très difficile», a souligné M. Westenhofer.

Will Smith et plusieurs doublures ont joué le clone, équipés de combinaisons de capture de mouvements avant que la magie des effets spéciaux ne lui donne vie.

Les experts du film ont également regardé des photos et des vidéos de Will Smith lorsqu’il avait une vingtaine d’années — l’âge du clone.

Et ils ont étudié la morphologie du vieillissement et l’anatomie humaine, en particulier l’interaction des muscles du visage au niveau microscopique.

Le producteur Jerry Bruckheimer, engagé sur le projet depuis plus de dix ans, a estimé que le bond «révolutionnaire» de cette technique et de sa précision était l’équivalent de «passer du noir et blanc à la couleur».

Cinéma

Le Joker, emblématique méchant du grand écran

PARIS — Le Joker, adversaire de Batman interprété par Joaquin Phoenix dans le film de Todd Phillips, est l’un des personnages de méchant les plus célèbres dans la culture populaire, né dans les comics américains puis incarné à maintes reprises depuis près de 80 ans.

Cet homme diabolique, grimé en blanc et au rictus inquiétant, est apparu pour la première fois en 1940 dans les bandes dessinées de Batman.

Il aurait été inspiré par le physique de l’acteur Conrad Veidt dans une adaptation cinématographique de L’Homme qui rit de Victor Hugo datant de 1928, ainsi que par le dessin d’un Joker sur une carte à jouer.

Criminel à l’esprit brillant et au mauvais sens de l’humour, le personnage s’est adouci dans les années 50, avant de redevenir plus sombre.

Selon les versions données le plus souvent, il aurait été défiguré en tombant dans une cuve de déchets toxiques, ce qui l’aurait rendu fou et expliquerait sa peau blanche, ses cheveux verts et ses lèvres rouge sang.

Au cinéma, le Joker figure au générique de 10 longs métrages depuis les années 60, une quinzaine de films d’animation et de nombreuses productions pour la télévision, principalement des séries.

Plusieurs acteurs se sont lancé le défi de l’interpréter, les plus célèbres étant Jack Nicholson et Heath Ledger. Ce dernier a obtenu l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2009 pour sa version du Joker dans Le chevalier noir de Christopher Nolan.

C’est Cesar Romero qui l’a d’abord fait apparaître à l’écran dans la série Batman et le film éponyme de 1966, au style cartoonesque et kitsch.

Mémorables Nicholson et Ledger

C’est ensuite l’interprétation de Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton en 1989, énorme succès au box-office, qui fait date. Il avait été retenu après que plusieurs acteurs eurent été auditionnés, dont Willem Dafoe, David Bowie ou Robin Williams.

Il incarne d’abord Jack Napier, un mafieux sombre et instable au rire lugubre. Jack donne ensuite naissance, après sa chute dans l’acide, au méchant légendaire défiguré par un sourire permanent, dans une interprétation théâtralisée.

Dans Le chevalier noir, totalement investi dans son rôle, Heath Ledger campe un ennemi juré de Batman beaucoup plus réaliste, à l’effrayante perversité, à la fois clown possédé et manipulateur. Une interprétation troublante unanimement saluée.

Dans Suicide Squad (2016), c’est Jared Leto qui s’attaque au rôle sans toutefois lui donner, selon les critiques, la même force qu’Heath Ledger. Selon le magazine de cinéma français Première, le Joker est dans ce film «réduit à l’arrière-plan, celui d’un gangster cartoonesque et hystérique».

Cinéma

Tom Cruise chez le président ukrainien

KIEV — Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reçu l’acteur et réalisateur Tom Cruise pour discuter des sites de tournage pour un film de la vedette hollywoodienne, a indiqué mardi la présidence ukrainienne.

M. Zelensky, lui-même un comédien très populaire dans son pays avant son élection à la tête de l’Ukraine en avril, a parlé à la vedette de Mission Impossible de son expérience au cinéma, selon un communiqué.

Cinéma

Scorsese dévoile «The Irishman», projet pharaonique accouché par Netflix

NEW YORK — Le réalisateur Martin Scorsese a présenté vendredi pour la première fois son nouveau film «The Irishman» en ouverture du festival de New York, un projet ambitieux qui doit à la plateforme Netflix d’avoir vu le jour, plus d’une décennie après son lancement.

Autour de 160 millions de dollars de budget, 117 lieux de tournage différents, 309 scènes distinctes, une distribution exceptionnelle, un film long de 3H29, c’est l’une des productions les plus ambitieuses de la carrière du metteur en scène new-yorkais, qui en compte pourtant beaucoup.

Robert De Niro et Martin Scorsese ont commencé à tourner autour de l’adaptation du livre J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt («I Heard You Paint Houses» en anglais) il y a 12 ans.

«Il y a eu des contretemps», a dit pudiquement Martin Scorsese vendredi lors d’une table ronde après la projection. «Nous ne parvenions pas à trouver les fonds. Il n’y avait pas moyen. Pendant des années.»

«Je suis heureux que nous ayons finalement réussi à le faire, parce que cela a pris longtemps», a renchéri Robert De Niro. «Nous avons eu de la chance de trouver des gens prêts à mettre l’argent.»

Après le refus de plusieurs studios, il aura fallu la puissance financière de Netflix pour accoucher The Irishman, le surnom de Frank Sheeran, dont le témoignage constitue la trame du livre et du film.

Le long métrage sortira dans un nombre limité de salles le 1er novembre aux États-Unis, avant d’être mis en ligne sur Netflix le 27 novembre.

Ancien homme de main, Frank Sheeran raconte qu’il a tué plus de 25 personnes sur ordre du chef mafieux Russell Bufalino et du patron du syndicat des chauffeurs routiers, Jimmy Hoffa.

Au cahier des charges, la production a ajouté un nouveau procédé technique développé par Industrial Light & Magic (ILM, société créée par George Lucas), qui permet de rajeunir un acteur ou une actrice à l’écran.

Robert De Niro,76 ans, devait en effet incarner Frank Sheeran de 1955, à l’âge de 34 ans, à sa mort, en 2003 (à 83 ans).

Ils «devaient trouver une solution de rajeunissement qui n’interfère pas avec (le jeu) de Bob (De Niro), Joe (Pesci) et Al (Pacino)», a expliqué Martin Scorsese, «qu’ils n’aient pas à se parler en portant des casques ou des balles de tennis sur le visage. Ils ne l’auraient pas fait.»

ILM est finalement parvenu à ses fins grâce aux caméras et sans appareiller les acteurs.

Passées quelques minutes troublantes, pour qui a déjà vu jouer Robert De Niro, le stratagème technique fonctionne globalement, de même que pour Al Pacino (79 ans), qui campe Jimmy Hoffa, à moins de 50 ans dans certaines scènes.

La première réaction de De Niro en se voyant rajeuni? «Je pourrais rallonger ma carrière de 30 ans», a-t-il dit vendredi, dans un sourire.

Meurtres et moralité 

Avec «The Irishman», Martin Scorsese retourne à la veine des films de gangsters qui ont fait sa légende, comme «Les Affranchis», «Casino» ou «Les Infiltrés», mais avec une trame plus proche de faits et de personnages réels.

Mais le film abandonne un peu de la tension qui animait ces oeuvres pour prendre du recul, celui de Frank Sheeran, vieil homme qui, à coups de flashbacks, fait le bilan de sa vie et passe le tout au crible de la moralité.

Plus généralement, «The Irishman» gravite autour d’un autre moment-clé de la vie de Frank Sheeran, à l’épreuve d’un «conflit moral», selon Martin Scorsese, qui rappelle la tragédie grecque.

Le metteur en scène introduit aussi de la distance grâce aux dialogues, avec un humour plus présent que d’ordinaire, qui illumine des scènes savoureuses entre les géants que sont De Niro et Pacino.

Au-delà des personnages de Sheeran et Hoffa, Martin Scorsese dit avoir voulu rappeler ce qu’étaient les années 60, une époque violente où «tout le monde se faisait tirer dessus», John F. Kennedy le premier.

Semblant en appeler à l’époque actuelle, il a évoqué «les forces de l’ombre qui existent dans notre pays».

«Cela n’arrive pas avec un seul coup de feu», a-t-il dit, dans un langage semi-crypté. «Cela se passe progressivement, à tous les niveaux, et avant que vous ayez eu le temps de réagir, c’est fini.»

Cinéma

Le gouvernement Ford décide d'abolir l'Office ontarien du cinéma

TORONTO — Le gouvernement ontarien a annoncé vendredi l'abolition de l'agence qui supervisait le système de classification des films.

Le ministère des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs a indiqué que l'Office ontarien du cinéma fermera ses portes le 1er octobre. Selon lui, cette abolition permettra aux producteurs d'épargner de l'argent.

Cette fermeture est la première étape d'une réforme que compte lancer l'an prochain le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford. Le processus de consultation en cours implique aussi d'autres agences provinciales de classification de films, le gouvernement fédéral et la population afin de créer un «cadre moderne de classification de film».

En attendant la fin du processus, le gouvernement Ford a fait savoir qu'il se fiera au système de classification en vigueur en Colombie-Britannique.

Cette décision est le dernier d'une série de changements qui a touché la classification de film en Ontario. L'Office ontarien du cinéma avait été créé par le gouvernement libéral en 2015. Son rôle était de délivrer les permis aux salles de cinéma et de superviser les activités de la Commission de contrôle cinématographique de l'Ontario.

Le gouvernement estime que le secteur du cinéma épargnera annuellement de 1,5 million $ à 2 millions $.

Cinéma

La police de Los Angeles va se faire plus visible pour la sortie du film «Joker»

LOS ANGELES - La police de Los Angeles a annoncé vendredi qu'elle allait augmenter sa présence autour des cinémas qui vont projeter la semaine prochaine le film «Joker», au coeur d'une polémique faisant craindre à certains la possibilité d'actes de violence en marge des séances.

«La police de Los Angeles est avertie des inquiétudes du public et de l’impact historique associés à la sortie du Joker. Bien qu’il n’y ait pas de menace plausible dans la zone de Los Angeles, la police va maintenir une forte visibilité autour des cinémas lors de la sortie», a expliqué à l’AFP une porte-parole de la police.

«Nous incitons tout le monde à sortir et à profiter des activités de loisirs que la ville propose ce week-end», a ajouté Rosie Cervantes, tout en appelant le public à la vigilance habituellement de mise.

Mardi, cinq membres de familles de victimes de la fusillade d’Aurora (Colorado), lors de laquelle un jeune homme de 24 ans avait ouvert le feu durant la projection du film L'ascension du chevalier noir. et abattu 12 personnes, ont publié mardi une lettre ouverte au studio Warner qui produit «oker.

Ils expriment leur inquiétude à l’idée qu’un film puisse mettre en avant un personnage comme le Joker, qui figurait dans le long-métrage de Batman, L'ascension du chevalier noir.

Lion d’Or à la Mostra de Venise, «Joker» évoque la transformation d’un humoriste dépressif malmené par la société prenant finalement son destin en main pour devenir le personnage machiavélique et violent qui finira par être l’ennemi juré de Batman.

Dans leur lettre, les familles font remarquer que la fusillade d’Aurora, en 2012, a été «perpétrée par un individu isolé socialement qui se sentait “lésé” par la société».

«Il n’est pas dans les intentions du film, de ceux qui l’ont fait ou du studio de présenter ce personnage comme un héros», avait répondu Warner Bros au sujet de Joker.

Face à cette controverse, le studio a annoncé vendredi qu’il allait restreindre l’accès de la presse au tapis rouge prévu ce week-end à Hollywood pour la présentation du film. Seuls les photographes seront autorisés à approcher les acteurs et l’équipe du film, mais pas la presse écrite ou audiovisuelle.

«Beaucoup de choses ont été dites sur +Joker+, et nous avons l’impression qu’il est temps que les gens voient le film», a déclaré à l’AFP un porte-parole de Warner Bros.

Cinéma

Marvel et Sony d’accord pour produire les futurs films «Spider-Man»

LOS ANGELES — Les studios Marvel et leur concurrent Sony ont finalement trouvé un terrain d’entente autour des droits cinématographiques de Spider-Man et ont annoncé vendredi qu’ils produiraient, comme prévu, les futurs films mettant en scène l’homme-araignée incarné à l’écran par Tom Holland.

Le mois dernier, les médias hollywoodiens avaient révélé que, faute d’accord avec Sony, Marvel avait décidé de se retirer du projet pour se concentrer sur d’autres franchises de super-héros.

Vendredi, les deux géants du divertissement ont annoncé que Kevin Feige, président des studios Marvel, allait bien produire le troisième film de la série inaugurée avec Spider-Man: Les retrouvailles.

Ce nouvel opus, dont le titre n’est pas encore connu, doit sortir le 16 juillet 2021.

«Je suis ravi que le voyage de “Spidey” dans l’univers cinématographique Marvel se poursuive, et tout le monde chez Marvel, moi compris, est très enthousiaste à l’idée de continuer à y travailler», a déclaré Kevin Feige dans un communiqué conjoint reçu par l’AFP.

Marvel, racheté en 2009 par le groupe Disney, détient les droits de nombreux super-héros issus des comics créés par Stan Lee (Avengers, Black Panther, etc.) et a désormais aussi accès à ceux dans le giron de la Fox (X-Men notamment) que Disney vient d’acquérir.

Mais c’est Sony qui détient les droits cinématographiques de Spider-Man.

Depuis des décennies, l’homme-araignée est le porte-étendard des bandes-dessinées sur lesquelles Marvel a bâti son empire.

Il est aussi l’un des super-héros ayant rapporté le plus à l’industrie cinématographique, y compris un Oscar l’an dernier pour le film d’animation «Spider-Man: New Generation».

Il aura fallu un accord historique et confidentiel en 2015 entre Sony et Marvel pour permettre à Spider-Man d’intégrer la trame scénaristique de l’univers Marvel (cinq films au total, trois aux côtés des Avengers ainsi que «Spider-Man: Homecoming» en 2017 et Spider-Man: Loin des siens, succès de l’été).

Outre celui prévu en 2021, un quatrième film avec l’homme-araignée est en projet, toujours avec Tom Holland et le réalisateur Jon Watts.

«Spider-Man est un symbole fort et un héros dont l’histoire traverse toutes les générations et tous les publics dans le monde. Il se trouve aussi être l’unique super-héros à avoir le super-pouvoir de franchir les univers cinématographiques. Etant donné que Sony continue à développer son propre univers Spider-Man, on ne sait pas ce que l’avenir réserve», souligne Kevin Feige.

Marvel a bouclé la saga des Avengers avec Avengers: Phase finale mais son programme reste chargé avec, outre Spider-Man, la Veuve noire, Thor, Docteur Strange, le super-héros chinois Shang-Chi, et le retour du chasseur de vampires Blade.

Cinéma

«Star Wars» : La revanche de Billy Dee Williams

Interprète de Lando Calrissian dans les films «L’Empire contre-attaque» et «Le retour du Jedi», Billy Dee Williams raconte que quand il allait chercher sa fille à l’école, il a souvent dû s’expliquer auprès de jeunes fans de «Star Wars» choqués d’avoir vu son personnage livrer Han Solo au maléfique Darth Vader.

«Les enfants me criaient après et me disaient que je l’avais trahi. J’étais là, dans une cour d’école, à essayer de justifier les actions de ce personnage. C’était le fun!» relate l’acteur, qui reprendra en décembre les commandes du Millennium Falcon dans L’ascension de Skywalker, dernier chapitre de la saga Star Wars. Il sera auparavant de passage chez nous les 12 et 13 octobre comme tête d’affiche du Comiccon de Québec.

Cinéma

Le film de la semaine: Vivre à 100 milles à l’heure ****

CRITIQUE / Seize ans après son film le plus connu, «Gaz Bar Blues», touchante chronique familiale autour d’une station-service de Limoilou tenue par son père, Louis Bélanger revisite ses souvenirs pour la comédie dramatique «Vivre à 100 milles à l’heure». Cette fois, le cinéaste remonte le temps pour raconter les 400 coups d’une jeunesse rock’n’roll où, bien souvent, il a failli se brûler les ailes à force de narguer les interdits.

Librement inspiré de son parcours – à chacun de départager le vrai du faux – le long-métrage presque entièrement tourné à Québec se décline sur trois époques distinctes, dans les années 70 et 80, alors que le jeune Louis fait l’apprentissage de la vie, de l’âge de 10 ans jusqu’au début de l’âge adulte, en compagnie de ses deux inséparables amis Éric et Daniel.

Cinéma

Myriam Verreault: Construire un pont entre les nations

«Kuessipan» représente sept ans de dur labeur pour Myriam Verreault. Mais la réalisatrice de 39 ans, originaire de Québec, en recueille les fruits. D’abord acclamé au festival de Toronto (TIFF), puis gagnant du Grand prix de la compétition à celui de Québec (FCVQ), son beau et sensible long métrage est un incontournable. «Il faut que ce film soit vu», dit-elle, fébrile, en entrevue au Soleil, quelques heures avant la première au FCVQ. Avec raison. Pour ses qualités artistiques intrinsèques, mais aussi pour sa noble intention : construire un pont entre les Québécois et les Premières Nations.

Q Kuessipan suit le destin parallèle de deux jeunes Innues dont l’amitié est mise à l’épreuve par les affres de la vie et des aspirations fort différentes. Compte tenu du sujet, avais-tu des appréhensions?

Cinéma

Judy: des larmes sous l’arc-en-ciel ***

CRITIQUE / Icône de l’âge d’or hollywoodien, Judy Garland a connu la consécration instantanée en 1939 en incarnant, à l’âge de 17 ans, le rôle de Dorothy dans «Le magicien d’Oz». Son interprétation de la chanson thème du film, «Over the Rainbow», demeure un grand moment de l’histoire du cinéma. Mais au-delà de la florissante carrière qui devait suivre, l’actrice a vécu une série de déboires personnels et familiaux sur lesquels s’attarde le drame biographique «Judy».

À l’heure où le septième art ressuscite avec succès les vies mouvementées d’artistes comme Freddie Mercury (Bohemian Rhapsody) et Elton John (Rocketman), celle de Judy Garland n’est pas en reste. Divorcée à cinq reprises, dépressive, atteinte de désordre alimentaire depuis sa jeunesse, insomniaque, accroc à la bouteille et aux médicaments, le parcours de la célèbre actrice ne s’est pas déroulé aux couleurs de l’arc-en-ciel.